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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 17:18

Sainte-Hélène, octobre 1816

Les jours se traînent, le vent alizé souffle, c’est Marchand qui s’occupe de l’Empereur qui s’est emporté contre moi hier pour une question de bottes égarées.

J’ai longtemps lambiné avant d’écrire ces lignes, mais il m’a paru qu’elles faisaient partie de la vie du grand homme. L’Empereur a vécu beaucoup plus d’accointances que l’on ne croit communément, mais ce n’étaient là qu’aventures d’une nuit ou de quelques jours car, avant sa dernière retraite de Sainte-Hélène, il a presque toujours eu besoin d’une femme pour tenter d’oublier des engnôles. J’ai moi-même été témoin des manœuvres de coquetterie qui l’entouraient, et c’est à Marchand qu’il a dit un jour : « Face à la tentation, l’Empereur n’est qu’un homme comme les autres ».

Cependant, je me tairai dans plusieurs cas, ceux que l’Empereur lui-même m’a ordonné de taire et qui pourraient entacher l’honneur de grands personnages. Au contraire, les petits récits de Marchand, le premier valet de chambre et de Gentilini, le valet de pied, les indiscrétions de Meneval me permettent de révéler, si j’ose dire, une petite liste de ses amours. Avant de partir pour l’Egypte, je sais que Bonaparte, profondément amoureux de Joséphine, aurait souhaité sa présence sous les Pyramides, mais soit qu’elle fut éprise de son beau capitaine Charles (qu’elle affichait même à Malmaison) et qui faisait des witz !...

  • Comment vous, Madame, vous si belle et si jeune, pouvezvous être l’épouse d’un général qui à Milan (mille ans), et qui se prélasse sur le Pô !

Joséphine demeura à Paris. D’autres officiers avaient eu la permission d’emmener leurs épouses en Egypte, et la belle Mme Fourès céda très vite à l’invite du général en chef.

Pauline Fourès

Pauline Fourès

A Mme Fourès succéda une Egyptienne aux yeux de gazelle à qui il offrit un fourda de dentelle brodé d’or qu’elle arborait fièrement au Caire.

Il aimait la tragédie et, plusieurs fois, il fit inviter des actrices ou des figurantes qui ne se montraient pas cruelles.

A Milan, il fut très impressionné par la Grassini à la Scala « La Prima donna assoluta »  qu’il combla de fleurs et de cadeaux ; c’était avant la bataille de Marengo. Tout Milan parla de ces amours. Ce fut-là plus qu’une aventure, un attachement plus qu’une amourette, et Mme Grassini trouva ensuite des engagements flatteurs sur les scènes parisiennes. Napoléon l’installa dans un hôtel particulier, au 28 de la rue Chantereine où il lui rendait de discrètes visites, accompagné de Duroc ou de Constant.

Giuseppina Grassini

Giuseppina Grassini

L’Impératrice faisait généralement semblant d’ignorer ces aventures, pourtant, elle fit une scène de pleurs et de reproches à cause de l’épouse du conseiller d’état Duchâtel, dont l’élégance et l’esprit avaient fait grande impression sur l’Empereur : « C’est la seule femme de Paris qui peut rivaliser avec Pauline ! » disait-il, et quand on sait la tendresse et l’admiration qu’il portait à sa sœur, sa « paganetta » ! cela voulait dire quelque chose ! Mme Duchâtel régna longtemps dans le cœur de Napoléon qui la voyait épisodiquement. Elle se montra digne et continua à le consoler pendant les mauvais jours.

Dans l’entourage du palais, l’Empereur avait remarqué, lors d’un bal, une Mme de Vaudey, à qui il rendit de discrètes visites, mais celle-ci eut le tort de se montrer trop intéressée : il dépensait volontiers des millions pour Joséphine, mais se montrait sans cela d’une économie presque sordide. J’ai déjà conté les amours avec Eléonore Denuelle, la lectrice de Caroline Murat, et j’ai entendu raconter par Mme Bertrand que Napoléon avait songé un instant à légitimer le petit Léon. D’après Mme Bertrand, Joséphine était consentante, puisque son divorce en eût été éloigné, mais Murat avait osé dire à l’Empereur que c’eût été là un geste peu apprécié des Français :

« On ne pardonnerait pas à Napoléon ce qu’on eût pardonné à Louis XIV ! »

A chaque voyage à l’étranger ou en province, des actrices ou même de jeunes personnes bien nées tentaient de se faire remarquer de l’Empereur. Une ravissante Bruxelloise, du nom d’Hermine, eut l’audace de lui jeter à la figure un bouquet de fleurs…

  • Si vous n’aviez pas été aussi jolie, je vous aurais fait fouetter par mes gens, mais, décidément, je préférerais le faire moimême…
  • Quand il vous plaira, Sire, avait répondu Hermine en rougissant.

