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31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 15:37
2007 fin août, on commémore les dix ans de la mort de Lady Di avec grand bruit. Une telle mort est toujours tragique, si bien que l’on peut facilement s’imaginer un tel battage et ferveur dans l’Europe entière pour les cas similaires ou encore plus cruel lorsque les personnes ainsi mortes sont connues et aimées de tous.
Plus particulièrement pour l’Autriche et la Belgique, qui virent l’assassinat d’une impératrice et la mort accidentel d'une reine. Les deux morts sont survenues en Suisse.
Le premier événement, le 10 septembre 1898 à Genève, l’assassinat de l’ImpératriceSissi.  Elle est assassinée à Genève, en sortant de l’hôtel Beau Rivage de Genève, par un anarchiste italien, Luigi Luccheni (26 ans) qui veut à tout prix tuer un prince européen. L'anarchiste se met alors en faction près de l'hôtel Beau-Rivage où l'impératrice est descendue. À 13h35, celle-ci sort au bras de sa dame de compagnie. Passant près du jeune homme, l'impératrice reçoit ce qu'elle croit être un coup de poing et trébuche. Le meurtrier, qui vient de la poignarder au moyen d'une lime (exposée à Vienne dans un musée dédié à l'impératrice), s'échappe mais est interpellé quelques mètres plus loin. L'impératrice tient quand même à prendre le bateau, ce qu'elle fait avec peine, perdant connaissance une fois à bord. En ouvrant son corsage, sa dame de compagnie observe un infime point rouge au dessus du sein gauche. Ramenée dans ses appartements, elle décède dans les bras de Fanny Mayer, l'épouse du propriétaire de l'hôtel.
Luigi Luccheni n'est pas allé bien loin. La police l'a arrêté, ou plutôt il s'est rendu, fièrement, disant, du moins c'est ce que l'on raconte, qu' " un anarchiste frappe une impératrice, pas une blanchisseuse ! "
Le 19 octobre 1910, mort de Luigi LUCCHENI (ou LUCHENI), (né le 22 avril 1873 à Paris).
Anarchiste, meurtrier de l'impératrice Elisabeth d'Autriche, (dite Sissi).
Abandonné dès sa naissance par une pauvre servante italienne, il se retrouve à l'hospice des Enfants Assistés, à Paris, avant d'être renvoyé en Italie, d'orphelinats en familles d'accueils. Plus tard, il effectue divers "petits boulots" avant de servir dans l'armée durant 3 ans 1/2. Mais se rendant bien compte que la société n'est pas faite pour les pauvres, il émigre en Suisse. C'est là qu'il y rencontrera les idées anarchistes.
Adepte de la propagande par le fait, il poignarde, le 10 septembre 1898, à l'aide d'une lime effilée, l'impératrice d'Autriche qui séjourne à Genève.
A son procès, le 12 novembre 1898, il se revendique anarchiste et dit avoir voulu tout d'abord tuer le duc d'Orléans, puis s'être décidé ensuite pour l'impératrice et frapper à travers elle "les persécuteurs des ouvriers". Condamné à la réclusion à perpétuité à l'âge de 25 ans, il mettra à profit la prison pour parfaire son éducation, puis se lancera ensuite dans la rédaction de ses mémoires. Lorsque celles-ci seront volées par des gardiens, Luigi se révoltera et subira des brimades, avant d'être retrouvé pendu dans sa cellule.
 
luccheni-l.jpgLuccheni Luigi140px-Elisabeth.jpg et Elisabeth d'Autriche dite Sissi












Le deuxième, moins connu est le décès accidentel de la reine Astrid de Suède, l’épouse du Roi Léopold III de Belgique.
 
Sur la route de Kussnacht
C'est en Suisse, où réside le couple royal, que se déroule le drame



BRUXELLES
Depuis le 31 juillet 1935, la famille royale est en vacances dans les Dolomites, au lac de Garde puis non loin du lac des Quatre- Cantons. Là, elle séjourne à Haslihorn, une villa blanche sans prétention. Comme Léopold et Astrid ont le projet de finir leurs vacances en se livrant à de longues ascensions dans les montagnes, leurs enfants rentrent à Laeken avant eux.
Quelques jours plus tard, ils reçoivent une lettre de leur gouvernante qui annonce notamment que «le prince de Liège se porte fort bien et il vient de faire ses premiers pas dans le parc». La Reine répond à Joséphine-Charlotte: «Tu as bien de la chance de voir, avant moi, Albert tenir tout seul sur ses petites jambes. Embrasse-le très fort de ma part.» Elle adresse une autre lettre à la comtesse du Roy de Blicquy pour lui demander de bien vouloir offrir en son nom à Baudouin la bicyclette qu'il a demandée pour son anniversaire, le 7 septembre. Cette lettre, le roi Baudouin la conservera pieusement: elle était pour lui l'ultime témoignage de la tendresse de sa mère.
Le lendemain matin, 29 août, les Souverains quittent Haslihorn pour gagner la haute montagne. Leur voiture décapotable Packard 120 est conduite par le Roi tandis que le chauffeur a pris place dans le spider. Ils traversent Lucerne. La Reine s'intéresse à l'itinéraire et a déployé une carte routière sur les genoux. Le long de la route court un petit parapet qui épouse ses courbes.
Astrid demande un renseignement. Léopold se penche sur la carte. L'auto appuie soudain vers la droite. La pluie a rendu l'asphalte glissant. La roue avant racle le muret interrompu par une brèche. La voiture monte sur les pierres. Le Roi tente de redresser et s'arc-boute au volant mais l'auto a déjà franchi le parapet. Elle effectue plusieurs tonneaux et s'en va heurter de plein fouet un arbre contre lequel Astrid, éjectée de son siège, se fracasse le crâne. La voiture continue sur sa lancée et dévale la pente du verger qui s'étend entre la route et le lac. Elle percute un autre arbre et le Roi est projeté à son tour sur l'herbe. Impuissant dans le spider, le chauffeur voit l'auto piquer du nez vers le lac et s'y enliser dans les roseaux de la rive.
Le Roi se relève. Sa joue et sa main droite saignent. Il éprouve de vives douleurs à la poitrine: une côte cassée. La Reine est morte sur le coup.
Le lendemain, à huit heures cinquante du matin, le train qui ramène le corps de la Reine en Belgique arrive à la gare du Luxembourg. Tout de noir vêtu, le bras en écharpe et un pansement sur la joue, Léopold III rentre au palais tandis que le corps d'Astrid est déposé dans la salle du Penseur transformée en chapelle ardente. Elle repose entourée de dahlias et d'hortensias, vêtue d'une longue robe blanche de soie ornée de violettes de Parme. Elle tient dans ses mains gantées un chapelet. Son visage est serein.
Texte tiré de DH dernière heure
 
Un petit sanctuaire, celui élevé à la suite du tragique accident du 29 août 1935 dans le verger où fut précipitée la voiture de la Reine Astrid, Reine de Belgique. Face à l’Astridkapelle (Chapelle de la Reine Astrid), une simple croix marque l’endroit où fut retrouvée la Reine, après le choc fatal contre l’arbre dont il ne reste plus aujourd’hui qu’une partie du tronc.
 
