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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 14:50
Survole d’une situation complexe qui n’a pas fini de se modifier avec l’arrivée de l’Islam.
 
Bâle, où le concile de Constance s’était transféré en 1431, et où il avait siégé jusqu’en 1449, possédait depuis 1460 une université à laquelle Erasme de Rotterdam donna, au début du XVIe siècle, un très grand lustre. La ville rhénane est alors un centre d’humanisme et de culture. Les imprimeurs y sont fort nombreux. Jean Froben est le plus célèbre. De ses presses sortent des classiques grecs et latins remarquables par leur clarté, la qualité rarement dépassée depuis de leurs caractères et de leur mise en pages. Ces imprimeurs font vivre peintres et graveurs. Hans Holbein le jeune est du nombre. Bâle. À juste titre, le considère comme sien, bien qu’il ait passé en Angleterre la dernière partie de sa vie.
Dans ce milieu de savants, d’humanistes, d’imprimeurs, d’artistes, les esprits audacieux et novateurs abondent. Aussi la Réforme ne tarde-t-elle pas à triompher (1524).
Zurich avait précédé Bâle. Son réformateur, Ulrich Zwingli, est un enfant de l’Alpe. On peut voir encore à Wildhaus, dans le Toggenbourg (Saint-Gall), le chalet où il est né. Sa prédication et son enseignement, qu’animent une sève populaire et de profonds accents d’authenticité, sont à l’origine d’une des branches de la Réforme, plus radicale que le luthérisme, moins hautement intellectuelle que le calvinisme, mais d’une égale ferveur, d’une égale austérité.
Après Zurich et Bâle, Berne, Glaris, Saint-Gall, Schaffhouse, Soleure, Neuchâtel passent à la Réforme. La conquête du Pays de Vaud par les Bernois assure son triomphe définitif à Lausanne et à Genève, ville qui devait l’emporter sur toutes les autres par le prestige du chef de son école : Jean Calvin.
Fribourg, cependant, et Lucerne résistent ; Soleure revient à l’ancienne foi ; les cantons alpestres, ceux de la Suisse centrale en particulier, restent catholiques. C’est aussi le cas du Valais, alors pays allié des Confédérés, et du Tessin, qui leur appartenait. La religion des sujets étant celle des seigneurs, la carte confessionnelle de la Suisse est bientôt d’une extraordinaire complexité. Territoires protestants et catholiques sont enchevêtrés. Les frontières des confessions ne coïncident heureusement pas avec celles des langues. Il y a des protestants en Suisse romande (Genève, Vaud, Neuchâtel), mais aussi des catholiques (Fribourg, Valais) ; si le Tessin est catholique, deux vallées italiennes des Grisons, celles de Poschiavo et de Bregaglia, sont réformées – ce sont même les seuls territoires de langue italienne où le protestantisme se soit maintenu de la Réforme à nos jours. Les Rhéto-romanches sont eux aussi divisés : l’Engadine est en majorité protestante, la vallée du Rhin en majorité catholique. Quant à la Suisse allemande, c’est une vraie mosaïque confessionnelle. Dans l’ensemble, toutefois, on notera que la plupart des villes et des régions évoluées du Plateau ont passé à la foi nouvelle, tandis que la Suisse alpestre, économiquement moins développée, à peine urbanisée, plus traditionaliste, est restée fidèle à l’Eglise romaine. Les protestants ont pour eux le nombre, la richesse, les grandes villes ; mais ils sont en minorité à la Diète, où chaque canton a deux voix. Ce déséquilibre est une des causes des guerres de religion qui se prolongeront jusqu’au début du XVIIIe siècle, sans apporter de changements notables. De nos jours, en revanche, les migrations intérieures et l’afflux vers les villes ont sensiblement modifié la carte confessionnelle de la Suisse : il y a plus de catholique à Zurich et à Genève qu’à Lucerne ou Fribourg.
 
Pour le Valais d’aujourd’hui, l’Islam est la deuxième religion derrière le catholicisme et devant le protestantisme.
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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 13:38
Le Valais

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Des quatre évêques bénéficiaires des largesses du roi de Bourgogne, seul l’évêque de Sion exerça une autorité temporelle sur un comté carolingien, et encore seulement sur la partie haute du Valais, de langue allemande, plus deux enclaves dans le Bas-Valais : Matrigny et Ardon – Chamoson. Après des luttes qui s’achevèrent en 1392, la Morge de Conthey fit limite entre la principauté ecclésiastique et le domaine de la Maison de Savoie, qui exerçait les droits comtaux sur son patrimoine. Pour affirmer son pouvoir territorial, l’évêque prit le titre de comte et préfet du Valais, rattachant ainsi son autorité à l’Empire d’Occident par une prétendue donation de Charlemagne à Saint Théodule (ancien évêque qui occupa le siège de Sion sous Charlemagne). Cette donation mythique dénommée la « Caroline » fut d’abord invoquée par l’évêque contre les prétentions de la Maison de Savoie au vicariat impérial puis devint, par la suite, aux yeux des patriotes, le symbole à détruire du pouvoir épiscopal.
L’évêque de Sion eut à lutter comme celui de Lausanne contre l’avouerie impériale accordée aux Zaehringen, mais Berthold la céda, en 1157, à son beau-frère Humbert III, comte de Savoie. La Maison de Savoie en fut dépouillée peu après, en 1189, par l’empereur Henri VI sans que, pour autant, les comtes de Savoie cessent de conférer les régales à l’évêque. Pour l’investiture des régales, l’évêque devait remettre trois vases de cristal et un mulet blanc ferré d’argent aux quatre pieds.
Par la suite, la Maison de Savoie intervint dans les affaires de l’évêché à des titres divers : comme bailli épiscopal et comme vicaire impérial (12 mai 1363).
L’évêque eut à combattre les grands seigneurs du pays, en partie la famille de la Tour, qui tenait en fief la majorie de Sion et avait de nombreuses seigneuries tant dans le Haut que dans le Bas-Valais et même au nord des Alpes, Ayent, Conthey, Nendaz, Niedergesteln et le Loetschenthal. En 1294, près de Loèche, l’évêque battit les féodaux commandés par Pierre de la Tour. Un nouveau soulèvement des seigneurs, en 1318, assistés d’Oberlandais, sous la conduite de Jean de la Tour, fut écrasé, ce qui n’empêchait pas un de la Tour d’occuper le siège épiscopal.
Dans sa lutte contre les grands seigneurs, l’évêque recourut à l’aide des milices paysannes. Les communes prirent de ce fait conscience de leur force. L’assemblée générale du pays épiscopal est mentionnée pour la première fois en 1339. L’évêque Guichard Tavelli voulut contraindre les communautés de Mörel, Ernen et Conches à participer au paiement d’une indemnité qu’il devait au Comte Vert à la suite de la renonciation d’Amédée VI aux fonctions de bailli de l’évêque. Mal lui en prit : il est assailli et blessé à Ernen et détenu pendant huit semaines. La convention de Münster du 4 janvier 1362 libéra les communes de la contribution. Comte Vert est Amédée VI
Guichard Tavelli réussit à réunir la majorie à la manse épiscopale, le 15 janvier 1373, et, dès lors, fit sa résidence au château de la Majorie. Mais, deux ans plus tard, il est assassiné dans son jardin, le soir du 8 août 1375. Les « patriotes » de Conches, Brigue, Loèche, Sierre et Sion, les cinq communautés qui allaient devenir les cinq dizains de l’Etat du Valais, prennent les armes, et, à Saint-Léonard, battent les nobles. Les seigneurs bernois appelés par Antoine de la Tour sont écrasés par les Sédunois à Arbaz. C’est avec l’exil d’Antoine de la Tour, la fin de la plus grande famille seigneuriale du Valais.
Si, jusqu’alors, l’évêque et les communautés se trouvaient du même côté, il en fut différemment avec le règne de l’évêque Edouard de Savoie, tôt accusé de favoriser sa maison. Chassé du trône épiscopal, en 1376, il y fut replacé après le succès d’une grande expédition du Comte Rouge, avec l’appui de la noblesse et des milices vaudoises ainsi que de la Ville de Berne. La prise de Sion, sous les murs de laquelle Guillaume de Grandson fit chevalier son suzerain, fut suivie d’un traité (21 août 1384) selon lequel Martigny et Ardon – Chamoson furent cédés au comte de Savoie ainsi que toutes les possessions épiscopales en aval de la Morge de Conthey. Mais Edouard de Savoie, devenu odieux aux patriotes, fut transféré à l’archevêché de Tarentaise. Comte Rouge est Amédée VII
On était à l’époque du grand schisme d’Occident et deux évêques concurrents furent nommés par les papes de Rome et d’Avignon. Le Comte Rouge fit une nouvelle expédition dirigée spécialement contre la Maison de Rarogne, dont l’un des représentants avait été désigné par le pape de Rome. Le château de Rochefort emporté, la vallée d’Anniviers occupée, les quatre dizains supérieurs se soumettent. Un traité du 24 décembre 1392, soit un an après la mort du Comte Rouge, mit fin définitivement à la lutte des dizains contre la Savoie. La Morge de Conthey sépara définitivement les terres de l’évêque et celles du comte, bientôt duc de Savoie. Le règne d’Amédée VIII, prince plus diplomatique que guerrier, fut indemne de conflits importants avec le Valais.
 
Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, à l’instar de Pierre de Savoie au Pays de Vaud, l’évêque de Sion avait installé des châtelains, fonctionnaires révocables, qui se substituaient aux anciens fonctionnaires fieffés, seigneurs héréditaires. En contrepartie, les communautés de paysans prirent une importance croissante au cours de la lutte des évêques contre la haute noblesse, spécialement contre la Maison de la Tour. Ainsi se constitua, en Valais, comme dans le Pays de Vaud et à Lausanne, le Ständestaat, c'est-à-dire la double organisation, avec le prince et ses châtelains, d’une part, les vassaux et les communautés d’autre part ; la Diète constituait l’organe de liaison et d’affrontement, que présidait le Grand Bailli de l’Evêque. Mais, à la différence du Pays de Vaud, cet équilibre ne subsista pas.
 
w.-A. Liebeskind (L’Etat valaisan et Landesherr und Landschaft im alten Wallis) tient pour décisifs dans l’évolution de l’Etat du Valais le déclin de la haute noblesse dès le XIVe siècle et sa disparition comme ordre distinct, tandis que ses débris confondus avec les communiers fournissaient avec la noblesse de village (qui se caractérisait par l’habitat dans des tours de maçonnerie) des cadres militaires naturels aux communes groupées en dizains.
 
Cette évolution se précipita sous les évêques appartenant à la Maison de Rarogne (12 juillet 1402) la célèbre insurrection de la Mazze partie de Brigue, dirigée contre l’oncle de l’évêque et son bailli, Guichard de Rarogne, seigneur d’Anniviers, vit l’évêque fuir le Valais et se réfugier à Berne. Les Bernois et leurs alliés envahirent le Valais par le Grimsel et le Sanetsch mais furent battus à Ulrichen le 29 septembre 1419. Guillaume V de Rarogne avait été déposé par le Concile de Constance l’année précédente, de sorte qu’un arrangement, sous l’arbitrage du duc Amédée VIII et des archevêque et évêque de Tarentaise et de Lausanne, fut conclu à Evian le 7 février 1420. les dizains restituaient les biens de la Maison de Rarogne et devaient payer des indemnités à l’évêque et à Berne. Guillaume V de Rarogne ne reprit pas son siège épiscopal. Un administrateur de l’évêché le remplaça et lui succéda à sa mort en 1431.
C’est à cette époque que les communautés des dizains accèdent, dans leur généralité, à l’existence de droit public : lors de la répartition des biens de la Maison de la Tour, dont le tiers fut attribué à l’évêque et les deux-tiers aux communautés, celles-ci apposent pour la première fois leur sceau à côté du sceau épiscopal.
Par ce partage, les communautés deviennent elles-mêmes des seigneurs, en particulier du Lötschenthal, héritage de la Maison de la Tour. Dès 1435, les droits de justice criminelle leur sont reconnus. Non seulement les communautés élisent leur juge mais elles imposent à l’évêque leur participation à l’élection de ses officiers. Le 28 janvier 1446, c’est la justice civile et criminelle qui est enlevée à l’évêque Guillaume VI de Rarogne par articles de Naters. Il est vrai que ces articles de Naters furent révoqués par le successeur de Guillaume VI, l’évêque Henri III Asperlin, le 11 septembre 1454.
Le 7 septembre 1475, au début des guerres de Bourgogne, les VII dizains conclurent une alliance avec Berne. La Savoie prend les devants et attaque : une expédition dirigée par Pierre de Gruyère, seigneur du Châtelard (Montreux), parvient jusqu’à Sion mais est exterminée par les patriotes le 13 novembre 1475. C’est l’invasion du Valais savoyard jusqu’à Saint-Maurice. Cette ville est remise aux VII dizains par les Fribourgeois qui l’occupaient, le 16 mars 1476. Les Bas-Valaisans ne résistèrent sérieusement que dans les Vallées de Bagne et d’Entremont.
 