A Bayonne, M. et Mme Guillebeau s’arrangèrent pour que leur jeune demoiselle soit présentée à Napoléon par le capitaine d’Hannencourt, son officier d’ordonnance.

  • Cambre bien ta taille et lorsque tu feras ta révérence, fais en sorte de découvrir un peu plus que la naissance de tes seins !

La révérence de Mlle Guillebeau fut parfaitement réussie, elle partagea le soir même la couche de l’Empereur, et fut invitée ensuite au château Valença (sic), par le Prince des Asturies. Tout, laisse à penser que M. Guillebeau en tira certains avantages.

Les lectrices avaient un rôle important. La voix de Mme Gazzani était mélodieuse.

  • Etesvous italienne, Madame ?
  • Mes parents venaient de Lombardie, Sire.
  • Nous aurons peutêtre quelques souvenirs d’Italie à échanger.
  • C’est que ma lecture ne se termine guère que tard dans la nuit.
  • Eh bien, si vous n’avez pas trop sommeil, je tâcherai de vous attendre, Constant vous conduira.
Madame Carlotta Gazzani

Madame Carlotta Gazzani

Maria Łączyńska, comtesse Walewska.

Maria Łączyńska, comtesse Walewska.

On m’a quelquefois questionné sur d’odieux racontars, on m’a demandé s’il était vrai que l’Empereur avait eu une liaison avec sa belle-fille, Hortense ; j’ai aussi entendu insinuer que la petite cousine d’Hortense et d’Eugène, Stéphanie de Beauharnais avait partagé la couche de l’Empereur. C’est faux ! je l’ai souvent vu la traiter en gamine, car il appréciait fort ses réparties et son visage mutin, mais jamais, je puis en témoigner, il n’y eut de geste équivoque ; l’Empereur la traita toujours en petite-nièce aimée qu’il adopta pour lui faire épouser le prince héritier de Bade.

Je ne m’étendrai pas, par pudeur, sur les vraies amours ! celles qui unirent Napoléon à la femme du comte Colonna Walewski, car la jeune Polonaise ne céda point à l’homme, mais au maître d’une Europe qui, espérait-elle ferait revivre la Pologne.

Constant a eu l’honneur parfois d’accompagner l’Empereur à la Chaussée-d’Antin où Napoléon installa Mme Walewska en 1807.

MariaWalewska

MariaWalewska

Je puis aussi raconter une anecdote révélée par Constant : une jeune actrice au petit nez en l’air, la Duchesnois, invitée par l’Empereur, attendait dans sa chambre pendant que Napoléon dictait à Meneval. Après une heure, Constant toussote et glisse :

  • Sire, la jeune personne attend…
  • Qu’elle se déshabille !

Et l’Empereur se remet à dicter. Une heure après, Constant apparaît, l’Empereur le congédie en disant :

  • Qu’elle se couche !

L’aube pointait, Napoléon dictait toujours, lorsqu’il se rappela la jeune actrice. Il bâilla et dit :

  • Qu’elle s’en aille !

Une nuit que j’apportais l’en-cas de l’Empereur, je le vis en compagnie intime.

  • Noverraz, Mademoiselle n’aime pas le Chambertin, laisse là le poulet et apporte du champagne… ainsi, auraije deux fillettes à la fois…

Constant, le lendemain, eut la bonté de m’expliquer que les « fillettes » étaient de petites bouteilles que l’on bouchait avec une peau de gant et à l’aide d’un poinçon ; au moment de les boire, on perçait la peau de gant. On publiait, me dit Constant, sous Louis XV, des chroniques de la Cour…

Nous avons en effet retrouvé dans une chronique du XVIIIe, cette phrase amusante :

« Sa Majesté, toujours bien portante était de six excellente humeur, durant le souper, il mît cinq fillettes en perces… ! »

Noverraz avait-il cru pendant quelques heures que l’Empereur s’était livré à des débauches que l’on peut reprocher à de simples mortels ? H. M. de Stadelhofen

A suivre

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 17:42

Sainte-Hélène, octobre 1816

Il n’est question depuis hier, que de superstitions !

Nous avons aperçu l’Empereur perdu dans la contemplation des nuages… Il a dit au comte Bertrand : « Je cherche des Signes. Le ciel nous envoie parfois des prémonitions. »

L’Histoire rapporte bien des faits de ce genre : on a cru voir des glaives, des chocs d’armées. Il y eut des pluies de cendres et des pluies de crapauds, mais le ciel de Sainte-Hélène est trop bas et j’y cherche en vain les images que je distinguais jadis quand, étendu sur le dos, je respirais l’odeur de mon maquis corse, te souviens-tu, Cipriani ?

