Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 17:14

 

 

Conseil-federal-1848.jpg

 

Tous du Parti radical-démocratique suisse

 

GTell, Inertnet.

Repost 0
15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 17:18

louis-philippe.jpg

Louis-Philippe Roi de France

 

Frédéric-Guillaume IV.FWIV

Roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV

440px-UlrichOchsenbeinUlrich Ochsenbein

397px-Henri Druey 1850

Henri Druey

 

433px-François Pierre Guillaume Guizot

 

François Pierre Guillaume Guizot

 

439px-Robert Peel PortraitRobert Peel

 

220px-Ferdinand I of Austria large

Ferdinand Ier d'Autriche

 

Franscini 2


Stefano Franscini


GTell, Internet.

Repost 0
15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 17:15

Sous le nom de Confédération germanique est réuni depuis 1815, la Confédération d’Allemagne, l’Empire D’Autriche, le Royaume de Bavière, le royaume de Wurtemberg, la Principauté du Liechtenstein, le Grand-Duché du Luxembourg, le Grand-Duché de Bade et le Grand-Duché de Hesse. Les trois Présidents de la Confédération germanique ont été : De 1815 à 1935 François Ier d’Autriche, de 1835 à 1848 Ferdinand Ier D’Autriche, de 1850 à 1966 François-Joseph Ier D’Autriche. Pour la période concernée, le ministre des affaires étrangère est le Chancelier d’Empire Klemens Wenzel von Metternich. Source Wikipédia.


La Révolution de Mars changea beaucoup de chose en Europe. http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_de_Mars  et ailleurs, on parla du Printemps des peuples. http://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_des_peuples Source Wikipédia. 

Ulrich Ochsenbein. Homme politique suisse membre du premier Conseil fédéral en 1848.

Vorort, « en place de » est le directoire fédéral qui était chargé d’expédier les affaires en l’absence de la diète fédérale. Il se composait du conseil d’Etat du canton directeur, de l’avoyer de ce canton, qui présidait, et d’un chancelier. Ce système a pris fin en 1848. Source Wikipédia.

Les Capitulations sont des actes, conventions ou traités signés par le souverain de certains pays.

Dès le XVe siècle le recrutement de troupe suisses, bandes suisses puis régiments suisses fut subordonné à la passation d’un traité entre les rois de France et les cantons suisses. On appelait ce traité une capitulation et les troupes recrutées par cette voie étaient qualifiées de troupes capitulées ou avouées. Le premier traité d’alliance entre la France et la Suisse date de 1453, et signé à Montils-lès-Tours. Source Wikipédia.

GTell, Internet

 

Repost 0
15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 17:06

http://fr.wikipedia.org/wiki/Auxonne_Thiard_de_Bissy Thiard ambassadeur à Berne. France. Source Wikipédia.

 


http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Bastide_%28homme_politique,_1800-1879%29 Jules Bastide ministre des affaires étrangère. France. Source Wikipédia.

 


Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine dit Alphonse de Lamartine (Poète) ministre des affaires étrangère de février à mai 1848 (Gouvernement provisoire sous la Deuxième République) Source Wikipédia.

 


François Pierre Guillaume Guizot depuis 1840, Chef du gouvernement sans l’être vraiment et à la place du véritable chef du gouvernement le maréchal Soult. Ministre des affaires étrangères. (Deuxième République) Pour ceux qui veulent plus profondément suivre le regard de Guizot sur la Suisse, lire ses mémoires http://www.mediterranee-antique.info/Auteurs/Fichiers/GHI/Guizot/Memoires/T8/Mem_8_47.htm  Source Wikipédia. 

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Peel homme politique britannique, premier ministre. Source Wikipédia.

 

Stefano Franscini, père de la statistique suisse. Homme politique suisse, il est conseiller fédéral en 1848. Tessin.

Daniel-Henri Druey. Homme politique et journaliste vaudois, il est conseiller fédéral en 1848, de Faoug « la seule commune germanophone du canton de Vaud ».

 

GTell, Internet, etc.

 

 

 

 

 

Repost 0
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 16:31

Parmi les nombreuses questions que le ministère de Jules Bastide avait à traité avec la Suisse, nous n'avons relevé que les plus importantes de la politique internationale: celle des capitulations napolitaines et celle de l'assistance française promise à la Suisse en cas de rupture avec l'Autriche ou avec la Confédération germanique.

