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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 21:26
Sur un site où la Fédération Suisse des Agences de Voyages expose son histoire, (50 ans, de 1928 à 1978) un chapitre parle des GI’s américains qui « découvrent » la Suisse. Le chapitre en question est reproduit ci-dessous. Mais ils oublient de dire que la Suisse fut sommée d’accueillir ces soldats américains. La Confédération pour avoir été trop intime avec les allemands pendant le conflit, a dû accepté cette présence de militaires armés et envahissants, tel qu’ils ont étés perçu par la population dans un premier temps. Par la suite, les bienfaits des dollars coulant à flot endormirent les esprits.   
 
 
 1945.jpg
 
Les GI‘s américains découvrent Switzerland
Comme une communication de la Fédération suisse du tourisme, adressée en 1945 au Conseil fédéral, le précise, la deuxième guerre mondiale a coûté au seul secteur du tourisme suisse une perte de recettes de 1,35 milliards de francs. L‘Europe est en ruines, les voies de communication détruites, les édifices d‘art saccagés, les campagnes dévastées. Qui pourrait donc encore vouloir voyager dans ces conditions? Ce sont les Gl‘s. Et pour se rendre où? En Suisse en tout cas. La guerre terminée, les soldats américains viennent passer leurs congés dans notre pays, en uniforme, cheveux en brosse et chewing-gum en bouche. Pour leur permission d‘une semaine, ils peuvent choisir entre la Suisse, I‘Autriche et l’Italie. 50 pour cent des Gl‘s se prononcent pour la Suisse. Le cœur de l‘Europe, resté intact, revêt un tel attrait que l’armée recrute ses volontaires aux Etats-Unis en affichant : « Join the Army and see Switzerland! » Plus d‘un million de GI‘s visitent Switzerland en 1945 ; ils sont 750’000 l’année suivante et toujours encore 155’000 en 1947. Ils apportent cigarettes, super pourboires et un flot de dollars. Ils perçoivent au début 150 francs d‘argent de poche, 200 francs par la suite. (Citons à titre de comparaison que le salaire mensuel moyen d‘un employé suisse est à l’époque de 740 francs.) Quoi d‘étonnant à ce que les horlogers doublent leurs chiffres d‘affaires.
 il y a aussi des films d'actualités sur le sujet, mais je n'ai pas trouvé.
Gtell
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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 15:41
DOCUMENT : Extrait de la « Feuille officielle » du canton de Fribourg du 27 juillet 1848.
 
A Vendre :
 
L’Etat de Fribourg, par la réduction du nombre de ses districts, par la suppression immédiate de quelques couvents et par sa nouvelle organisation, qui le dispense de loger ses préfets, a une quantité considérable de châteaux, bâtiments divers, propriétés, domaines et vignes à vendre. Les châteaux, qui, pour la plupart, figurent dans l’histoire, pour avoir été la résidence des ducs et des comtes de Savoie, sont bâtis sur les points les plus culminants et les plus beaux sites de Gruyères, Bulle, Châtel-Saint-Denis, Rue, Romont, Corbières, Surpierre, Farvagny, Estavayer et Morat. Ces édifices, flanqués de tours, sont ornés de beaux jardins, vergers ; ils comprennent de vastes cours, remises, écuries, greniers à foin, fontaine ou puits, et offrent, en un mot, outre les points de vue les plus étendus et les plus variés, toutes les aisances désirables. Les autres bâtiments sont les monastères grandioses d’Hauterive, de la Part-Dieu ; les couvents des Augustins et des Ligoriens à Fribourg ; la belle maison de la Part-Dieu à Vevey ; la maison d’Hauterive, près l’hôtel des Merciers, à Fribourg ; l’ancienne résidence des préfets à Dompierre ; une grange avec verger audit lieu ; une tour du XIIIe siècle à Murist-La Molière ; un grenier au centre du village de Montagny, etc.…
Aux deux monastères, qui pourraient servir à un institut, école d’agriculture, fabrique, bains, etc., on ajouterait la quantité de terrain désirable, soit de une ou deux à quelques cents poses de terre contiguë.
Les amateurs de ces immeubles pourront adresser leurs offres et prendre connaissance des conditions de vente au bureau de la Direction des travaux publics, à Fribourg, ou chez les préfets et receveurs des arrondissements respectifs.
 
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le château de Morat
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BulleIncendie03.jpg
Bulle
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Corbière
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Gruyère
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Romont
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Surpierre
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Rue
 
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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 15:48

Sous le prétexte que l'entrée de Fribourg dans l'alliance du Sonderbund avait été l'oeuvre des Jésuites, le gouvernement provisoire décida d'expulser ces religieux ainsi que tous leurs affiliés. Un délai de trois jours leur fut donné pour quitter le canton.
Ce décret atteignit non seulement les Jésuites du collège de Fribourg, mais encore ceux que le gouvernement appelait leurs affiliés: les Rédemptoristes, les Marianistes, les Frères de la doctrine chrétienne, les Soeurs de Saint-Vivent de Paul, qui avaient un couvent à Fribourg, et les Soeurs du Sacré-Coeur, fixées à Montet (Broye).
L'Etat s'empara des biens de tous ces couvents et en attribua les revenus à l'instruction publique.

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Fribourg 1847

 

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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 15:39

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chateaubriand-02.jpg

Lettre manuscrite de, de Chateaubriand, Archives bourgeoisiales de Sion

Le citoyen Chateaubriand, chargé d’affaires
de la République française près la République du Valais.
 
A Monsieur le Président du Conseil
de la Ville de Sion.
 
Monsieur le Président,
 
J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur
de m’écrire au nom du Conseil de la Ville de Sion ;
je suis infiniment touché de la bienveillance que le
Conseil me témoigne. J’accepte avec reconnaissance
le logement provisoire qu’il a bien voulu me faire
préparer ; mais la magnanimité du Premier
Consul ne permettrait pas que le logement fût
aux frais d’un pays qui n’est pas riche que de ses
vertus ; et c’est, je crois, entrer dans les hauts
sentiments de son cœur que de vous dire,
que son envoyé désire être agréable et non
à charge à votre République.
 
