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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 17:57

Il n’y a pas longtemps, je vous parlais de chants « militaires », bien que je ne trouve pas vraiment de chants guerriers dans la liste. Maintenant, je vais vous parler de ce que j’ai trouvé dans une publication éditée en 1968. Par qui ? je n’en sais rien, sinon, qu’elle est destinée aux officiers de notre armée et qu’il est écrit en première page : « Choix réalisé à l’intention d’Armée et Foyer », Château de Coppet – 1968

Voici ce que l’on peut lire. Extrait :

(Titre du fascicule)

Cahiers d’histoire et de prospective militaire

Documents pour servir à l’histoire de la pensée militaire Suisse

Pendant que les officiers font des études tactiques, il faut donner du repos à la troupe, et la restaurer par le chant.

« Le combat fini, les Chefs expérimentés mèneront les Officiers aux différents points d’attaques, leur expliqueront les raisons qu’ils ont eues de faire les mouvements divers qu’ils ont exécutés. Là, ils les questionneront de nouveau, pour connaître par leurs réponses s’ils les ont bien compris.

« Pendant ce temps, le Soldat, qui vient de marcher et de combattre, se reposera et mangera la halte qu’il aura apportée. Cette restauration ranimant leur joie et leur courage, ils entonneront des hymnes guerriers, que les chefs changeront de temps en temps, pour que l’habitude de dire toujours les mêmes choses ne les ennuie pas.

« Ces hymnes seront composés dans un style qui soit propre à l’esprit du Soldat. Les faits en seront tirés des exploits sublimes des guerriers de leur nation.

« Le chant en sera mâle, simple, et propre à être chanté facilement en deux parties ; car la mélodie, jointe aux paroles de caractère, touche le cœur, élève l’âme, et rend l’homme supérieur à lui-même. »

Eh bien voilà à quoi on a échappé, puisque pas de conflits depuis fort longtemps, heureusement. Ce texte, extrait du manuel cité en haut de page, et réservé aux officiers pour leur instruction. La question qui a trituré mon esprit en lisant ces lignes : Avais-je l’esprit guerrier et envie de chanter en faisant mon service militaire ?

Il y a d’autres phrases, semblables, qui font rire ou réfléchir, selon que l’on transpose ces lignes à aujourd’hui.

Exemple : « Un pays qui sait laisser sa jeunesse s’adonner à des jeux de guerre violents et virils retire en temps de guerre les fruits de cette tolérance. »

Voilà l’exemple à suivre et laissons nos jeunes viriles et quelques peu violents, s’exprimer à la Kalachnikov, en cas de guerre ils seront aux ordres et donneront un maximum d’efficacité.

Un passage du cahier dit : « L’instruction militaire par le jeu », suit une explication des observations faites par le passé.

« En tout état de cause, cette instruction par le jeu était endémique chez les anciens Suisses. Certaines hypothèses ont été faites, selon lesquelles les Mongols auraient fécondé la pensée militaire suisse au début du XIIIe siècle. Il serait séduisant de pouvoir le prouver. Le jour où l’on aura trouvé quelque tapisserie asiatique montrant des joueurs de quelque « Hornuss » primitif se préparer – en brandissant la lourde palette – à manier avec sûreté l’épée à deux mains, on aura établi une filiation fort intéressante. Et si l’un de nos lecteurs peut nous fournir des précisions à ce sujet, nous lui en serons très reconnaissants.

Retenons des textes qui suivent la notion précise que l’entraînement à la guerre était une affaire de jeunes, et qu’il était conçu par des jeunes. »

Doit-on en déduire qu’il est d’actualité de laisser les jeunes jouer à la guerre pour en obtenir le meilleur en cas de guerre ?