A Longwood, chacun avait une anecdote ou une brique à apporter à l’édifice, et tous s’accordaient à dire que jamais ils n’avaient connu un être plus superstitieux que Napoléon !

Combien de fois, alors qu’il était Premier Consul, raconta le comte Bertrand, s’est-il rendu chez Mme Lenormand ? Elle lisait dans les cartes, interrogeait les astres, interprétait les lignes de la main. Plus d’une fois, nous l’avons vu revenir soucieux de chez elle. Elle lui annonçait les victoires, déconseillait certains jours.

Mme Lenormand et Napoléon

Mme Lenormand et Napoléon

L’Empereur lui-même ne s’en cachait pas et il se justifiait : nul plus que lui n’avait dévoré les ouvrages de l’Antiquité :

  • Tous, parmi les plus illustres, qu’ils soient empereurs, philosophes, poètes ou écrivains, étaient superstitieux : de Plaute à Virgile, de Sénèque à Apulée, tous, les généraux comme les magistrats romains, les décemvirs et les sénateurs croyaient à la jettatura !
  • Quiconque, disait la loi, « abbia mormorato parole superstiziose… » sera condamné à la peine capitale. (il murmura des mots superstitieux) Cicéron parlait d’une certaine Titinnia qui réussissait par la jettatura à faire taire les plus célèbres orateurs au temps de Jules César ; Jules César qui ne montait jamais dans son char avant d’avoir prononcé des paroles cabalistiques, Jules César qui portait toujours sur lui une amulette de Vénus Armée avant de partir en guerre. Quand il avait à prendre une grave décision, il envoyait une délégation à Cumes pour interroger la Sybille. Gengis Khan, tandis qu’il dormait avec Abica (sic), son épouse, fut visité par un incube. Moimême, j’ai eu bien des songes prémonitoires… !

J’ai aperçu plusieurs fois ce mystérieux scarabée que Bonaparte avait reçu en Egypte et qu’il avait toujours gardé comme amulette, jusqu’à ce qu’il l’offrit… avant son départ pour la campagne de Russie. J’ajoute deux petites choses : j’ai vu pâlir l’Empereur parce qu’un jour, en rentrant de promenade, le général Gourgaud avait jeté son couvre-chef sur le petit lit près de l’entrée, et j’ai entendu, une fois, pendant que je servais le café à Elbe, l’Empereur taquiner la princesse Borghèse en disant : « Toi, Paoletta, tu crois encore à la Befana qui apporte des cadeaux, mais méfie-toi de la Strina : il ne faut jamais se moquer des sorcières ! »

Quant à Marchand qui a tenté de planter au nord, du côté le mieux exposé à Sainte-Hélène, de la menthe et du basilic, il s’est arrêté parce que l’Empereur le regardait et lui donnait des conseils :

« Sais-tu qu’en temps de guerre, les Grecs évitaient de prendre de la menthe à cause de ses vertus aphrodisiaques… Hélas, aujourd’hui dans cette île… ! Quant au pistou, basilic, on assurait, en Corse, que pour que la plante pousse, il fallait la planter en prononçant des injures et des malédictions. »

Ah ! ajoute l’Empereur. Et puis fais bien attention au pêcher qu’a planté Noverraz… Sur cette île de malheur, il ne peut pousser qu’un péché véniel ! Ici, les péchés mortels nous sont interdits. Je me suis parfois disputé avec mon oncle Faesch, Son Eminence a eu de la peine à me convaincre que la gourmandise rivalisait avec le meurtre ou l’orgueil, en tout cas je ferai mes compliments à Porteous pour sa pelouse. Ma petite amie Betsy vient y cueillir alentour des fleurs de la passion, des fuchsias et des héliotropes. Pour la table de la salle à manger, arrange-moi un beau bouquet de callas… Pour des raisons que tu comprendras, je ne veux pas avoir dans ma demeure un bouquet de lys blancs. Je laisse ça à mon pâle successeur en France… Pour moi les lys portent malheur !

A suivre

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 18:43

Sainte-Hélène, septembre 1816

Beaucoup de malades autour de moi : M. de Las Cases a une hépatite et Gourgaud une dysenterie. Quant au maréchal Bertrand, il a une entorse. Il y a eu une scène violente entre l’Empereur et le gouverneur qui exige des économies : Santini et Archambaud doivent partir. Le gouverneur accuse M. de Las Cases et son fils d’avoir dissimulé certaines lettres et les menace de prison. Je dois faire de plus en plus attention à mon journal.

L’Empereur a demandé des somnifères au docteur O’Meara.