200px-Queen-Astid-and-King-Leopold-III-of-Belgium.jpgLe couple royal, Astrid et Léopold III 
astrid1.jpgAstrid de Suède medium-dscn0200-2.jpgLa Chappel de la reine Astrid
 
Pour l’une, une lime fut l’arme du Destin, pour l’autre, un arbre isolé au bord d’une route.
Si Sissi ignorait les signaux de danger que lui fournissaient les services de police de l’empire, et cela depuis longtemps, elle se sentait en sécurité en Suisse. Mais comment pouvait-on être si certain que la Suisse était si sûre ? Ne savait-on pas que les anarchistes étaient fort bien représentés en Suisse et qu’il était plus facile qu’ailleurs de constater l’écart qui séparait un puissant prince d’un ouvrier du temps. Et ne pouvait-on ignorer les révolutions qui se préparaient et le monde moderne et « égalitaire » qu’allait être le XXe siècle.
Pour Astrid, hélas, c’est la conjonction de deux facteurs antagonistes qui est la cause du drame. Une grosse et puissante voiture et des petites routes sinueuses de notre pays. Leur voiture décapotable, une Packard 120 est conduite par le Roi. En une seconde d’inattention et une bordure chevauchée et voilà le drame. 

GTell
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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 16:57
Berthe de Souabe dite La Filandière, (907-2 janvier 966) elle est la fille de Burchard II, duc de Souabe. En 922 elle épouse le roi de Bourgogne, Rodolphe II. Ils auront deux enfants, Conrad III dit le Pacifique et Adélaïde de Bourgogne
En 937 elle devient veuve, elle se remarie le 12 décembre 937 avec le roi d’Italie, Hugues d’Arles, (880-947)
Elle fut inhumée au prieuré de Peterlingen, aujourd’hui Payerne, qui fut fondé grâce aux dons qu’elle fit à sa fille l’impératrice Adélaïde de Bourgogne, qui épousa l’empereur Otton Ier du Saint Empire. 

350px-Reine-Berthe-et-les-fileueses-2C-1888.jpg
 
Donc, grâce aux dons de sa mère la reine Berthe de Souabe, l’impératrice Adélaïde de Bourgogne fait fonder le monastère de Payerne.
 
L’Abbatiale est d’origine clunisienne, elle possède un orgue très contemporain, (orgue Ahrend) particularité du clocher en forme de tors. (Une centaine en Europe) 

180px-Payerne-abbatiale.jpg
 
Pour un complément d’informations, suivez le lien ci-dessous.
 
 
 Gtell
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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 14:37
Publier sous le titre de « La Suisse inconnue » une photographie de Königsfelden, c’est se moquer, semble-t-il, de tous nos lecteurs qui possèdent quelques notions d’histoire. Chacun sait que c’est là que fut assassiné Albert Ier,  empereur d’Allemagne, et chacun se souvient d’avoir aperçu en passant dans la région de Windisch, la flèche de l’église, et d’y avoir vu étinceler une couronne. (Si vous êtes passé par là !)  Mais interrogez vos connaissances, et vous serez peut-être étonnés de constater qu’il existe des habitués des routes argoviennes qui ne se sont jamais arrêtés à Königfelden, où resplendissent dans leur éclat primitif les plus beaux vitraux du moyen âge de notre territoire.
 
Königsfelden qui se trouve sur la route Bâle Zurich, mérite ce que les automobilistes appellent volontiers « une grosse perte de temps ».
 
La région du confluent de l’Aar, de la Reuss et de la Limmat est certes l’une des plus jolies du plateau suisse ; chaque position importante est marquée d’un château ou d’une ruine (Lenzbourg, Brunegg et Wildegg, Habsbourg, Auenstein, Biberstein et Wildenstein). Lorsqu’on descend du Bötzberg, le regard embrasse tout ce vaste paysage boisé ; au-dessus de la Habsbourg a de la peine à émerger des arbres malgré les créneaux qu’on a eu la gentillesse de lui reconstruire au siècle dernier.
Après avoir traversé le pont d’où la ville de Brugg tire son nom, on passe sous la « Tour noire » dont la base a été très probablement construite (comme d’autres châteaux et églises des environs) avec des pierres provenant de la cité romaine de Vindonissa, la capitale de l’Helvétie orientale, détruite par les Alamans au Ve siècle. Tous les restes romains mis à jour par des fouilles ont été réunis dans un musée local ; le grand amphithéâtre au sud-est de Brugg témoigne de l’importance de cette ancienne capitale (il contenait dans ses gradins 10 000 spectateurs).
 
L’église de Königsfelden
Dès que vous avez franchi le porche, vous êtes l’hôte des Habsbourg ; leurs tombeaux sont vides depuis que l’impératrice Marie-Thérèse a fait transporter les corps à St-Blasien dans la Forêt-Noire (1770), d’où ils ont passé plus tard en Autriche ; cela ne les empêche pas d’être partout présents dans cette église qui fut leur sanctuaire familial. Il faut sans doute chercher l’origine de cette illustre maison en Alsace et dans le Brisgau, mais c’est en Argovie qu’elle fonda sa puissance politique. Ce n’est que sous le Grand Rodolphe que le centre de gravité des possessions des Habsbourg tend à se déplacer vers l’est ; à l’ouest. Rodolphe agrandit son domaine par l’héritage des Kybourg et par des achats, mais il se heurte en Romandie à un puissant voisin, Pierre de Savoie, comme lui habile « assembleur de terres ». Bientôt ce sont également les Waldsaetten, puis les communes urbaines suisses qui, imbues de liberté, s’opposent victorieusement à la politique d’annexion et de domination des Habsbourg. Le choc décisif se produira à Sempach ; puis la dynastie abandonne ses vieilles terres d’Argovie (1415), un demi-siècle plus tard la Thurgovie ; et au moment où la maison prend le rang de grande puissance, elle perd ses dernières possessions en Suisse.
Le meurtre de l’empereur Albert, le 1er mai 1308, se place à l’époque où les Habsbourg étaient encore solidement établis sur notre sol, et où les ambitions les plus folles leur semblaient permis. Moins souple dans sa politique que son prédécesseur Rodolphe, Albert avait cependant continué son œuvre avec la même ténacité. Les conjurés de Windisch avaient des griefs personnels contre l’empereur, en particulier le duc Jean, son neveu, qui n’avait pas reçu sa part d’héritage, mais ils étaient aussi soutenus par d’autres mécontents. Albert chevauchait de Baden vers Rheinfelden, d’où son épouse était partie pour venir à sa rencontre, et il s’apprêtait à passer le pont de Brugg lorsqu’il fut assailli par le duc Jean et ses complices, et assassiné ; il paraît que la dernière croisée du cœur de l’église de Koenigsfelden se trouve au-dessus de l’endroit exact où il expira. Jean parvint à passer les Alpes, déguisé en moine ; la suite de sa vie est obscure ; peut-être est-il mort à Pise, dans un couvent d’Augustins, ou bien dans une prison de Henri VII. La vengeance fut effroyable. Elle ne frappa pas seulement les conjurés, comme ce Rodolphe de Wart, reconnu et pris en France, alors qu’il se rendait à Avignon pour implorer l’absolution papale, et qui fut traîné sur la place de Brugg derrière un cheval, puis agonisa pendant trois jours et trois nuits, sur la roue, dit-on, les membres brisés, tandis que son épouse priait auprès de lui ; les parents – souvent innocents – des meurtriers eurent également à subir les fureurs des Habsbourg ; on brûlait les châteaux, on massacrait les garnisons. Mais en même temps, Elisabeth, veuve d’Albert Ier, fonda le double couvent de Königsfelden, pour perpétuer le souvenir de l’empereur défunt. Des sœurs Clarisses (Les nonnes de l’ordre de St-François d’Assise) et des frères Franciscains devaient y élever des prières incessantes pour attirer la bénédiction divine sur la dynastie et effacer par leur piété la tache du crime. Plus rien ne subsiste des deux cloîtres gothiques, ni de la tour qui garnissait l’entrée du couvent (elle fut détruite vers 1870, on se demande pourquoi) ; le célèbre trésor fut fondu et transformé en monnaie par les bernois, lors de la Réforme, et la décoration détruite ; un autel se trouve maintenant au musée de Berne. Nous savons qu’en 1330, lorsque l’évêque de Constance consacra le chœur de Koenigsfelden à la Vierge Marie, cette église était un bijou d’une rare beauté.
Il reste heureusement l’essentiel : les vitraux du cœur. En pénétrant dans le chœur, nous nous trouvons soudain dans un monde à part où règnent de violentes couleurs, réunies en un équilibre dangereux par la main d’un artiste magicien ; il est difficile de résister à une sorte d’envoûtement qui suit l’éblouissement des premières secondes. Cela n’est pas un « effet sur commande » ; la vie des vitraux est mystérieuse, et ils sont sensibles au moindre changement de lumière ; un jour de grand soleil, ils vous ennuieront peut-être ; ils ne livrent les secrets de leur beauté que dans certaines conditions. Si vous avez la chance de les surprendre au soir d’une journée grise, alors que l’église est plutôt sombre, vous assisterez à des miracles de couleur. Bien sûr, nous ne sommes pas à Chartres ; mais ce que nous avons sous les yeux à Koenigsfelden, c’est ce que l’art du vitrail pouvait offrir de plus réussi au début du XIVe siècle. C’est encore une belle époque. Chaque morceau de verre est d’une seule couleur. Les fenêtres forment autant de mosaïques où les rouges, les verts, les violets et les jaunes sont ordonnés selon la loi de l’alternance, mais surtout selon les lois qu’impose à l’artiste sa sensibilité. On remarque, par exemple, cette alternance dans les fenêtres 10 et 11, qui se font face ; dans la première, le fond de chaque médaillon est bleu et l’extérieur rouge, dans la seconde, l’intérieur est rouge et l’extérieur bleu. Vers le fond du cœur une telle alternance eût rompu l’unité de l’ensemble, aussi les couleurs des fenêtres 2 et 3 sont elles symétriques. La composition est remarquable : jamais la fantaisie et le mouvement ne brisent l’harmonie d’une fenêtre ; et jamais la rigidité architecturale n’écrase le mouvement des figures. Ces mêmes vitraux qui ont grande allure de loin, vous révèleront une foule de détails charmants, si vous vous approchez... les attitudes sont solennelles, les gestes gauches ; le dessin est sobre, et jamais mièvre. Sur les 11 fenêtres, deux ont été presque complètement détruites (9 et 5) ; les parties restaurées portent toujours la date de l’exécution. Au pied de chaque fenêtre se trouvent des ducs et duchesses de Habsbourg, ou bien des groupes inattendus comme celui de la fenêtre n°1 où l’on voit trois personnages endormis : Noé sous la vigne, le patriarche Jessé et Adam pendant l’extraction de la côte.
Voilà, c’est un lieu à visité car chargé d’histoire.
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Texte tiré de « La Suisse inconnue » propositions de voyage. TCS 1941
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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 14:18
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Hé oui ! Voilà un billet (ancien) de Fr. 100.- SUISSE. Un Borromini comme on disait à l’époque. Pourquoi cet homme et pas un autre ? Le choix en revient à la BNS.
Aujourd’hui, en faisant une recherche sur Internet, Borromini nous semble un architecte de la Renaissance convainquant. Par contre, il faut se convaincre qu’il soit Suisse. Cependant, voici ce qu’en disait le « Dictionnaire Universel d’Histoire et de Géographie, Nouvelle édition, Paris. » Librairie de L. Hachette et Cie, janvier 1855.
 
