750 grammes
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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 16:05

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Early rose

Origine : Garnet Chili

Early rose

Early rose

Qualité : bonne. Cette pomme de terre, farineuse à moyennement consistante, éclatant passablement à la cuisson, souvent un peu aqueuse mais d’un goût fin, se prête à tous les genres de préparation.

Dans le commerce depuis 1867.

[A.S.E.A.S. 1939]

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 16:20

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Jubel

Origine : Victoria Auguste X semis 78/92

Jubel

Jubel

Qualité : assez bonne. La pomme de terre Jubel est appréciée différemment : consistante à farineuse, sèche à fraîche, restant compacte ou éclatant à la cuisson et d’un goût moyen. Elle passe pour une assez bonne variété de consommation et de compensation.

Dans le commerce depuis 1908

Bon à savoir. La pomme de terre, dite de compensation, est une variété de moindre valeur. C’est sous cette catégorie qu’elle figure dans l’assortiment officiel suisse, ce qui indique qu’elle ne devrait être vendue comme pomme de terre de consommation que dans les années à faible récoltes.

[A.S.E.A.S. 1939]

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 17:31

 

 

Lausanne 1925

 

Police du dimanche.


Le dimanche et les jours de fêtes religieuses, tels que le Vendredi –Saint, l’Ascension et Noël sont jours de repos public.

 

Tous les actes de nature à troubler la tranquillité publique, ainsi que le culte, sont interdits, et notamment pendant la durée de celui-ci tous les divertissements bruyants, l’emploi de tambours ou d’instruments de musique, les exercices de tir ou de secours contre l’incendie.

 

Le travail, pendant les jours de repos public, est soumis aux prescriptions ci-après :

 

1.       Dans l’industrie. – Sont interdits :

 

a)      Tous les travaux extérieurs, tels que les terrassements, les fouilles, les constructions du génie civile et du bâtiment, les démolitions, le chargement, le déchargement de déblais, des matériaux de construction et des combustibles ;

 

b)      Les travaux intérieurs bruyants et ceux de ces travaux, même non bruyants, dans lesquels sont occupés des ouvriers et des ouvrières ;

 

c)       L’usage des fontaines publiques pour le lavage du linge et des légumes.

Peuvent être exécutés ces jours-là :

 

a)      Sans permission spéciale : le travail des boulangers, pâtissiers, bouchers, le transport des vivres, du lait, les travaux urgents en cas d’accidents ;

 

b)      Avec l’autorisation du syndic, et moyennant finance à verser dans la Caisse communale : les travaux d’un caractère privé, en cas d’urgence bien justifiée.

 

2.       Dans l’agriculture. – Les travaux agricoles et maraîchers sont suspendus les jours de repos public.

Sont toutefois réservés, sans autorisation spéciale :

 

a)      Les soins à donner aux animaux domestiques et les travaux indispensables à la conservation des cultures ; le passage des chevaux hors de l’écurie n’est toléré que jusqu’à 10 h.

 

b)      Le travail strictement indispensable dans les laiteries et fromageries ;

 

c)       La protection et la rentrée des récoltes en cas d’urgence.

 

3.       Dans le commerce.- Les magasins doivent être fermés, les jours de repos public, sous réserve de certaines exceptions, entre autres :

 

a)      Cette fermeture n’est pas exigée les 24 et 31 décembre, quand l’un de ces jours est un dimanche ;

 

b)      Le déballage, l’étalage, le colportage dans les maisons particulières, ainsi que la vente aux enchères, sont interdits les jours de repos public. La Municipalité peut autoriser, ces jours-là, la vente sur la voie publique de fruits de saison, de pâtisserie, de rafraîchissements et de fleurs naturelles, dès 11 h.

 

Police des rues, places et fontaines.