Cipriani nous a raconté qu’au printemps 1793, Napoléon avait manqué être assassiné. La Corse était en pleine confusion : partisans de l’indépendance, les francophiles et les paolistes. Le 29 avril, alors qu’il se rendait aux Iles Sanguinaires, Napoléon échappa à un attentat. Il voulut alors se réfugier à Corte, mais les paolistes le retrouvèrent en hurlant : « A morte il traditor de la patria ! » Napoléon qui avait choisi la cause française, se cacha d’abord dans un bois, ensuite dans une grotte de Casone, puis à Ajaccio, il se cacha chez son ami Elvie, derrière une alcôve. Heureusement, le 8, un autre ami, Illario Felici l’emmena avec sa barque à Bastia, et puis enfin, au début de juin, il trouva un voilier pour l’emmener avec toute sa famille, à Toulon.

A Marseille, il était capitaine à la douzième compagnie du quatrième d’artillerie, et il logeait rue Rameau chez le citoyen Chauvet, et c’est en partant pour rejoindre l’armée d’Italie, le 15 septembre, qu’un autre ami corse, Salicetti, avec qui il avait lutté à Ajaccio, lui offrit le commandement de l’artillerie du siège de Toulon. En quatre mois, Napoléon passa du grade de capitaine à celui de général.

Napoleon à Toulon par Edouard Detaille.

Napoleon à Toulon par Edouard Detaille.

A suivre

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 17:12

Sir Thomas Breame parle assez bien le français. Il m’a aimablement salué comme je passais près de sa maison basse passée à la chaux et décorée de géraniums, comme les maisons de chez nous. Je savais que c’était la ferme de la Compagnie des Indes et je lui en fis compliment. Il se passa plus d’une année avant qu’il n’aborde un sujet qui m’a beaucoup fait penser :

  • Le fait d’avoir choisi l’exil sur cette île maussade en compagnie de l’Empereur montre votre attachement. Nous savons les Suisses fidèles, et je vous avouerai que j’entretenais moi-même à l’égard de votre maître, une grande admiration…
  • Vous avez dit entretenais, Sir ?
  • Oui, je parle au passé à cause de faits qui ne sont pas
  • Vous m’étonnez, Sir.
  • J’ai été encore plus étonné moi-même quand on m’a prouvé que Napoléon était faux-monnayeur !
  • Vous en avez trop dit, Sir, ou alors pas assez…

L’affaire remonte au début de l’année 1810. M. Desmarets était alors l’homme de confiance de Napoléon, chef de division de la police secrète. C’est lui qui, sur l’ordre de l’Empereur, chargea un certain Lale, premier graveur d’écriture au Dépôt Général de la Guerre, de copier des billets de la Banque d’Angleterre. Lale accepta et en compagnie d’un imprimeur savoyard du nom de Malo, installa son matériel dans une petite maison du Faubourg Saint-Jacques. Un jardin et des arbres la cachaient au voisinage. Le travail fut rondement mené, et les épreuves furent présentées à Fouché, ministre de l’intérieur, qui les montra lui-même à l’Empereur. L’imitation parut assez convaincante pour que Savary, le ministre de la police fédérale, en commande 10.000 épreuves. Le calcul était simple : envahir le marché européen de fausse monnaie pour ruiner le crédit de la Grande-Bretagne.

  • Mais… chaque billet ne devait-il pas être signé ?
  • En effet. Deux employés du ministère, assermentés, avaient acquis une telle habileté qu’ils apposaient plus de mille signatures dans la journée. Sitôt après, on versait les billets neufs sur le plancher poussiéreux et on les retournait et on les retournait avec un balai de crins ; c’était alors des billets assez crasseux que l’on envoyait à Rotterdam et à Hambourg, d’où des agents secrets les transportaient en Grande-Bretagne.
  • Et la manœuvre réussit ?
  • Partiellement, car, entretemps, Napoléon avait renoncé à débarquer en Angleterre et dressait des plans pour envahir la Russie. Les faussaires reçurent l’ordre de fabriquer des billets de banque et des assignats russes. Ce travail se fit chez le beau-frère de Lale, un certain Pauquet, graveur de talent, mais qui mit bien du temps à imiter parfaitement les signatures russes extrêmement alambiquées. Les presses fonctionnaient nuit et jour au 26 de la rue de Vaugirard et cela dura presque jusqu’à l’époque de la Berezina !

J’étais atterré par toutes ces précisions ! L’homme que j’avais considéré comme un héros, descendait de son piédestal, mais ce fut Sir Thomas qui me mit un peu de baume au cœur.

  • Voyez-vous Noverraz, les guerres ne se gagnent pas seulement sur les champs de bataille, un grand stratège a peut-être le droit de choisir d’autres armes que les sabres et les canons… Peut-être vaut-il mieux se servir d’encre que de sang.
Fausse monnaie, image d'illustration, faux Nazi.

Fausse monnaie, image d'illustration, faux Nazi.