Qu’en 1968 lors de l’édition de ce cahier, commençait l’escalade des événements militaires au Vietnam. Est-ce pour cette raison que l’on écrive des textes aussi loin de la réalité suisse ? A y réfléchir, quelques années plus tard, lors de mon école de recrue, on nous transmettait la peur/haine des communistes, spécifiquement ceux de l’URSS et on glorifiait l’action des Américains au Vietnam. Il n’est donc pas étonnant que l’on cherche à démontrer que par le passé nous étions belliqueux et qu’il serait bon de continuer ainsi pour toujours à l’être.

Bien que les extraits ci-dessus paraissent un peu décalés et dépassés par rapport à aujourd’hui, il se peut que certaines personnes ayant vécu l’armée dans ces conditions, retrouvent quelques souvenirs.

Mis à part ces quelques lignes tirées de ce Cahier, il y a des récits historiques qui méritent d’être dans mon Blog, ce que vous pourrez lire prochainement ici.

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 16:50

Toni Rüttimann est, depuis l’âge de 20 ans un bâtisseur de ponts, avec un actif de 665 ponts réalisés.

Né le 21 août 1967 à Pontresina (Grisons) est un “ingénieur” Suisse. J’ai mis entre guillemets le terme d’ingénieur, car il commença son œuvre sans connaissances dans le génie civile. Le premier pont est construit en Équateur, après le tremblement de terre survenu en mars 1987. Rentrée en Suisse, il passe sept semaines à l’EPFZ pour devenir ingénieur civil, mais il interrompt ses études de peur de ne plus quitter la Suisse.

Dans cette petite vidéo, RTS, il révèle le pourquoi de cette vocation. ICI.

(Il faut chercher dans le bandeau sous la fenêtre de la vidéo le sujet Toni le bâtisseur de pont.)

Les ponts [7]

Il a fait du chemin depuis 1987 et son premier pont, puisqu’il a aussi beaucoup de ponts à son actif en Asie du sud-est. C’est là-bas qu’un jour il est foudroyé par une maladie handicapante, le syndrome de Guillain-Barré, en 2002.

Dans sa lente rééducation (1 an alité et deux ans de rééducation) qu’il crée un programme informatique pour faciliter le travail de ceux qui sur le terrain continuent de faire ses ponts. Ce programme permet le calcule, à partir des données topographiques et de la charge utile désirée, le profil du pont, le diamètre et la longueur de chaque élément. Petit programme qui remplace un ingénieur !

Toni, depuis sa maladie, ne peut plus courir, sauter, grimper comme il le faisait auparavant. Il délègue et son programme informatique fait des miracles. Lors de son arrêt hospitalier, 67 ponts ont été ainsi construit.

Les ponts [7]

Sources, Internet, RTS, journaux.

En deux siècles, trois Suisses ont donc laissés leurs noms dans la chronique des bâtisseurs de ponts. L’un d’eux, Toni, est peut-être le plus fabuleux bâtisseur de ponts qui ne cherche qu’à faire du bien, et rien d’autre, surtout pas s’enrichir.

Les ponts [7]

Quelques paroles qui le définissent :

« Il y a huit ans, nous avions été frustrés de ne pouvoir vous offrir notre aide. Pouvons-nous le faire ce soir? » Toni Rüttimann a répondu en souriant: « Pourquoi? Je ne veux pas devenir une banque. La différence par rapport à il y a huit ans, c’est que je peux mieux expliquer pourquoi. »

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Une dame pétrie de bonnes intentions a suggéré que des jeunes civilistes suisses aillent le renforcer sur le terrain. Là encore, Toni a souri. « Je vois dans cette ville beaucoup de personnes âgées qui semblent seules. Est-ce qu’il n’y a pas des choses à faire ici? » Des bras, il en a assez, et il vaut mieux que ce soient ceux des villageois, car eux sauront veiller sur leur pont, l’entretenir.

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Sources, Blog Béquilles, par Peclet.

Cette gentillesse est dans chaque interview qu’il nous donne. Il aurait l’habit d’un religieux, il serait déjà considéré comme un saint. Ce qu’il doit être pour les gens qu’il a ainsi aidé à réunir. Il est peut-être qu’au deux-tiers de sa vie et il continue, comme il a commencé, à bâtir des liens entre les peuples. Je ne sais pas quel Prix Nobel pourrait lui être décerné, mais il mérite quelques reconnaissances officielles.