Le 31 décembre 1476, la Diète plaça le Bas-Valais sous la protection de l’évêque et des patriotes. Pour justifier cette occupation, l’évêque Walter Supersaxo et les dizains invoquèrent la Caroline et le patrimoine de saint Théodule. Martigny et Ardon – Chamoson qui, avant la paix de 1384 et 1392, appartenaient à l’évêque, ne furent pas réincorporées aux communautés du Haut-Valais et durent se contenter, comme les autres villes du Bas-Valais, de leurs franchises municipales sans aucune participation au gouvernement de l’Etat.
 
L’évêque Walter Supersaxo, mort le 7 juillet 1482, maintint avec énergie les droits du siège épiscopal. L’équilibre entre les droits de l’évêque et ceux des dizains fut à peu près maintenu durant son règne.
 
Jost de Silenen lui succéda. Il dut s’engager à désigner les châtelains du Bas-Valais parmi les patriotes. Bien que reconnu seigneur du Haut et du Bas-Valais, il dut admettre que tous les fiefs du Bas-Valais sauf Martigny, Ardon – Chamoson, Massongex et Isérables, appartenaient à l’ « Etat », savoir les VII dizains sous la présidence de l’évêque (mai 1490). Après une malheureuse campagne dans le val d’Ossola, l’évêque de Silenen est condamné à l’exil pour avoir fait verser le sang des Valaisans. Nicolas Schiner lui succéda le 27 avril 1496, mais résigna l’évêché en faveur de son neveu, le célèbre Mathieu Schiner, en septembre 1499.
L’opposition entre l’évêque et Georges Supersaxo marque le règne de Mathieu Schiner, bientôt cardinal. Supersaxo appartient, avec les dizains supérieurs, au parti français. L’évêque est l’homme du pape. Mathieu Schiner doit se réfugier à Rome où il revêt la pourpre le 20 mai 1511, avec le titre de l’église de Sainte-Pudentienne. Le diocèse de Sion est libéré de toute dépendance à l’égard de sa métropole de Tarentaise et, dès lors, dépend directement du Saint-Siège. Cette mesure fut d’abord limitée à la vie de Schiner.
 http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/paques/paques02/saints/063.htm
la lutte de l’évêque contre Georges Supersaxo se continua avec des péripéties diverses. Mathieu Schiner n’obtint pas condamnation de la diète d’Ernen. De Rome, il assigne ses adversaires, qu’il fait emprisonner au château Saint-Ange. Certains périssent par la main du bourreau pontifical. La participation du cardinal aux guerres d’Italie trouva son point culminant par la rupture de la paix de Gallarate, voulue par lui, qui provoqua la bataille de Marignan où il combattit, lance au poing, vêtu de la pourpre cardinalice. http://hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8893-1-2.php
la diète d’Ernen du 1er septembre 1517 l’exila jusqu’à la décision du Saint-Siège. L’évêque de Constance administra le diocèse. Un soulèvement des Bas-Valaisans en sa faveur est réprimé et ceux-ci doivent jurer obéissance aux « magnifiques seigneurs patriotes » du Haut-Valais.
Mathieu Schiner obtiendra encore de Charles Quint la confirmation de la fameuse et mythique « Caroline » le 28 février 1521. Il paraît encore à la bataille de la Bicoque, 22 avril 1522, et meurt le 30 septembre suivant.
Georges Supersaxo devient « curateur de la République ». l’élection du nouvel évêque Philippe de Platta ne fut pas confirmée par le pape qui, du fait de l’immédiateté accordée au diocèse de Sion, l’incorporait au concordat germanique et, de ce fait, attribuait au seul Saint-Siège la nomination de l’évêque.
Georges Supersaxo est à son tour victime de l’ostracisme de ses compatriotes. Il s’enfuit à Vevey en février 1529 où il meurt peu après.
La conquête du Pays de Vaud par la ville de Berne en 1536 se double de la conquête par les VII dizains de la châtellenie de Monthey. L’occupation s’étendit jusqu’à Evian et rejoignit l’occupation bernoise de Thonon. Monthey et le val d’Illiez restèrent acquis par la paix du 4 mars 1569, qui fixa la frontière entre la Savoie, recouvrée par le duc Emmanuel Philibert, et le Valais des VII dizains. Pour conserver Monthey et le val d’Illiez, on invoque à nouveau la Caroline et le patrimoine de saint Théodule.
Le déclin des droits de l’évêque et l’avènement des dizains à la souveraineté ne sont pas sans rapports avec les progrès de la Réforme en Valais et l’opposition de la diète au Saint-Siège. Le culte catholique cesse un temps à Saint-Maurice et à Loèche. Une communauté de réformés se constitue à Sion. La diète prend des décrets contre les Jésuites.
A la mort d’Adrien II de Riedmatten, le 7 octobre 1613, les dizains contraignent le chapitre à renoncer solennellement aux droits de souveraineté tirés de la Caroline. Le Grand Bailli, président de la Diète, serait investi des pouvoirs souverains, recevrait le serment de l’évêque élu et lui remettrait le Glaive et la Régale (15 octobre 1613).
L’évêque Hildebrand Jost, élu par la diète parmi les quatre candidats proposés pa le chapitre, confirma cette renonciation mais recourut à la fois au Saint-Siège et auprès de l’empereur Ferdinand II, qui lui confirma la possession des régales, mais sur la base plus sûre de la donation du roi de Bourgogne en 999. il quitta le Valais pour trouver appui à Lucerne et à Rome. C’est alors que le Grand Bailli et le vice-bailli s’installent au palais épiscopal et frappent de la monnaie aux armes de la République du Valais (janvier 1628).
Rentrant au pays, Hildebrand Jost passe le Grand-Saint-Bernard ;  il est convoqué à Sembrancher et, sous la menace, y signe une renonciation à la reconnaissance de l’empereur Ferdinand II. Le chapitre confirme cette renonciation et y ajoute celle de Charles Quint et de la Caroline. Le 9 janvier 1634, l’évêque et le chapitre reconnaissent la souveraineté des VII dizains. L’évêque conserve la présidence de la Diète, le droit de grâce et celui de nommer les notaires. Les titres de comte et préfet du Valais, prince du Saint-Empire romain, ne seront plus qu’un décor.
Si les évêques perdirent la substance de leur pouvoir, ils réussirent, en revanche, à l’aide des capucins et des Jésuites, à extirper du Valais entier la Réforme qui, selon P. Furrer, avait gagné un temps la moitié de la population. L’ignorance invraisemblable du clergé, dont une partie n’était même plus capable de dire la messe, avait facilité la propagation des idées nouvelles. La Contre-Réforme, avec, l’exclusion de l’hérésie, apportait une amélioration de la formation du clergé.
Les communes valaisannes devenues souveraines fondent leur pouvoir sur la conquête des armes sans chercher à la justifier par un titre juridique. En 1661, la République du Valais est reconnue par la France et les Etats protestants.
Finalement, un compromis fut conclu en 1752, mais l’évêque ne récupéra que la présidence honorifique de la République des VII dizains. C’est la Diète qui lui remet l’épée et les droits régaliens. Quant au chapitre des chanoines de Sion, il siège à la Diète comme un simple dizain. L’évêque et le chapitre conservèrent ce droit jusqu’en 1840.
Mais la Diète valaisanne n’est pas devenue pour autant une assemblée souveraine, comme le devinrent les Grands Conseils de Berne et de Fribourg. Toutes ses décisions ou recès (Abschied) sont prises ad referendum et soumises aux assemblées communales. A partir de la moitié du XVIIe siècle, les délibérations ont lieu dans l’assemblée de chaque dizain, mais les délégués des communes peuvent décider d’en référer à leurs commettants.
Ce système peut paraître inconcevable à un esprit moderne mais il ne fonctionnait pas si mal : le Grand Bailli récoltait les décisions des dizains et des communes qui, généralement, exprimaient un consensus général.
La souveraineté des communes des VII dizains s’étendait même au domaine spirituel : c’est d’elles que l’envoyé du diocèse au Concile de Trente, l’abbé de St-Maurice, reçut des instructions. Elles s’opposèrent pendant quatre-vingts ans à l’introduction du calendrier grégorien.
Les bourgeois de Sion avaient le privilège de confirmer les condamnations à mort sur l’ancien territoire de la République.
Quant au Valais romand, en aval de la Morge, conquis sur la Maison de Savoie, il conserva juridiquement sa condition antérieure et continua à jouir des franchises accordées par les princes savoyards, franchises communales, fiscales et personnelles. Mais, comme au Pays de Vaud sous MM. De Berne et de Fribourg, les Bas-Valaisans étaient privés, sous la domination des VII dizains, de l’accès aux hautes charges de l’Etat. Les Magnifiques Seigneurs Patriotes de la Diète leur envoyaient des châtelains et la bannière aux VII étoiles flottait sur leurs châteaux.
Pour la patrie souveraine du Valais, l’Etat avait évolué du comté carolingien ou rodolphien au Ständestaat, de celui-ci à la Confédération des VII dizains, ces derniers fédérant eux-mêmes les communes souveraines (Bundestaat). Pour le Valais romand, du Ständestaat, sous la Maison de Savoie, l’organisation étatique évolua vers la souveraineté collective des VII dizains, tendant à l’absolutisme, mais cependant limitée par les franchises locales. Le Haut-Valais n’était pas souverain dans son entier : certains dizains, rappelons-le, étaient seigneurs de contrées sujettes, tel le Lötschenthal.
Il faudrait encore mentionner l’Abbaye de St-Maurice, seigneurie ecclésiastique vassale des Magnifiques Seigneurs Patriotes des dizains, qui possédait la juridiction temporelle sur la commune protestante de Lavey, sous la suzeraineté de LL.EE. de Berne.
 