Borromini (François), architecte italien, né à Bisonne dans le Milanais en 1599, fut élève de Maderno, et lui succéda dans la place d’architecte de St Pierre de Rome. Il renchérit sur le mauvais goût introduit par ce maître, donna dans les formes bizarres et entortillées, et créa un genre vicieux qui de son nom a été appelé borrominesco. Cependant on estime encore sa façade de l’église de Ste Agnès, sur la place Navone, à Rome, et le collège de la Propagande. Jaloux du Bernin et des autres architectes en réputation, il se livra, pour les surpasser, à des travaux excessifs, ce qui le fit tomber dans des accès d’hypocondrie au milieu desquels il se tua lui-même, 1677. Son œuvre a été publiée en 1727 à Rome. In-folio.
 
Voilà qui laisse à réfléchir sur le choix, de l’époque, de la BNS, pour un personnage faisant du Borrominesco et comment cela se fait-il qu’actuellement on ne dise pas que Borromini était un jaloux dépressif ?
 
GTell
 
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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 16:56
Séjours de Lénine en Suisse. Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine.
 
A la lecture de ce livre, « Séjours de Lénine en Suisse », il m’est apparu que Lénine c’est pas mal plût dans notre pays. Il y trouvât le terreau nécessaire pour enrichir ses idées et la facilité qu’il n’aurait pas eut dans d’autres pays plus regardant sur l’activité d’exilé tel que Lénine. D’autre part il rencontra beaucoup de patriotes russes exilés en Suisse et pouvait aussi rencontrer ceux des pays environnants qui ne pouvaient pas s’exprimer dans leur pays d’accueil respectif et ainsi ils purent faire imprimer un journal et avoir toutes commodités pour l’édition d’imprimés qu’ils ne trouvaient pas ailleurs.
Plus de sept années en Suisse
Il n’a pas été le seul russe à se réfugier dans l’Helvétie bucolique de cette fin du XIXe siècle et début du XXe. Avant lui, Bakounine (lire plus bas) à Saint-Imier, au cœur du Jura ouvrier, prônait la révolution, l’anarchie et parlait avec son adversaire Carl Marx de l’avenir du prolétariat. Association internationale des travailleurs, plus connu sous le nom de la « Première Internationale » eut plus d’une fois l’occasion d’organiser des congrès en Suisse ; Bâle, Genève, Lausanne et pour divers congrès international d’associations ouvrières à Clarens, Saint-Imier, Neuchâtel ou autres lieux dans nos montagnes. Les dernières années de Bakounine furent celles de Lugano et sa mort survenue à Berne, le 1er juillet 1876 où il fut enseveli deux jours plus tard. L’anarchiste était mort mais ses idées continuèrent à progresser partout en Europe.
Lénine n’est que l’un des exilés russes qui foisonnaient dans toute l’Europe à ce moment-là. La Suisse occupe une place importante dans l’action révolutionnaire de Lénine. Il vécut à Genève, à Berne, à Zurich, à Lausanne, visita Bâle, la Chaux de Fonds et beaucoup d’autres endroits. Vladimir Ilitch n’y vécut pas seulement en émigré préoccupé des intérêts de son peuple, mais fut aussi étroitement lié au mouvement social-démocrate européen et suisse. Son épouse et camarade, la grande militante du Parti communiste, Nadejda Constantinovna Kroupskaïa, se trouvait à tout moment à ses côtés.
Lénine se rendit pour la première fois à l’étranger en mai 1895. Il vint alors en Suisse, chargé par les marxistes de Pétersbourg d’établir la liaison avec le groupe « Libération du Travail » et pour étudier le mouvement ouvrier ouest-européen.
Il était donc en mission !
« Un parti, écrivait Lénine en 1910, qui travaille dans les conditions qui sont les nôtres a forcément, nécessairement besoin d’avoir une base à l’étranger. »
Les années passées par Lénine à Genève se situent dans le cadre de son action de créateur et de guide du Parti communiste, de chef du mouvement ouvrier de Russie, dans le cadre de son combat intransigeant et de principe contre le révisionnisme et l’opportunisme, du développement de la théorie marxiste. C’est en Suisse que Lénine publia Les tâches des sociaux-démocrates russes, Un pas en avant, deux pas en arrière, Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, qui posèrent les bases idéologiques, organisationnelles et tactiques du parti d’un type nouveau, assumant un lien indestructible entre la théorie et la pratique, réunissant le plus grand esprit de principe à la souplesse, d’un parti intransigeant envers l’opportunisme sous toutes ses formes. C’est là aussi que Lénine rédigea son principal ouvrage philosophique Matérialisme et empiriocriticisme. Ce fut une période caractérisée par la victoire du marxisme en tant qu’idéologie du mouvement ouvrier international et par la transformation de la Russie en centre de l’action révolutionnaire mondiale.
En Suisse, Lénine a écrit L’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916), La faillite de la IIe Internationale (mai-juin 1915), Le socialisme et la guerre (juillet-août 1915),  De la défaite de son propre gouvernement dans la guerre impérialiste (juillet 1915), A propos du mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe (août 1915), etc.
 