Les vidéos : en espagnol. En indonésien. Un des poursuiveurs de Toni, El « Puentero », en espagnol et l’on voit comment il communique avec Toni et en suivant le programme informatique inventé par Toni.

ET LA VIDEO de Temps présent qui le révéla en Suisse romande, ici. (36 minutes)

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Un très beau diaporama, nous sommes en Amérique-latine et certains des hommes qui donnent de leur énergie pour le pont, sont armés d’un pistolet glissé dans le pantalon.

Ainsi fini le dossier des Suisses qui ont laissés sur terre une remarquable trace de leur génie de bâtisseurs de ponts.

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 16:42

Othmar Ammann

Né le 26 mars 1879 à Feuerthalen (canton de Zurich) et décédé le 22 septembre 1965 à Rye, New York.

Élève de Wilhelm Ritter à l’EPFZ

Dès 1912 il est engagé dans la construction de ponts, particulièrement ceux de New York. Ici, en suivant le lien, vous aurez ce que dit Wikipédia.

Peu de texte en français, vu qu’il est considéré comme Américain, cependant j’ai trouvé une petite vidéo, bien de chez nous, sur le célèbre ingénieur.

Il fallait bien un commencement : le pont suspendu de Langenargen

En tant qu’assistant de l’ingénieur en chef, le pont Hell Gate Bridge.

En tant qu’associé principal, Pont du détroit de Verrazano. Pont sur le Throgs Neck. Et le Pont Walt Whitman. (Le pont porte le nom d’un grand poète écrivain Américain.)

En tant que concepteur, le Wards Island Bridge.

En tant que consultant pour la conception, Pont sur le Delaware River.

En tant qu’ingénieur consultant, le Golden Gate.

En tant qu’ingénieur, deux ponts : le Goethals Bridge, et le Outerbridge Crossing.

En tant qu’ingénieur en chef, les ponts suivants : le Bayonne Bridge, le Pont de Bronx-Whitestone, le Pont George Washington et le Triborough Bridge.

Voilà ce que je pouvais vous proposer de mes recherches sur Internet à propos du célèbre ingénieur. Écoutez bien les propos tenus dans la vidéo, qui démontrent qu’à l’époque de son arrivée en Amérique, l’état des formations des ingénieurs américains n’étaient pas à la hauteur de ce que pouvait offrir l’EPFZ.

Son œuvre la plus célèbre le Pont George Washington. (Wikipédia)

George Washington Bridge

George Washington Bridge

Le Pont de Bayonne est actuellement dépassé, pas assez haut pour les nouveaux ports-containers. Il subit l’élévation d’un nouveau tablier qui de 151 pieds à 215 pieds plus haut. Site en anglais.

Principale source a été le site Structurae, Base de données internationale du patrimoine du génie civil.

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Lien d’un site américain qui présente photos et vidéo des ponts newyorkais, c’est ici. (Des films d’époque.)

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Après ces personnages précurseurs d’une idée, qui pouvait bien illustrer la continuité dans ce domaine ?

Encore un Suisse, qui en Amérique-Latine, porte le nom Toni el Suizo, Toni le Suisse.

À suivre

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 16:26

Ces jours, il bouge ! Le plus long pont ferroviaire métallique de Suisse s’ébranle enfin. La vidéo

Sur le site du Nouvelliste.

Le plus long, 125 mètres, avec ce chiffre on prend conscience que le pays est bien petit et qu’il suffit de 125 petits mètres pour avoir un record, je comprends que nos ingénieurs se sont exprimés plutôt à l’étranger pour faire de grandes choses.

Si Dufour a commencé dans sa ville, Genève, elle n’a pas été elle seule bénéficiaire de ses connaissances. On sent là les limites de notre pays, et qu’il faut en sortir pour continuer à s’exprimer dans ce qui est la nouveauté, notre force et savoir-faire.