 

   Depuis l'avènement de la République, la France s'était abstenue de toute intervention dans le développement constitu-

tionnel de la Confédération. Personne n'a porté un jugement plus sévère sur la politique de Guizot que Lamartine, dans ses instructions à Thiard. Les puissances craignaient trop qu'une guerre ne résultât de la Révolution de Février pour ne pas prendre au sérieux la menace contenue dans le Manifeste. Ni l'Autriche, ni la Prusse ne soulevèrent de difficultés à l'endroit de la nouvelle constitution. Seul l'agent anglais demanda par deux fois, que la Suisse soumit son nouveau pacte à l'acceptation de son cabinet. Funk finit par lui dire que "lorsque la Grande-Bretagne aurait soumis à la Suisse son pacte constitutionnel, la Suisse examinerait la question de savoir si elle accorderait la réciprocité".

   La correspondance politique de la légation française contient des rapports réguliers sur les délibérations et des votes de la nouvelle constitution. La France avait gardé à ce sujet une rigoureuse neutralité, mais ne marchandait pas ses félicitations après le vote du 12 septembre.

   Thiard explique dans une lettre à Bastide le respect qu'aura la France pour la nouvelle constitution:

   "Quand même ce pacte n'aurait pour seul mérite que d'être le symbole vivant de l'affranchissement de la Suisse de toute influence étrangère, ce seul mérite suffirait pour qu'on le jugeât digne d'être accepté".

   Il déterminait ainsi la ligne de conduite qu'adoptait la nouvelle France à l'égard de la nouvelle Suisse; ces mots résument parfaitement l'attitude française avant l'élection de Louis-Napoléon.

   Tandis qu'en 1847 il suffisait de parler de modification du pacte pour soulever des complications internationales, et alors que les puissances avaient menacé de réprimer tout mouvement de réforme, le nouvel ordre fut introduit sans le moindre obstacle. (L'envoyé de la Prusse, Sydow, exprima même devant Thiard le contentement des milieux allemands, surtout de la Diète germanique, au sujet du changement survenu en Suisse. Il adresse des paroles fort bienveillantes au Conseil fédéral.)

   Le 12 décembre, 101 coups de canon annoncèrent la fin de l'existence de la Diète qui avait régi la Suisse depuis des siècles. Elle proclama sa propre dissolution et l'adoption de la nouvelle constitution "sans protestations, sans récrlminations, et à la grande satisfaction de la majorité". Le soir, des feux furent allumés sur les montagnes, et Berne, l'illumination fut "aussi brillante qu'elle pouvait l'être dans une ville où les lampions ne sont pas encore connus..."

   Le choix de Berne, comme ville fédérale "aura les résultats les plus heureux, non seulement pour nous, mais même pour notre pays". (Thiard à Bastide. "Nous" le corps diplomatique, "notre pays", La France.

   De tous les agents diplomatiques, seul Peel répondit par un simple accusé de réception à la note du Conseil fédéral annonçant que la nouvelle autorité avait pris le pouvoir.

   Reconnu par presque tous les gouvernements signataires des traités de Vienne, (France, Autriche, Angleterre, Confédération germanique.), le Conseil fédéral débuta fort heureusement par des mesures contre les réfugiés allemands.

   L'horizon politique était assez sombre pour la Confédération, au nord, é l'est et au sud. Mais le Conseil fédéral put entrer en fonctions sous les auspices des meilleurs rapports avec la République Française. Aucune différence de vues n'existait entre le cabinet français et le nouveau pouvoir exécutif de la Suisse au moment où Drouyn de Lhuys prit la place de Bastide et où Louis-Napoléon devint Président de la République.

 

   Du 24 février au 20 décembre 1848, c'est la collaboration complète des deux gouvernements.

   La mission d'Hubert-Saladin avait rassuré la Suisse. Thiard pratiqua une "diplomatie républicaine, mais antidémagogique". Bien que les propositions d'alliance de Lamartine n'eussent pas abouti, les relations des deux pays restèrent excellentes. L'empressement que mit le gouvernement français à soutenir la Suisse à Naples, contre l'Autriche et contre l'Allemagne, rapprocha les deux pays, si bien que toutes les petites questions de voisinage se réglèrent aisément.

   Les relations franco-suisses dans ces dix mois se résument en deux mots: ce fut une entente cordiale.