Cahiers de la Renaissance vaudoise 104
Marcel Regamey
La formation de l’état dans les six cantons romands de l’an mille à la révolution
1982
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31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 15:37
2007 fin août, on commémore les dix ans de la mort de Lady Di avec grand bruit. Une telle mort est toujours tragique, si bien que l’on peut facilement s’imaginer un tel battage et ferveur dans l’Europe entière pour les cas similaires ou encore plus cruel lorsque les personnes ainsi mortes sont connues et aimées de tous.
Plus particulièrement pour l’Autriche et la Belgique, qui virent l’assassinat d’une impératrice et la mort accidentel d'une reine. Les deux morts sont survenues en Suisse.
Le premier événement, le 10 septembre 1898 à Genève, l’assassinat de l’ImpératriceSissi.  Elle est assassinée à Genève, en sortant de l’hôtel Beau Rivage de Genève, par un anarchiste italien, Luigi Luccheni (26 ans) qui veut à tout prix tuer un prince européen. L'anarchiste se met alors en faction près de l'hôtel Beau-Rivage où l'impératrice est descendue. À 13h35, celle-ci sort au bras de sa dame de compagnie. Passant près du jeune homme, l'impératrice reçoit ce qu'elle croit être un coup de poing et trébuche. Le meurtrier, qui vient de la poignarder au moyen d'une lime (exposée à Vienne dans un musée dédié à l'impératrice), s'échappe mais est interpellé quelques mètres plus loin. L'impératrice tient quand même à prendre le bateau, ce qu'elle fait avec peine, perdant connaissance une fois à bord. En ouvrant son corsage, sa dame de compagnie observe un infime point rouge au dessus du sein gauche. Ramenée dans ses appartements, elle décède dans les bras de Fanny Mayer, l'épouse du propriétaire de l'hôtel.
Luigi Luccheni n'est pas allé bien loin. La police l'a arrêté, ou plutôt il s'est rendu, fièrement, disant, du moins c'est ce que l'on raconte, qu' " un anarchiste frappe une impératrice, pas une blanchisseuse ! "
Le 19 octobre 1910, mort de Luigi LUCCHENI (ou LUCHENI), (né le 22 avril 1873 à Paris).
Anarchiste, meurtrier de l'impératrice Elisabeth d'Autriche, (dite Sissi).
Abandonné dès sa naissance par une pauvre servante italienne, il se retrouve à l'hospice des Enfants Assistés, à Paris, avant d'être renvoyé en Italie, d'orphelinats en familles d'accueils. Plus tard, il effectue divers "petits boulots" avant de servir dans l'armée durant 3 ans 1/2. Mais se rendant bien compte que la société n'est pas faite pour les pauvres, il émigre en Suisse. C'est là qu'il y rencontrera les idées anarchistes.
Adepte de la propagande par le fait, il poignarde, le 10 septembre 1898, à l'aide d'une lime effilée, l'impératrice d'Autriche qui séjourne à Genève.
A son procès, le 12 novembre 1898, il se revendique anarchiste et dit avoir voulu tout d'abord tuer le duc d'Orléans, puis s'être décidé ensuite pour l'impératrice et frapper à travers elle "les persécuteurs des ouvriers". Condamné à la réclusion à perpétuité à l'âge de 25 ans, il mettra à profit la prison pour parfaire son éducation, puis se lancera ensuite dans la rédaction de ses mémoires. Lorsque celles-ci seront volées par des gardiens, Luigi se révoltera et subira des brimades, avant d'être retrouvé pendu dans sa cellule.
 
luccheni-l.jpgLuccheni Luigi140px-Elisabeth.jpg et Elisabeth d'Autriche dite Sissi












Le deuxième, moins connu est le décès accidentel de la reine Astrid de Suède, l’épouse du Roi Léopold III de Belgique.
 