Après Dufour qui a ouvert la voie à suivre, voici le plus célèbre bâtisseur de pont, Othmar Ammann.

À suivre

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 15:49

Mais ce qui fit le plus pour la réputation de Dufour fut l’affaire du Sonderbund. La Restauration, en 1814, avait ramené tant les hommes que les institutions de l’Ancien Régime sur le devant de la scène. Au début des années quarante pourtant, les institutions démocratiques avaient triomphé dans la plupart des cantons et les partisans de la démocratie faisaient de nombreux efforts pour remplacer le Pacte fédéral par une constitution mieux adaptée, qui transformerait l’ancienne Confédération de cantons en un Etat fédéral, doté d’un pouvoir central permanent. Seuls quelques cantons conservateurs s’accrochaient au « cantonalisme ». Ces discussions se doublaient d’un conflit religieux : les radicaux-démocrates professant l’anticléricalisme, les cantons catholiques et conservateurs se sentaient menacés dans leur autonomie. Ces derniers conclurent finalement une alliance séparée – en allemand Sonderbund – contraire au Pacte fédéral. Des problèmes religieux précis – suppression des couvents en Argovie, accueil des Jésuites à Lucerne – envenimèrent les choses. La Diète fédérale exigea la dissolution du Sunderbund, mais essuya un refus. En juillet 1847, elle vota alors sa dissolution à la majorité. Mais, plutôt que d’obtempérer, le Sonderbund organisa sa résistance. Tous autres moyens étant épuisés, la Diète leva des troupes et, le 24 octobre, nomma Dufour général, commandant en chef de l’armée fédérale.

Les ponts [4]

Après quelques hésitations, le général désigné accepta, fit ses plans et organisa six divisions. Il put enfin marcher sur Fribourg, dont il obtint la reddition le 14 novembre, sans avoir eu besoin de faire donner ses troupes. Tandis qu’une division restait sur place – pour occuper Fribourg et surveiller le Valais – Dufour se rendait en Argovie pour attaquer Lucerne et la Suisse primitive. Le combat décisif eut lieu à Gisikon le 24 novembre 1847. L’armée du Sunderbund fut finalement mise en déroute. L’Alliance séparée était dissoute, le Valais – isolé géographiquement – ayant à son tour abandonné la lutte. En vingt-six jours, le Général avait pacifié la Suisse, avec des pertes que l’on peut qualifier de minimes : soixante morts dans l’armée fédérale, vingt-six dans celle du Sunderbund, environ cinq cents blessés, sur des effectifs de cent mille hommes environ pour l’armée fédérale et soixante-seize mille environ pour celle du Sonderbund. Les civils avaient été épargnés, le pays également. Après le licenciement des troupes, Dufour rentre à Genève en janvier 1848. C’est une explosion d’enthousiasme, les félicitations et les hommages affluents de partout. la Confédération pourra se doter d’une constitution démocratique et ne sera pas touchée par la vague de révolutions qui secouera l’Europe en 1848.

Les ponts [4]

Après l’affaire du Sunderbund, Dufour fut appelé trois fois encore à prendre la tête de l’armée fédérale. En 1849 d’abord, lorsque des troupes hessoises violèrent l’intégrité du territoire suisse près de Schaffhouse. Dufour eut alors sous ses ordres des troupes des deux camps de 1847, ce qui acheva de sceller la réconciliation entre les parties. Le conflit fut réglé à l’amiable, sans action militaire.

Les ponts [4]
Les ponts [4]

Plus sérieuse fut l’affaire de Neuchâtel. Une insurrection royaliste avait remis sur le devant de la scène les droits du Roi de Prusse sur sa principauté, également canton suisse. Frédéric-Guillaume IV exigeait la libération des chefs de l’insurrection. Une médiation de Napoléon III, obtenue par Dufour, n’aboutit pas. Des deux côtés on mobilisa et Dufour fut nommé général en janvier 1857. Les deux armées se préparaient au combat, sur chaque rive du Rhin, lorsque les Chambres fédérales cédèrent finalement le 16 janvier. Une fois encore, la guerre avait été évitée, mais la détermination de Dufour à la conduite jusqu’au bout, le cas échéant, ne doit pas être mise en doute.