 

Il est défendu, sous peine d’amende et de réparation des dommages :

 

a)      De répandre, en temps de gel, de l’eau sur la voie publique ;

 

b)      De pratiquer des glissoires dans les rues, ruelles, promenades ;

 

c)       De salir les murs, portes et clôtures des promenades publiques ou particulières, d’y tracer des images et inscriptions ou de les endommager d’une manière quelconque ;

 

d)      De jeter quoi que ce soit, cracher, verser de l’eau ou secouer des tapis depuis les fenêtres donnant sur la voie publique ;

 

e)      De faire aucune dégradation aux arbres, arbustes, gazon, bancs et W.C. des promenades publiques ;

 

L’affichage public et toute publication ne peuvent être faits que par les agents de police, après autorisation du syndic.

Il est interdit de faire aucune anticipation sur le domaine public communal sans autorisation de la Municipalité qui prescrit, après enquête, les conditions et la finance annuelle à payer pour cette concession.

 

Les arbres dont les branches gênent l’éclairage public ou la circulation, doivent être émondés par les propriétaires suivant les directions de l’autorité municipale.

 

Police des débits de boissons et des hôtels.

 

Les débits de boissons et les hôtels sont soumis aux dispositions de la loi cantonale sur la matière.

 

On ne peut danser dans aucun établissement pour lequel une patente est exigée, sans une permission de la Municipalité qui fixe la durée de ce divertissement.

 

Tout détenteur doit maintenir l’ordre dans son établissement, et au besoin requérir l’assistance de la police. Il lui est interdit de vendre des boissons aux personnes en état d’ébriété ainsi qu’aux enfants âgés de moins de seize ans non accompagnés de leurs parents ou personnes adultes pouvant être rendues responsables.

 

Voilà ce qu’étaient les lois régissant le repos public. Bien des choses ont changés depuis, le plus étonnant dans ces interdits, l’interdiction de vendre des boissons aux enfants âgés de moins de seize ans non accompagnés… etc. cela veut dire que s’il est accompagné de ses parents ou d’une personne responsable, il peut consommer sans problème aucun, alcool et spiritueux qu’il aura appris à consommer dès le plus jeune âge.

 

corps-de-police-1922-copie-1.jpgLe Corps de Police, Lausanne 1922

 

GTell, Le Jeune Citoyen 1925, Internet.

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 19:09

 

La route qui conduit de Bienne à Bâle s’insinue dans les replis profonds de la chaîne jurassienne qu’elle traverse complètement. L’entrée dans la vallée de Tavannes est facilitée par le col de Pierre-Pertuis qui est atteint par une des rampes les plus raides du Jura. C’est là que se trouve la fameuse roche percée, célèbre depuis que les Romains l’ont agrandie pour y faire passer une des principales « voies » de l’Helvétie. Une inscription latine, gravée dans la pierre, mais passablement usée par les intempéries, rappelle les travaux antiques. Voici sa traduction :

 

« A la Divinité des empereurs

      Cette voie a été construite par Marcus Dunius Paternus, co-gouverneur de la colonie des Helvètes. »

 

Le passage des Romains a été utilisé jusqu’en 1916. Pendant l’occupation des frontières, en 1915, le génie militaire a construit, au-dessus du rocher, une nouvelle route facilitant grandement l’accès du col par le côté nord.

 

Le rocher de Pierre-Pertuis est situé à la jonction de la Montagne du Droit et de la chaîne du Montoz qui s’étend vers l’est.

 

Aujourd’hui, personne n’a le temps de s’arrêter pour visiter le lieu, encore moins avec la Transjurane qui va ignorer bien des lieux et villages du Jura.

 

Pierre-Pertuis.jpg

 

1280px-Inscription_romaine_-_Col_de_Pierre_Pertuis_-CH-.jpg

 

GTell, Internet

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 16:51

 

La Restauration [suite et fin]

 

Nous avons rencontré beaucoup d’amitié et de chaleur humaine auprès des gens que nous avons contactés, parce que nous n’avons pas de moyens financiers à disposition. « On » nous a donné des sacs de ciment, on nous a prêté du matériel, on nous a transporté gratuitement des dizaines de camions de déchets. Les Autorités communales ont fait preuve d’une grande bienveillance à notre égard. Au printemps 1979, c’est plus de 3500 brouettes de matériaux divers, représentant plus de 200 m. cube, qui ont été extraits des profondeurs. Les quatre puits ont été dégagés et nettoyés, de même que les voies d’accès et les escaliers taillés dans la roche.