Je vous prie, Monsieur le Président,
d’offrir ces sentiments au Conseil. J’espère
arriver à Sion vers le milieu du mois d’avril ; et
j’aurai un plaisir extrême à vous assurer
de vive voix de la haute considération avec
laquelle j’ai l’honneur d’être,
 
Monsieur le Président,
votre très humble
et très obéissant
serviteur.
 
de Chateaubriand.
 
Paris, 15 ventôse an XII.
(6 mars 1804)

Hélas pour le Valais, le grand écrivain n’arriva jamais à Sion.
Il avait été nommé au poste de Chargé d’Affaires de la République française au près de la République du Valais, par Talleyrand, ministre des Affaires Etrangères et confirmé par le Premier Consul Bonaparte.
Le 22 mars 1804, il démissionnait sans avoir été en poste.
La cause directe, ou le prétexte, en fut l’exécution du duc d’Enghien, le 21 mars 1804.
 
La lettre de démission de Chateaubriand, lettre prétexte.
Citoyen Ministre,
Les médecins viennent de me déclarer que Mme de Chateaubriand est dans un état de santé qui fait craindre pour sa vie. Ne pouvant absolument quitter ma femme dans une pareille circonstance, ni l’exposer aux dangers d’un voyage, je supplie votre Excellence de trouver bon que je lui remette les lettres de créance et les instructions qu’elle m’avait adressées pour le Valais. Je me fie encore à son extrême bienveillance pour faire agréer au Premier Consul « les motifs douloureux » qui m’empêchent de me charger aujourd’hui de la mission dont il a bien voulu m’honorer. Comme j’ignore si ma position exige quelque autre démarche, j’ose espérer de votre indulgence ordinaire, citoyen ministre, des ordres et des conseils ; je les recevrai avec la reconnaissance que je ne cesserai d’avoir pour vos bontés passées.
J’ai l’honneur de vous saluer respectueusement.
Chateaubriand.
Paris, rue de Beaune, Hôtel de France, 1er germinal an XII
 