En 1859, lors de la guerre entre l’Autriche d’une part, la France et l’Italie d’autre part, Dufour fut une dernière fois nommé à la tête d’une armée fédérale chargée de protéger l’intégrité du territoire national dans les régions du Simplon et du Léman. Cette fois encore, il n’y eut pas d’action militaire.

Âgé de quatre-vingts ans, Dufour remet sa démission définitive d’officier au Conseil fédéral. Mais il a encore, dans deux cas, rendu service à sa patrie.

Les ponts [4]

En 1851, il a en effet présidé une commission chargée de préparer la voie à la création de l’Ecole polytechnique fédérale. Même si son projet initial a été sensiblement modifié, on peut néanmoins le considérer comme le fondement de la création de notre haute école.

Enfin, il ne faut pas oublier que Dufour – connu surtout comme homme de guerre ou comme ingénieur – fut l’un des cinq (avec Dunant, Appia, Maunoir et Moynier) qui lancèrent l’idée de l’aide aux blessés sur les champs de bataille, et que c’est surtout grâce à lui et à ses nombreuses relations à l’étranger que put être réunie la conférence de 1864 à l’issue de laquelle fut signée la première des conventions de Genève, véritable bas de la Croix-Rouge.

Retiré dans sa propriété de Contamines, Guillaume-Henri Dufour y est mort le 14 juillet 1875. Il eut droit à des funérailles nationales et moins de dix ans plus tard, une statue lui fut érigée, par souscription publique, sur l’une des plus belles places de notre ville.

À suivre

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 17:52

Si son commandement n’est pas ce qui a le plus marqué, son travail d’ingénieur a laissé des traces jusqu’à nos jours. Le cadastre genevois levé sous ses ordres sert encore aujourd’hui, dans certains cas, de point de repère. La carte du canton, dressée à l’échelle 1 :12'500, en seize feuilles, est restée manuscrite. En revanche, un exemplaire au 1 :12'000, en quatre feuilles, fut gravé (les cuivres existent encore) et tiré à de nombreux exemplaires d’une grande qualité.

Les ponts [3]

Mais c’est comme ingénieur civil qu’il donna toute sa mesure. Membre du Conseil Représentatif, il plaide pour une amélioration de l’esthétique et de l’urbanisme de sa ville du côté du lac. Il fait triompher ses choix et le Grand Quai, le quai et le pont des Bergues, de même que l’Ile Rousseau – tels que nous les connaissons – sont le fruit de ses travaux. Il participera aussi à l’installation, par Pradier, de la statue de Rousseau sur l’Ile des Barques, qui prendra alors le nom du philosophe genevois. Enfin, il aménage un jardin botanique dans l’actuelle promenade des Bastions.

L’ouverture de Genève sur la Suisse, par le lac – n’oublions pas que le chemin de fer n’existe pas encore – se concrétise par l’appui que Dufour donne à la navigation par bateaux à vapeur. Mais Genève est encore enserrée dans ses remparts et la partie principale de la ville, sur la rive gauche, ne possède que deux portes, à Rive et à Neuve. Dufour jette donc un pont « de fil de fer » entre les remparts et la campagne environnante, dans la région de Florissant. Il participe encore à la reconstruction de l’Observatoire, qui se trouvait jusqu’il y a une trentaine d’années face à l’actuel Musée d’art et d’histoire. Ses travaux à Genève sont connus en Suisse, et le gouvernement fribourgeois, par exemple, le consulte pour la construction du pont suspendu du Gottéron.

Quelques années après sa mort, on reconstitue l’attaque Anglaise à Corfou, vu par Hébert dans les années 1880. (Si telle a été l’explosion pour Dufour, il n’aurait pas survécu.)