 

La galerie inclinée qui conduisait à l’extérieur a été dégagée des éboulis qui l’obstruaient et sa voûte en pierre sèche a dû être reconstruite en partie. A l’extérieur, dans la cour se trouvant devant les anciens abattoirs, un bâtiment en bois recouvrant le puits d’évacuation a été construit. Un wagonnet et des rails ont été installés.

 

L’appareillage a été complété par plusieurs palans et treuils devant permettre l’évacuation plus aisée des matériaux, gravats et autres immondices encombrant la grotte principale comme les galeries.

 

A l’aide d’échelles métalliques fixées après escalade artificielle, notre spéléologue a atteint le toit de la voûte de la grotte. Tous les trous et cavités de la perte ont été explorés. Les électriciens ont installé la lumière et la force motrice. Des ateliers de réparation, d’entretien et de restauration ont été réalisés. Le local de détente construit par les meuniers, dans l’aile sud du bâtiment des anciens abattoirs, contient les pièces trouvées dans la grotte, une documentation la plus complète possible sur les moulins du Col-des-Roches, de même qu’une documentation générale sur les moulins à eau.

 

Une équipe a visité de très nombreux moulins en Franche-Comté voisine et dans le Jura, apportant par cette expérience des enseignements précieux. Enfin, le groupement s’est structuré avec un coordinateur, des responsables de secteurs, s’est donné des statuts et a pris contact tant avec les autorités qu’avec tous les organismes pouvant lui être d’un certain secours.

 

Pour permettre la reconstruction des moulins tels qu’ils existaient autrefois, les meuniers ont obtenu durant ces dernières années de très nombreuses pièces de tout ordre. Ils ont eu la chance de pouvoir acquérir le moulin de Vaulion de la famille Develay, dans le Jura vaudois ; il venait de cesser son activité après avoir été filmé par le cinéaste suisse Claude Champion. Ils ont eu la chance également de se voir remettre en don le moulin de M. Petitpierre, ancien meunier à Noiraigue. Ce fut le dernier moulin artisanal en activité dans le canton (jusque dans les années 1960)

 

Les moulins de Vaulion et de Noiraigue ont été entièrement démontés par toute l’équipe. Les pièces, numérotées et classées, ont été transportées au Col-des-Roches, où elles sont stockées en attendant de pouvoir être utilisées à la reconstruction. Le seul démontage et transport du moulin de Noiraigue a nécessité plus d’une année de travail intense. Les meuniers ont également participé activement à plusieurs manifestations, telles que Fêtes des Promotions au Locle, exposition organisée en commun avec le Photo-Club de la ville du Locle, préparation d’une exposition en collaboration avec la Commission du 3 février, à St-Blaise. Sur demande, des visites de la grotte et du moulin Eberlé en l’état où ils se trouvaient ont eu lieu. Bientôt, les visiteurs pourront venir plus nombreux constater le travail gigantesque effectué au Col-des-Roches par nos ancêtres.

 

L’étape qui vient de se terminer n’a pas nécessité de gros investissements financiers. Comme le groupe dispose maintenant de documents muséographiques de première valeur, la grotte historique dégagée, le moulin de Noiraigue et celui de Vaulion, la boulangerie des Verrières, il s’agira de les présenter sous la forme d’un musée du grain. Il est évident que cette deuxième étape nécessitera des investissements financiers plus importants. C’est pourquoi nous nous permettons de solliciter votre appui.

 

L’intérêt que vous porterez à la cause des meuniers du Col-des-Roches permettra la réalisation de ces projets.