Sur la route de Kussnacht
C'est en Suisse, où réside le couple royal, que se déroule le drame



BRUXELLES
Depuis le 31 juillet 1935, la famille royale est en vacances dans les Dolomites, au lac de Garde puis non loin du lac des Quatre- Cantons. Là, elle séjourne à Haslihorn, une villa blanche sans prétention. Comme Léopold et Astrid ont le projet de finir leurs vacances en se livrant à de longues ascensions dans les montagnes, leurs enfants rentrent à Laeken avant eux.
Quelques jours plus tard, ils reçoivent une lettre de leur gouvernante qui annonce notamment que «le prince de Liège se porte fort bien et il vient de faire ses premiers pas dans le parc». La Reine répond à Joséphine-Charlotte: «Tu as bien de la chance de voir, avant moi, Albert tenir tout seul sur ses petites jambes. Embrasse-le très fort de ma part.» Elle adresse une autre lettre à la comtesse du Roy de Blicquy pour lui demander de bien vouloir offrir en son nom à Baudouin la bicyclette qu'il a demandée pour son anniversaire, le 7 septembre. Cette lettre, le roi Baudouin la conservera pieusement: elle était pour lui l'ultime témoignage de la tendresse de sa mère.
Le lendemain matin, 29 août, les Souverains quittent Haslihorn pour gagner la haute montagne. Leur voiture décapotable Packard 120 est conduite par le Roi tandis que le chauffeur a pris place dans le spider. Ils traversent Lucerne. La Reine s'intéresse à l'itinéraire et a déployé une carte routière sur les genoux. Le long de la route court un petit parapet qui épouse ses courbes.
Astrid demande un renseignement. Léopold se penche sur la carte. L'auto appuie soudain vers la droite. La pluie a rendu l'asphalte glissant. La roue avant racle le muret interrompu par une brèche. La voiture monte sur les pierres. Le Roi tente de redresser et s'arc-boute au volant mais l'auto a déjà franchi le parapet. Elle effectue plusieurs tonneaux et s'en va heurter de plein fouet un arbre contre lequel Astrid, éjectée de son siège, se fracasse le crâne. La voiture continue sur sa lancée et dévale la pente du verger qui s'étend entre la route et le lac. Elle percute un autre arbre et le Roi est projeté à son tour sur l'herbe. Impuissant dans le spider, le chauffeur voit l'auto piquer du nez vers le lac et s'y enliser dans les roseaux de la rive.
Le Roi se relève. Sa joue et sa main droite saignent. Il éprouve de vives douleurs à la poitrine: une côte cassée. La Reine est morte sur le coup.
Le lendemain, à huit heures cinquante du matin, le train qui ramène le corps de la Reine en Belgique arrive à la gare du Luxembourg. Tout de noir vêtu, le bras en écharpe et un pansement sur la joue, Léopold III rentre au palais tandis que le corps d'Astrid est déposé dans la salle du Penseur transformée en chapelle ardente. Elle repose entourée de dahlias et d'hortensias, vêtue d'une longue robe blanche de soie ornée de violettes de Parme. Elle tient dans ses mains gantées un chapelet. Son visage est serein.
Texte tiré de DH dernière heure
 
Un petit sanctuaire, celui élevé à la suite du tragique accident du 29 août 1935 dans le verger où fut précipitée la voiture de la Reine Astrid, Reine de Belgique. Face à l’Astridkapelle (Chapelle de la Reine Astrid), une simple croix marque l’endroit où fut retrouvée la Reine, après le choc fatal contre l’arbre dont il ne reste plus aujourd’hui qu’une partie du tronc.
 
200px-Queen-Astid-and-King-Leopold-III-of-Belgium.jpgLe couple royal, Astrid et Léopold III 
astrid1.jpgAstrid de Suède medium-dscn0200-2.jpgLa Chappel de la reine Astrid
 
Pour l’une, une lime fut l’arme du Destin, pour l’autre, un arbre isolé au bord d’une route.
Si Sissi ignorait les signaux de danger que lui fournissaient les services de police de l’empire, et cela depuis longtemps, elle se sentait en sécurité en Suisse. Mais comment pouvait-on être si certain que la Suisse était si sûre ? Ne savait-on pas que les anarchistes étaient fort bien représentés en Suisse et qu’il était plus facile qu’ailleurs de constater l’écart qui séparait un puissant prince d’un ouvrier du temps. Et ne pouvait-on ignorer les révolutions qui se préparaient et le monde moderne et « égalitaire » qu’allait être le XXe siècle.
Pour Astrid, hélas, c’est la conjonction de deux facteurs antagonistes qui est la cause du drame. Une grosse et puissante voiture et des petites routes sinueuses de notre pays. Leur voiture décapotable, une Packard 120 est conduite par le Roi. En une seconde d’inattention et une bordure chevauchée et voilà le drame. 

GTell
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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 16:57
Berthe de Souabe dite La Filandière, (907-2 janvier 966) elle est la fille de Burchard II, duc de Souabe. En 922 elle épouse le roi de Bourgogne, Rodolphe II. Ils auront deux enfants, Conrad III dit le Pacifique et Adélaïde de Bourgogne
En 937 elle devient veuve, elle se remarie le 12 décembre 937 avec le roi d’Italie, Hugues d’Arles, (880-947)
Elle fut inhumée au prieuré de Peterlingen, aujourd’hui Payerne, qui fut fondé grâce aux dons qu’elle fit à sa fille l’impératrice Adélaïde de Bourgogne, qui épousa l’empereur Otton Ier du Saint Empire. 

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Donc, grâce aux dons de sa mère la reine Berthe de Souabe, l’impératrice Adélaïde de Bourgogne fait fonder le monastère de Payerne.
 
L’Abbatiale est d’origine clunisienne, elle possède un orgue très contemporain, (orgue Ahrend) particularité du clocher en forme de tors. (Une centaine en Europe) 

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Pour un complément d’informations, suivez le lien ci-dessous.
 
 
 Gtell
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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 14:37
Publier sous le titre de « La Suisse inconnue » une photographie de Königsfelden, c’est se moquer, semble-t-il, de tous nos lecteurs qui possèdent quelques notions d’histoire. Chacun sait que c’est là que fut assassiné Albert Ier,  empereur d’Allemagne, et chacun se souvient d’avoir aperçu en passant dans la région de Windisch, la flèche de l’église, et d’y avoir vu étinceler une couronne. (Si vous êtes passé par là !)  Mais interrogez vos connaissances, et vous serez peut-être étonnés de constater qu’il existe des habitués des routes argoviennes qui ne se sont jamais arrêtés à Königfelden, où resplendissent dans leur éclat primitif les plus beaux vitraux du moyen âge de notre territoire.
 
Königsfelden qui se trouve sur la route Bâle Zurich, mérite ce que les automobilistes appellent volontiers « une grosse perte de temps ».
 