 

Nous trouvons confirmée la formule d'"entente cordiale" dans une lettre que Thiard a adressée au vice-amiral Charles Baudin. Thiard introduit, auprès de l'amiral, les commissaires fédéraux Franscini et Collin; il ajoute, en terminant sa lettre:

   "Les deux commissaires ont désiré que je les introduise auprès de vous, Monsieur l'Amiral, et je le fais avaec d'autant plus d'empressement que cette démarche de leur part est une preuve de l'entente, vraiment cordiale, qui règne maintenant entre les deux Républiques, voulant marcher de concert avec les représentants de la France à Naples puisque ils ont le même sentiment et le même but".

 

GTell, La France et la Suisse de 1848 à 1852.

 

Les noms et mots seront expliqués plus tard. Mais vous pouvez aussi par vous-même chercher sur Internet.

Repost 0
11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 16:32

 

La Suisse, seule démocratie en Europe.

 

GTell, La France et la Suisse de 1848 à 1852.

Repost 0
10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 16:27

Au sortir de la guerre civile, observé de tous en Europe, la Suisse est, fait unique, aux mains des radicaux seule force au pouvoir à la Diète.

 

   Le diplomate conservateur et le révolutionnaire ont un égal intérêt à suivre de près les événements en Suisse. La Confédération est pour eux un objet d’études. Les uns y observent comment il faudrait réaliser des réformes, les autres comment on pourrait les empêcher.

   Les républicains allemands, les nationalistes italiens, les réformistes français et les socialistes de tous les pays avaient suivi les événements de Suisse avec une fiévreuse attention. Pour eux, la guerre contre les cantons conservateurs était plus qu’un combat entre deux partis d’un petit pays : ils y voyaient la première phase d’un soulèvement général des peuples opprimés, la lutte de la liberté contre l’absolutisme. La victoire des radicaux suisses leur semblait le premier triomphe de l’idée de la souveraineté du peuple. Quelque différence qu’il y eût entre le caractère du radicalisme suisse, celui du réformisme français ou celui du régime démocratique qu’avaient en vue les révolutionnaires allemands, la Suisse leur servait d’exemple, de foyer de propagande, et même de champ de manœuvre. Ils comparaient les avantages et les défauts du régime démocratique suisse, alors le seul en Europe.

   Tout à coup, l’appel aux armes arrache ennemis et défenseurs de la démocratie à ces études, des luttes acharnées s’engagent autour de la Confédération. Les radicaux suisses, à l’abri de l’intervention, peuvent tranquillement achever leur grande entreprise : la transformation de la fédération des cantons en un Etat fédératif.

 

Analyse de la diplomatie entre la France et la Suisse de 1848 à 1852, H.Bessler, éditions Victor Attinger 1930

 

GTell, Internet

 

Repost 0
9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 18:02

Imaginons qu’aujourd’hui ces lois soient appliquées. Déjà, il faut considérer qu’il y a plus que le dimanche où l’on doit suivre un office religieux, il y a toutes les fêtes religieuses et il y en a beaucoup.


[1] Il vous est fait obligation d’aller à l’office et d’être dévot et d’espionner ses voisins pour qu’ils ne tombent pas dans le pêché. C’est charité que de les admonester dès qu’ils fautent.

[2] [7] Le chef de famille doit enseigner à ses enfants au sens large, la religion, toutes servantes et serviteurs ne sont que des enfants, voir sa femme aussi et donc il, le chef de famille, a devoir d’obliger et corriger et forcer et pourquoi pas de frapper ses enfants pour qu’ils apprennent le catéchisme de façon très chrétienne. 

 Bien sûr, pas question de faire appel aux sorciers pour améliorer santé et autre mal quotidien. Comme on le sait déjà, l’Helvétie a été le pays en Europe qui a le plus brûlé de sorciers et sorcières et ceci plus longtemps en nombres de siècle.

[11] Il est interdit de jouer. Jouer est mal, jouer n’est pas religieux, ou si oui, c’est le jeu de dés des romains qui jouent le manteau du Christ et c’est mal. Donc jouer est associé à ceux qui tuèrent le Christ et aussi à Judas. Pas de demi-mesure, le jeu, l’argent est mal.

[13] Pour les enfants, les coups et sévices sont autorisés pour le bien de tous. Surtout qu’ils apprennent qu’il y a qu’une autorité, celle qui est au-dessus d’eux, c’est-à-dire tout le monde.