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 17:38

Sainte-Hélène, mai 1816

Cipriani qui servait à table, me dit : « On parle d’un compatriote à toi. » J’entrai sous le prétexte d’apporter une carafe d’eau de source. « Cet homme me fait peur ! disait l’Empereur. Il était une sorte de double de moi-même. Il comprenait mes plans avant même que je ne les explique, et il devinait des pensées que je n’avais pas encore formulées. Berthier a commis une grande faute en refusant à Jomini, après ses combats pour mes Aigles, de lui donner le grade de général de division. Blessé, Jomini a offert ses services au tsar ; si je l’avais eu à mes côtés, nous ne serions pas ici. » « Jomini était le seul homme qui pût me donner des inquiétudes. »

Berthier, prince de Neuchâtel et Valangin, prince de Wagram

Berthier, prince de Neuchâtel et Valangin, prince de Wagram

Antoine-Henri de Jomini

Antoine-Henri de Jomini

Le comte Bertrand voulut bien m’en dire davantage : Le « Précis de l’Art de la Guerre » de Jomini fut considéré comme un chef-d’œuvre de stratégie. L’Empereur lui proposa de l’attacher à son état-major général au moment d’entreprendre la campagne contre la Prusse. Jomini répondit : « Je préfère rejoindre Votre Majesté dans quinze jours à Bamberg » et, comme Napoléon sursautait, Jomini décrivit exactement le plan de campagne de l’Empereur.

L’Empereur, durant ces jours, dicta encore devant moi, à M. de Montholon, des choses qui m’étonnèrent :

« Je dois beaucoup à l’Armée Royale : ses officiers et ses sous-officiers, de même que ses cadres subalternes. Étaient les meilleurs d’Europe. Bien des généraux de la République et de l’Empire étaient issus de ce corps admirable. Seuls Marmont, Suchet, Gouvion-Saint-Cyr, Bessières et Brune n’ont pas fait leurs classes dans les armées royales, tous les autres maréchaux de l’Empire en sont issus. On répète volontiers en France que mes maréchaux étaient de très basse origine, opinion chère à la République ; selon elle, la royauté étouffait les talents, au contraire du « bienfaisant régime démocratique ». Ceci est une farce… En dehors de Lannes, mon vrai ami, je crois que mes maréchaux me craignaient plus qu’ils m’aimaient et, si je ne m’étais montré très sévère avec eux ou leur montrais trop de familiarité, ils auraient tôt fait de partager ma puissance et le trésor public…

Sais-tu, Noverraz, quels sont les plus beaux titres que j’ai donnés à Lannes, mon ami ? Celui de prince de Sievers, un titre qu’il dédaigna, mais ce dont il était fier, c’est le titre de colonel-général des Suisses ! »

Lannes, un vrai ami pour Napoléon

Lannes, un vrai ami pour Napoléon

A suivre

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 17:11

Sainte-Hélène, 18 avril 1816

L’île a un nouveau gouverneur : sir Hudson Lowe. L’Empereur a refusé, lundi, une invitation à dîner avec lady Moira, la femme du gouverneur des Indes.

Sir Hudson Lowe

Sir Hudson Lowe

L’Empereur nous a confié ses espoirs secrets, disant que les Alliés se lasseront d’entretenir une flotte et des troupes et se demanderont s’il n’y a pas mieux à faire de tout l’argent que nous coûtons dans cette île. « Si l’ordre revient en Europe, ce seront les rois qui auront besoin de moi contre les peuples soulevés, et je serai aussi utile à ces mêmes peuples face à leurs rois. Comme je pourrais être aussi utile en Amérique pour combattre les Anglais du Canada. »

Je n’aime pas que les femmes se mêlent de politique : Mme de Staël, cette coquine à qui j’ai interdit de s’approcher à moins de 40 lieues de Paris, m’irrite et je refuse de lire des livres écrits par des femmes. La place de la femme se situe dans le cadre du foyer et de la famille. Je suis resté très corse ! L’une d’entre elles pourtant a eu le courage de me répondre que les femmes ont acquis le droit de faire de la politique depuis qu’on leur a coupé la tête pour leurs opinions. (Est-ce d’Olympe de Gouges, dont parle Napoléon ou… qui donc?)

Chez une femme, j’admire le courage et la beauté. Ils étaient réunis chez Tereza Cabarrus qui est devenue Mme Tallien, et c’est grâce à elle que celui-ci a pu faire front à Robespierre en thermidor… Si, il y a pourtant une femme qui aurait pu faire de la politique : c’est la très belle et très désirable Mme Récamier. J’aurais fait sa fortune, mais j’étais las de ses réticences. Elle ne m’a jamais pardonné d’avoir refusé un million à son mari le banquier. J’avais fait répondre que le Trésor ne prêtait point à des gens en faillite !

