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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 17:02

Mon départ de la IV/16


  Les ordres préalables à la relève que devait effectuer le grpt. Jogne du 26 avril au 31 mai 1943, indiquaient que le bat. 16 serait stationné en Haut-Valais. Je me préparai donc à ce service en me réjouissant surtout de revoir mes Diables-Verts et de faire avec eux à nouveau de la haute montagne. Mais, une semaine avant cette remobilisation, je reçus l’avis de ma mutation à l’EM du bat, fus, mont, 14 pour prendre, ad intérim, le commandement de ce bataillon.

 

  Je ne pus donc faire mes adieux à cette IV/16 que j’avais commandée pendant plus de 4 ans et à laquelle mes plus beaux souvenirs de service militaire resteraient à jamais attachés. Sans doute, j’ai eu plusieurs occasions de la revoir de l’extérieur et de suivre de loin son activité. Promu en 1944 officier d’Etat-major général et incorporé à l’EM de la 1ère Division, je ne manquai jamais dans mes allées et venues au sein des troupes de la Division de revoir mes anciens camarades Diables-Verts. Enfin, devenu cdt, en titre du bat. 16 le 1er janvier 1950, je la revis de plus près, m’occupant avec un intérêt tout spécial de son activité. Cet attachement était tel que je pris l’initiative, à la fin des mobilisations, de créer la belle amicale des Diables-Verts, toujours plus vivante que jamais, et de lui donner une marraine, Christiane WOLF, fille de notre ancien commandant. Par sa gentillesse, elle a gagné le cœur de tous.

 

Diables-Verts, Cap. Henri NOEL [1]

Cap. Henri Noël

 

 

 

Pour information : Sommier

 

Du bas latin sagmarius, bête de somme. Le terme désignait au Moyen Âge le cheval qui transportait les coffres d'un seigneur en déplacement, ou le coffre lui-même sur lequel le sommelier dormait à l'étape.

 

GTell, Henri Noël

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 17:02

La IV/16 gagna alors Bourguillon où elle bivouaqua pour son repas de midi, puis rentra à Chevrilles. Il nous restait alors 7 jours de service avant le nouveau congé du grpt, Jogne. Ceux-ci devaient être consacrés à l’occupation de nos positions de guerre dans la vallée de la Jogne. Mais, quelle entreprise que celle imposée à la IV/16, de passer par le Lac-Noir et le col des Neuschels ! Une reconnaissance au col nous révéla qu’il y avait encore 1,80 m. de neige fraîche. Cela nous obligea à faire passer tous nos véhicules par La Roche – Charmey jusqu’à Jaun, tandis que les sommiers porteraient le matériel de combat nécessaire. C’est le 12 février à 0500 que nous avions quitté Chevrilles pour atteindre le Lac-Noir vers 1000. Un dîner sur le pouce et c’était déjà la montée vers le col des Neuschels. Si la montée dans la forêt était encore simple, dès la sortie on trouva 1,50 m., puis 1,80 m. de neige fraîche. Les sommiers ne pouvaient plus avancer et il fallut assurer leur passage en creusant des tranchées pendant près de 3 heures. Le col atteint, il n’était pas question de s’arrêter tant le danger d’avalanches était réel. Le temps d’encorder chaque sommier et ce fut la descente. Nous n’avions pas parcouru 200 mètres que l’avalanche tombait sur nous et coupait la cp, en deux. Heureusement pas de blessés et après aménagement d’un passage, la descente se poursuivit prudemment jusqu’à Jaun où nous étions arrivés alors qu’il faisait déjà nuit. De Jaun, il fallut encore gagner Oberbach où la IV/16 devait cantonner.

 

  Le 13 février à l’aube débutait l’exercice d’occupation de nos positions. Hélas, il neigeait si fort et les dangers d’avalanches étaient tels que l’exercice fut interrompu à 1100. Le culte du dimanche 14 février eut lieu en l’église de Jaun et l’après-midi commencèrent les grands travaux de rétablissement et de parc en vue de la reddition de notre matériel. Comme cette reddition avait à nouveau lieu au couvent de la Valsainte, la IV/16 fut déplacée le lundi matin 15 février à la Tzintre, de manière à réduire la distance qui la séparait de la Valsainte. La reddition des chevaux fut assez compliquée. Il fallait en rendre à Bulle, à Colombier, à Martigny et à Rolle avec obligation de licencier les conducteurs sur ces diverses places de reddition. Mais, avec un fourrier débrouillard, tout fut réglé à satisfaction.