La région du confluent de l’Aar, de la Reuss et de la Limmat est certes l’une des plus jolies du plateau suisse ; chaque position importante est marquée d’un château ou d’une ruine (Lenzbourg, Brunegg et Wildegg, Habsbourg, Auenstein, Biberstein et Wildenstein). Lorsqu’on descend du Bötzberg, le regard embrasse tout ce vaste paysage boisé ; au-dessus de la Habsbourg a de la peine à émerger des arbres malgré les créneaux qu’on a eu la gentillesse de lui reconstruire au siècle dernier.
Après avoir traversé le pont d’où la ville de Brugg tire son nom, on passe sous la « Tour noire » dont la base a été très probablement construite (comme d’autres châteaux et églises des environs) avec des pierres provenant de la cité romaine de Vindonissa, la capitale de l’Helvétie orientale, détruite par les Alamans au Ve siècle. Tous les restes romains mis à jour par des fouilles ont été réunis dans un musée local ; le grand amphithéâtre au sud-est de Brugg témoigne de l’importance de cette ancienne capitale (il contenait dans ses gradins 10 000 spectateurs).
 
L’église de Königsfelden
Dès que vous avez franchi le porche, vous êtes l’hôte des Habsbourg ; leurs tombeaux sont vides depuis que l’impératrice Marie-Thérèse a fait transporter les corps à St-Blasien dans la Forêt-Noire (1770), d’où ils ont passé plus tard en Autriche ; cela ne les empêche pas d’être partout présents dans cette église qui fut leur sanctuaire familial. Il faut sans doute chercher l’origine de cette illustre maison en Alsace et dans le Brisgau, mais c’est en Argovie qu’elle fonda sa puissance politique. Ce n’est que sous le Grand Rodolphe que le centre de gravité des possessions des Habsbourg tend à se déplacer vers l’est ; à l’ouest. Rodolphe agrandit son domaine par l’héritage des Kybourg et par des achats, mais il se heurte en Romandie à un puissant voisin, Pierre de Savoie, comme lui habile « assembleur de terres ». Bientôt ce sont également les Waldsaetten, puis les communes urbaines suisses qui, imbues de liberté, s’opposent victorieusement à la politique d’annexion et de domination des Habsbourg. Le choc décisif se produira à Sempach ; puis la dynastie abandonne ses vieilles terres d’Argovie (1415), un demi-siècle plus tard la Thurgovie ; et au moment où la maison prend le rang de grande puissance, elle perd ses dernières possessions en Suisse.
Le meurtre de l’empereur Albert, le 1er mai 1308, se place à l’époque où les Habsbourg étaient encore solidement établis sur notre sol, et où les ambitions les plus folles leur semblaient permis. Moins souple dans sa politique que son prédécesseur Rodolphe, Albert avait cependant continué son œuvre avec la même ténacité. Les conjurés de Windisch avaient des griefs personnels contre l’empereur, en particulier le duc Jean, son neveu, qui n’avait pas reçu sa part d’héritage, mais ils étaient aussi soutenus par d’autres mécontents. Albert chevauchait de Baden vers Rheinfelden, d’où son épouse était partie pour venir à sa rencontre, et il s’apprêtait à passer le pont de Brugg lorsqu’il fut assailli par le duc Jean et ses complices, et assassiné ; il paraît que la dernière croisée du cœur de l’église de Koenigsfelden se trouve au-dessus de l’endroit exact où il expira. Jean parvint à passer les Alpes, déguisé en moine ; la suite de sa vie est obscure ; peut-être est-il mort à Pise, dans un couvent d’Augustins, ou bien dans une prison de Henri VII. La vengeance fut effroyable. Elle ne frappa pas seulement les conjurés, comme ce Rodolphe de Wart, reconnu et pris en France, alors qu’il se rendait à Avignon pour implorer l’absolution papale, et qui fut traîné sur la place de Brugg derrière un cheval, puis agonisa pendant trois jours et trois nuits, sur la roue, dit-on, les membres brisés, tandis que son épouse priait auprès de lui ; les parents – souvent innocents – des meurtriers eurent également à subir les fureurs des Habsbourg ; on brûlait les châteaux, on massacrait les garnisons. Mais en même temps, Elisabeth, veuve d’Albert Ier, fonda le double couvent de Königsfelden, pour perpétuer le souvenir de l’empereur défunt. Des sœurs Clarisses (Les nonnes de l’ordre de St-François d’Assise) et des frères Franciscains devaient y élever des prières incessantes pour attirer la bénédiction divine sur la dynastie et effacer par leur piété la tache du crime. Plus rien ne subsiste des deux cloîtres gothiques, ni de la tour qui garnissait l’entrée du couvent (elle fut détruite vers 1870, on se demande pourquoi) ; le célèbre trésor fut fondu et transformé en monnaie par les bernois, lors de la Réforme, et la décoration détruite ; un autel se trouve maintenant au musée de Berne. Nous savons qu’en 1330, lorsque l’évêque de Constance consacra le chœur de Koenigsfelden à la Vierge Marie, cette église était un bijou d’une rare beauté.
Il reste heureusement l’essentiel : les vitraux du cœur. En pénétrant dans le chœur, nous nous trouvons soudain dans un monde à part où règnent de violentes couleurs, réunies en un équilibre dangereux par la main d’un artiste magicien ; il est difficile de résister à une sorte d’envoûtement qui suit l’éblouissement des premières secondes. Cela n’est pas un « effet sur commande » ; la vie des vitraux est mystérieuse, et ils sont sensibles au moindre changement de lumière ; un jour de grand soleil, ils vous ennuieront peut-être ; ils ne livrent les secrets de leur beauté que dans certaines conditions. Si vous avez la chance de les surprendre au soir d’une journée grise, alors que l’église est plutôt sombre, vous assisterez à des miracles de couleur. Bien sûr, nous ne sommes pas à Chartres ; mais ce que nous avons sous les yeux à Koenigsfelden, c’est ce que l’art du vitrail pouvait offrir de plus réussi au début du XIVe siècle. C’est encore une belle époque. Chaque morceau de verre est d’une seule couleur. Les fenêtres forment autant de mosaïques où les rouges, les verts, les violets et les jaunes sont ordonnés selon la loi de l’alternance, mais surtout selon les lois qu’impose à l’artiste sa sensibilité. On remarque, par exemple, cette alternance dans les fenêtres 10 et 11, qui se font face ; dans la première, le fond de chaque médaillon est bleu et l’extérieur rouge, dans la seconde, l’intérieur est rouge et l’extérieur bleu. Vers le fond du cœur une telle alternance eût rompu l’unité de l’ensemble, aussi les couleurs des fenêtres 2 et 3 sont elles symétriques. La composition est remarquable : jamais la fantaisie et le mouvement ne brisent l’harmonie d’une fenêtre ; et jamais la rigidité architecturale n’écrase le mouvement des figures. Ces mêmes vitraux qui ont grande allure de loin, vous révèleront une foule de détails charmants, si vous vous approchez... les attitudes sont solennelles, les gestes gauches ; le dessin est sobre, et jamais mièvre. Sur les 11 fenêtres, deux ont été presque complètement détruites (9 et 5) ; les parties restaurées portent toujours la date de l’exécution. Au pied de chaque fenêtre se trouvent des ducs et duchesses de Habsbourg, ou bien des groupes inattendus comme celui de la fenêtre n°1 où l’on voit trois personnages endormis : Noé sous la vigne, le patriarche Jessé et Adam pendant l’extraction de la côte.
Voilà, c’est un lieu à visité car chargé d’histoire.
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Texte tiré de « La Suisse inconnue » propositions de voyage. TCS 1941
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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 14:18
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Hé oui ! Voilà un billet (ancien) de Fr. 100.- SUISSE. Un Borromini comme on disait à l’époque. Pourquoi cet homme et pas un autre ? Le choix en revient à la BNS.
Aujourd’hui, en faisant une recherche sur Internet, Borromini nous semble un architecte de la Renaissance convainquant. Par contre, il faut se convaincre qu’il soit Suisse. Cependant, voici ce qu’en disait le « Dictionnaire Universel d’Histoire et de Géographie, Nouvelle édition, Paris. » Librairie de L. Hachette et Cie, janvier 1855.
 