 

Brochure réalisée par la Confrérie des Meuniers du Col-des-Roches en mars 1979

 

Depuis cette date, le musée est en fonctionnement, un site Internet est ouvert et probablement que vous êtes aujourd’hui nombreux à visiter cette curiosité unique.

 

Plan-des-moulins.jpg

 

GTell, la Confrérie des meuniers du Col-des-Roches

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 16:52

 

Restauration

 

Les moulins se sont endormis, semble-t-il, à tout jamais, excepté dans la mémoire de quelques vieux Loclois, tandis que seuls deux ou trois érudits, tels que Zeltner, Jung, Faessler, en parlent dans leurs écrits.

 

Plusieurs personnes ont émis le désir de reconstituer ces moulins, notamment Me Zeltner, avocat au Locle, qui y songea peu après la fin de la guerre. En 1967, trois Loclois descendent même revoir les moulins, mais les travaux qu’un tel projet suscitait, de même que les moyens qu’il eût fallu y consacrer, retinrent les intéressés.

 

Cependant, le 21 juin 1973, six hommes sont fermement décidés à s’atteler à la lourde tâche de reconstituer les anciens moulins. Le 5 juillet déjà, nos six explorateurs pénètrent dans ce qui fut autrefois « Les moulins souterrains ». La grande caverne, toujours là, est encombrée de gravats, mais roues, meules et mécanismes ont disparu. Les puits, galeries et aqueducs sont colmatés par une boue épaisse et malodorante ; dans le puits principal, 6 mètres d’eau recouvrent une dizaine de mètres de boue. L’évacuation des eaux ne se fait plus.

 

Le travail auquel entendent se livrer chaque jeudi soir nos six meuniers paraît gigantesque. Ils ont choisi de vivre cette expérience extraordinaire en une équipe homogène non hiérarchisée, avec un seul mobile : ajouter aux richesses régionales une curiosité historique inestimable. Les diverses formations qu’ils ont suivies, comme les spécialisations de chacun, se rejoignent et se complètent admirablement dans la réalisation de leur objectif.

 

Avec l’accord de l’archéologue cantonal et celui du Conseil communal du Locle, les travaux démarrent avec pour mot d’ordre « le moins de publicité possible ». En effet, il était prématuré de dire par avance quelles seraient les chances de succès d’une telle entreprise. Dans une première phase, il s’est agi de dégager l’ancien emposieu des Abattoirs-Frontière du Col-des-Roches, par où toutes les eaux superficielles de la vallée du Locle s’étaient écoulées jusqu’en 1805, date du percement de la galerie de la Rançonnière. Une grille était mentionnée dans certains écrits, mais son emplacement étant inconnu des six chercheurs, il fallut la retrouver sous une quinzaine de mètres d’eau et de boue.

 

Ce fut le travail de toute la première année des sept « meuniers » car un nouveau compagnon s’était joint entre-temps au groupe. Enfin le 21 mai 1974, après plus de mille heures d’efforts pour évacuer plusieurs dizaines de m3 de boue, la fameuse grille d’un mètre cinquante de haut sur un mètre trente de large fut découverte par plus de quarante mètres de profondeur. La grille dégagée signifiait que l’entreprise pouvait continuer car les eaux s’écoulent depuis lors normalement dans le dernier canal d’évacuation.

 

Durant les cinq premières années d’un travail continu, le groupe s’est agrandi et il a passé à une quinzaine de membres qui se réunissent généralement une fois par semaine, assez souvent deux et parfois plusieurs fois par semaine, suivant les nécessités du moment. A ce jour la corporation des meuniers du Col-des-Roches totalise plus de 7000 heures de travail. [1979]

 

Grille.jpg

 

GTell, la Confrérie des Meuniers du Col-des-Roches

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 18:32

 

Moulin.jpg

 

En 1877, l’hoirie Eberlé se propose de vendre ses usines du Col-des-Roches à l’usage de moulins et scieries ; le Conseil Municipal du Locle hésite à les acheter.