Madame Récamier

Madame Récamier

Thérésa Cabarrus, la beauté selon Napoléon.

Thérésa Cabarrus, la beauté selon Napoléon.

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 17:37

Sainte-Hélène, décembre 1815

Ce qui exaspère l’Empereur, c’est cette surveillance continuelle : le capitaine Poppleton a les yeux partout. Au coucher du soleil, un cordon de fonctionnaires, placés de dix pas en dix pas, investit les bâtiments et le jardin. Ils sont relevés toutes les heures, et leur consigne est de tuer même les imprudents !

Heureusement, dans la journée, il peut se promener et il a fait même une découverte : en contrebas de Hutt’s Gate, il a trouvé au fond de la vallée, une petite source sous les saules. Il a dit fièrement que c’était à cause de la présence des saules qu’il aime l’eau.

Sainte-Hélène, janvier 1816

Au cours de longues journées d’exil, j’ai pu constater maintes fois son extraordinaire mémoire. Un après-midi qu’il se promenait dans le jardin, la main derrière le dos, il m’interpelle : « Ce que j’ai fait pour ton pays de Vaud, je l’ai fait pour la Préfecture Helvétique d’Argovie : en octroyant l’Acte de Médiation à la Suisse, j’ai arrondi l’Argovie, je l’ai agrandie de Bade, du Freienant et du Frickthal pour que l’Argovie devienne un canton indépendant de la nouvelle Confédération. Le meilleur des Argoviens était Jean Herzog, le bourgmestre, j’aurais pu le faire Baron de Hohenlinden tant il aida Moreau dans sa campagne du Rhin.

Les jardins de Longwood

Les jardins de Longwood

J’ai cru pouvoir faire confiance à son voisin, le Bernois Charles-Louis de Haller, quand il m’a été envoyé en 1797 à Milan, puis auprès du Directoire à Paris, mais je pense que c’est la mauvaise influence de Mme de Staël qui lui a fait tourner casaque. Il n’a cessé de m’attaquer dans sa feuille, « Annales Helvétiques ».

Plus tard, à Vienne, il publia « Lequel vaut le mieux de la Paix ou de la Guerre avec la France », un livre dans lequel il démontrait que la paix n’était possible que par la destruction de la suprématie de la France. Haller était un homme remarquable, mais pour moi, un ennemi. Les Suisses devraient m’être reconnaissants !... L’un d’entre eux en particulier !

Si certaines régions suisses purent, en effet, être reconnaissantes à Napoléon, il est hors de doute que le pays souffrit terriblement de l’occupation française, du rançonnement, du recrutement, puis du blocus continental. C’est le trésor de Berne et les rançons des grandes cités qui financèrent la campagne d’Egypte : en 1798, par exemple, le plus gros contribuable de Zurich, Jean-Henri Meyer de Stadelhofen, versait les deux cinquièmes de la rançon imposée par la République Française, et sa famille, quelques mois plus tard, paiera encore à Masséna d’autres énormes sommes. H.M. de Stadelhofen.

A suivre

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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 17:26

Sainte-Hélène, fin décembre 1815

Elbe n’était qu’une toute petite principauté, mais l’Empereur y avait sa Cour, sa Garde, ses calèches, et surtout, on y parlait italien, tandis que Sainte-Hélène n’est qu’une vaste prison. J’ai appris à m’y retrouver : la ville de James Tonne, la plaine de Deadwood, avec ses baraques sur lesquelles flotte le drapeau britannique.

La citadelle de High-Knoll où l’on tire chaque jour deux coups de canon, un pour le lever et l’autre pour le coucher du soleil. Le mont le plus élevé de l’île, m’a dit une sentinelle, est le « Acteon-Pike ». La seule région accueillante est la Fischer-Valley. Le pire, c’est qu’il y a partout des uniformes rouges. A quatre miles, un muret de pierres sèches délimite la première enceinte. L’Empereur peut s’y promener sans contrainte pendant la journée, mais sitôt le coup de canon de High-Knoll, les sentinelles s’installent autour de la maison : interdiction de sortir.

 L’Empereur a le droit, durant la journée, de se promener dans la « Twelve Miles Enceinte » mais il rencontrera à chaque pas des patrouilles dont la mission est de ne pas le perdre de vue. S’il veut sortir à cheval au-delà de l’enceinte, par exemple dans la vallée des géraniums, il doit en faire la demande au gouverneur et se faire accompagner d’un officier anglais, souvent Sir Georges Bingham (Major-General Sir George Ridout Bingham (1777–1833). J’aurai la permission de me rendre une fois par semaine dans la petite ville de James Tonne, à environ deux heures de marche, mais c’est Cipriani, le premier valet de chambre qui prendra l’habitude de s’y rendre chaque matin pour faire les achats. L’une des seules distractions est d’apercevoir dans le lointain les voiles des navires qui viennent du Cap ou d’Europe.