220px-Execution-of-the-duke-d-Enghien.jpgL'exécution du duc d'Enghien
bonaparte.jpgBonaparte
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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 17:30
Le domaine temporel de l’évêque de Bâle, groupé autour de la donation de l’abbaye de Moutier-Grandval, au lieu d’être confiné, comme celui des évêques de Lausanne, de Sion et de Genève, dans les limites du comté, soit du diocèse, s’étendit très tôt dans les diocèse de Lausanne (vallon de St-Imier et La Neuveville) et dans celui de Besançon (l’Ajoie). En dehors du diocèse de Bâle, l’évêque n’était que prince, mais comme prince, il pouvait avoir, après la Réforme, la collation des pasteurs. A la fin de l’ancien régime, en 1779, une rectification des frontières ecclésiastiques rétablit la concordance entre la principauté et le diocèse. « En janvier 1782, le curé de Porrentruy chante, pour la première fois, la messe « à la bâloise ».
La principauté épiscopale de Bâle avait un caractère essentiellement patrimonial. Elle n’avait ni unité géographique, ni, après la Réforme, unité religieuse. Les liens de combourgeoisie de plusieurs communes du sud avec Berne (Bienne, 1352 ; La Neuveville, 1388 ; la Prévôté de Moutier-Grandval, 1486) avaient placé cette région sous le protectorat de LL.EE., surtout après l’introduction de la Réforme, car les paroisses réformées du Jura dépendaient étroitement de l’Eglise bernoise. L’évêque partageait avec Berne la souveraineté de la Montagne de Diesse. La maire, rendant la justice, portait un manteau rouge et noir, à l’extérieur, couleurs de Berne, et rouge et blanc, à l’intérieur, couleurs du prince-évêque. Selon qu’il jugeait au nom de son Altesse ou de LL.EE., il tournait son manteau de manière à arborer les bonnes couleurs !
Alors que la Confédération des XIII cantons, qui s’était déjà dégagée de tout lien de juridiction avec l’Empire, avait fait reconnaître sa pleine souveraineté à la paix de Westphalie, en 1648, (de même que le prince de Neuchâtel), l’évêque de Bâle demeura prince du Saint-Empire romain de nation germanique pour les territoires du Nord du Jura et Moutier. Cette allégeance se marquait par l’investiture lors de son entrée en charge, avec le paiement d’un émolument fort coquet à la chancellerie impériale de Wetzlar, « tombeau des procès ». Lors des troubles de 1726 à 1740, l’évêque demanda l’arbitrage de l’Empereur, d’ailleurs sans succès.
Le sud de la principauté échappait à l’Empire germanique. Il était censé faire partie de la Suisse. Il refusait de payer l’impôt du Turc prélevé dans tout l’empire pour soutenir la résistance de l’Autriche. Moutier, d’allégeance impériale, était cependant couvert par la neutralité helvétique.
La complexité juridique du régime applicable aux diverses parties de la principauté épiscopale était extrême.
Et cependant les princes-évêques réussirent à maintenir leur autorité dans le Sud comme dans le Nord jusqu’à la Révolution. On constate même un affermissement du pouvoir du prince-évêque sous les derniers règnes, après les troubles qui agitèrent d’abord l’Erguel* puis l’Ajoie pendant une quinzaine d’années de 1726 à 1740 (31 octobre 1740, exécution de Pierre Péquignat).
La principauté épiscopale de Bâle – Porrentruy fut, elle aussi, un Ständestaat. Institués assez tard, au XVe siècle, les Etats du pays comprenaient vingt-cinq députés, un député de la noblesse, huit des abbayes et chapitres et seize pour les villes et communautés. La réforme porta un premier coup à l’institution car les villes et communautés réformées cessèrent d’y paraître, sauf, rarement, la Prévôté et l’Erguel.
Contrairement aux Etats généraux en France, aux Audiences générales à Neuchâtel et aux Etats de Vaud, qui cessèrent d’être convoqués dès la première partie du XVIIe siècle, les Etats de la principauté subsistèrent encore au XVIIIe siècle. On les voit convoqués à Porrentruy en 1730 et en 1739, au cours des troubles de l’Ajoie. Mais l’esprit de la libre conversation entre le Prince et les Etats, caractéristique du Ständestaat, avait disparu. L’évêque convoquait les Etats pour leur faire connaître sa volonté.
Le Jura épiscopal connut, seul en Suisse, l’évolution de la monarchie féodale à la monarchie de droit divin et au despotisme éclairé, à l’instar de la Prusse, de l’Autriche et de l’Espagne. Ce sont précisément des réformes instituées d’autorité par le prince Jean-Conrad de Reinach en 1726, - création d’une chambre des comptes, d’une cour des fiefs, d’une commission des eaux et forêts, d’une chambre des notaires, des commissions pour l’entretien des pauvres, des veuves et des orphelins, l’industrie du fer, les forges, le sel, le commerce des grains – qui suscitèrent la révoltes d’un peuple conservateur de ses usages. Ni la tentative d’arbitrage de la Cour de Vienne, ni l’intervention auprès des cantons n’apaisèrent les troubles, qui furent finalement réprimés à l’aide de troupes françaises.
L’autoritarisme maladroit des deux Reinach ne doit pas faire oublier des règnes bienfaisants avant et après les troubles : celui du grand Christophe Blarer de Wartensee (1575-1608), qui liquida le contentieux avec la Ville de Bâle par le traité de Baden, le 11 avril 1585, après avoir obtenu l’alliance des cantons catholiques en 1580. L’indemnité qu’il reçut, en contrepartie de l’abandon de ses droits sur la ville rhénane, lui permit de rétablir les finances de la principauté et de fonder le collège Saint-Charles (Borromée) à Porrentruy. Le chapitre, en revanche, refusa la transaction pour ce qui le concernait.
Il est digne de remarque que le problème que posait la présence de la ville de Bienne dans la principauté épiscopale est apparu au prince-évêque Blarer de Wartensee comme il devait se poser trois siècle et demi plus tard aux pères du canton du Jura : l’évêque, convaincu que les franchises de la ville, en partie usurpées au cours des siècles, en étaient au point que son autorité y était illusoire, conçut le projet de la céder à la ville de Berne pour obtenir en contrepartie le rétablissement de l’autorité princière sur l’Erguel, que Bienne s’était attribuée au point de vue judiciaire et militaire. Le traité fut conclu en 1599 sans la participation des Biennois. Quand ceux-ci apprirent les tractations, ils craignirent que leur combourgeoisie avec Berne ne se transformât en sujétion et se mirent à apprécier l’autorité discrète et limitée de l’évêque. Des difficultés soulevées maladroitement par Berne dans l’exécution du traité engagèrent Blarer de Wartensee à y renoncer. Bienne resta dans la principauté et fit sa paix avec l’évêque en 1606 : les droits qu’elle prétendait exercer dans l’Erguel en matière judiciaire furent recouvrés par l’évêque, Bienne conservant cependant dans cette région le droit de bannière. Berne renonça, difficilement, à son acquisition en 1607.
Jean-François de Schönau (1651-1656) réussit à se faire recevoir dans le Défensional** des cantons protestants. Mais il risqua du même coup de perdre l’alliance des sept cantons catholiques. En 1691, l’évêque JeanConrad de Roggenbach (1656-1693) « le bon prince », fut sur le point de faire entrer sa principauté dans la Confédération mais les cantons catholiques s’y opposèrent parce que la contrepartie était l’admission de Genève. Les cantons catholiques reconnaissaient déjà, cette année-là, l’incorporation du Pays de Vaud à la neutralité helvétique. C’était suffisant ! Il est curieux de rapporter ce marché manqué de la suggestion genevoise au Congrès de Vienne d’échanger avec la France le Jura épiscopal contre le pays de Gex. L’évêché de Bâle demeura lié seulement aux sept cantons catholiques.
Après les troubles sous les règnes des deux Reinach, le trône épiscopal fut encore occupé par des hommes de valeur, dont le plus remarquable, Guillaume Rinck de Baldenstein (1744-1762), natif du pays, se distingua comme bâtisseur de routes, restaurateur des forêts, créateur du cadastre.
Le prince-évêque était élu par les chanoines du chapitre de Bâle, installé depuis la Réforme à Fribourg en Brisgau, puis à Arlesheim, et composé en majeure partie de cadets de familles nobles d’Allemagne ou d’Alsace. Si l’élection tardait, le pape pouvait se substituer au chapitre.
Pour un homme du XXe siècle, le régime du Jura épiscopal paraît bien étrange. Ce régime n’en a pas moins formé un pays voisins, sauf Neuchâtel. L’accueil, tacite, par l’évêque des anabaptistes fugitifs des terres bernoises est assez exceptionnel.
Le fait d’avoir dépendu durant huit siècles du même prince n’a pas manqué de marquer la population du Jura, malgré sa diversité ; sans le prince, l’unité du pays n’aurait pas résisté aux forces centrifuges. Le canton de Berne, depuis 1815, n’a pas su reprendre le rôle fédérateur de l’évêque. Mais il n’a pas non plus fédéré contre lui tous les Jurassiens. Le désir de retour à l’unité, général dans le Nord, et l’opposition à ce même Nord, dominante dans le Sud, s’expliquent par l’histoire. Même Moutier conserve la position ambiguë qu’il avait dans la principauté, mi-germanique, mi-helvétique. Cependant c’est dans la partie anciennement « germanique » du pays que l’affirmation de la francophonie s’est développée le plus, au point d’y devenir le motif principal de l’autonomie.
 
*L’Erguël, terre du prince-évêque de Bâle
Du Moyen Age à 1797, l’Erguël fut une seigneurie, ou bailliage, de la principauté épiscopale de Bâle. Les sires d’Arguel, ou d’Erguël, de Franche-Comté, en détinrent l’avouerie (charge détenue par un laïc, consistant à défendre les intérêts temporels d’une institution religieuse). Ils occupaient le château, aujourd’hui en ruine, au sud-est de Sonvilier.
 
**Lorsque des troupes étrangères protestantes pénètrent sur le territoire suisse et violent sa neutralité en 1633 puis en 1638, la Diète réagit en créant un « Conseil de guerre » composé d’officiers catholiques et protestants capable de réunir 36 000 hommes en armes pour défendre les frontières de la Confédération. L’acte fondateur de cette institution est le « Défensional de Wil » signé en 1647.
 