 

En 1880, le tenancier de la scierie, M. Ch.-A. Hodel, entreprend « dorénavant tous les sciages à façon qui pourraient être demandés », tandis que le nouveau tenancier des moulins, M. Dorlet, annonce que « pour répondre aux nombreuses demandes du public, le moulin du Col-des-Roches – Locle entreprend dès maintenant la mouture à façon de toutes les céréales telles que : épeautre, froment, seigle, orge, avoine, maïs ».

 

Malgré ce regain d’activité, les jours des « USINES DU COL-DES-ROCHES » sont comptés, car la vente des installations intéresse la Municipalité qui se propose d’abaisser le niveau du Bied afin d’assainir la vallée.

 

En 1884, lorsqu’un nouveau propriétaire se présente avec une offre de Fr. 75.000.-, le Conseil municipal surenchérit à Fr. 77.500.- ; les moulins Eberlé sont rachetés ainsi par la communauté locloise qui dispose de la concession perpétuelle au droit d’eau ; l’abaissement du niveau du Bied pourra se faire …

 

En 1886, la turbine actionne une dynamo qui sert à des essais d’électricité ! L’atelier de mécanique et d’installation d’usines d’Hermann Berner (de l’ancien moulin des Ecreuses) répare le mécanisme des moulins et de la scierie. Cependant, les autorités préfèreront à la quinzaine de mètres de chute de la grotte, les 90 mètres de la Rançonnière pour obtenir un courant électrique capable d’alimenter toute la ville du Locle, l’une des premières villes suisses à s’éclairer à l’électricité dès 1890.

 

En 1894, la grande roue du puits E4 sera retirée et la scierie détruite.

 

En 1895, le dernier document descriptif des moulins souterrains paraît dans « LE RAMEAU DE SAPIN », sous la plume de l’instituteur Studer. Il a vu les restes de la scierie en face du grand moulin Eberé, et 16 meules dans la maisonnette du bâtiment adossé aux rochers ; une famille vit encore au troisième étage !

 

En entrant dans la grotte, « en descendant à peu près verticalement et après avoir traversé 5 planchers successifs, on serait tout étonné d’arriver près de la turbine (base du puits E1).

 

En 1899, la transformation du moulin Eberé en abattoirs-frontière met un terme à l’exploitation des moulins du Col-des-Roches.

 

En 1902, même la forme des bâtiments sera modifiée par l’adjonction d’ailes dont l’une reliera l’ancienne écurie au moulin Eberé, aspect que l’ensemble a conservé jusqu’à nos jours.

 

 

plan cadastral

 

GTell, la Confrérie des Meuniers du Col-des-Roches

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 17:09

Cul-des-Roches.jpg

Carte de la Souveraineté de Neuchâtel et Valangin exécutée par De Merveilleux en 1694

 

Remarquez le nom du col, à l’époque : Cul de Roches.

 

En août-septembre 1833, le célèbre conteur danois Hans Christian ANDERSEN visite les moulins qu’il décrira d’une façon admirable dans l’un de ses romans :

 

« Juste au pied du rocher, il y a une petite maison. Oh ! je la vois si bien : toute blanche, peinte à la chaux, les cadres des fenêtres bleus…

Nous descendons un escalier, jusque dans les caves. Ici on trouve des sacs des coffres pleins de blé. Sous nos pieds nous entendons un grondement bizarre. Encore quelques marches et nous devons allumer la lampe, tant il fait sombre. Nous nous trouvons maintenant dans un moulin à eau, un moulin souterrain. Bien au-dessous du sol mugit un torrent ; personne, là-haut ne s’en doute ; l’eau tombe de plusieurs toises sur les roues bruissantes, qui tournent et menacent d’accrocher nos habits et de nous faire tourner avec elles. Les marches sur lesquelles nous nous trouvons, sont usées et humides ; des murs de pierre l’eau ruisselle, et, tout près, s’ouvre l’abime. Oh ! tu aimerais ce moulin comme moi je l’aime ! »

 

En 1836, Jean-Pierre Comtesse et le propriétaire des moulins où des transformations ont été effectuées. « L’ALBUM DE LA SUISSE PITTORESQUE » leur consacre une page entière. « Deux moulins ont été transportés depuis quelques années dans les bâtiments et il n’y a plus de battoir » (moulin à pilon) ; par contre, l’énergie du dernier puits est utilisée pour actionner en surface une scierie. Il a fallu creuser obliquement une galerie semi-naturelle qui fait communiquer la surface et le haut du puits ; le meunier y a ensuite fixé un arbre de transmission composé de 2 pièces de bois d’une longueur totale de 50 mètres !