La mère de Nadejda Constantinovna, Elizavéta Vassilievna Kroupskaïa passa de longues années aux côtés de sa fille et de Lénine.  Elizavéta Vassilievna mourut à Berne au printemps 1915 et fut enterrée au cimetière de Bremgarten où un arbre fut planté là où les cendres furent ensevelies. En été 1969, les cendres d’ Elizavéta Vassilievna Kroupskaïa furent ramenées en URSS et ensevelies à Leningrad.
Nadejda Constantinovna fut longtemps malade dans l’émigration. La maladie de Basedow sous une forme aiguë ne reculait même pas devant une intervention chirurgicale effectuée en 1913, à Berne, par le célèbre Kocher.
A partir de février 1916, Vladimir Ilitch et sa femme habitent Zurich. Vladimir aime d’emblée les bibliothèques de cette ville et écrit à sa famille : « Nadia et moi sommes très contents de Zurich ; les bibliothèques sont bonnes ici… » C’est dans les bibliothèques de Zurich que furent préparés les ouvrages tels que L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, A propos de la brochure de Junius, Une caricature du marxisme et à propos de l’ « économisme impérialiste », Le programme militaire et la révolution prolétarienne et beaucoup d’autres. En automne de 1916 et au début de 1917, Lénine prend des notes, fait des résumés et des ébauches pour son ouvrage L’Etat et la révolution. Le livre fut écrit plus tard, mais le travail préparatoire se fit à Zurich.
Être révolutionnaire, être continuellement dans les écrits et la pensée qui le préoccupait, la révolution prolétaire, laissait peu de temps aux loisirs et même dans des moments dits de libertés il travaillait.
Lénine cherchait à se réserver le temps pour se familiariser avec une nouvelle contrée et sa nature. Il apprécia les lacs profonds de la Suisse, ses vertes vallées, ses torrents glacés et rapides, les sentiers des Hautes Alpes. « La nature est splendide ici », écrit-il en 1895 à sa mère. En Suisse, Lénine se reposait à chaque occasion dans les montagnes.
Kroupskaïa écrit dans ses mémoires : « A la fin de juin 1904, Vladimir Ilitch et moi partîmes sac au dos pour un mois, dans les montagnes, à l’aventure. Nous vécûmes une semaine à Lausanne, où nous reprîmes quelques forces, puis nous escaladâmes une hauteur au-dessus de Montreux, nous nous enfonçâmes dans des coins sauvages et perdus, où nous trouvâmes des bûcherons, qui nous indiquèrent comment rejoindre la route et où passer la nuit. Par Aigle, nous descendîmes dans la vallée du Rhône, nous passâmes à Bex-les-Bains, chez une de mes camarades d’école de cours, puis nous cheminâmes longtemps en longeant le Rhône, nous fîmes près de 70 verstes : ce fut la partie la plus fatigante du voyage. Enfin, par le Gemmipass nous parvîmes dans l’Oberland, nous fûmes au pied de la Jungfrau, puis, les jambes rompues et à bout de forces, nous nous installâmes à Iseltwald sur le Brienzersee, où nous demeurâmes près d’une semaine, avant de nous remettre en route et de regagner le Genevois par Interlaken et Simmental. »
 
A Zimmerwald.
Parce que Lénine et sa femme surtout, devaient se reposer, le nom d’un petit village de l’Oberland est connu dans le monde entier, Zimmerwald.
La Conférence socialiste de Zimmerwald fut convoquée sur l’initiative des socialistes italiens et suisses du 5 au 8 septembre 1915.
Le Manifeste proclamait que la guerre était une guerre impérialiste et accusait les leaders de la IIe Internationale qui avaient voté les crédits militaires. Le Manifeste de Zimmerwald appelait les ouvriers d’Europe à engager le combat contre la guerre, pour la paix sans annexions ni contributions. La Conférence de Zimmerwald marqua la renaissance de l’union internationale des forces du prolétariat mondial sur des bases révolutionnaires de classe, de rupture idéologique et pratique avec l’opportunisme et le social-chauvinisme.
 
Comme tous les bolcheviks, Lénine était membre du Parti social-démocrate suisse. Sa femme, Kroupskaïa disait de Lénine, « Ilitch s’est enfoncé jusqu’au cou dans les affaires suisses ».
Il demandait aux ouvriers suisses de soutenir et de continuer le ralliement international des sociaux-démocrates révolutionnaires qui a débuté à Zimmerwald.
Comme l’exploitation des ouvriers étrangers, spoliés de tous droits, s’intensifiait en Suisse, Lénine attirait leur attention sur la menace qu’il y avait de voir s’opposer « deux catégories d’ouvriers ».
1917. Avant de quitter son exile, Lénine fit deux conférences publiques : le 18 mars à La Chaux-de-Fonds et le 27 mars à Zurich.
Sa conférence, en français, La révolution russe suivra-t-elle le chemin de la Commune de Paris ? faite le 18 mars à La Chaux-de-Fonds, impressionna beaucoup son auditoire. Lénine y fit l’analyse de l’expérience de la dictature du prolétariat, développa ses pensées sur l’Etat et la révolution. La conférence du 27 mars, en allemand, à la Maison du peuple de Zurich sur La révolution russe, son importance et ses tâches découvrait toute la complexité de la situation en Russie, toute l’originalité du moment historique, les forces motrices de la révolution et les rapports des forces de classe. Elle développait l’idée de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile, expliquait la tactique révolutionnaire du prolétariat.
Le 9 avril 1917, à 15 heures 10, le train s’ébranle… Lénine va à la rencontre de son destin.
 
Citations et textes tirés de « Séjours de Lénine en Suisse » Agence de presse Novosti – Moscou
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le congrès de Saint-lmier.
 
 
Décidé au lendemain du congrès de La Haye (2-7 septembre 1872, au cours duquel une majorité marxiste fictive de l'AIT avait expulsé Bakounine et Guillaume, le congrès de Saint-Imier (15-16 septembre 1872) regroupa les fédérations de l'Internationale qui refusaient de reconnaître la politique autoritaire menée par Marx et le Conseil général de Londres.
 
Ce congrès n'était pas spécifiquement anarchiste et visait surtout à maintenir l'unité du mouvement ouvrier et de l'Internationale, compromise par les agissements de Marx.
Les résolutions adoptées n'en résument pas moins les points essentiels des principes au nom desquels Bakounine et ses amis s'étaient réunis contre les "autoritaires".
Véritable charte de " l'anarchisme ouvrier ", ces considérants voient dans l'organisation et la résistance de la classe ouvrière, produit de l'antagonisme entre travail et capital, le terrain d'action privilégié pour préparer l'émancipation du prolétariat.
 