Borromini (François), architecte italien, né à Bisonne dans le Milanais en 1599, fut élève de Maderno, et lui succéda dans la place d’architecte de St Pierre de Rome. Il renchérit sur le mauvais goût introduit par ce maître, donna dans les formes bizarres et entortillées, et créa un genre vicieux qui de son nom a été appelé borrominesco. Cependant on estime encore sa façade de l’église de Ste Agnès, sur la place Navone, à Rome, et le collège de la Propagande. Jaloux du Bernin et des autres architectes en réputation, il se livra, pour les surpasser, à des travaux excessifs, ce qui le fit tomber dans des accès d’hypocondrie au milieu desquels il se tua lui-même, 1677. Son œuvre a été publiée en 1727 à Rome. In-folio.
 
Voilà qui laisse à réfléchir sur le choix, de l’époque, de la BNS, pour un personnage faisant du Borrominesco et comment cela se fait-il qu’actuellement on ne dise pas que Borromini était un jaloux dépressif ?
 
GTell
 
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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 16:56
Séjours de Lénine en Suisse. Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine.
 
A la lecture de ce livre, « Séjours de Lénine en Suisse », il m’est apparu que Lénine c’est pas mal plût dans notre pays. Il y trouvât le terreau nécessaire pour enrichir ses idées et la facilité qu’il n’aurait pas eut dans d’autres pays plus regardant sur l’activité d’exilé tel que Lénine. D’autre part il rencontra beaucoup de patriotes russes exilés en Suisse et pouvait aussi rencontrer ceux des pays environnants qui ne pouvaient pas s’exprimer dans leur pays d’accueil respectif et ainsi ils purent faire imprimer un journal et avoir toutes commodités pour l’édition d’imprimés qu’ils ne trouvaient pas ailleurs.
Plus de sept années en Suisse
Il n’a pas été le seul russe à se réfugier dans l’Helvétie bucolique de cette fin du XIXe siècle et début du XXe. Avant lui, Bakounine (lire plus bas) à Saint-Imier, au cœur du Jura ouvrier, prônait la révolution, l’anarchie et parlait avec son adversaire Carl Marx de l’avenir du prolétariat. Association internationale des travailleurs, plus connu sous le nom de la « Première Internationale » eut plus d’une fois l’occasion d’organiser des congrès en Suisse ; Bâle, Genève, Lausanne et pour divers congrès international d’associations ouvrières à Clarens, Saint-Imier, Neuchâtel ou autres lieux dans nos montagnes. Les dernières années de Bakounine furent celles de Lugano et sa mort survenue à Berne, le 1er juillet 1876 où il fut enseveli deux jours plus tard. L’anarchiste était mort mais ses idées continuèrent à progresser partout en Europe.
Lénine n’est que l’un des exilés russes qui foisonnaient dans toute l’Europe à ce moment-là. La Suisse occupe une place importante dans l’action révolutionnaire de Lénine. Il vécut à Genève, à Berne, à Zurich, à Lausanne, visita Bâle, la Chaux de Fonds et beaucoup d’autres endroits. Vladimir Ilitch n’y vécut pas seulement en émigré préoccupé des intérêts de son peuple, mais fut aussi étroitement lié au mouvement social-démocrate européen et suisse. Son épouse et camarade, la grande militante du Parti communiste, Nadejda Constantinovna Kroupskaïa, se trouvait à tout moment à ses côtés.
Lénine se rendit pour la première fois à l’étranger en mai 1895. Il vint alors en Suisse, chargé par les marxistes de Pétersbourg d’établir la liaison avec le groupe « Libération du Travail » et pour étudier le mouvement ouvrier ouest-européen.
Il était donc en mission !
« Un parti, écrivait Lénine en 1910, qui travaille dans les conditions qui sont les nôtres a forcément, nécessairement besoin d’avoir une base à l’étranger. »
Les années passées par Lénine à Genève se situent dans le cadre de son action de créateur et de guide du Parti communiste, de chef du mouvement ouvrier de Russie, dans le cadre de son combat intransigeant et de principe contre le révisionnisme et l’opportunisme, du développement de la théorie marxiste. C’est en Suisse que Lénine publia Les tâches des sociaux-démocrates russes, Un pas en avant, deux pas en arrière, Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, qui posèrent les bases idéologiques, organisationnelles et tactiques du parti d’un type nouveau, assumant un lien indestructible entre la théorie et la pratique, réunissant le plus grand esprit de principe à la souplesse, d’un parti intransigeant envers l’opportunisme sous toutes ses formes. C’est là aussi que Lénine rédigea son principal ouvrage philosophique Matérialisme et empiriocriticisme. Ce fut une période caractérisée par la victoire du marxisme en tant qu’idéologie du mouvement ouvrier international et par la transformation de la Russie en centre de l’action révolutionnaire mondiale.
En Suisse, Lénine a écrit L’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916), La faillite de la IIe Internationale (mai-juin 1915), Le socialisme et la guerre (juillet-août 1915),  De la défaite de son propre gouvernement dans la guerre impérialiste (juillet 1915), A propos du mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe (août 1915), etc.
 