 

En 1938, F. Caumont nous apprend, dans son « VOYAGE D’UN INSTITUTEUR AVEC SES ELEVES » qu’une fenêtre donne du jour à la première cavité, mais qu’il faut absolument des lampes pour aller voir les rouages. Il est impressionné par le mugissement de l’eau, par le bruit des roues et surtout par « les figures de spectres des garçons meuniers poudrés de farine de la tête aux pieds ».

 

En 1842, un maître-meunier loclois, Jean-Georges Eberlé, rachète les moulins et scieries et reconstruit à neuf le grand bâtiment, ainsi que la scierie. Cet homme énergique s’est adapté aux méthodes de son époque puisque le moulin Eberlé a trois étages sur rez-de-chaussée, ainsi que quatre logements. L’élévation du bâtiment permet l’installation de tout un système de bluterie pour tamiser la farine « sur le modèle des Grands Moulins de Serrières », système ingénieux qui fonctionne pendant plus de 40 ans. En 1870, Jean-Georges Eberlé étant décédé, la famille Eberlé conserve « l’usine du Col-des-Roches » comme on l’appelle dans de nombreux actes.

 

En 1851, le Messager Boiteux nous informe que « le fond de la vallée à l’extrémité de laquelle sont les moulins bien connus du Col-des-Roches, se couvre de jour en jour de nouvelles maisons. La route vient d’être ouverte, passant à travers les rochers par un tunnel de 100 mètres ».

 

En 1860, Andersen revient passer 15 jours au Locle ; il n’a pas oublié les moulins qu’il visite à nouveau.

 

En 1872, dans le « RAMEAU DE SAPIN », l’instituteur Clerc apporte d’intéressantes précisions : c’est en 1854 que la deuxième roue a été remplacée par une turbine. Le meunier a simplifié et modifié le mécanisme des rouages que font mouvoir 3 roues de 15 à 20 pieds de haut (5 à 6 m.) et de 4 à 4,5 pieds de large (environ 1,20 m.) ; les meules de silex provenant de la Ferté-sous-Jouarre (près de Paris) ont 1,30 m. de diamètre, et le fer a remplacé le bois dans tous les rouages. M. Clerc précise que « les 2 premières roues font mouvoir les moulins et la dernière la scierie ».

Cette même année, le meunier Matthey-Doret envisage de remplacer sa turbine qui dispose d’une chute de 12 m. L’année suivante, il est en pourparlers pour changer la grande roue du puits E4, qui donne environ 12 chevaux.

 

GTell, la Confrérie des Meuniers du Col-des-Roches

 

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 16:44

 

precee-col-des-roches.jpg

 

Entre 1802 et 1805, le lieutenant J.-J. Huguenin perce à travers la montagne la galerie d’écoulement de la Rançonnière, libérant ainsi les Loclois de la hantise des inondations fréquentes lors de crues de printemps. Dès lors, le meunier peut conserver et doser, grâce à des écluses, l’eau nécessaire aux 3 moulins.

 

Charles-Samuel Girardet a fêté cet événement en une gravure qui nous montre deux bâtiments au pied des rochers.

 

En 1809, le « MANUEL DU VOYAGEUR EN SUISSE » d’Ebel parle des 3 moulins « extrêmement curieux, situés verticalement les uns au-dessous des autres ». Plus de 10 guides touristiques reprendront exactement son texte pendant près de 40 ans.