L’avant-dernier jour fut consacré à des théories et exposés sur les circonstances possibles d’une remobilisation perturbée. Il fallut étudier divers suppositions du soldat qui devrait combattre seul ou avec un groupe de camarades pour atteindre le Réduit. Une telle éventualité avait amené le commandement de l’armée à ordonner que lors de chaque congé de groupement, les hommes devaient rentrer chez eux avec la munition de poche, la cartouche de pansement et le… masque à gaz.

 

  Le 17 février, à l’aube, le grpt. Jogne était licencié pour un congé envisagé jusqu’en avril ou mai 1943.

 

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La vallée sous la neige.

 

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Quelques copains.

 

GTell Henri Noël

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 16:25

Suite de la cinquième partie.


À 1630 déjà, nous débarquons à Payerne et nous nous mettons à couvert en attendant la nuit pour gagner Cottens, en passant par Grandsivaz. Les chevaux devaient aller à Avenches et nous disposions d’un camion pour le transport des mitrailleuses et autres charges de nos sommiers. La marche dans la neige fraîche de Payerne à Cottens fut très pénible car chacun avait son paquetage complet. Mais, à 2240, nous prenions nos cantonnements, tout heureux d’un peu de repos. La nuit fut cependant courte car nous devions tenir le village de Prez-vers-Noréaz avant l’aube. Harcelés par un ennemi très entreprenant, durant toute la matinée, nous avions reçu vers midi l’ordre de nous replier sur Avenches pour y prendre des cantonnements d’alarme. Le repos fut de courte durée car à 0400, le bat. 16 était alarmé pour se porter à Laupen en passant par Donatyre, Courtion, Cournillens, Courtepin, Gros-Gurmels. Toutefois, dans ce dernier village, tout le bataillon fut pris dans une souricière qui le mit hors de combat pour 30 minutes ! Mettant à profit ce délai, nous avions alors préparé une attaque qui, débouchant à 1000, délogea assez rapidement l’ennemi. Une interruption de manœuvres survint à 1300. Elle était la bienvenue et permettait à la IV/16 d’aller prendre des cantonnements é Cressier-sur-Morat jusqu’au lendemain à 2000, moment où devaient reprendre les manœuvres. Isolée à l’aile gauche du front du Rgt. 7, la IV/16 dut, au cours de la nuit, faire mouvement sur Guin. C’est dans ce dernier village qu’elle passa la nuit suivante. Enfin, à l’aube, elle déclencha une attaque en direction de Bonn-Bad où l’ennemi avait réussi à franchir la Sarine. C’est au cours de cette attaque que la fin des manœuvres fut ordonnée.

 

Débuter par le grand défilé de Lausanne, ces manœuvres devaient se terminer également par un grand défilé en ville de Fribourg. Le reste de la journée du 9 février fut donc utilisée à des rétablissements et à la préparation de ce défilé. Comme celui-ci se faisait sans que l’homme porte son sac, le 10 février à 0715, une colonne de camions attendait le bat à la sortie du pont de Zahringen où nous chargeâmes tous les paquetages. De là, tout le rgt, se rassembla sur le parc de sport des Charmettes pour une grande répétition de chant dirigée par le cap-aumônier Pierre KAELIN.

Comme à Lausanne, ce grand défilé était ouvert par les troupes de la Brigade légère 1, au trot, que suivaient celles du rgt, de Fribourg. Le défilé était inspecté par le Cdt, de Division 1 qui se tenait aux Grands-Places, entouré du Grand-Conseil in corpore, du Conseil d’Etat et des autorités communales et religieuses. Le collège St-Michel au complet, les classes supérieures et primaires que compte Fribourg étaient heureusement là car par le grand enthousiasme que manifestait toute cette jeunesse, un public très dense acclama aussi ses soldats et effaçait la mauvaise impression laissée par le défilé précédent.