La formation de l’Etat dans les six cantons romands. Cahiers de la Renaissance vaudoise 1982
 
blarer.jpgJacques-Christophe Blarer de Wartensee
Prince-évêque de Bâle 1575-1608

saint-germain302.jpgCrosse de Saint Germain
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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 15:02
Il sera souvent question, dans le texte ci-dessous, du Plaid général, qui est l’assemblée judiciaire d’origine carolingienne.
 
A la donation de 896, par Rodolphe Ier, à l’évêque de Lausanne, de tous les droits fiscaux et judiciaires du comte sur le marché de la place du Crêt sous la Cité de Lausanne, se joint une clause plus générale : « que le pasteur de cette cité ait la toute-puissance, sans partage avec nul autre, sur la cité et au-dehors ». L’évêque était donc seigneur immuniste de Lausanne, tant de la Cité que du Bourg, lorsque, le 25 août 1011, Rodolphe III lui fit donation de l’ensemble des droits du comte de Vaud.
Ces droits ne représentaient pas une puissance territoriale mais un ensemble de revenus fiscaux liés à des droits de justice. L’énumération en est donnée cent cinquante ans plus tard, en 1157, dans les franchises de saint Amédée : l’évêque déclare tenir du roi les « régales », savoir les routes et péages, les taxes sur les ventes dans les marchés, les « Joux noires », le droit de battre monnaie, la police des marchés, les poids et mesures, les criminels manifestes, les bans anciens et les nouveaux institués d’un commun accord (avec les clercs, nobles et bourgeois), les cours d’eau, les voleurs et les ravisseurs. Cette énumération est typique du Moyen Age : on mélange les choses et les personnes mais le lecteur de l’époque comprend qu’il s’agit chaque fois de droits de juridiction comportant des revenus. Les bans, par exemple, sont les amendes prononcées pour des infractions qui n’appellent pas des peines afflictives : mort ou mutilation. L’évêque percevait l’amende dans les cas prévus par la coutume et dans ceux qui pouvaient être institués avec l’accord de son peuple.
Le seul droit régalien de l’évêque dont l’étendue équivalait à celle de l’ancien comté de Vaud était celui de battre monnaie, qui s’étendait au diocèse entier. L’évêque obtint sans peine l’intervention de l’empereur contre le baron de Vaud, qui avait installé un atelier de monnayage à Nyon.
Le droit de créer une nouvelle émission de monnaie était subordonné à l’accord des trois ordres des sujets épiscopaux des Lausannois.
D’une part donc, l’évêque était seigneur territorial de la Ville de Lausanne, Cité et Ville inférieure, ainsi que divers lieux : Lavaux dès 1079, Avenches, Lucens – Curtilles, Villarzel – L’Evêque, Bulle (qu’il avait érigé en bourg fortifié), La Roche-en-Ogoz (dont le château fut acquis de Jean et Nicole de Blonay en 1353).
D’autre part, il était titulaire de droits régaliens épars dans le comté de Vaud. Avec le temps, ces droits épars passèrent sous la puissance de seigneurs laïques et de la Maison de Savoie, l’évêque n’en conservant que la suzeraineté.
La donation du comitatus valdensis représentait si peu un pouvoir territorial que l’évêque n’en prit pas le titre et que la notion même du comté de Vaud disparut pour être remplacée par celle de Patria vuaudi, patrie de Vaud, se rapportant principalement au Pays de Vaud reconstitué par Pierre de Savoie, au milieu du XIIIe siècle.
Ce n’est qu’après 1356 que l’évêque de Lausanne se para du titre de comte de Vaud pour opposer au vicariat accordé par l’empereur au Comte Vert, révoqué puis renouvelé à ses successeurs, sur les évêchés de Lausanne, Genève et Sion, un titre plus ancien. Mais les évêques comtes de Vaud n’exercèrent pas davantage un pouvoir territorial sur le comté, qui avait, en réalité, disparu dès avant 1011.
Les deux derniers évêques qui régnèrent à Lausanne, Aymon et Sébastien de Montfalcon, ajoutèrent encore au titre de comte celui de prince du Saint Empire (ce titre de prince apparaît déjà, occasionnellement, en 1285, dans une sentence de Rodolphe de Habsbourg). Ces titres pompeux furent conservés par les évêques en exil puis par les évêques de Lausanne résidant à Fribourg, jusqu’à Mgr Marius Besson inclusivement. (1876-1945)
Au XIe siècle, les évêques de Lausanne furent, en majorité, des seigneurs guerriers qui avaient lié leur sort aux rois de Germanie dans la querelle des investitures. Notamment, Burcard d’Oltingen fut le fidèle compagnon d’Henri IV et l’accompagna à Canossa (1077). Il eut sa récompense deux ans plus tard par la donation du château royal de Lutry et de la Vaux de Lutry, Villette, St-Saphorin et Corsier, domaine épiscopal jusqu’en 1536.
Le chapitre des chanoines de la Cathédrale constituait lui-même une seigneurie collective, propriétaire et seigneur de plusieurs bourgs et villages : Crans, Dommartin, Vuarrens, Essertines, Saint-Prex, Tolochenaz, Belmont-sur-Lausanne, Epalinges et Albeuve.
Il possédait l’immunité par rapport à la juridiction de l’évêque excepté les crimes manifestes et ceux punissables de mort ou de mutilation.
Les seigneurs ecclésiastiques devaient être assisté, pour l’exercice de la justice temporelle et les actions militaires, par un avoué. Ce fut le comte de Genève qui exerça cette fonction dans la principauté épiscopale de Lausanne en dehors des murs de la Cité. Selon les tendances de l’époque, l’office devint héréditaire et le comte de Genève fut accusé de multiples exactions au détriment des droits de l’évêque sous le règne de l’évêque Gérard de Faucigny (1107-1129)
Le comte de Genève avait détruit le château épiscopal de Lucens et construit une fortification menaçante au-dessus de Lausanne. En 1131, il fut défait par le duc Conrad de Zaehringen.
En 1152, le mariage de Frédéric Barberousse avec la comtesse palatine de Bourgogne, Béatrice, amena l’empereur à prendre en mains les affaires de Bourgogne tant transjurane que cisjurane. A cet effet, il supprima le rectorat de Bourgogne attribué à Rodolphe de Rheinfelden et transmis aux Zaehringen. En compensation, il accorda à ces derniers l’avouerie impériale sur les trois évêchés de Genève, de Lausanne et de Sion. Il semble que le duc de Zaehringen ait abandonné au comte de Genève l’avouerie sur cet évêché, ce qui provoqua une vive réaction de l’évêque de cette ville, tandis que l’évêque de Lausanne prit appui sur le duc Berthpld IV pour éliminer définitivement son avoué épiscopal, qui venait d’exciter une sédition populaire contre lui en 1156-1157. Le duc confia l’avouerie à un de ses chevaliers, Emmo de Garenstein.