 

En février 1812, charles-Henri Sandoz, meunier aux Grands moulins du Col-des-Roches, présente une requête en communauté du Locle car « l’exubérance des eaux a occasionné des dommages considérable au Bied qui conduit l’eau aux Grands moulins ; vu le cas extraordinaire, la commune accorde les matériaux nécessaires à la réparation du Bied*, cela sans conséquence ».

 

En 1816, le maire Huguenin de la Brévine nous confie, dans ses « LETTRES D’UN BUVEUR D’EAU », qu’il n’a pas eu le courage de descendre « dans ces sombres profondeurs ». Deux maisons sont adossées contre les rochers : « l’une sert d’habitation au meunier et l’autre couvre les rouages ».

 

En 1827, Meisner de Berne décrit d’une façon précise les moulins :

« Descendant quelques marches taillées dans la pierre, on arrive dans une grotte élargie où deux mécanismes pour la mouture sont côte à côte. Une faible lueur venant de la lumière extérieure permet encore de distinguer les objets.

Plus bas, on trouve un moulin à pilon dont l’arbre de transmission de 50 pieds descend jusqu’à la roue à eau. 48 pieds plus bas, il y a un troisième moulin et à nouveau 32 pieds au-dessous un quatrième…

À la lumière de quelques lampes, nous descendons les quelques nonante marches dans les profondeurs. Le grondement de l’eau qui chute, le claquement des moulins, les ombres fantomatiques et les meuniers recouverts de poudre blanche avec leur ombre gigantesque, tout cela donne une impression bizarre et merveilleuse ».

 

*bied/fossé

 

GTell, la Confrérie des Meuniers du Col-des-Roches

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 17:05

Historique

 

Il faut remonter jusqu’au milieu du dix-septième siècle pour trouver l’origine des Moulins du Col-des-Roches, qui resteront en activité pendant plus de deux cents ans.

 

Vers 1650, un citoyen loclois entreprenant, le lieutenant JONAS SANDOZ, receveur des Montagnes du comté de Valangin, obtient du Prince de Neuchâtel l’autorisation d’établir 6 rouages en ces lieux, ainsi qu’une concession perpétuelle. Son idée, autant ingénieuse qu’audacieuse, consiste à transformer la grotte-perte en une succession de moulins souterrains superposés.

 

Jonas Sandoz aménage les failles, seule issue dans laquelle s’engouffre le Bied qui draine toutes les eaux de surface de la vallée du Locle :

 

-          Il perce dans le roc un canal d’accès afin de mieux profiter de la puissance des eaux qu’il dirigera sur ses rouages.

-          Il agrandit les excavations naturelles pour y fixer roues et meules.

 

-          Il taille, entre les 3 puits ainsi formés, 3 aqueducs afin que les mêmes eaux fassent tourner successivement tous les rouages placés les uns au-dessous des autres.

 

-          Il ouvre 3 galeries de contrôle et d’accès aux paliers inférieurs, dont les marches de pierre nous permettent encore aujourd’hui de descendre jusqu’à plus de 30 mètres sous terre.

 

-          Enfin, il bâtit une maison adossée aux rochers et qui masque la grotte.

 

En 1663, le gouverneur de la Principauté de Neuchâtel est satisfait au point de lui accorder « l’autorisation de construire tel harnais et engins qu’il trouvera à propos, vu le grand travail et les grands frais qu’il a fait pour la construction des rouages ».

Cette même année, la « Description de la frontière des Montagnes de Valangin » par Abraham Robert et Benoît de la Tour, cite « au Cul-des-Roches, les moulins du sieur moderne receveur Sandoz ».

 

En 1682,comme il a découvert une mine de fer au Mont Sassel (Fleurier), Jonas Sandoz fait bâtir des forges à Noiraigue pour exploiter ce minerai …

 

En 1692,son fils, Daniel Sandoz, doit vendre ses moulins du Col-des-Roches, car d’importants créanciers de Genève et même de Lyon réclament leur dû pour travaux effectués dans ces grottes … déjà célèbres, puisque la « Description de la Principauté » … d’Amiest, paraissant la même année, affirme qu’ « au midi du Locle, il y a des moulins au pied d’un rocher qui passent pour une merveille de la nature et de l’art ».