 

  Au sortir de ce défilé, le rgt, 7 fut rassemblé sur la Place Notre-Dame pour une manifestation qui restera mémorable. Elle débuta par un chant d’ensemble de tout le rgt, « Pays de mes aïeux », que suivit un discours de notre évêque Mgr Marius BESSON. Ce grand patriote, qui pendant les mobilisations côtoya très souvent nos troupes pour leur prouver son fidèle attachement à l’armée, nous félicita pour notre tenue et notre discipline, nous encouragea pour les mois à venir où l’atmosphère internationale était encore bien sombre et nous assura, enfin, de ses ferventes prières pour la protection de la Suisse. Ses paroles firent grande impression non seulement sur nos soldats, mais aussi sur une foule dense qui assistait à cette cérémonie. Puis, ce fut le dépôt d’une couronne devant le monument érigé aux soldats de ce même régiment morts au service de la patrie pendant les MOB, de 1914-1918. Enfin, tout le rgt, casque à la main, chanta le « Chant de la Bérézina » accompagné par les fanfares des bataillons.

 

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que de neige!

 

 

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à suivre...

 

GTell Henri Noël

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 11:25

Cinquième partie.


Quatorzième stationnement : Chevrilles du 15 janvier au 17 février 1943.


Dix mois s’étaient passés depuis le dernier licenciement. Il devenait donc indispensable de se remettre un peu en forme. La reprise en mains fut très dure déjà pour les officiers. Ces derniers entrèrent en service le 7 janvier au matin à la gare de Bulle. Inutile de songer à se changer car à la descente du train, il fallut monter dans un camion pour aller dîner à Grandvillard. Puis, il fallut s’astreindre à une marche pénible sous la neige pour traverser les Merlas et descendre sur le Motélon. Ce fut dur et très éprouvant, surtout pour ceux qui avaient eu l’imprudence d’entrer en service avec l’uniforme de sortie et des souliers de ville. Les camions, qui devaient nous reprendre au haut de la vallée du Motélon, furent malheureusement arrêtés à Broc car la route du Motélon n’était pas ouverte et il y avait plus de 60 cm. De neige fraîche. Tous les officiers furent ainsi contraints de s’appuyer encore à pied le trajet de la longue vallée du Motélon jusqu’à Broc. Il commençait à faire jour lorsque nous sommes arrivés à Broc. La mise en train était faite !!! (Pour une fois.)

 

Quant aux sof. Ils entrèrent en service le 11 janvier pour un cours de cadres de 4 jours qui fut aussi très pénible en raison des quantités de neige.

 

La troupe entra en service le 15 janvier à 1015 sur la Place de la foire, à Bulle, puis se rendit au jardin anglais, à la rue de Gruyères qui lui était attribué. Après une intensive reprise en mains qui dura 45 minutes, les Diables-Verts avaient retrouvé tout leur allant et purent entonner « Sur champ de pourpre une croix blanche luit ».

 

… La dislocation vers la Singine se fit par compagnie. La IV/16, avec tambour en tête, défila dans les rues de Bulle pour gagner de nuit son stationnement de Chevrilles. La marche fut très pénible, mais à 0310, nous étions arrivés dans ce beau village de la Singine.

 

Manœuvres du 1er CA (Br. Légère 1 et Rgt. 7) du 1 au 10 février 43.


Si les manœuvres sont habituellement suivies par un défilé des troupes qui y participent, on fit en cette occasion une exception en faisant défiler les participants avant les manœuvres. Ce défilé eut lieu à Lausanne et la concentration des troupes se fit à pied par une pluie battante et de la neige pendant les 3 jours de marche. La IV/16 partit de Chevrilles le 1er février à 1000 pour aller s’encolonner au bat. 16 à Arconciel, à 1330, troupe nourrie. De là, par Corpataux, Farvagny, Villarlod, le bat. Gagna Villaz-St-Pierre pour y passer la nuit. Le lendemain matin, près de Romont, tout le bat. 16 exerça le défilé avec la baïonnette au canon, puis poursuivit sa route par Arrufens, Siviriez, Ursy, Rue, Promassens, Oron, pour gagner Châtillens où on arriva vers midi. Le reste de la journée fut utilisé à sécher les habits qui étaient vraiment transpercés. Enfin, la dernière étape, le 3 février au matin, se fit sous la neige par Essertes, Savigny et la Sallaz. Le bat. 16 défila à travers Lausanne pour gagner le collège de Prélaz où il devait stationner.

 

   La matinée du 4 février fut utilisée à des rétablissements complets car le défilé devait être impeccable. La préparation des chevaux, charrettes et fourgons demanda un intense service de parc. Le Rgt. 7 fut rassemblé à 1100 sur la Place de Montbenon et la troupe mangea sur place. C’est à 1300 que l’on se mit en route pour le défilé qui se fit en rang de huit. La foule des spectateurs était immense, les journaux indiquèrent le lendemain matin qu’ils étaient certainement plus de 30'000. Tout au long du parcours par le Pont du Chauderon, Bel’Air, Le Grand-Pont, c’était un enthousiasme indescriptible qui contrastait avec le morne défilé de Fribourg l’année précédente. Sur la Place Dt-François, se tiennent à cheval le Général GUISAN, le Cdt. Du 1er CA et le Cdt. De la 1ere Division. Ce défilé fit très grosse impression.