 
 
Première résolution :
 
Attitude des Fédérations réunies en Congrès à Saint-lmier, en présence des résolutions du congrès de La Haye et du Conseil général :
Considérant que l'autonomie et l'indépendance des fédérations et sections ouvrières sont la première condition à l'émancipation des travailleurs ; que tout pouvoir législatif et réglementaire accordé aux Congrès serait une négation flagrante de cette autonomie et de cette liberté, le congrès dénie en principe le droit législatif à tous les congrès, mit généraux mit régionaux, ne leur reconnaissant d'autre mission que celle de mettre en présence les aspirations, besoins et idées du prolétariat des différentes localités ou pays, afin que leur harmonisation et leur unification s'y opèrent autant que possible.
Mais dans aucun cas la majorité d'un congrès quelconque ne pourra imposer ses résolutions à la minorité.
Considérant d'autre part que l'institution du Conseil général dans l'Internationale est, par sa nature même et fatalement, poussée à devenir une violation permanente de cette liberté qui doit être la base fondamentale de notre grande Association ; considérant que les actes du Conseil général de Londres qui vient d'être dissous, pendant. Ces trois dernières années, sont la preuve vivante du vice inhérent à cette institution ; que pour augmenter sa puissance d'abord très minime, il a eu recours aux intrigues, aux mensonges, aux calomnies les plus infâmes pour tenter de salir tous ceux qui ont osé le combattre ; que pour arriver à l'accomplissement final de ses vues, il a préparé de longue main le congrès de La Haye, dont la majorité, artificiellement organisée, n'a évidemment eu d'autre but que de faire triompher dans l'Internationale la domination d'un parti autoritaire, et que, pour atteindre ce but, elle n'a pas craint de fouler aux pieds toute décence et toute justice ; qu'un tel congrès ne peut pas être l'expression du prolétariat des pays qui s'y sont fait représenter : le congrès des délégués des fédérations espagnole, italienne, jurassienne, américaine et française, réuni à Saint-Imier, déclare repousser absolument toutes les résolutions du congrès de La Haye, et pour sauver et fortifier davantage l'unité de l'Internationale, les délégués ont jeté les bases d'un projet de pacte de solidarité entre ces fédérations.
 
Deuxième résolution
 
Pacte d'amitié, de solidarité et de défense mutuelle entre les fédérations libres :
" Considérant que la grande unité de l'Internationale est fondée non sur l'organisation artificielle, mais sur l'identité réelle des intérêts et des aspirations du prolétariat de tous les pays, les délégués réunis à ce congrès sont conclu, au nom de ces fédérations et section, et sauf leur acceptation et confirmation définitives, un pacte d'amitié, de solidarité et de défense mutuelle.
Ils proclament hautement que la conclusion de ce pacte a pour but principal le salut de cette grande unité de l'Internationale, que l'ambition du parti autoritaire a mis en danger.
 
Troisième résolution
 
Nature de l'action politique du prolétariat :
Considérant que vouloir imposer au prolétariat une ligne de conduite ou un programme politique uniforme, comme la voie unique qui puisse le conduire à son émancipation sociale, est une prétention aussi absurde que réactionnaire; que nul n'a le droit de priver les fédérations et sections autonomes du droit incontestable de déterminer elles-mêmes et suivre la ligne de conduite politique qu'elles croiront la meilleure, et que toute tentative semblable nous conduirait fatalement au plus révoltant dogmatisme ; que les aspirations du prolétariat ne peuvent avoir d'autre objet que l'établissement d'une organisation et d'une fédération économiques absolument libres, fondées sur le travail et l'égalité de tous et absolument indépendantes, de tout gouvernement politique, et que cette organisation et cette fédération ne peuvent être que le résultat de l'action spontanée du prolétariat lui-même, des corps de métier et des communes autonomes ;considérant que toute organisation de la domination au profit d'une classe et au détriment des masses, et que le prolétariat, s'il voulait s'emparer du pouvoir, deviendrait lui-même une classe dominante et exploiteuse : le congrès réuni à Saint-lmier déclare :
- 1) que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat ;
- 2) que toute organisation d'un pouvoir politique soi-disant provisoire et révolutionnaire pour amener cette destruction ne peut être qu'une tromperie de plus et serait aussi dangereuse pour le prolétariat que tous les gouvernements existant aujourd'hui ;
- 3) que, repoussant tout compromis pour arriver à l'accomplissement de la révolution sociale, les prolétaires de tous les pays doivent établir, en dehors de toute politique bourgeoise, la solidarité de l'action révolutionnaire.
 
Quatrième résolution
 
Organisation de la résistance du travail
- Statistiques : La liberté et le travail sont la base de la morale, de la force, de la vie et de la richesse de l'avenir. Mais le travail, s'il n'est pas librement organisé, devient oppressif et improductif pour le travailleur ; et c'est pour cela que l'organisation du travail est la condition indispensable de la véritable et complète émancipation de l'ouvrier.
Cependant, le travail ne peut s'exercer librement sans la possession des matières premières et de tout le capital social, et ne peut s'organiser si l'ouvrier, s'émancipant de la tyrannie politique et économique, ne conquiert le droit de se développer complètement dans toutes ses facultés.
Tout Etat, c'est-à-dire tout gouvernement et toute administration des masses populaires, de haut en bas, étant nécessairement fondé sur la bureaucratie, sur les armées, sur l'espionnage, sur le clergé, ne pourra jamais établir la société organisée sur le travail et sur la justice, puisque par la nature même de son organisme, il est poussé fatalement à opprimer celui-là et à nier celle-ci. Suivant nous, l'ouvrier ne pourra jamais s'émanciper de l'oppression séculaire, si à ce corps absorbant et démoralisateur, il ne substitue la libre fédération de tous les groupes producteurs fondés sur la solidarité et sur l'égalité.
En effet, en plusieurs endroits déjà on a tenté d'organiser le travail pour améliorer la condition du prolétariat, mais la moindre amélioration a bientôt été absorbée par la classe privilégiée qui tente continuellement sans frein et sans limite, d'exploiter la classe ouvrière. Cependant, l'avantage de cette organisation est tel que, même dans l'état actuel des choses, on ne saurait y renoncer.
Elle fait fraterniser toujours davantage le prolétariat dans la communauté des intérêts, elle l'exerce à la vie collective, elle le prépare pour la lutte suprême.
Bien plus, l'organisation libre et spontanée du travail étant celle qui doit se substituer à l'organisme privilégié et autoritaire de l'Etat politique, sera, une fois établie, la garantie permanente du maintien de l'organisme économique contre l'organisme politique.
Par conséquent, laissant à la pratique de la révolution sociale les détails de l'organisation positive, nous entendons organiser et solidariser la résistance sur une large échelle. La grève est pour nous un moyen précieux de lutte, mais nous ne nous faisons aucune illusion sur ses résultats économiques. Nous l'acceptons comme un produit de l'antagonisme entre le travail et le capital, ayant nécessairement pour conséquence de rendre les ouvriers de plus en plus conscients de l'abîme qui existe entre la bourgeoisie et le prolétariat, de fortifier l'organisation des travailleurs, et de préparer, par le fait des simples lunes économiques, le prolétariat à la grande lutte révolutionnaire et définitive qui, détruisant tout privilège et toute distinction de classe, donnera à l'ouvrier le droit de jouir du produit intégral de son travail, et par là les moyens de développer dans la collectivité toute sa force intellectuelle, matérielle et morale.
La Commission propose au congrès de nommer une commission qui devra présenter au prochain congrès un projet d'organisation universelle de la résistance, et des tableaux complets de la statistique du travail dans lequel cette lutte puisera de la lumière. Elle recommande l'organisation espagnole comme la meilleure jusqu'à ce jour.
GTell
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 19:37
L’asile des aveugles de Lausanne fut créé en 1843. Voici les personnes qui contribuèrent à sa création.
 