Quelques années après sa mort, on reconstitue l’attaque Anglaise à Corfou, vu par Hébert dans les années 1880. (Si telle a été l’explosion pour Dufour, il n’aurait pas survécu.)

Parallèlement à sa nationalité genevoise, Dufour est Suisse. Ce Genevois né en exile, qui doit sa formation à la France – patrie d’adoption à laquelle il a tout donné pendant huit ans – ressent le besoin de tout faire pour resserrer les liens entre Genève et la jeune Confédération d’une part, entre les différents cantons d’autre part. C’est comme officier fédéral qu’il pourra mettre en pratique cette importante idée.

En 1819 (32 ans), il crée l’école militaire de Thoune. Son but est à la fois d’améliorer et d’uniformiser la formation des officiers, afin d’obtenir une armée fédérale homogène, plus cohérente que la simple juxtaposition de contingents cantonaux entraînés séparément. En 1827 a lieu à Thoune, encore et toujours sous la direction de Dufour, le premier rassemblement de troupes de différentes armes, pour les instruire au service en campagne. Toujours dans cet esprit d’amélioration de la formation des officiers et de resserrement du lien confédéral, il fut très actif dans la création de la Société genevoise des officiers, qu’il présida de très nombreuses années, et de la Société suisse des officiers.

Par ailleurs, c’est en 1832 que Dufour commence sa grande œuvre scientifique, dont l’utilité pour l’armée est indiscutable, la carte topographique de la Suisse. Basée sur un travail de triangulation et de mensuration absolument remarquable, dont les difficultés d’exécution – particulièrement dans les régions alpines – sont à peine imaginables aujourd’hui, la carte assit à la fois la réputation de Dufour, mais aussi celle de la Suisse, en matière de topographie et de cartographie. Gravées sur cuivre, les premières feuilles parurent en 1846 et les dernières en 1864.

Les ponts [3]

A côté de ces activités d’instruction et de coopération confédérale, Dufour commande. Premier Genevois à être nommé colonel fédéral en 1827 (40 ans), il est chef d’état-major de l’armée levée en 1831, sous le commandement du général Guiger de Prangins, pour faire face aux menaces que faisaient courir à l’Europe la révolution de juillet à Paris et la lutte des Belges pour leur indépendance. Cette mobilisation révèle des lacunes importantes dans l’organisation militaire suisse : Dufour les constate et tente d’y remédier. Il fait en particulier mettre en état de défense les fortifications de Saint-Maurice, Luziensteig et Zollbrücke. Après la démobilisation des troupes, Dufour est nommé à titre permanent Quartier-maître général et inspecteur du personnel de l’armée fédérale, dont c’est la plus haute charge en temps de paix.

Les quinze années suivantes, qui voient dans notre pays de nombreux problèmes politiques dégénérer, permettront à Dufour de faire la démonstration de ses qualités militaires et morales. En 1833, il est, à la tête d’une division, chargé d’occuper la ville de Bâle et d’y ramener l’ordre troublé par de violentes querelles entre la ville et la campagne. L’année suivante, il reçoit pour mission d’évacuer les Polonais et les Italiens qui, après une expédition en Savoie, refluaient vers nos frontières. en 1838, une sérieuse menace de guerre plane sur les relations entre la France et la Suisse. Notre pays refusait d’expulser le prince Louis-Napoléon. Ce dernier, citoyen d’honneur du canton de Thurgovie et capitaine dans les troupes bernoises, avait été l’élève de Dufour à l’école militaire de Thoune en 1830 et une véritable amitié liait les deux hommes. L’intervention diplomatique et personnelle de Dufour permit de réduire la tension, le prince ayant quitté spontanément la Suisse, alors que les deux pays avaient déjà mis leurs troupes sur pied.

Commentaire: La biographie va prendre le chemin plus militaire que celui de l’ingénieur ; cependant, ses activités d’ingénieur ne sont pas au repos pour autant, au contraire.

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Vous pouvez lire: Ponts Du Valais

Et aussi, Neuf pages Dufour et les ponts suspendus.