 

Relevons encore que la IV/16 reçut des vivats particuliers lorsque les spectateurs voyaient au premier rang la fanion de la Division qu’elle avait gagné au concours alpin. Le défilé se termina sur la place de la Gare où il fallut immédiatement embarquer sur train car l’état de « guerre » venait de débuter.

 

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Le Général

 

GTell Henri Noël

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 16:53

Quatrième partie.

Treizième stationnement : Canton de Genève, du 10 février 42 au 20 mars 42.


Une nouvelle relève du Groupement Jogne débuta le 10 février 42. Mais, la IV/16 allait faire son service à Genève, subordonnée au commandement des douanes pour renforcer nos douaniers dont le service frontière était devenu très astreignant. Une telle mission se faisait évidemment sans nos mitrailleuses, sans chevaux et sans tout un matériel de corps qui n’était pas indispensable. La tâche du détachement de réception du matériel, mobilisé à Bulle la veille, n’en sera pas moins pénible. En effet, le camion mis à notre disposition pour se rendre à la Valsainte ne pourra aller plus loin que le pont du Javro à l’entrée de Charmey. La couche de neige est tellement haute que, de là, le détachement dut monter à pied jusqu’au couvent. Nous dûmes, ensuite, emprunter des traîneaux aux agriculteurs de la région pour descendre ce matériel jusqu’au pont du Javro.

 

L’entrée en service de la compagnie eut lieu à Bulle sur la Place de la foire. Après le dîner servi à la IV/16 dans les restaurants du Moléson et du Moderne, nous étions arrivés à la gare de Bulle pour embarquer. Arrivé à Genève vers 1800.

 

La matinée du 11 février fut réservée à des théories du major VERDAN, commandant du corps des douanes de Genève.

 

Nous devions installer 23 postes qui furent tous occupés le même jour.

 

Poste N° 13 SORAL

Chef : Lt. DUPASQUIER Félix

Cpl. DOUSSE Robert

Appté. RIME Henri

Mitr. PERROULAZ Jean

MICHEL Célien

JULMY Louis

Cond. CONUS Antonin

PERRIARD Fernand

 

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Pas de tenue de campagne pour Genève.

 

La IV/16 quitte Genève le 19 mars au matin. Arrivée peu avant midi à Broc. Une surprise les attendait : lors de l’entrée en gare du train, la fanfare du bataillon 16 joua la « Marche de Diesbarch ». Le Lt. Col. GUILLOD, Cdt du bat. Nous attendait aussi avec le sourire de retrouver l’une de ses unités.  Il me prit immédiatement à part pour me dire qu’il venait de recevoir de la Direction des douanes un rapport très élogieux sur le comportement de la IV/16 à Genève.

 

Avant son licenciement au matin du 20 mars le bat. 16 fut encore inspecté par le Cdt. De la Division 1.

 

GTell, Henri Noël

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 17:15

Troisième partie.


Ce n’était pas les vacances mais les joies d’une longue descente à ski devaient rester comme une grande joie.

La IV/16 organisa également une grande course à skis, sous forme d’un concours de patrouilles. Le parcours de 9 Km fut piqueté en terrain très difficile avec des tirs effectifs sur des ballonnets. Elle se déroula le 8 janvier et fut gagnée par la patrouille du caporal SCHINDLER en 1 h. 04’ 59’’, devant la patrouille du caporal DAY, à 4’ ; celle du lieutenant TAGINI, à 18’ et la dernière, du mitrailleur GUMY, à 52’.

 

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Le 16 janvier était notre dernier jour aux Diablerets ! Journée réservée à passer le col du Pillon avec tout le matériel de corps que nous devions mettre en dépôt à Feutersoey. Quant à nos skis, ils furent chargés sur le train à destination de l’arsenal de Fribourg. À l’appel du soir, il fut donné lecture de l’ordre du jour du colonel divisionnaire COMBE qui quittait le commandement de la Division 1 pour être remplacé par le colonel divisionnaire PETITPIERRE.