Frédéric Recordon, Elizabeth-Jane de Cerjat, William Haldimand, le premier Comité provisoire était composé des: pasteurs Espérandieu et Monneron et du docteur Recordon.
Le 10 juin 1843, le Grand Conseil, par un décret, accorde la reconnaissance de l’existence légale de l’Asile, ratifié par le Conseil d’Etat le 21 juillet suivant. Le Comité est constitué du baron Crud, président, le pasteur Espérandieu, secrétaire, et le pasteur Paul Monneron. W. Haldimand et le docteur Recordon membres consultants. Premier Directeur, Henri Hirzel.
Hirzel fit la connaissance d’Alexandre Vinet et de sa femme, qui le recommandèrent chaudement et le mirent en rapport avec W. Haldimand.
 
Monsieur et très honoré frère,
 
J’apprends que vous prendrez part, et probablement dans fort peu de temps, à la nomination du directeur de l’institution pour les aveugles que nous devons aux efforts réunis de la charité et du zèle chrétien. Je ne connais qu’un seul des individus qui se présentent pour remplir cette place ; mais comme j’ai pour lui une estime toute particulière et que je le connais personnellement depuis assez longtemps, je me sens poussé à vous écrire quelques mots à son sujet, ne pouvant, à cause du mauvais état de ma santé, me présenter chez vous. M. Hirzel, du Canton de Zurich, que vous aurez déjà vu, est entré en relation avec moi dans des circonstances qui m’ont fait connaître son ardent amour pour la vérité, l’élévation de son âme et la bonté de son caractère. Seul et sans appui, ou plutôt en dépit des influences les plus contraires, il a cherché la vérité jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée, il a heurté jusqu’à ce qu’on lui ait ouvert, et s’il était, déjà avant sa conversion au christianisme, un jeune homme très recommandable par sa moralité, son application au travail, son zèle pour le bien, il est devenu bien plus intéressant depuis que l’Evangile a ouvert devant lui un nouvel horizon. Je puis dire que son influence a été salutaire à plusieurs personnes, et je me félicite en particulier des relations d’amitié qu’il a formées avec mon fils. Il s’est beaucoup demandé dans ces derniers temps s’il ne ferait pas des études pour devenir ministre ; mais des raisons qui font honneur à son jugement et à ses sentiments l’ont déterminé à ne point renoncer à la profession d’instituteur en vue de laquelle il étudie à Lausanne depuis plusieurs années, et qu’il a déjà exercée. Je crois qu’il aurait été un ministre peu ordinaire, je pense qu’il sera un excellent instituteur, par la solidité de ses connaissances, qui sont même assez étendues, la vivacité de son esprit, son éloquence naturelle, et son amour pour les enfants. La pensée de le voir à la tête d’une école d’aveugles ne peut que me sourire beaucoup, car je crois qu’il versera généreusement dans une œuvre de ce genre tous ses talents et toute son âme. J’espère bien, Monsieur et très honoré frère, avoir l’avantage de vous voir bientôt et de vous parler de lui plus en détail ; mais j’ai voulu en attendant vous dire d’une manière générale ce que je pense de lui. Plusieurs personnes à Lausanne connaissent M. Hirzel, et ont la même opinion que moi ; tous ceux qui l’ont connu se sont attachés à lui. Vous sentez bien que je ne réclame point pour lui la préférence sur ses concurrents, dont je ne connais aucun en aucune manière ; sans le mettre au-dessus ni au-dessous de tel autre, je prends seulement la liberté de vous parler de ce jeune homme, non dans son intérêt seulement, mais dans l’intérêt d’une œuvre pour laquelle tous ceux qui aiment le bien doivent faire des vœux.
Agréez, Monsieur et très honoré frère, avec l’hommage de mon respect, l’assurance de mon dévouement très affectueux.
Vinet.
Lausanne, 14 février 1843.
 
C’est de mon propre mouvement et à l’insu de M. Hirzel que j’ai l’honneur de vous écrire.
 
 
Dans les prémices de l’histoire de l’Asile des aveugles, il y eut Elizabeth Jeane de Cerjat qui eut l’idée et en suite William Haldimand qui avait les moyens et le praticien Dr. Frédéric Recordon.
 
Quelques noms liés à l’Asile des aveugles de Lausanne et qui ont contribués au rayonnement de celui-ci, qu’ils soient directeur, médecin chef ou professeur.
 
 
Théodore Secretan
Maurice Constançon
Marc Dufour
Edouard Subilia
Auguste Dufour
Jules Gonin
Othmar Dufour
Marc Amsler
 
 
Bienfaiteurs
Madame de Rumine
Monsieur Ruchonnet
Et bien d’autres… 
 
http://www.asile-aveugles.ch/site/site/page1.aspx?id=28
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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 19:32

Sion-01.jpgSion, d'après la topographie de Mérian 1642

horloge-1667-maitre-Spoeth-de-st-gall.jpgHorloge de l'Hôtel de Ville, vers 1667 par maître Spoeth, de St-Gall.

 

clochetonHotelDeVille.jpgClocheton de l'Hôtel de Ville

georges-supersaxo.jpgGeorges Supersaxo 1450-1529, Salle de la Bourgeoisie.

supersaxo.jpgRosace du plafond de la Salle Supersaxo. Nativité, par Jacobino de Malacridis XVIe siècle. Deux plafonds signés du Maître italien connu au monde, dont celui-ci à Sion.

 

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 16:25

Deux mots d'histoire

Il est donc avéré qu'après la campagne de Jules César les Sédunes et les Romains occupaient le pied des collines de Vallère et de Tourbillon, où Sedunum formait administrativement une civitas, puis devint municipe, pour rétrograder au rang de vicus sous l'empereur Dioclétien, mais sans que sa prospérité en souffrît. la fameuse inscription de l'hôtel de ville, datée de 377, première inscription chrétienne de Suisse, prouve le contraire, puisqu'elle loue le magistrat Asclépodote d'avoir remplacé quelque édifice impérial par une construction plus somptueuse. Placé sur la route d'Italie, Sion ne cesse de recueillir un fort mouvement de marchands et de militaires.

Avec les invasions barbares, l'état social se modifie. La vassalité puis la féodalité entrent dans les moeurs. L'évêque du Valais, abandonnant son siège d'Octodure par crainte des barbares et des inondations de la Dranse, se fixe à Sion en l'an 580, et construit sur le roc l'église qui devait devenir la collégiale de Valère. Nanti dès 999 d'une donation régulière de l'empereur Rodolphe III de Bourgogne, qui le rend maître du Comté du Valais, de la Furka à Martigny, et fait de Sion une ville impériale, l'évêque pourvoit à sa sécurité et à son embellissement, en élevant l'enceinte fortifiée et la cathédrale. L'enchevêtrement de ses territoires avec ceux des comtes de Savoie, maîtres du Bas-Valais, entretenait toutefois un perpétuel état de querelle, qui plus d'une fois se solda par la guerre.

Sur la ville divisée alors en quatre quartier: La Citta, Malacort, Pratifori et Claviney, l'évêque assisté d'un major, d'un vidame, d'un sautier et d'un métral résidant à la Majorie, exerçait de son palais un pouvoir d'abord discrétionnaire sur une population trop profondément divisée en nobles, vilains et serfs pour faire oeuvre de politique commune.

Mais avec le temps, l'évêque fut contraint par les besoins de guerre à céder mainte prérogative à ses Sédunois, notamment le droit de marché, dont ils firent grand profit. En 1269 déjà, douze citoyens étaient nommés pour administrer la "communitas". La commune de Sion était née.

Pillé et saccagé à mainte reprise, assiégé enfin par les Savoyards, en 1475, Sion se vit délivré par les troupes confédérées après un farouche combat à la Planta. Le Bas-Valais forma le prix de la victoire, et par ainsi le Valais retrouva son unité politique et géographique et Sion sa place de chef-lieu.