Le lieutenant O’Shea qui parle très bien le français nous a expliqué qu’à cause des alizés, les bateaux doivent faire le tour de l’île avant de jeter l’ancre dans le port de James Tonne. Les Anglais se sont arrangés pour pouvoir constamment surveiller l’Empereur. Ils sont hantés par l’idée d’une évasion. Ils ont installé, au bout de la pelouse, une sorte de sémaphore qui communique par signaux avec Flagstaff : voir apparaître sur le mât un carré bleu signifierait la disparition du « général » !

La vie s’organise : en dehors des Chinois qui portent leur costume national et leur drôle de chapeau pointu, tout le monde doit obéir au cérémonial exigé par l’Empereur : le Grand Maréchal Bertrand est en habit, culotte de nankin blanc et bottes noires. Il laisse ostensiblement son habit entrouvert sur le devant pour que l’on aperçoive, sur son gilet blanc, le cordon de la Légion d’Honneur. Messieurs de Montholon et Gourgaud porteront l’uniforme de général et M. de Las Cases qui, à bord du « Bellérophon », arborait son uniforme d’officier de marine, est maintenant en civil.

Je sais, par la femme de chambre des Montholon, que toutes les dames d’Honneur ont préparé de grandes toilettes et exhiberont leurs bijoux. Marchand, Cipriani, Aly et moi, nous porterons la tenue correspondant à nos fonctions, mais, à l’extérieur, je coiffe souvent avec fierté mon bicorne. Le Grand Maréchal nous a fait part de nos traitements : Marchand recevra 12.500 francs par an. Nous l’appelons Monsieur.

Il nous fait sentir sa supériorité. Cipriani est seul à lui tenir tête. Quand il sort d’un entretien en patois corse avec l’Empereur, il fait un petit sourire en coin vers Marchand. Moi, je recevrai 10.000 francs, autant que Cipriani, que Aly, Lepage et Pierron, le pâtissier. (Je crois que Cipriani qui dirige le service de table comme maître d’hôtel et qui se rend tous les jours à Jamestown pour les achats, s’arrange pour toucher de belles commissions.)

Santini touche 1750 francs, Rousseau, 5000, et les frères Archambault qui s’occupent du dressage, de l’entretien de la voiture impériale et des harnais, comme ils le faisaient à Paris et dans l’Ile d’Elbe, toucheront chacun 2500 francs. J’estime donc que je suis privilégié, parce que MM. de Las Cases, Montholon et Gourgaud recevront chacun 20.000 francs et que Gentilini, le valet de pied, ne touchera que 2500 francs.

L’Empereur a reçu dans la salle de billard M. de Porteous, le Conservateur des Jardins de la Compagnie des Indes. Il a évoqué le gouvernement direct pratiqué dans les petits cantons montagnards de la Suisse et a critiqué la représentation proportionnelle dont parlait le gentleman anglais, lui prouvant que les votes des partis vaincus, fussent-ils de la moitié moins un, seraient annulés et que, par conséquent, faire la loi et voter l’impôt appartiendraient à la moitié plus un, ce qui en fait, ne représenterait que le tiers ou même le quart des électeurs votants.

Il dit que l’Europe a besoin d’un empereur car, sans cela, les lumières disparaîtront au milieu des guerres civiles et des guerres étrangères… Tôt ou tard, il faudra satisfaire des désirs de nationalité.

Il dit encore :

« Quant à l’Orient, il n’attendait qu’un homme !... Vous ne savez pas tous les dangers dont vous avez été menacés par mes armes !... J’aurais pu aussi débarquer en Louisiane, remonter le Mississipi et bouter les Anglais hors du Canada qui serait redevenu français. »

Il y a six Chinois à l’écurie, trois à la cuisine, deux à l’argenterie. En tout, j’en ai compté 42. L’un de ces chapeaux pointus est chargé de ramasser toute la journée du bois sec afin que l’eau chaude de la baignoire impériale soit en permanence à la bonne chaleur.

A Paris, je ne croyais pas en la médecine, mais je croyais en Corvisart. Quand il vint me voir pour la première fois, j’étais jaunâtre, très maigre, je toussais beaucoup, j’avais des maux d’estomac ; on a prétendu que j’avais la gale, transmise par un cantonnier qui fut tué à mes côtés lors de l’affaire de Toulon. L’autre docteur en qui j’avais confiance, c’était Barthez qui avait soigné mon père. Après le couronnement, j’ai fait de Corvisart un grand personnage qui régnait sur un médecin ordinaire, quatre médecins consultants, un premier chirurgien, quatre chirurgiens consultants plus des pharmaciens, plus un chirurgien accoucheur de l’Impératrice, plus un médecin et un chirurgien des Enfants de France… Le baron Corvisart, membre de l’Institut, régnait encore sur des chirurgiens-dentistes, bandagistes, oculistes et même un chirurgien pédicure.