 

Descente sur Aigle sous la neige dans des difficultés énorme, chevaux et hommes tombèrent souvent et il fallut plus de six heures de marche du trajet de 20.3 Km. Puis le train pour Lausanne et Fribourg.

Henri Noel continue son récit : Après un dîner servi à toute la compagnie, au restaurant de la Paix, nous nous étions rendus au Boulevard de Pérolles pour prendre part au défilé du régiment 7. Voici ce que contient mon journal de compagnie sur ce défilé :

 

   « Les autorités prennent ce défilé devant le temple. Jamais la troupe n’a été plus écœurée par un défilé. Revenant à Fribourg pour la première fois depuis son départ en mobilisation le 3. 9. 39., pas une seule marque de sympathie ne se manifeste en faveur des soldats. Quelle population ingrate que celle de Fribourg. Aux internés, on lançait des fleurs et on ne ménageait pas ses acclamations. Au retour des siens, on est morne ! Souhaitons que plus jamais le régiment ne défile à Fribourg car l’impression laissée sur la troupe est très fâcheuse. On reparlera longtemps de l’ingratitude des habitants de Fribourg au retour de celui qui se consacre à les protéger. »


Douzième stationnement : Gstaad et Im Fang, du 27 mai 1941 au 2 août 1941.

Gstaad → Im Fang à pieds en 1 jour. Il y a 15.08 Km à vol d’oiseau et 57.3 Km par la route. Aucun renseignement précis sur l’itinéraire. Par la route ou par la montagne ? Les deux à la fois, les conducteurs et le matériel par train et par la route, le reste de la compagnie par la vallée des Fenils, entre Saanen et Jaun.  Avec quand même 26 chevaux et un reste de neige considérable partout.

Les premiers jours, à Im Fang, furent utilisés à une reprise énergique de l’instruction individuelle et du travail à la mitrailleuse. Puis, on procéda à plusieurs marches en montagne : que ce soit au Gros-Mont, au Petit-Mont, aux Bruns, au Jaunpass ou encore au col des Neuschels.

 

Le 4 juin à 0300, toute la Division 1 fut alarmée pour des manœuvres de grande envergure. Le régiment 7 formait le parti bleu. Dans ce cadre, les Diables-Verts reçurent l’ordre de gagner à pied, par le Jaunpass, la gare de Weissenbach, dans le Simmental, pour y être embarqués sur train, puis transportés à Zweisimmen.  Dans cette station, ils furent embarqués sur le MOB et, finalement, conduits à Saanenmöser. Les bataillons 16 et 17 formaient un régiment qui devait tenir du Hornberg à Gruben. Mais à peine débarquée du train, la IV/16 recevait l’ordre d’attaquer et anéantir un groupe de parachutistes tombés dans notre dos dans la région de Zweisimmen. C’est la section HOFMANN qui dut redescendre à Zweisimmen et qui eut la main assez heureuse pour surprendre ces parachutistes dans une grange et les faire prisonniers. Durant toute la nuit, le bataillon 16 sera attaqué par de nombreuses patrouilles ennemies. Mais, en raison de pluies diluviennes, les manœuvres prirent fin vers 1100. Embarquée sur train, la IV/16 sera transportée jusqu’à Broc, en passant par Gstaad – Bulle. Puis, elle gagnera Im Fang où elle arriva à 2245.

 

L’un des grands moments qui marqua le souvenir de chacun, fut la période de haute montagne vécue du 18 au 26 juillet.

 

Après le culte des bataillons 14 et 16 célébré par le capitaine-aumônier von der WEID et le repas de midi, les exercices en haute montagne débutèrent ce dimanche 20 juillet. Indépendamment de l’entraînement à la varape, à la descente dans des crevasses, aux moyens de secours et, en général, à la vie en haute montagne, le bataillon 16 devait faire l’ascension du Wildhorn (3246 m.) et du Wildstrubel (3244 m.).

Le lundi 28 juillet, préparatifs pour mise en congé le 2 août 1941. Dépendant de l’arsenal de Bulle, ce dernier avait choisi les couloirs souterrains du Couvent de la Valsainte comme lieu de dépôt de tout le matériel du bataillon 16. En cette occasion, le Père Procureur de la Chartreuse fit une visite guidée pour tous les Diables Verts. Elle fut pour beaucoup une révélation qui laissa une profonde impression. La reddition de nos chevaux se fit le lendemain à Bulle. Puis, la compagnie, pour se rapprocher de Broc qui était le lieu du licenciement, quitta Im Fang le 30 juillet au matin et prit, pour 3 jours, des cantonnements à la Tzintre.