De 1475 à la Révolution de 1789, Sion ne cesse de voir les prérogatives de son évêque grignotées par l'intrigue et des entreprises malheureuses au profit des Dizains. Il connaît une heure de gloire le jour où son évêque Mathieu Schiner (1516 à 1522) coiffe le chapeau de cardinal et conduit ses vaillants Valaisans au secours du Pape. Après la Révolution enfin, Bonaparte se rend maître du Valais qu'il constitue en Département du Simplon afin de tenir la fameuse route d'Italie sous son contrôle direct. La maison de son ambassadeur Châteaubriand, le bel hôtel de la rue de Lausanne, attend néanmoins toujours son hôte.

L'histoire de Sion, brièvement dessinée ici, a laissé partout dans la cité des traces visibles de ses vicissitudes, elle demeure à fleur du sol, où le voyageur curieux n'a point de peine à la retrouver.

 

http://www.siontourism.ch/index.cfm?Page=Buildpage&mainmenuid=123&sousmenuid=0&soussousmenuid=0&locationid=73

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sion
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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 22:13
La résistance
 
Au moment où s’affirmait ainsi la volonté de résistance de l’Armée représentée par le corps de ses officiers supérieurs, la cause d’un malaise passager, susceptible de porter atteinte au moral de la troupe et à la confiance du pays, avait été effacée dans des circonstances que je rapporterai brièvement :
Au début de 1940, l’Office central chargé de la lutte contre les menées visant la sécurité de l’Etat, informait la Section de police du Service territorial qu’il existait des listes d’officiers suspects de professer des opinions extrémistes, dangereuses pour l’Armée. Leurs attaches avec les « ligues » ou « fronts » étaient connues ou probables. Ces listes furent remises à la Section de police par les polices communales, cantonales et fédérales. Mais les organes de l’Armée ne purent établir de rapports précis d’après ces listes établies à la hâte et qui s’étendaient aux diverses régions du pays.
Comme aucune mesure, soit policière soit juridique, ne pouvait être appliquée pour tirer les choses au clair, je prescrivis, par ordre secret du 10 mai 1940, d’ouvrir des enquêtes sur les officiers suspects d’appartenir à ces mouvements. Destiné au Chef de l’Etat-major Général de l’Armée, aux commandants de corps d’armée, au Commandant de l’aviation et de la D.C.A., aux chefs d’arme et chefs de service de l’Etat-major de l’Armée, l’ordre était accompagné de listes et de renseignements touchant les suspects. Les destinataires, responsables de l’enquête, devaient veiller à ce qu’elle fût menée par le supérieur directe de l’officier visé, qui procéderait lui-même à l’interrogatoire, en l’informant que l’enquête se fondait sur des indications de la Section de police de l’Etat-major de l’Armée. On exposerait à l’officier suspect que ce n’était pas seulement dans l’intérêt du pays, mais aussi dans son propre intérêt, qu’il importait de tirer son cas au clair. Un rapport final, accompagné des procès-verbaux d’enquête, devait comporter une appréciation sur l’officier – appréciation basé sur le résultat de l’enquête et précisant si, oui ou non, celui-ci était encore digne de conserver sa situation dans l’Armée.
Sur la liste, qui comptait 124 noms, figuraient 11 officiers supérieurs, 14 capitaines et 16 officiers subalternes dits « frontistes » ; 12 officiers supérieurs, 17 capitaines et 54 officiers subalternes dits « nationaux-socialistes » ou « fascistes ».
L’enquête, ainsi qu’on l’espérait, donna un résultat réconfortant. En vertu des propositions faites par les supérieurs directs et par les commandants d’unité d’armée, les noms de sept officier seulement furent retenus. Trois cas furent déférés aux tribunaux militaires ; dans quatre autres cas, on procéda à des mesures spéciales de mise à disposition.
Quant aux 117 autres officiers qui figuraient sur les listes, je les informai, par mon ordre du 24 juin 1940, de la clôture de l’enquête et je leur témoignai ma confiance ainsi que celle de leurs supérieurs.
La majorité des officiers visés comprirent l’objet de l’enquête. Elle permit de constater, comme il ressort clairement des procès-verbaux et des rapports des supérieurs de tout grade, le sentiment très élevé de l’honneur militaire qui régnait dans toutes les classes d’âge, à tous les grades et dans toutes les armes. Ceux qui étaient visés se soumirent à l’enquête en « soldats » et donnèrent franchement les indications qu’on leur demandait sur leurs opinions politiques. Ils eurent, dès lors, latitude de recourir contre toute nouvelle enquête dénuée de fondement.
Le maintien de la confiance, de la discipline et du renom de l’Armée avait rendu cette mesure nécessaire, si pénible qu’elle fût. L’enquête, qui ne dépassait pas le cadre des officiers, était une mesure extraordinaire ; elle ne pouvait pas se répéter. Lorsqu’en avril 1944, le Chef du Département militaire me demanda d’entreprendre une « épuration » dans l’Armée, je n’estimai pas qu’il eût lieu de donner suite à cette demande : elle découlait surtout d’un débat, aux Chambres fédérales, sur le cas d’un officier supérieur condamné pour trahison. Une mesure générale s’appliquant à toute l’Armée, et en particulier au corps des officiers, ne me semblait pas justifiée par ce cas heureusement isolé.
Il fallut prendre encore, dans la suite, contre quelques officiers dits « frontistes », certaines mesures particulières, mais qui se fondaient aussi sur d’autres raisons. Je puis dire que l’Armée, dans son ensemble, comme chacun de ses membres en particulier, s’est abstenue de toute politique, au sens où son devoir le lui interdisait et conformément aux instructions que j’avais données.
 
Je rappellerai encore une certaine « Ligue d’officiers » qui fit parler d’elle en 1940. son objet était, en somme, louable : inquiets, au lendemain de la défaite française, de voir les progrès que le défaitisme pouvait faire dans l’Armée et dans la population, quelques officiers, appartenant pour la plupart à l’Etat-major Général, s’étaient réunis pour échanger leurs appréhensions ; ils craignaient que la volonté de résistance du gouvernement et du peuple suisse ne fléchissent sous l’effet des victoires allemandes. Ils firent « boule de neige » : 37 officiers cherchèrent à créer une organisation qui affirmerait ou confirmerait la volonté de résistance totale de l’Armée envers et contre tous, et qui soutiendrait le Commandement de l’Armée s’il était soumis à quelque pression. Bien que ces officiers se fussent préparés à agir dans l’esprit des ordres d’armée qui prescrivaient de se défendre « en toutes circonstances », il fallut ouvrir contre eux une « enquête en complément de preuves » et prononcer, contre huit officiers, des peines disciplinaires allant de quinze jours d’arrêts de rigueur à la « réprimande écrite », puisqu’ils avaient contrevenu à l’ordre et à la discipline militaires en vertu de l’article 180 du Code pénal militaire. Les autres ne furent pas punis.
Je tiens à remarquer toutefois qu’au cas où la volonté de résistance aurait cédé sous une pression de l’étranger, ces officiers, en refusant d’obéir, n’auraient pas été seulement dans leur droit ; ils auraient accompli leur devoir, qui est celui de tout soldat. ils avaient eu le tort d’agir en secret ; l’eussent-ils fait ouvertement qu’ils n’auraient pas fait l’objet de sanctions.
Rapport du général Guisan 1946
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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 20:15
 
Le Commandant en Chef de l’Armée.
Quartier Général
De l’Armée,
Le 12 juillet 1940
 
SECRET
 
Note concernant le nouveau dispositif de défense.
 