A suivre

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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 17:26

23 décembre 1815

Nous avons guetté toute la journée l’arrivée d’un navire. A bord du « Doris », il y aura le courrier, une provision de livres réclamés par l’Empereur, et de nombreux chevaux. Les frères Archambault se sont dépêchés de débaptiser un alezan que les Anglais appelaient « Bonaparte » et qu’ils appelleront « Numide ». On pourra, me disent-ils, les atteler à l’ancienne calèche du gouverneur, sortir la voiture impériale. On va les dresser, et dorénavant, nous irons chercher chaque matin, le Grand Maréchal à Hutte Gate.

Je dois dire que Sir Cockburn fait tout ce qu’il peut : comme Monseigneur le réclamait, il a mis à sa disposition douze marins du « Northumberland » et plusieurs dizaines de domestiques chinois qui seront attachés soit à la cuisine, soit aux écuries, soit au jardin. Ils ne parlent pas un mot d’anglais ou de français, nous devons tout leur faire comprendre par signes, mais ça semble les amuser beaucoup.

Napoléon en jardinier à Saint-Hélène.

Napoléon en jardinier à Saint-Hélène.

J’ai appris à l’un d’eux à faire l’argenterie. Il semble ravi et frotte du matin au soir. Un autre est chargé de chasser les rats. Il fait appel à ses camarades pour organiser une sorte de battue. Ils poursuivent les rats dans le parloir, les corridors et les cuisines, et quand la chasse a été bonne, ils font rôtir les rats et s’en régalent.

Quand un bateau jette l’ancre, Cipriani, pour renouveler l’ordinaire, essaie de mettre la main sur des denrées qui, malheureusement, ont fermenté en route. Par contre, nous ne manquons jamais de vin ou de rhum.

L’eau potable a longtemps été un problème : nous avons tous bu une eau un peu saumâtre, jusqu’à ce que l’Empereur, en se promenant dans la vallée des géraniums, entende un petit glouglou : c’était la Fontaine Torbette où chaque matin, un Chinois allait dorénavant remplir un seau et une urne d’argent pour l’Empereur.

La fontaine était déjà présente et connue des habitants de l’île, Napoléon n’a rien « découvert », si ce n’est le lieu où cette source était et inconnue de lui. Il aurait demandé à l’un ou l’autre habitant du coin, on lui aurait désigné l’endroit.

A suivre

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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 17:14

Sainte-Hélène, décembre 1815

Peut-être que le pire, c’est le temps : comment s’habituer à ce vent perpétuel, pire que notre bise : l’alizé du Cap ? Impossible de prévoir le temps : on se lève au soleil, et les premières grosses gouttes de pluie tombent on ne sait comment. En quelques minutes la poussière du jardin se transforme en boue, et le bruit de l’averse sur le toit noie le bruit du vent qui fait tordre les arbres du jardin. Et puis, tout aussi soudain, le ciel redevient bleu.

Souvent, la pluie semble guetter le coup de canon du soir, des masses d’insectes grouillent contre les vitres, on se hâte de gagner la porte en pataugeant dans la boue. Marchand fronce le sourcil, et nous gagnons en hâte les chambres pour nous changer. Nous avons ordre de l’appeler Monsieur, et nous envions ses privilèges : il a sa propre chambre au-dessus de celle de l’Empereur ; il mange à sa propre table avec son Chinois pour le servir. Quand Santini, l’huissier, ouvre la porte et que l’Empereur paraît, tout doit être impeccable : ce n’est pas ici la simple demeure du « général Bonaparte », comme le considère le gouverneur, mais la résidence d’un souverain, malgré le piètre décor, malgré les rats que l’on fait semblant, à table, de ne pas remarquer ; les repas se déroulent avec un véritable cérémonial.

Après l’Empereur, le premier personnage demeure le Grand Maréchal Bertrand. Nous avons ordre de l’appeler Monseigneur, et c’est toujours à lui que l’on doit s’adresser pour demander audience. M. de Montholon est le maître des Cérémonies, et O’Shea m’a dit que les Anglais l’appellent par dérision « The Lord Chambellan ». Naturellement, c’est Cipriani qui occupe une position privilégiée : si l’Empereur me fait parfois l’aumône d’une confidence, en revanche, il demeure des heures avec Cipriani, s’entretenant en patois corse.

On n’a pas d’image de Cipriani, l’ami d’enfance de Napoléon. Le personnage reste un mystère pour beaucoup.

A suivre

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