Toutefois l’avouerie impériale des Zaehringen n’était pas non plus sans danger pour l’évêque, d’où la précaution qu’il prit de faire reconnaître ses droits, à la même époque, par les trois ordres de l’évêché. Cette reconnaissance visait d’abord le duc de Zaehringen mais, en définissant ses droits, l’évêque les limitait, d’où le nom de Franchises de saint Amédée donné par la suite à cette reconnaissance des droits de l’évêque.
La prévision de l’évêque était d’autant mieux fondée que, dans la succession d’Emmo de Garenstein, Berthold IV racheta l’avouerie épiscopale et la conserva pour lui-même, réunissant sur la même tête les deux avoueries épiscopale et impériale (1175-1179).
De ce fait, les ducs Berthold IV et Berthold V furent les adversaires de l’évêque, qui, au décès de Berthold V, en 1218, réunit définitivement l’avouerie épiscopale à l’autel de la Vierge Marie, s’interdisant désormais de l’aliéner. L’évêque dut encore indemniser en 122 Aymon de Faucigny, à qui l’avouerie avait été cédée. Dès lors, l’avoué ne fut plus qu’un fonctionnaire aux ordres de l’évêque, dont la fonction essentielle était de présider le plaid général, dont nous parlerons plus loin. L’évêque s’efforça en outre de racheter tous les offices inférieurs érigés en fiefs héréditaires. Seul le sénéchal fit exception.
Le décès de Berthold V, en 1218, est suivi du traité de Burier en 1219, conclu par l’évêque de Lausanne avec le comte Thomas de Savoie. Ce prince est mis en possession, à Moudon, de tous les droits que le comte de Genève tenait de l’évêque à Moudon. L’évêque ratifiait la donation de Philippe de Souabe en 1207.
C’était l’installation de la Maison de Savoie au Pays de Vaud, qui ne tardera pas à devenir dangereuse pour l’évêque un peu plus tard d’un siècle plus tard par la concession du vicariat impérial sur les trois évêchés romands. L’évêque ne put empêcher l’installation à Lausanne d’un juge impérial, qui, du nom de la maison qu’il occupait, fut appelé le juge de Billens. C’était à ce juge qu’étaient déférées les affaires pouvant être portées devant l’empereur. Ce poste, à la nomination du comte puis duc de Savoie, fut rempli par des personnages importants, par exemple un comte de Gruyère et plusieurs baillis de Vaud.
Pour décourager ses justiciables de recourir jusqu’au juge impérial de Billens, l’évêque institua un degré de plus de juridiction, le commissaire épiscopal, auquel on pouvait porter en recours les sentences de la cour séculière présidée par le bailli de l’évêque, lui-même juge des autorités inférieures, mayor, mestral, sénéchal et sautier.
Mais le juge de Billens acceptait parfois de juger des affaires dont les plaideurs avaient sauté un degré de juridiction, ce qui déterminait des conflits permettant à des puissances étrangères d’intervenir, comme elles intervenaient dans les nombreuses révoltes des Lausannois contre leur évêque. Les dates de 1224, 1282-1284, 1296, 1313, 1465, 1480, 1482 mqrquent les conflits, parfois violents, qui opposèrent l’évêque à ses sujets, le chapitre prenant parti tantôt pour l’un, tantôt pour les autres. Seul, ou à peu près, le règne du grand évêque Aymon de Montfalcon (1491-1517) demeura sans troubles. Ces difficultés recommencèrent sous son neveu et successeur, Sébastien de Montfalcon, qui, surpris par l’agression bernoise, alors qu’il séjournait dans son château de Glérolles, prit la fuite par le lac.
Cette situation conflictuelle des lausannois avec leur prince-évêque contraste avec la bonne entente des villes et seigneurs du Pays de Vaud avec leurs princes de la Maison de Savoie.
Et pourtant, les Lausannois n’étaient pas les sujets d’un monarque absolu. C’était inconcevable au Moyen Age. De fait, dès 1144 ou 1157, avec la reconnaissance des droits de l’évêque (franchises de Saint-Amédée), les Lausannois possédèrent des garanties quant à leur liberté personnelle et la sûreté de leurs biens. Les franchises étaient lues chaque année au Plaid général, qui réunissait l’ensemble des bourgeois de la ville et de son ressort avec les clercs et les nobles. Durant la session du Plaid général, toutes les autres autorités judiciaires étaient suspendues. Après la liquidation des litiges, des points de coutumes pouvaient être précisés ou modifiés. La session se terminait par la visite des chemins et des pâquis. C’est l’occasion de préciser que les Râpes d’Orient appartenaient en commun à l’évêque, aux citoyens (bourgeois de la Cité) et aux bourgeois de la ville inférieure tandis que les Râpes d’Occident n’appartenaient qu’à la Ville inférieure.
Les franchises de saint Amédée furent renouvelées et étendues par le Plaid général de 1368, dont M. Jean-Pierre Baud a étudié le texte. C’est à lui que nous empruntons les quelques renseignements qui permettent de comprendre la formation de l’Etat lausannois au Moyen Age. Le Plaid de 1368 comme la reconnaissance des droits de l’évêque (1144-1157) n’a rien de systématique. Des dispositions de police sanitaire, de police des marchés et des établissements publics voisinent avec des dispositions que nous appellerions constitutionnelles. Nous ne résistons pas au plaisir de mentionner l’obligation du cabaretier qui laisse un buveur s’enivrer de lui faire crédit et de l’accompagner au domicile avec une bougie allumée !
Le bourgeois de Lausanne doit le service militaire au seigneur-évêque, mais pour un jour et une nuit seulement. Il doit de plus ferrer les chevaux de l’évêque et des nobles. L’équipement est aux frais du bourgeois. En revanche, s’il tombe aux mains de l’ennemi, l’évêque doit payer sa rançon comme il doit indemniser les nobles et bourgeois servant à cheval pour la perte de leur cheval. Les Lausannois servent répartis en cinq bannières : la Cité, le Bourg, lePont, St-Laurent et la Palud. Les hommes des villages suburbains sont rattachés à l’une ou l’autre des bannières.
 