C’est Josué Claudot Billon, orfèvre à Genève, mais originaire des Brenets, qui rachète les bâtiments et rouages construits « dans la roche aussi et tournant avec un cours d’eau ».

 

En 1694, paraît la carte de la Souveraineté de Neuchâtel et Valangin de Merveilleux. L’auteur signale la présence de ces moulins souterrains tout en exagérant leur profondeur.

 

En 1706, Josué Claudot Billon revend ses moulins au Justicier Abram du Bois du Locle. C’est à cette époque que l’historien Jonas Boyre décrit les moulins bâtis dans le rocher au Locle, « lieu très obscurs… il n’y a que les meuniers qui y sachent facilement descendre les grains et en remonter les farines. C’est une curiosité pour les étrangers de visiter ces moulins ».

 

En 1763, les moulins du Col-des-Roches sont amodiés (loués) à Jacques Grojean.

 

En 1765, une DESCRIPTION DES MONTAGNES parle du « moulin aux trois rouages qui tournent les uns sur les autres », tandis que « l’eau se perd ensuite dans le fond d’un abîme ; les meuniers sont les frères Robert ».

 

En 1766, le Banneret Osterwald décrira, dans son célèbre « VOYAGE EN PAYS NEUCHÂTELOIS », ces « profondes demeures » dans lesquelles viennent des « étrangers curieux d’examiner une merveille de la nature et de l’art » ; il parle de 4 moulins et d’un battoir (ou rabate ; servant à écraser les fruits, le chanvre et le lin).

Entre 1782 et 1790, les moulins souterrains du Col-des-Roches sont si célèbres que, pratiquement chaque année, un visiteur de marque a laissé, dans une relation de voyage, quelques-unes de ses imoressions :

 

-          Meiners parle de 3 rouages affermis dans le roc et précise (en 1782 déjà) que le ruisseau « se précipite avec une vitesse effroyable dans l’abîme insondable, pourvu d’une grille ».

 

-          Mr. De Mayer est descendu dans ce gouffre en 1784 « affublé d’une jaquette, tenant une chandelle à la main ».

 

-          En 1785, Hentzi nomme le gouffre « la chaudière », qu’il dit « recouvert d’une forte grille en fer destinée à arrêter les corps étrangers ». il poursuit : « Si on a la tête bonne, on peut, par un escalier étroit et glissant, parcourir ces divers étages… en un voyage souterrain qui a quelque chose d’effrayant pour ceux qui l’entreprennent ».

 

-          Le pasteur Frêne parle en 1786 « d’un grand bâtiment, logis et moulins, ceux-ci placés l’un sous l’autre » et précise que « le meunier est un allemand qui tient bouchon » (aubergiste).

 

-          En 1788, c’est au tour du général espagnol Miranda de descendre en ces lieux où « il y a 3 moulins, chacun sur un plan différent ». il dut « se mouiller beaucoup pour voir le tout à l’intérieur ».

 

-          En 1789, Mr. Robert dans son « VOYAGE DANS LES XIII CANTONS SUISSES » exagère en disant que « le dernier rouage est à près de trois cents pieds de profondeur » ; cependant, il nous apprend que les rouages sont « employés tant à la mouture des grains qu’au sciage du bois ».

 

-          En 1790, le « VOYAGE D’UNE FRANCAISE EN SUISSE » parle bien « de 3 roues placées dans différents enfoncements de cet antre, dont l’aspect est majestueux. Des escaliers taillés dans le roc rendent ce voyage souterrain facile ; il ne s’y rencontre d’ailleurs aucune espèce de danger. Deux Moulins servent à la mouture des blés, le troisième au sciage des planches ».

 

GTGTell, la Confrérie des Moulins du Col-des-Roches

 

 

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