2 août. À 0720, après le « Rompez les rangs », les trains nous emmenaient à notre domicile.

 

à suivre.

 

GTell Henri Noël

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 17:33

 

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Prêt pour une course de patrouille...

                                                   ...et avec les copains au Grand Hôtel.

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 13:42

Deuxième partie.


Gsteig → Les Diablerets par le col du Pillon. Il y a 9.2 Km en vol d’oiseau. À pieds.

 

Les Diablerets du 7 novembre 1940 au 17 janvier 1941. Grand-Hôtel.


Mission principale pour la compagnie IV/16, garder le col du Pillon ouvert. Il neigeait comme jamais en cette période et la difficulté était qu’à peine ouvert un tronçon de 20 mètres qu’il disparaissait déjà sous la neige. Deux chasse-neige ne suffisaient, d’autant qu’ils furent recouvert de neige. La troupe utilisa des pelles pour ouvrir le col. La IV/16 était dépassé par l’abondance de neige, l’aide est arrivé par Leysin, la compagnie III/16 arrivait. Mais les conditions étaient telles que cela ne suffit pas. Le danger d’avalanche était trop important et l’ordre de suspendre nos travaux  arriva en soirée.

Pour l’Immaculée conception, le 8 décembre, était prévue une messe et ils attendaient tous la venue du capitaine-aumônier von der Weid pour 0830. Il n’arriva jamais, par deux fois il se trouva sous une avalanche, la première fois en essayant de monter le col et la deuxième fois en descendant après avoir renoncé à rejoindre Les Diablerets. La première avalanche les recouvrit sous plus de deux mètres de neige, la deuxième fois, tout autant de neige sur le camion. C’est seulement à 1730 qu’il fut à nouveau dégagé sain et sauf. Il neigeait toujours.

 

« C’est  lors de cet établissement aux Diablerets et avec cette abondante neige qu’il vint l’idée à la Division 1 de mettre à disposition de la IV/16, l’appointé Reber, instructeur suisse de ski pour inculquer les notions de ce sport qui était nouveau pour la moitié de la compagnie, surtout pour les Glânois et Broyards. L’abondance de neige favorisa les cours à skis. Cette activité devint très vite enthousiasmante et personne ne voulait manquer les leçons. (Photos)

Dans la nuit du 5 au 6 décembre, il tomba 1,50 m. de neige au village. Le 10 décembre il neigeait toujours. En fin de journée, le 12 décembre, les Diables-Verts s’étaient couchés de bonne heure car il neigeait toujours. Soudain, à 2202, le village est secoué comme par un tremblement de terre, avec un bruit fracassant et une extinction totale des lumières. Une immense avalanche, descendu du Pic Chaussy, avait déferlé sur le village et emporté 15 maisons. On entendait de lugubres appels au secours, tandis que les cornets d’alarme appelaient les pompiers. Les maisons et chalets, situés à la sortie du village côté Aigle, avaient été rasés. En l’absence de toute lumière et comme la neige continue à tomber drue, on dut se borner à sonder les ruines des bâtiments emportés pour s’assurer qu’aucune victime ne soit restée dans les décombres. Mais, le lendemain matin, on pouvait mesurer l’étendue des dommages ; ils étaient énormes. La route est recouverte d’une couche de neige tassée de plus de 2.50 m., sur une longueur de 500 m. La ligne de chemin de fer, avec ses poteaux coupés en leur milieu, avait été déplacée de 60 à 80 m. sur une longueur de plus de 600 m. Quant aux immeubles détruits, c’est un enchevêtrement de bois et autres débris dont le déblayement demanderait pas mal de temps. La IV/16 s’est bornée à déblayer la route et à préparer la remise en place de la voie de chemin de fer. Ce seul travail demanda 5 jours de labeurs ».


Les cours de ski reprirent le 28 décembre d’une manière intensive. Les progrès étaient réjouissants et des marches en section ou en compagnie eurent lieu sur des distances de plus en plus longues. C’est ainsi que toute la compagnie monta à ski au col du Pillon pour effectuer des tirs à la mitrailleuse. Par ailleurs, chacun se préparait à participer à divers concours qui allaient être organisés.

 

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GTell, Henri Noël

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 12:14

La MOB des Diables Verts. (CP. MITR. MONT. IV/16) Première partie.