Les cas dans lesquels l’évêque peut demander l’aide financière des bourgeois sont définis. Le tarif des taxes et amendes ne peut être modifié sans l’accord des trois ordres.
Vers la fin du XIVe siècle, le Plaid général disparut. C’était une institution lourde et onéreuse. Il fut remplacé par la cour séculière, se tenant dans l’antichambre de l’évêque et présidée par lui, puis par le bailli, fonctionnaire nommé et révoqué par l’évêque et qui avait juridiction sur toutes les terres de la principauté épiscopale.
La cour séculière était composée de représentants des trois ordres, quatre à cinq membres du chapitre, autant d’autres clercs, divers seigneurs de la Cité et des environs, bourgeois des diverses bannières. Ceux du Bourg étaient les juges des constatations ; ils devaient se rendre sur-le-champ au lieu du fait. En contrepartie, ils étaient dispensés des lods (droits de mutation) et du droit à l’étalage.
En ce qui concerne l’organisation de la commune bourgeoise comme telle, elle fut double jusqu’en 1481, la Cité d’une part, la Ville inférieure d’autre part. en 1432, on trouve installé pour la Ville inférieure un Conseil de ville composé pour quatre personnes par bannière. Ces seize personnages élisent deux prieurs. En 1469, ce sont six personnes par bannière, qui élisent quatre bannerets. Par un système qui trouve encore sa place dans la constitution vaudoise de 1814, les bourgeois d’une bannière élisent les représentants d’une autre ; ceux du Pont élisent les députés du Bourg et réciproquement, tandis que ceux de St-Laurent élisent ceux de la Palud et réciproquement.
En 1481, les deux villes fusionnèrent contre la volonté de l’évêque. Elles créèrent un conseil unique et un bourgmestre.
L’influence de Berne, Fribourg et Soleure depuis les guerres de Bourgogne ne cessait de grandir. Souvent ces villes étaient choisies comme arbitres dans les conflits des bourgeois avec l’évêque ou avec la Savoie.
Cette influence fut consacrée par le traité de combourgeoisie de 1525.
« Les habitants de Lausanne crurent alors assurer leur indépendance et leur grandeur en jouant la carte de Berne et Fribourg contre leur seigneur, l’évêque, et contre la Maison de Savoie. La conquête du Pays de Vaud mit un terme brutal à ces illusions et sanctionna durement l’absence de clairvoyance politique des habitants de Lausanne ».
Bien que la domination bernoise ait placé Lausanne au rang de sujette comme les villes dites ducales, la ville et les localités qui avaient dépendu de l’évêque ou du chapitre continuèrent, jusqu’en 1798, à être régies par le Plaid général et non par le coutumier du Pays de Vaud.
Après la libération, Lausanne ne joua un rôle politique prédominant que durant le régime libéral, de 1831 à 1845, et pratiqua fréquemment une politique opposée à celle du gouvernement vaudois, notamment dans la construction des lignes de chemin de fer.
 
La formation de l’Etat dans les six cantons romands – Cahiers de la Renaissance vaudoise - 1982

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 15:25
La zone de turbulence qui préoccupe actuellement l’ONU (septembre octobre 2007), c’est la Turquie et sa frontière avec l’Iraq, où sont donc concerné ces deux peuple et aussi les Kurdes à cheval sur ces deux Etats.
Les Arméniens de Turquie on en parle plus, du moins pas comme on le devrait. Il y a un pays qui se nomme l’Arménie, avec pour capitale Erevan. Mais là, il est question des Arméniens de Turquie comme l’on parle des Kurdes, un peuple sans reconnaissance.
Les Arméniens persécutés depuis très longtemps, ont été très souvent soutenus par les communautés internationales du monde. La Suisse, du moins sa population a participé à des actions de soutien et de collecte de fonds et cela depuis les débuts des massacres, persécutions et déplacement de la population arménienne.
Le document présenté ci-dessous est l’un de ces cahiers illustrés appuyant un texte qui dénonce les violences et souffrances du peuple arménien par les Turcs. 
Publié à la fin du XIXe siècle en Suisse romande, sous les auspices de l’Union chrétienne de jeune gens de Lausanne. Pourtant quand on parle du génocide arménien, on fait toujours référence à la période de 1915-1917 et jamais, ou si peu que cela avait commencé bien avant. Comme le mot « génocide » n’était pas encore inventé, on parle de persécution.
Donc après les massacres de 1895, l’émotion touche la jeunesse chrétienne de Lausanne et l’on pouvait dès lors donner son obole pour venir en aide aux martyres. 
GTell 

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GTell
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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 14:36
Au XIIIe siècle un mythe est né dans nos montagnes, plus précisément dans nos trois cantons primitifs d’Uri, Schwyz et Unterwald. Le héros, le père protégeant sa famille, femme et fils, résistant à la tyrannie et donnant l’exemple à suivre.
Au cours du temps, au travers des difficultés que traversa la Suisse, le mythique personnage était présent dans les mémoires et souvent appelé à la rescousse ou du moins servant à donner la légitimité des actes politiques.
Au début du XIXe siècle, Schiller s’empare du personnage pour écrire un roman « romantique », Wilhelm Tell, en 1804. L’époque romantique qui avait déjà deux décennies au moins, était propice à un tel récit avec un personnage si pittoresque dans ses forêts, ses montagnes abruptes et ses torrents tumultueux où il y avait matière pour Schiller à dépeindre un décore grandiose pour un héros géant.
Un peu plus tard, Rossini créa son dernier Opéra (1829) en quatre actes, Guillaume Tell qui devait devenir célèbre ou du moins un passage de l’œuvre qui fut très souvent repris au cinéma et pour les dessins animés. Avec la cavalcade « rossinienne » qui devait illustrer les chevauchées folles d’Hollywood.
 