À suivre

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 16:18

LE GÉNÉRAL DUFOUR

Esquisse biographique, par Jean-Etienne Genequand, Genève, Département militaire cantonal, 1987

Les ponts [2]

Paradoxalement, l’un des Suisses les plus célèbres du XIXe siècle et de notre histoire confédérale, Guillaume-Henri Dufour, n’est pas né dans sa patrie, mais en Allemagne. En effet, son père, Bénédict Dufour, descendant d’une très vieille famille de la campagne genevoise, avait émigré lors des troubles que connut Genève à la fin du XVIIIe siècle et c’est à Constance, où demeurait la famille Dufour, avec une importante colonie d’exilés genevois, que Guillaume-$Henri naquit le 15 septembre 1787.

Le séjour de la famille Dufour sur les bords du Rhin ne dura que trois ans : autant dire qu’il ne marquera pas le jeune garçon, dont les premiers souvenirs comme la première instruction sont genevois.

En 1797, il entre au Collège, mais l’on ne saurait dire qu’il y fut le meilleur. Sauf à organiser des batailles entre « galopins » et à regarder manœuvrer les troupes françaises – qui depuis 1798 ont envahi Genève – il ne manifeste guère de talents particuliers. Sorti du Collège au début du XIXe siècle, il commence par se tourner vers la chirurgie et entre dans un hôpital militaire. Ce qu’il y vit fut peut-être pour lui une ouverture sur le sort des blessés des champs de bataille et permet de mieux comprendre son attitude future comme commandant en chef lors de notre dernière guerre civile, le « Sonderbund », ou comme fondateur de la Croix-Rouge.

Sa véritable vocation ne lui vint pourtant que le jour où il apprit l’existence à Paris d’une école polytechnique, qui préparait de futurs officiers et permettait d’échapper à la conscription qui sévissait à Genève comme dans tous les territoires soumis au pouvoir français. Il veut y entrer et décide son père à lui faire donner les leçons de mathématiques nécessaires, ce qu’il avait retenu de l’enseignement du Collège n’étant guère suffisant. Il donne en outre des leçons de dessin pour ne pas trop grever la bourse familiale et passe le concours d’entrée, qu’il réussit, en 1807. (20 ans)

Il part donc pour Paris où les deux années qu’il y passe révèlent l’homme qu’il sera toute sa vie : travailleur, sérieux, intelligent, voire brillant et dévoué à ses camarades. Entré cent-quarantième au concours, il sort de Polytechnique cinquième en 1809. Devant choisir une arme, il opte pour le génie. Affecté à « l’école pratique » de Metz pour parfaire sa formation, il s’y rend en passant par Genève où il revoit sa famille pour la première fois depuis deux ans. Son séjour à Metz est de courte durée : à la fin de 1809 en effet, les cinq premiers de l’école d’application sont envoyés sans délai à Corfou, limite orientale extrême de l’empire napoléonien, pour participer aux travaux de fortification de l’^le contre les Anglais. Nommé capitaine pendant son séjour corfiote, Dufour participe et dirige certains travaux de fortification et lève le plan de la forteresse selon une méthode de dessin permettant de voir le relief.

Il courut à Corfou le plus grand danger de sa vie, le jour où les Anglais attaquèrent les canots avec lesquels les Français avaient fait une reconnaissance. Le feu ayant pris aux réserves de poudre, Dufour, sévèrement brûlé, dut s’enfuir à la nage en grande tenue.

Le premier retour des Bourbons obligea les Français à remettre l’île aux Anglais, puis à embarquer pour Marseille d’où, par Aix, Dufour gagne Grenoble, ville dans laquelle il s’occupe de l’organisation du génie. Il obtient ensuite un congé qui lui permet de revenir à Genève. C’est là que la nouvelle du retour de Napoléon l’atteint ; il est alors envoyé à Lyon, pour collaborer aux travaux de fortification de la ville contre une attaque prévue des Autrichiens. La seconde défaite de Napoléon, à Waterloo, fait de lui un officier en disponibilité avec, en consolation, la croix de la Légion d’honneur. Il ne lui reste plus qu’à rentrer à Genève, incertain de son sort et de son avenir.