[15] Chaque bien fait de l’église doit servir à plus pauvre que vous. N’oubliez jamais qu’il vous sera rendu au centuple au Paradis.

[20] Attention à la boisson qu’il est obligatoire de boire seul et sans être vu au risque d’être dénoncé comme incitateur.

[21] Vous possédez de vieux habits rapiécés, c’est très bien, on vous considérera ainsi et vous ne lorgnerez pas sur ceux qui ont de meilleurs habits que vous. De même, vous construirez plutôt une cabane en rapport avec votre condition d’inférieur. Laissons à ceux qui sont au-dessus de nous d’être mieux habillés et de posséder une maison.

 

Pas facile

 

GTell

Repost 0
9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 17:30

 

Les premières ordonnances ecclésiastiques de Neuchâtel. (1538)

 

   Le 15 avril 1538, le Conseil de Berne invite les Quatre Ministraux à établir à Neuchâtel des « estatus et mandements pour l’annulation et correction des vices ». Il en résulte les ordonnances que voici.

 

I. Premièrement, il est enjoint et ordonné à chacun de fréquenter, bien et dévotement, les sermons et les prêches de la parole de Dieu, le dimanche principalement, et de reprendre et admonester en charité ceux que l’on verra faillir et se méprendre de leur devoir.

II. Item, il est enjoint à tous chefs et pères de famille et autres ayant charge de la jeunesse, serviteurs et servantes, de les enseigner et tenir en discipline et les admonester souvent de leur devoir, les mener ou envoyer principalement aux catéchisme pour y être instruits en la connaissance et crainte de Dieu, sous peine d’être repris et châtiés.

VII. Que nul n’ait recours aux sorciers, devins, charmeurs et autres moyens illégitimes et défendus par les saintes Ecritures parce qu’ils sont une espèce de renoncement de Dieu et d’impiété manifeste, sous peine d’être punis exemplairement selon l’exigence du cas.

XI. Que nul n’ait à jouer à aucun jeu, quel qu’il soit, en public ni dans les maisons, ni à se trouver dans les tavernes le jour de la célébration de la sainte Cène ; mais que chacun emploie spécialement ce jour-là à méditer les grâces du Seigneur, sous peine de prison et de soixante sols d’amande.

XIII. Que les enfants et ceux qui sont sous la puissance d’autrui se rendent sujets et obéissants à leurs pères et mères, tuteurs et curateurs, régents d’école, maîtres, maîtresses et leurs autres supérieurs, et n’attentent et n’entreprennent de rien faire de conséquence sans leur autorité, permission et consentement, sous peine de nullité de telles conventions clandestines, et d’être châtiés arbitrairement selon le mérite du fait.

XV. Qu’un chacun ait à user des biens de Dieu sobrement et avec actions de grâces, et de ne les dépenser avec prodigalité, afin d’avoir moyen d’en assister tant plus charitablement et librement les pauvres.

XX. Et il est défendu à toutes personnes de contraindre, provoquer et solliciter autrui à boire.

XXI. Il est aussi ordonné à tous de se contenter d’habits honnêtes et médiocres, ainsi que pareillement de meubles, de linges, de maisons, à chacun selon sa qualité et ses moyens, sans superfluité, ni excès, nous retenant (…) d’en faire défense plus étroite et de particulariser, pour chaque sorte de personnes, les habits et les ornements que chacun peut et doit mettre et porter, qu’il soit homme ou femme, et notamment aux serviteurs et servantes.

 

Vous reconnaîtrez qu’il serait pénible d’être régie pas de telles lois.

 

GTell, Internet, Documents d'Histoire Suisse par M. Salamin.


 

Repost 0
4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 16:28

Sur le site ATRIUM, j’ai trouvé une page d’histoire de la Suisse que je ne connaissais pas. Par son contenu, j’ai été surpris et intrigué ; un document qui semble être méconnu de beaucoup et qu’il aurait été bien utile de faire connaître bien avant, par la clairvoyance de l’auteur.

Pour ne pas faire injure aux auteurs de l’article, je reprends celui-ci tel quel, un copier/coller qui montre une vue d’ensemble à la question posée dans le titre de l’article.

 

Les Suisses face au Reich : Y a-t-il eu résistance ?