I. Par sa lettre du 2.7.40, le Conseil fédéral m’a confirmé ses instructions du 31.8.39 : « sauvegarder l’indépendance du Pays et maintenir l’intégrité du territoire en mettant en œuvre tous les moyens militaires appropriés ».
Le dispositif que j’ai appliqué pendant la première phase de la guerre visait à défendre la plus grande partie du territoire national. Il comportait deux échelons :
 
-          les troupes frontière, appuyées à des fortifications permanentes et de campagne, et résistant sur place ;
-          la position d’armée, sur laquelle s’exerçait l’effort principal de la défense, et que tenaient, sans esprit de recul, les gros de nos forces.
 
Le tracé de cette position était jalonné généralement par Sargans – Wallensee - Canal de la Linth -Lac de Zurich – Limmat – Jura argovien, bâlois, bernois et neuchâtelois – lac de Neuchâtel – Mentue – Lac Léman.
En cas d’agression d’un des belligérants, je pouvais escompter qu’une aide nous serait apportée, automatiquement, par son adversaire, et que notre capacité de défense s’en trouverait renforcée et prolongée.
 
II. Cette situation s’est modifiée progressivement à la suite de la diminution et de l’effondrement de la résistance française, puis de l’entrée en scène de l’Italie aux côtés de l’Allemagne.
Dès lors, ce n’était plus sur un ou deux fronts que nous risquions d’être attaqués, mais sur tous les fronts, et ceci d’autant plus que la saison autorisait les opérations en haute montagne.
Enfin, nous ne pouvions plus compter sur l’aide d’un allié éventuel.
Aux besoins de la situation nouvelle a répondu la re-mobilisation du 11 mai, puis un remaniement de notre dispositif qui s’est traduit par l’extension progressive de notre effort défensif à des fronts nouveaux en réponse au développement de la menace.
 
III. La signature de l’armistice est venue, une fois de plus, modifier la situation extérieure. Celle-ci m’inspire aujourd’hui l’appréciation suivante :
Si, d’une part, l’Allemagne et l’Italie n’ont pas intérêt à provoquer de nouveau conflits aussi longtemps qu’elles ne sont pas venues à bout de la résistance anglaise, d’autre part, les voies de communication directes qui traversent nos Alpes présentent, pour la première de ces puissances en tout cas, un intérêt indiscutable. Celle-ci pourrait donc être amenée à exercer sur la Suisse une pression économique, politique et même militaire, pour obtenir libre usage de ces voies de communications.
Ainsi, les exigences allemandes pourraient, tôt ou tard, devenir telles qu’elles seraient inconciliables avec notre indépendance et notre honneur national. La Suisse ne parviendra à échapper à la menace d’une attaque allemande directe que si le haut commandement allemand, dans ses calculs, considère qu’une guerre contre nous serait longue et coûteuse, qu’elle ranimerait, inutilement ou dangereusement, un foyer de luttes au centre de l’Europe et gênerait l’exécution de ses plans.
Dès lors, l’objet et le principe de notre défense nationale sont de démontrer à nos voisins que cette guerre serait une entreprise longue et coûteuse. Si nous devons être entraînés dans la lutte, il s’agira de vendre notre peau aussi chère que possible.
 
IV. À cette appréciation nouvelle, dans le cadre d’une mission inchangée, correspondent des décisions nouvelles.
Une démobilisation partielle a été effectuée le 7 juillet. J’estime que des mesures de démobilisation plus complètes ne sauraient être envisagées pour le moment, sauf en ce qui concerne une partie des troupes légères, dont les chevaux doivent revenir à l’agriculture pour le temps des moissons.
L’articulation de notre dispositif de défense en deux échelons – troupes frontières et position d’armée – est-elle encore justifiée ?
-          troupes frontière : sans aucun doute ; leur valeur s’est accrue au cours des mois de service actif en même temps que leurs travaux de fortifications se sont développés.
-          Position d’armée : elle offre deux avantages principaux : - elle couvrent une partie essentielle du territoire national, avec les ressources qui s’y trouvent ;
-          Elle comprend de solides organisations, maintenant presque achevées, et pour lesquelles d’importantes dépenses ont été consenties.
En revanche, telle qu’elle était conçue et occupée jusqu’ici, cette position présentait des inconvénients et des risques. La nécessité de parer à une attaque sur tous les fronts à la fois m’impose une nouvelle répartition des moyens, qui implique une diminution de la densité d’occupation.
De plus, en présence des méthodes de combats modernes, et, notamment, des engins blindés, notre position d’armée risquait d’être prise à revers ; si j’y concentrais le gros de nos moyens, même avec une densité moindre, leur action risquait de se trouver compromise par l’effet d’une menace ou d’une irruption sur ses flancs ou ses arrières.
 
V. J’ai pris la décision suivante : la défense du territoire s’organisera suivant un principe nouveau, celui de l’échelonnement en profondeur.
A cet effet, j’ai institué trois échelons de résistance principaux, complétés par un système intermédiaire de points d’appui.
Les trois échelons de résistance seront :
-          les troupes frontières, qui conserveront leur dispositif actuel ;
-          une position avancée ou de couverture, qui utilisera le tracé de la position d’armée actuelle entre le lac de Zurich et le massif du Gempen et qui se prolongera par un front ouest, jalonné généralement par le Jura bernois et neuchâtelois – Morat – la Sarine jusqu’à la trouée de Bulle ;
-          une position des Alpes ou réduit national qui sera flanquée, à l’est, à l’ouest et au sud, par les forteresses, englobées, de Sargans, de St-Maurice et du Gotthard.
 
Les missions dévolues à ces trois échelons de résistance seront les suivantes :
-          celle des troupes frontières sera maintenue ;
-          la position avancée ou de couverture barrera les axes de pénétration vers l’intérieur du pays ;
-          les troupes de la position des Alpes, ou réduit national, tiendront, sans esprit de recul, avec des approvisionnements constitués pour une durée maximum.
 
Entre ces trois échelons, le système défensif intermédiaire comportera des points d’appui de défense antichars, constituant autant de réduits ou de nids de résistance, gardés sur tous les fronts. Leurs méthodes de combats s’inspireront de celles de la guérilla, ainsi que des plus récents enseignements de la guerre.
En cas d’irruption de blindés à l’intérieur de nos positions, la défense antichars devra être assumée ou reprise à n’importe quelle profondeur, avec la même efficacité et la même rapidité.
En plus de ces points d’appui, le système de défense intermédiaire comportera un jeu profond de destructions, qui sera complété dans la zone comprise entre la position de couverture et le réduit national.
Cette défense intermédiaire sera dévolue, suivant les zones :
-          à des détachements légers ;
-          à des troupes territoriales mobilisant dans la région et agissant en coopération avec les gardes locales.
 
VI. Ce nouveau dispositif de défense aura pour conséquence inévitable le maintien sur place de la population civile. Des évacuations partielles pourront, sans doute, être ordonnées par le commandement local suivant les circonstances.
Mais il importe avant tout que la population ne reflue, en aucun cas, vers le réduit national, où elle compromettrait le succès des opérations et ne disposerait pas d’approvisionnement suffisants.
 
VII. La mise en œuvre du nouveau dispositif comportera diverses opérations :
-          regroupement partiel des internés ;
-          regroupement simultané des unités d’armée dans les zones avoisinant le réduit national, où l’instruction sera entreprise selon les enseignements les plus récents ;
-          regroupement des troupes destinées à la position de couverture ;
-          travaux de fortification sur la position du réduit national.
 
VIII. Le nouveau dispositif pourra être achevé au début du mois d’août.
En dépit des difficultés que cette opération comporte, toutes mesures utiles seront prises pour assurer la continuité de la défense pendant cette période de regroupement.
 
Le Général :
Signé : GUISAN.
 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Guisan
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