En 1817 (30 ans), l’offre lui est faite d’un commandement à Briançon, à condition, Genève étant maintenant suisse, qu’il se fasse naturaliser Français. Dufour hésite, puis choisit son ancienne patrie. Il n’aura pas à le regretter : rapidement de nombreux travaux lui sont confiés. Il devient en effet commandant du génie genevois, ingénieur cantonal – chargé comme tel du cadastre et de la levée de la carte du canton – ainsi que chargé de cours de mathématiques à l’Académie. En 1819, il entre au Conseil Représentatif.

À suivre

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 16:57

Les ponts et tunnels en Suisse sont très nombreux, à tel point que nous ne faisons plus attention à eux, ils sont là et c’est tout.

Chaque pont est le fruit de réflexions débattues entre autorités, ingénieurs et constructeurs. Parfois, on demande aux gens d’un lieu leur opinion.

De tous temps, un pont a pour but de franchir un obstacle, fossé, précipice, rivière, etc., pour des tas de motifs différents, tel que, invasion, accès à de meilleurs terres, rapprocher les peuples, etc.

Les Romains ont étés des bâtisseurs remarquable de ponts spectaculaires, en pierre, pour certains, ils sont encore en usage. Ils furent aussi des très bons constructeurs de ponts en bois à usage militaire et qui se construisaient si vite, qu’aujourd’hui encore on se demande comment ils faisaient. Jules César dans les Guerres des Gaules nous parle de ses tentatives d’invasion de la Germanie en construisant des ponts sur le Rhin et ce ne devait pas être rien que de traverser le grand fleuve.

Tous les ponts « du diable », à travers l’Europe, portent se nom pour l’audace qu’il fallut à des intrépides ouvriers-paysans pour construire de tels ponts au-dessus de vides vertigineux, comme celui de chez nous au-dessus des gorges de Schöllenen, dans le canton d’Uri.

Pont de pierre, pont de bois, d’une arche ou de plusieurs, les ponts en deux mille ans n’ont pas beaucoup changés dans leurs formes et usages.

La révolution vint d’Amérique, le Juge James Finlay est le premier à construire un pont suspendu. Puis l’idée est propagée en Europe et c’est de là que va commencer réellement la propagation des ponts suspendus. En Suisse, c’est Guillaume-Henri Dufour, ingénieur de son état et accessoirement, Général qui va propager le pont suspendu.

Dufour est crédité du titre « premier » bâtisseur de pont suspendu, du fait que la passerelle réalisée a été permanente et n’a pas été un teste comme l’ont été ceux d’autres ingénieurs connus. Le pont du juge Finlay s’est effondré après un certain temps.

À suivre : Esquisse biographique, Le Général Dufour

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 16:08

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Jean, p’tit Jean.

Nos militaires chantent-ils ? [7]

Et bien en voilà un drôle de chant ! Jean était-il le cornu du coin, devait-il se méfier de sa femme ? Ou l’avocat est-il mauvais homme et coureur de jupon ? Étais-ce les mœurs de l’époque et chose courante dans le vignoble Romand ?

Henri Warnery, (1859-1902), poète qui a publié des ouvrages liés à l’Alpage, et qui reste un inconnu. Sur Internet, sous : Henri Warnery, je trouve très peu de choses sur cet homme.

Diplôme de la société d’histoire et d’archéologie de Neuchâtel. Diplôme de professeur honoraire de l’Académie de Neuchâtel. Professeur Université de Lausanne.

Il est nommé dans un ouvrage collectif, Anthologie Romande de la Littérature Alpestre, choix des textes et notes d’Edmond Pidoux.

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:32

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La Taveyanne (La Mi-été.)

Nos militaires chantent-ils ? [6]

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La signature, Juste Olivier, le poète qui a sa rue à Lausanne.

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