 

Oui, les Suisses ont fait de la résistance ! Si les banques de la Confédération ont servi, durant la guerre, a toutes sortes de trafics avec l'Allemagne nazie, il s'est trouvé bon nombre de citoyens engagés dans la résistance. Nous révélons ici un rapport secret écrit en 1940 qui vient compléter et nuancer les conclusions de la commission Bergier, qui a réexaminé cette période.  

En 1950, la République française délègue en Suisse l'un de ses hommes d'Etat les plus éminents: Robert Schuman. Il a pour mission de remercier, au nom du gouvernement français, la Confédération et le peuple suisse pour l'aide apportée durant le conflit aux soldats internés, aux réfugiés, aux enfants français. Cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Suisse est bien vue en France et dans les pays voisins. On apprécie son action caritative et son aide à la reconstruction - notamment en Normandie - mise en oeuvre par Le Don suisse, création du parlement et du gouvernement de Berne. 

Or, aujourd'hui, on considère souvent la Suisse comme une sorte d'auxiliaire du Ill' Reich, enrichie grâce à sa collaboration industrielle et surtout bancaire avec le régime nazi. Il y a donc, en ce qui concerne la Suisse, deux vérités successives dans le temps et une contradiction dans le jugement. Pendant quarante-cinq ans environ, de 1945 à 1990, le pays apparaît comme ayant assumé avec loyauté son statut de neutralité, instauré et garanti par les grandes puissances européennes en 1815 - neutralité qui fait obligation de tenir la balance égale entre les belligérants. Puis, aux environs de 1990, à la suite de la parution d'une bonne vingtaine de livres et de plusieurs émissions de télévision, la neutralité de la Confédération est présentée comme une tromperie et même comme une véritable complicité avec le camp hitlérien.

Bizarrement, un mot n'apparaît pour ainsi dire jamais dans le débat, celui de « résistance ». Or, dès l'été de 1940, une série d'actes de résistance se déroule en Suisse, au lendemain de l'écroulement militaire de la France en quarante-six jours (10 mai-25 juin 1940), et oriente le pays dans une direction globalement contraire aux désirs de Berlin.

Premier acte de résistance, le 23 juin 1940. Un personnage hors du commun, Hans Hausamann, photographe de Saint-Gall, qui a fondé un réseau d'informations et de résistance antinazi, saisit les autorités suisses d'un rapport sur le déroulement futur de la guerre (voir encadré en bas de page): résistance acharnée de l'Angleterre, entrée de l'Union soviétique puis des Etats-Unis dans la bataille, conflit prolongé et, finalement, défaite de l'Allemagne. Il préconise une résistance absolue de la Suisse, affirmant que la victoire alliée est certaine.

Deuxième acte, fin juin 1940. Le gouvernement suisse est sur le point d'être arrêté et jeté en prison par la garnison de la capitale. Le putsch projeté par des proches d'Hans Hausamann - tout particulièrement son ami le capitaine Alfred Ernst - est décommandé au dernier moment pour raison tactique et se transforme en un complot militaire. Ce « complot de Lucerne » constitue le troisième acte de résistance de l'été 1940: une vingtaine de jeunes officiers, proches de l'état-major privé de Guisan, se réunit clandestinement, le 21 juillet dans un hôtel de Lucerne. Ils décident de résister et de défendre le pays « quelles que soient les circonstances », même si le gouvernement suisse leur donnait l'ordre de ne pas se battre.

Quatrième acte de résistance, le 15 juillet 1940. Le général Guisan (dont l'entourage de jeunes capitaines a participé aux complots précédents) appelle le peuple et l'armée à la résistance dans une allocution prononcée dans la prairie de Grütli, près de Lucerne. Cette allocution entraîne une protestation diplomatique conjointe des puissances de l'Axe, Allemagne et Italie. Les nazis, dans leurs journaux, qualifient le général suisse d'« agent de l'Angleterre » - il gardera cette étiquette pendant tout le conflit. Mais, dès le mois d'août, l'initiative de Guisan va rendre l'espoir à l'opinion suisse, démoralisée par la déroute franco-britannique. Le général est désavoué auprès des Allemands par le président de la Confédération, Marcel Pilet-Golaz, également ministre des Affaires étrangères. Ce même Pilet-Golaz qui, en prononçant le 25 juin 1940 un discours préconisant « un nouvel équilibre » en Europe, a suscité les actes de résistance du groupe Hausamann.