 
 
 
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Le Chemin Creux
 
Un ruisseau, tari depuis longtemps, a creusé cette tranchée ombrageuse, resserrée entre deux hautes rangées d’arbres et bordées de taillis où les bruits se font mystérieux, où le voyageur, saisi d’un vague malaise se prend irrésistiblement à redouter une embuscade. C’est un chemin creux comme on en trouve un peu partout. Mais en est-il un de plus célèbre que celui qui va de Küssnacht à Immensee, celui où Guillaume Tell attendit le bailli du duc d’Autriche pour lui décocher un de ses traits infaillibles ?
On s’est demandé pourquoi le meurtre eut lieu précisément à cet endroit-là, si loin d’Uri. C’est que les érudits d’autrefois croyaient que le bailli, qu’ils appelaient Gessler, habitait le château fort dominant Küssnacht et qu’il se rendait chez lui lorsque la flèche de Tell l’arrêta net. Aujourd’hui, nous avons une vue un peu différente des choses. Tout d’abord, nous savons que le bailli en fonction pendant les dernières années du règne de Rodolphe de Habsbourg s’appelait Conrad de Tillendorf et qu’il résidait, non point à Küssnacht, mais dans la forteresse de Kibourg que le bailli faisait route. Et comme, à cause de la tempête, son bateau n’aurait jamais pu aborder à Brunnen, il avait décidé de débarque à Küssnacht, dont la baie est mieux abritée des vents. De là, une courte chevauchée par le raccourci du chemin creux l’amènerait à Immensee où il comptait prendre un bateau en direction de Zoug. En sorte que le brave Tell, qui venait de réussir son périlleux débarquement à la barbe du bailli et de ses sbires entre Brunnen et Flüelen, n’avait pas le choix des lieux. Seul en face de cet homme protégé par une escorte, il lui fallait le joindre avant qu’il ne s’avance en terrain découvert et le chemin creux était le seul endroit favorable entre Küssnacht, Seewen et Arth, tandis que le bailli continuait son chemin par la voie du lac. En effet, si Tillendorf avait abordé à Brunnen, Tell aurait bien trouvé une occasion de l’occire en quelque endroit propice et discret, sans avoir à courir si loin. Et l’on se demande ce qu’il faut le plus admirer chez notre Uranais, de sa connaissance précise de la topographie d’un pays relativement éloigné du sien, ou de la souplesse de ses jarrets qui lui permirent, en l’absence de tout chemin praticable sur ce versant oriental du Righi, d’arriver quand même le premier au rendez-vous. 

Gtell
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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 14:08
Melchior Lussy est le représentant le plus brillant d’une vieille famille qui donna à Nidwald de nombreux landammans et joua un rôle prépondérant dans cette vallée pendant deux siècles. Il serait fastidieux de rappeler tous les lauriers que récolta Melchior Lussy au cours de son éblouissante carrière. Il est l’un de ces personnage remuants du siècle de la Renaissance qui nous étonnent par leur activité ; grand ami de Charles Borromée, il fut l’un des chefs de la contre-réforme en Suisse, et souvent le porte-parole des cantons catholiques dans les cours étrangères et auprès du pape Paul IV qui le nomma chevalier, « Eques aureatus ». Il commanda les troupes papales, fut condottiere vénitien, envoyé des cantons catholiques au Concile de Trente, chargé de missions auprès de Henri III à Paris, de Philippe II à Madride, auprès du duc de Savoie, du grand duc de Florence, et d’autres princes de ce temps. Il fut aussi landamman à Nidwald, puis le premier landamman commun pour Obwald et Nidwald. Il fonda à Stans le couvent des Capucins qui existe toujours. Melchior Lussy fit le pèlerinage de Jérusalem et devint chevalier du Saint-Sépulcre. Il mourut en 1606, âgé de 77 ans. Lorsqu’il n’était pas en voyage, Melchior Lussy habitait le Winkelriedhaus, et en été la magnifique maison de bois à Wolfenschiessen.
 
Voilà ce que j’ai trouvé sur le chevalier Melchior de Lussy dans un guide touristique, très peu de chose en vérité pour un personnage qui semblait courir l’Europe de la Renaissance. Si vous en savez un peu plus et que vous désirez me le faire savoir, et bien laissez-moi un commentaire. Merci par avance à ceux, qui feront l’effort de jouer le jeu, à ceux qui en savent plus que moi.
Gtell
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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 15:29
En 1474 les Suisses ont en mains des traités reconnus par les grands seigneurs de l’Europe. Des villes alliées et des paix « perpétuelles » qui font que rien de grave ne peut leur arriver dans l’immédiat. Pourtant en 1475-76 une menace est bien présente par le plus puissant Duc d’Europe, Charles le Téméraire. Le Pays de Vaud est menacé et les villes de Mulhouse et Bâle. En janvier 1477, la plus improbable nouvelle parcours le monde, « Le Téméraire est mort ! »
Plus puissant que le roi de France, Charles possédait les Flandres et sa « Bourgogne » allait jusqu’à Nice. Le plus flamboyant seigneur de l’époque, le plus puissant, le plus beau dit-on, voilà battu par des montagnards, les rustres Bernois et leurs alliés.
C’est Clemenceau je crois, qui a dit : « La guerre est gagnée, il faut maintenant gagner la paix ! » C’est bien de cela qu’il s’agissait en 1477, lorsque les Confédéré se sont vu gérer une victoire pour laquelle ils n’étaient pas préparés. Ils préférèrent les butins et rançons, plutôt qu’un territoire, qu’ils jugèrent trop éloigné du leur ! 
Imaginons le rattachement de la Bourgogne de Charles le Téméraire à la Suisse de l’époque, avec une bonne administration du territoire et la richesse de ceux-ci, la « Suisse Nouvelle » aurait été un grand pays, équivalent à la France. La Savoie, dès lors ne représenterait plus une menace et deux options s’ouvraient aux Suisses, une alliance avec la Savoie ou l’annexion de celle-ci. Il aurait fallut pour cela une vision unique et non pas le regarde de chaque canton sur le problème d’expansion du territoire.
Ne dit-on pas que l’on ne peut réécrire l’Histoire ?
Première réel occasion d’un agrandissement du pays, sans que personne ne conteste le bien-fondé de la revendication qui aurait été celle des Bernois sur les territoires du duc guerrier. Parce que tel était la règle, l’agresseur qui perdait la bataille, perdait son bien.
513px-Charles-the-Bold-dsc01646.jpgCharles le Téméraire 180px-Blason-fr-Bourgogne-svg.png
 

















Savoie et Vorarlberg: deux occasions manquées?