Mon père, mobilisa à Fribourg, depuis son domicile de Moudon.

Moudon – Lucens → Granges-près-Marnand → Payerne → Avry → Fribourg = 36,5 Km par route. (Moyen de transport inconnu.)

Fribourg → Marly → Ependes = 8,8 Km par le route. À pieds.

Ependes → La Robellaz-Essertines = 59 Km. À pieds.

Robellaz → Essertines-sur-Yverdon = (10,15 Km vol d’oiseau) 18,6 Km. Par la route. À pieds.

Rances → St-Cierge = (17,38 Km vol d’oiseau) 32,5 Km par route. À pieds.

St-Cierges →  Lucens = (8,34 Km vol d’oiseau) 14,8 Km par la route. À pieds.

Lucens → Bioley-Magnoux = (9,9 Km vol d’oiseau) 18,1 Km par la route. À pieds.

Bioley-Magnoux à Vuissens à marche forcée =4,18 Km à vol d’oiseau, 7,3 Km par route. À pieds.

Remobilisation à Combrenot-le-Petit, puis Molondin =4,83 Km à vol d’oiseau et 7,7 Km par la route. À pieds.

Deux secteurs, Molondin et Rovray à 4 Km.

Rovray à Yvonand 1,97 Km à vol d’oiseau et 4,4 Km par la route. À pieds.

 

Yvonand à Saignelégier en train ? Km, par la route, 88,6 Km. Service d’internement, les polonais à la frontière. Du 20 juin au 1er juillet 1940. En train, mission, désarmer les soldats et service d’ordre.

 

Retour à Rovray le 1er juillet au 8 juillet 1940. En train.

Rovray → Yverdon sous la pluie, 9.35 Km à vol d’oiseau et 13.6 Km par la route. À pieds.

Installation au château de Champvent, du 8 juillet au 21 juillet, vie de château. (Déjà plus de 370 Km dans les jambes),

 

jusque-là la troupe marche et reçoit la formation individuelle ou de section pour des mises à niveau en attendant un ordre de « résistance » émit par le Général Guisan. Le Réduit n’est au début de la guerre qu’une idée.

 

Longue marche pour le Réduit, du 21 au 25 juillet 1940, Champvent → Château-d’Oex, 130 Km de nuit. À pieds.

Le dixième stationnement est à Grund-Klösterli à environ 20 Km de Château-d’Oex. Du 25 juillet au 21 septembre 1940.

Le 8 août 40, montée au Sanetsch depuis Gsteig.  Il y a 6.19 Km à vol d’oiseau. À pieds.

Entrainement au tir à la mitrailleuse pour les conducteurs de chevaux.  Le 28 août 40 le Général est à Gsteig. Le 21 septembre grand congé jusqu’au 4 novembre.

Manœuvres du 1er Corps d’Armée du 4 au 7 novembre 40.  Du 4 au 7 novembre 1940. Remobilisation…


…au Gand Hôtel Palace de Gstaad pour le gros de la troupe et à Fribourg pour les conducteurs de chevaux, dont papa. L’exercice consista, dès l’aube du 4 novembre à rejoindre Gstaad, les gares d’embarquement de Bulle, de Montreux et Zweisimmen sont « bombardées » et tous les transports désorganisés. La troupe doit rejoindre Gstaad par leurs propres moyens et individuellement.

 

Soirée du 5 au 6 novembre. Extrait du récit du Capitaine Henri Noel, Commandant de 1939 à 1943.

 

   « Les opérations habituelles d’entrée en service n’étaient pas terminées que le commandant du bataillon 16 venait lui-même nous donner l’ordre de nous porter d’urgence à Gsteig pour tenir ce village en point d’appui. C’était chose faite à 1900, après une marche où les mitrailleurs tirèrent à bras tous nos véhicules. Il faisait très froid et pendant la nuit il ne cessa de neiger à gros flocons. En fait le bataillon 16 restera en dehors des manœuvres car jamais l’ennemi ne parvint jusqu’à nos positions. Une seule alarme eut lieu dans la nuit du 5 au 6 novembre par le survol de plusieurs vagues d’avions qui passaient sur nos têtes en direction du sud et qui revinrent deux heures plus tard en sens contraire. Les journaux nous apprirent qu’il s’agissait d’avions anglais qui avaient traversé notre pays pour aller bombarder Milan ! »

On voit que se mélange l’exercice d’une guerre fictive et la vraie.