Le cinquième acte de résistance de l'été 1940 a lieu le mois suivant, en septembre. L'Allemagne triomphe sur le continent. La Belgique a été submergée. La France est hors jeu. Les Anglais sont repliés sur leur île depuis leur défaite de Dunkerque, début juin. La pression allemande sur la Suisse est considérable. C'est à ce moment-là que Hans Hausamann et ses amis - notamment August R. Lindt, caporal, futur ambassadeur de la Confédération - lancent un mouvement baptisé Aktion Nationaler Widerstand (Action nationale de résistance) qui, pendant quatre ans, dans l'esprit du « putsch de Berne » et du « complot de Lucerne », va constituer un groupe de pression permanent, une sorte de shadow cabinet pro-Alliés, en exigeant par exemple, en novembre 1940, l'interdiction du parti pronazi suisse. Cette équipe semi-clandestine, autour de Hausamann, de Lindt, des journalistes bâlois Albert Oeri et Ernst von Schenk, avec des ramifications dans tout le pays, veille pendant quatre ans à ce que la Suisse officielle ne s'aligne pas sur l'Allemagne nazie, comme la Hongrie et la Roumanie. Dans une très large mesure, elle y parvient. La Suisse, notamment, ne rompra jamais avec l'Angleterre, comme le souhaitent les Allemands. Une Angleterre qui, après l'écroulement de la France, incarne pour les Européens la survie. Tout le continent est à l'écoute de l'Angleterre. Que va-t-elle faire ? Nous le savons aujourd'hui, mais à l'époque son attitude était inconnue. Elle peut parfaitement, pensent nombre de Suisses et d'Européens, trouver un nouveau compromis avec l'Allemagne, envisager un autre « Munich ». Dès lors, la sagesse, estiment certains, particulièrement le président de la Confédération, Pilet-Golaz, n'est-elle pas de s'inspirer de la France et de chercher, comme Pétain, un terrain d'entente avec le Ille Reich ?

Dès 1940, l'armée suisse décide de demander son soutien militaire aux Anglais en cas d'agression allemande. Il est prévu d'envoyer de nuit à Londres deux appareils DC3 de la Swissair qui décolleront de Belp ou de Thoune. Une mission militaire devra prendre place dans les deux avions. Elle demandera aux Britanniques de bombarder les troupes assaillantes et leurs lignes de communication. L'armée suisse prévoit la participation de forces aériennes britanniques: une centaine de chasseurs et autres avions de combat (Spitfire et Hurricane) et des bataillons de parachutistes. Un pont aérien est même prévu entre la Grande-Bretagne et la Suisse pour la livraison de carburant, d'explosifs, de mines, de vivres, de médicaments. Hans Hausamann décide d'envoyer August R. Lindt à Londres. Mais ce plan restera théorique, tout comme l'entente secrète militaire établie dès 1939-1940 avec la France en cas d'invasion de la Suisse. Les plans de cette action franco-suisse, tout à fait contraire à la neutralité, sont découverts par les Allemands en juin 1940, dans le train abandonné à La Charité-sur-Loire par le commandant en chef français Gamelin. Toutefois, la Suisse demeure indemne tout au long du conflit et n'a pas à faire appel aux Alliés. Pourquoi ?

L'une des toutes premières raisons est la suivante: les Allemands considèrent la Suisse comme un petit paysqui tombera à l'heure venue, dès la victoire finale du grand Reich. La deuxième raison est la détermination de l'armée, appuyée par la population, à détruire les lignes ferroviaires conduisant en Italie. En demeurant en paix avec la Suisse, les Allemands peuvent utiliser ces axes de communication à l'abri des bombardements anglais. En effet, la Grande-Bretagne respecte la neutralité de la Suisse: elle ne bombarde jamais le pays, si ce n'est par erreur (Genève-Carouge et Renens, juin 1940). En revanche, elle viole régulièrement son espace aérien.

La troisième raison de la non-invasion est la faculté pour les Allemands de protéger leurs nationaux et leurs biens dans le monde entier grâce à la neutralité et à la Croix-Rouge internationale, dont les dirigeants sont nommés par le gouvernement fédéral. En retour, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et les Alliés en général sont protégés juridiquement en Allemagne et dans les territoires dépendant d'elle par la Confédération. La Suisse, vers 1943, a « en charge » les quatre cinquièmes environ des pays du monde (protection juridique, assistance aux personnes, administration des propriétés «ennemies»). Le pays dispose d'un pouvoir considérable d'intercession qu'il utilise pour se faire respecter. La Confédération est alors comparable à un cabinet d'avocats, unique sur la place, non-renouvelable, plaidant pour les deux camps et représentant chacun des plaignants auprès de l'autre.