La Savoie, entre Sardaigne et France
Les traités de 1815 avaient proclamé la neutralisation du nord de la Savoie, suivant une ligne s'étendant, en gros, du Mont-Blanc au lac du Bourget. La Suisse y avait un droit d'occupation en cas de conflit ; cette mesure avait été prise à la demande de la Sardaigne, qui se serait ainsi trouvée déchargée de la défense de la région. Lorsqu'après la campagne de 1859 et la cession de la Lombardie par l'Autriche, on commença à parler du passage des provinces francophones de Savoie et de Nice à l'Empire français, il se produisit dans le nord de la région, Chablais et surtout Faucigny, un mouvement pour une annexion à la Suisse.
Les milieux libéraux craignaient le « cléricalisme » du régime français ; ils auraient préféré rester sujets de Victor Emmanuel (Piémont et liberté plutôt que France et nationalité) ou voir leur province érigée en duché indépendant ; ces solutions se révélant impossibles, ils se tournent vers la Suisse. Surtout, l'économie de la Savoie du Nord la rattachait à Genève : « Si Genève est français, il faut être Français ; si Genève est suisse, il faut être Suisse ; si Genève est cosaque, il faut être Cosaque », s'était-on écrié. Une pétition recueillit 13'651 signatures.
Napoléon III
La Suisse intervint trop tôt et trop tard. Dès 1859, en raison du danger d'encerclement qu'elle voyait pour Genève, elle réclama le Chablais et le Faucigny. On envisageait de créer un nouveau canton, ou deux, ou de donner toute la Savoie du Nord à Genève, ou encore le Chablais à Vaud et le Faucigny à Genève.
En janvier 1860, l'empereur Napoléon III répondit au ministre de Suisse que la Savoie ne l'intéressait pas ; en février, qu'au cas où la France devrait prétendre à une meilleure frontière, l'Empire ne se refuserait pas à une cession des deux provinces à la Suisse. En mars, la protestation des Savoisiens du Sud contre un éventuel démembrement le fit changer d'avis ; il entendit dès lors annexer la Savoie tout entière et, comme il tenait au procédé du plébiscite, il répondit à la pétition par la promesse d'une grande zone franche englobant toute la Savoie du Nord ; lors du plébiscite du 23 avril, le oui l'emporta très largement, les bulletins portants oui et zone n'ayant pas été comptés à part. La Suisse essaya d'en appeler aux puissances ; seule l'Angleterre - qui ne l'avait pas soutenue tant qu'elle pouvait espérer que la Savoie ne deviendrait pas française - l'appuya. On a relevé que la diplomatie helvétique s'était trop appuyée sur les traités de 1815 et pas assez sur le vœu des populations. Surtout, l'opinion publique n'était pas unanime : seuls les Genevois et les conseillers fédéraux Stämpfli et Frey-Hérosé y tenaient ; les Vaudois, depuis le Premier Empire, avaient de la tendresse pour les Bonaparte et le reste du pays tenait à éviter les complications. La Suisse n'insista pas.
Savoie-Nord-01.jpg106px-Blason73.pngLa Savoie du Nord
napol--on-III.jpgNapoléon III 












Friederich-Frey-Herose--281801-1873-29.jpgFriedrich Frey-Hérosé












L'affaire du Vorarlberg

Après l'écroulement de 1918, l'Autriche, réduite à un Etat nain, se trouvait dans une situation désespérée. Dans le Land du Vorarlberg, de culture alpine et bien éloigné de Vienne, un mouvement pour le rattachement à la Suisse se fit jour l'hiver suivant ; une pétition circula, qui conduisit à l'organisation d'un plébiscite : 47'208 voix se prononcèrent pour l'union avec la Suisse, 11'248 contre. Selon William Martin, l'opposition se recrutait presque exclusivement parmi les fonctionnaires autrichiens.

Le landammann, Ender, entra en relation avec la Suisse et avec les Alliés. Au Conseil fédéral, le Grison Calonder était le plus disposé à accéder au vœu des Vorarlbergeois. Il déclara aux Chambres fédérales que « si, pour une raison quelconque, le détachement du Vorarlberg entrait en question, le Conseil fédéral appuierait de toutes ses forces ses efforts pour réaliser son droit de libre disposition ». Mais il est loin d'être suivi par tous les Suisses.

Les Romands ne tiennent pas à accentuer la majorité alémanique ; protestants et socialistes craignent un renforcement de l'élément catholique, d'autant plus, fait-on remarquer, que les jésuites sont nombreux au Vorarlberg ; les milieux agricoles redoutent la concurrence d'une région dont les produits sont meilleur marché ; l'état-major de l'armée estime que l'agrandissement territorial affaiblirait la défense ; enfin le Conseil fédéral craint que les revendications irrédentistes de l'Italie sur le Tessin ne soient réactivées. Aussi le gouvernement déclara-t-il subordonner son autorisation à l'accord préalable de l'Autriche et de la Conférence de la Paix ; la première refusa bien évidemment ; à Saint-Germain, Clemenceau craignit d'affaiblir trop fortement l'Autriche, et d'encourager par là les partisans de l'annexion à l'Allemagne. Ender essaya encore de se faire entendre à Genève ; sa délégation ne fut même pas reçue ; les feux qui s'étaient allumés sur les montagnes du Vorarlberg les 1er août 1919, 1920 et 1921 finirent par s'éteindre.

Un devoir de neutralité
Dans les deux affaires avait prévalu le sentiment que l'extension territoriale de la Suisse était achevée et qu'un petit Etat neutre ne doit pas chercher à s'agrandir, surtout, dans le cas du Vorarlberg, en profitant du malheur des autres. On peut du reste se demander ce qui se serait passé en 1938 : le Reich n'aurait-il pas exigé le « retour » de la province ?

Il est intéressant de noter que le Vorarlberg est le seul état autrichien dont la langue appartient à la famille alémanique et non à l’austro bavarois comme le reste de l’Autriche.

300px-Austria-Bundesadler-svg.pngAutriche 90px-Vorarlberg-CoA-svg.pngVorarlberg
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