 

à suivre.

 

GTll, Henri Noël

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 16:13

 

Souvenirs

Dédiés aux membres de l’Amicale

Des Diables-Verts

Fondée le 21 octobre 1945

Colonel EMG Henri Noël

 

Quelques mots sur le capitaine Paul WOLF.

 

Incorporé à la cp. Mitr. Mont. IV/15, c’est à l’occasion du cours de répétition d’août 1931 que j’eus l’honneur de servir pour la première fois comme chef de section au Rgt. inf. mont. 7 que l’on appelait alors le « Régiment de Fribourg ». Devenu, cette année-là, troupe de montagne, il commençait son rude apprentissage de la vie alpine. Indépendamment des moments pittoresques et inoubliables de cet entraînement en montagne de 1931 à 1939, je garde plus spécialement de cette période le souvenir de commandants de compagnie qui se distinguaient par leur originalité, leur franc-parler, la manière d’exercer leur commandement et que l’on citait en exemples. Je pense en particulier, à un capitaine Francis JAEGER à la I/14 ; à un capitaine Hans MUHEIM à la III/15 et, surtout, à un capitaine Paul WOLF à la cp. Mitr. Mont. IV/16. À ces unités incombait presque toujours l’accomplissement de missions plus difficiles dans certains combats en montagne au cours de nos manœuvres d’avant-guerre.

  Aussi, ce n’est pas sans quelque appréhension que le 1er janvier 1939 je reprenais du capitaine WOLF, promu à l’Etat-Major Général, le commandement de la compagnie. C’était une unité profondément marquée par le chef qui la quittait et qui lui avait inculqué un esprit bien particulier pour en faire un instrument de combat de première force, prêt à exécuter les missions les plus difficiles.

  Devant ce chef compétent, possédant la maîtrise de soi, qui était tout à ses subordonnés qu’il avait charge de conduire et de guider, chacun était hypnotisé par son regard, fasciné par les muscles de son visage, imprégné d’un sentiment de sécurité qui se dégageait de toute sa personne. Et, chacun de poursuivre un but commun : consacrer à sa tâche le meilleur de lui-même.

 

Diables-Verts, Cap. Paul WOLF

 

De tout ce qu’il donnait à sa IV/16, Paul WOLF ne recherchait qu’une seule récompense : le regard de ses hommes.

 

L’effectif de la cp. Était de 247 hommes, se décomposant en 7 officiers, 27 sous-officiers et 213 soldats. L’effectif des chevaux était de 2 ch. De selle et 90 ch. De trait.

 

Je fais l’impasse sur la mobilisation générale du 1er septembre 1939, avec les élans patriotiques et religieux, pour mettre en évidence les premiers mouvements de la compagnie, qui semble divaguer sur le Plateau et le pied du Jura, un paradoxe pour une compagnie de montagne. Le capitaine dispose d’une voiture, celle du soldat mitrailleur Louis MAURON qui servira beaucoup dans un premier temps, sinon la compagnie fait les déplacements d’un stationnement à un autre, à pied et occasionnellement en train.

Je mets en évidence ces déplacements qui sont souvent fait dans de mauvaises conditions météo. Cependant, je relève l’anecdote suivante lors du premier stationnement à la Robellaz-Esertines.


Je laisse la parole au Capitaine.


« L’état de préparation de la IV/16 fit ainsi de très rapides progrès. Mais on constata aussi que la compagnie s’était mis une grosse servitude sur le dos : celle du transport d’un wagon de plaques de chocolat ! Cela mérite une explication. Avant notre départ de Fribourg, le capitaine de BREMOND, cdt. De la I/16, m’aborda et me tint à peu près ce langage : « On ne sait pas où l’on va et ce qui nous arriver. Il faut nous assurer un ravitaillement de secours pour nos deux compagnies. J’achète un wagon de bouteilles de vin et tu achètes un wagon de plaques de chocolat. On se répartira ces marchandises au fur et à mesure des besoins ». Et, un wagon de la fabrique de chocolat VILLARS était le 6 septembre en gare d’Yverdon à l’adresse de la IV/16 ! Si le vin allait s’écouler assez rapidement dans les stationnements où il n’y avait pas de pinte, il en alla tout autrement pour épuiser le stock de chocolat. Pendant deux ans, le fourrier s’arrachait les cheveux à chaque changement de stationnement. »

 

GTell, Colonel EMG Henri Noël

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