La quatrième raison pour laquelle la Suisse n'est pas envahie, ce sont ses banques, qui ouvrent le monde extérieur au IIIe Reich et lui permettent l'achat de devises (dollars et livres sterling) contre des marchandises allemandes et de l'or, sur l'origine duquel les banquiers, c'est le moins que l'on puisse dire, ne sont pas excessivement sourcilleux.

La cinquième raison est le maintien de l'essentiel de ses échanges avec l'Allemagne, après l'effondrement de la France. La France et l'Angleterre admettent d'ailleurs, dès le début du conflit, la poursuite de ces relations. La Confédération n'a du reste pas d'autre choix: elle travaille avec l'Allemagne parce qu'elle ne possède aucune matière première, aucune énergie lui permettant de faire tourner son économie.

C'est donc une attitude globale assez « vichyste » (gagner du temps, biaiser, survivre), avec, toutefois, une énorme différence. Les Suisses concèdent aux Allemands le maintien des échanges et acceptent de financer leurs exportations en ouvrant des crédits au Reich, mais à une condition: la Suisse ne rompra pas avec l'Angleterre. Alors que Berlin voudrait l'amener à signer un «pacte d'acier» ou son équivalent, elle exige des Allemands qu'ils laissent passer, pendant quatre ans, les marchandises et même les instruments de précision fabriqués en Suisse et à destination du Royaume-Uni, notamment pour la Royal Air Force. La Suisse ne cesse pas un seul Jour ses relations avec les Anglo-Saxons. Ses échanges avec les Alliés demeurent très importants: entre 1940 et 1944, le pays réalise pour 2 milliards de francs suisses d'importations et pour 1,7 milliard d'exportations. Quant aux exportations vers l'Allemagne, elles atteignent 2,601 millions de francs suisses et les importations se montent à 3,133 millions pour la même période.

Il y a donc eu une résistance suisse. Elle accueille la Résistance française et elle sert d'intermédiaire entre l'état-major de la Résistance à Lyon et à Londres. Les MUR (Mouvements unis de la Résistance) s'installent à Genève avec de faux papiers admis par l'armée suisse - plus précisément par l'état-major du général Guisan, dont le chef est un intellectuel parisien, un Suisse de France, Bernard Barbey. Il conseille Guisan dans l'ombre durant quatre ans; il aide Hausamann et ses amis. Mais alors pourquoi, soudain, vers 1990, se met-on à mal juger la Confédération? Avant tout parce que l'Etat ne sait pas affronter le problème des fonds juifs en déshérence. Il laisse chaque banquier traiter avec chaque ayant droit. En France, tout compte bancaire dont le propriétaire ne donne pas signe de vie pendant dix ans est automatiquement versé à un organisme public, la Caisse des dépôts et consignations. Les ayants droit ont ensuite vingt ans pour récupérer leur bien. Au-delà, les sommes reviennent à l'Etat. Si la Suisse avait eu une organisation comparable, elle n'aurait pas été en butte à la campagne de dénigrement dont elle a été victime.

Mais par-dessus tout, la cause du discrédit dont souffre la Suisse, c'est sa passivité, son incapacité à répondre aux accusations dont elle a été l'objet. Si les Suisses avaient pu raconter ce que fut leur résistance, ils auraient eu une position morale bien meilleure. Malheureusement, ils sont fâchés avec l'Histoire.

Le récit visionnaire de Hans Hausamann

Hans Hausamann, fondateur de l'Action nationale de résistance, rédige, dès le 13 juin 1940, un rapport qu'il adresse au colonel Masson, chef des services secrets suisses, et, à travers ce dernier, au général Guisan et à l'ensemble des autorités suisses. Avec une vision prophétique, il décrit la guerre telle qu'elle va se dérouler. Ce rapport capital, qui se trouve dans les Archiv für Zeitgeschichte (Archives d'histoire contemporaine) de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich - et qui est inconnu de la plupart des Suisses, y compris des chercheurs de la commission Bergier - souligne la faiblesse de l'Allemagne hitlérienne en quelques phrases. « La flotte anglaise, écrit Hausamann, renforcée par de nombreuses unités de la marine américaine, n'est pas du tout handicapée. Elle peut continuer à agir quand bien même les îles Britanniques seraient envahies et ne pourraient plus lui servir de base. La flotte anglaise pourrait malgré tout continuer la lutte, parce que les armées allemandes sont incapables d'atteindre les bases britanniques du grand large. On peut prévoir sans hésitation aucune une entrée prochaine des Etats-Unis d'Amérique dans la guerre, les Balkans vont bientôt s'enflammer. Vraisemblablement, tout va commencer par une action concertée germano-italienne. La mainmise allemande sur les Balkans constituera un simple détour pour s'emparer de positions stratégiques en vue de combattre la Russie et, ultérieurement, d'amoindrir les effets du blocus anglais. Il faut bien se mettre dans la tête une évidence, il est hors de question que l'Angleterre capitule. L’Angleterre tiendra. Elle combattra jusqu'à son dernier souffle, quand bien même il n'y aurait aucun espoir d'aucune sorte. L’Angleterre est à même de mobiliser la moitié du monde contre l'Axe [...]. Comment l'Angleterre va-t-elle conduire la guerre? Elle n'a plus de base opérationnelle sur le continent et, du coup, il n'y aura pas, à court terme, de bataille sur la terre ferme. En gros, voici quel sera le programme de guerre des Anglais: - lis vont procéder à un blocus systématique du ravitaillement au sens large des puissances de l'Axe. - ils vont user le moral du peuple allemand et du peuple italien par des attaques aériennes incessantes, accompagnées d'une action continue de propagande. - ils vont empêcher l'envoi de troupes en renfort dans les colonies italiennes. Puis ils vont s'appuyer sur les indigènes pour renverser le pouvoir colonial italien. Ils vont mobiliser d'autres peuples contre l'Axe, à commencer par le peuple américain, mais il y en aura d'autres. Ils vont soutenir les Etats des Balkans contre l'Axe. Ils vont ensuite soutenir la Russie dans sa résistance contre l'invasion allemande, qui partira des Balkans et de l'Europe de l'Est. [...] Voilà, dans les grandes lignes, ce que vont faire les Anglais. En d'autres termes, après l'écroulement soudain de la France, il faut prévoir une très longue guerre. Son issue sera la suivante: l'Allemagne ne parviendra pas à mettre l'Angleterre à genoux et l'Allemagne sera vaincue. [...]»

Il y a donc une résistance suisse qui, en 1940, sait prévoir les événements et mettre en garde les autorités contre toute complaisance à l'endroit du IIIe Reich. Dans ce même rapport de douze feuillets dactylographiés, Hans Hausamann recommande de résister, «quel que soit le prix de cette résistance». Il écrit: « L’étranger nous laissera peut-être vivre s'il sait que nous combattrons, que nous détruirons la totalité de nos approvisionnements, que nous démolirons complètement nos chemins de fer, que nous empoisonnerons nos sources, que nous ferons sauter nos viaducs, que nous réduirons nos fabriques en cendres»

Le rapport Bergier: six ans d'enquête

De 1996 à 2002, la «commission indépendante d'experts Deuxième Guerre mondiale», dite Bergier, a procédé à une investigation sur l'attitude de la Suisse entre 1939 et 1945, tout particulièrement dans les domaines de l'accueil des réfugiés et de l'activité des banques. Cette commission, instituée par le gouvernement et les chambres fédérales suisses, a fait paraître en mars dernier son vingt-quatrième et dernier volume. Elle est parvenue à la conclusion qu'il n'y a pas eu d'action concertée tentant à dépouiller les dépositaires de fonds, mais elle a été sévère sur la coopération industrielle et économique avec les nazis. Ce que Marc Bretton, du Journal de Genève, résume par: « Les Suisses ne furent ni héros ni salauds. » Si elle évoque en quelques pages - sur plusieurs milliers - la résistance suisse, elle ne parle pas du tout de Hans Hausamann...

 

 Source

- Historia, no 669, septembre 2002. Article de Jean-Pierre Richardot Ancien collaborateur de L’Express, du Monde, de France 2 et de France 3, Jean-Pierre Richardot vient de faire paraître Une autre Suisse, 1940-1944 (Le Félin, Labor et Fides), avec une préface de Gilles Perrault.

 

GTell, ATRIUM, Historia

Repost 0