La mère de Nadejda Constantinovna, Elizavéta Vassilievna Kroupskaïa passa de longues années aux côtés de sa fille et de Lénine.  Elizavéta Vassilievna mourut à Berne au printemps 1915 et fut enterrée au cimetière de Bremgarten où un arbre fut planté là où les cendres furent ensevelies. En été 1969, les cendres d’ Elizavéta Vassilievna Kroupskaïa furent ramenées en URSS et ensevelies à Leningrad.
Nadejda Constantinovna fut longtemps malade dans l’émigration. La maladie de Basedow sous une forme aiguë ne reculait même pas devant une intervention chirurgicale effectuée en 1913, à Berne, par le célèbre Kocher.
A partir de février 1916, Vladimir Ilitch et sa femme habitent Zurich. Vladimir aime d’emblée les bibliothèques de cette ville et écrit à sa famille : « Nadia et moi sommes très contents de Zurich ; les bibliothèques sont bonnes ici… » C’est dans les bibliothèques de Zurich que furent préparés les ouvrages tels que L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, A propos de la brochure de Junius, Une caricature du marxisme et à propos de l’ « économisme impérialiste », Le programme militaire et la révolution prolétarienne et beaucoup d’autres. En automne de 1916 et au début de 1917, Lénine prend des notes, fait des résumés et des ébauches pour son ouvrage L’Etat et la révolution. Le livre fut écrit plus tard, mais le travail préparatoire se fit à Zurich.
Être révolutionnaire, être continuellement dans les écrits et la pensée qui le préoccupait, la révolution prolétaire, laissait peu de temps aux loisirs et même dans des moments dits de libertés il travaillait.
Lénine cherchait à se réserver le temps pour se familiariser avec une nouvelle contrée et sa nature. Il apprécia les lacs profonds de la Suisse, ses vertes vallées, ses torrents glacés et rapides, les sentiers des Hautes Alpes. « La nature est splendide ici », écrit-il en 1895 à sa mère. En Suisse, Lénine se reposait à chaque occasion dans les montagnes.
Kroupskaïa écrit dans ses mémoires : « A la fin de juin 1904, Vladimir Ilitch et moi partîmes sac au dos pour un mois, dans les montagnes, à l’aventure. Nous vécûmes une semaine à Lausanne, où nous reprîmes quelques forces, puis nous escaladâmes une hauteur au-dessus de Montreux, nous nous enfonçâmes dans des coins sauvages et perdus, où nous trouvâmes des bûcherons, qui nous indiquèrent comment rejoindre la route et où passer la nuit. Par Aigle, nous descendîmes dans la vallée du Rhône, nous passâmes à Bex-les-Bains, chez une de mes camarades d’école de cours, puis nous cheminâmes longtemps en longeant le Rhône, nous fîmes près de 70 verstes : ce fut la partie la plus fatigante du voyage. Enfin, par le Gemmipass nous parvîmes dans l’Oberland, nous fûmes au pied de la Jungfrau, puis, les jambes rompues et à bout de forces, nous nous installâmes à Iseltwald sur le Brienzersee, où nous demeurâmes près d’une semaine, avant de nous remettre en route et de regagner le Genevois par Interlaken et Simmental. »
 
A Zimmerwald.
Parce que Lénine et sa femme surtout, devaient se reposer, le nom d’un petit village de l’Oberland est connu dans le monde entier, Zimmerwald.
La Conférence socialiste de Zimmerwald fut convoquée sur l’initiative des socialistes italiens et suisses du 5 au 8 septembre 1915.
Le Manifeste proclamait que la guerre était une guerre impérialiste et accusait les leaders de la IIe Internationale qui avaient voté les crédits militaires. Le Manifeste de Zimmerwald appelait les ouvriers d’Europe à engager le combat contre la guerre, pour la paix sans annexions ni contributions. La Conférence de Zimmerwald marqua la renaissance de l’union internationale des forces du prolétariat mondial sur des bases révolutionnaires de classe, de rupture idéologique et pratique avec l’opportunisme et le social-chauvinisme.
 
Comme tous les bolcheviks, Lénine était membre du Parti social-démocrate suisse. Sa femme, Kroupskaïa disait de Lénine, « Ilitch s’est enfoncé jusqu’au cou dans les affaires suisses ».
Il demandait aux ouvriers suisses de soutenir et de continuer le ralliement international des sociaux-démocrates révolutionnaires qui a débuté à Zimmerwald.
Comme l’exploitation des ouvriers étrangers, spoliés de tous droits, s’intensifiait en Suisse, Lénine attirait leur attention sur la menace qu’il y avait de voir s’opposer « deux catégories d’ouvriers ».
1917. Avant de quitter son exile, Lénine fit deux conférences publiques : le 18 mars à La Chaux-de-Fonds et le 27 mars à Zurich.
Sa conférence, en français, La révolution russe suivra-t-elle le chemin de la Commune de Paris ? faite le 18 mars à La Chaux-de-Fonds, impressionna beaucoup son auditoire. Lénine y fit l’analyse de l’expérience de la dictature du prolétariat, développa ses pensées sur l’Etat et la révolution. La conférence du 27 mars, en allemand, à la Maison du peuple de Zurich sur La révolution russe, son importance et ses tâches découvrait toute la complexité de la situation en Russie, toute l’originalité du moment historique, les forces motrices de la révolution et les rapports des forces de classe. Elle développait l’idée de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile, expliquait la tactique révolutionnaire du prolétariat.
Le 9 avril 1917, à 15 heures 10, le train s’ébranle… Lénine va à la rencontre de son destin.
 
Citations et textes tirés de « Séjours de Lénine en Suisse » Agence de presse Novosti – Moscou
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le congrès de Saint-lmier.
 
 
Décidé au lendemain du congrès de La Haye (2-7 septembre 1872, au cours duquel une majorité marxiste fictive de l'AIT avait expulsé Bakounine et Guillaume, le congrès de Saint-Imier (15-16 septembre 1872) regroupa les fédérations de l'Internationale qui refusaient de reconnaître la politique autoritaire menée par Marx et le Conseil général de Londres.
 
Ce congrès n'était pas spécifiquement anarchiste et visait surtout à maintenir l'unité du mouvement ouvrier et de l'Internationale, compromise par les agissements de Marx.
Les résolutions adoptées n'en résument pas moins les points essentiels des principes au nom desquels Bakounine et ses amis s'étaient réunis contre les "autoritaires".
Véritable charte de " l'anarchisme ouvrier ", ces considérants voient dans l'organisation et la résistance de la classe ouvrière, produit de l'antagonisme entre travail et capital, le terrain d'action privilégié pour préparer l'émancipation du prolétariat.
 
 
 
Première résolution :
 
Attitude des Fédérations réunies en Congrès à Saint-lmier, en présence des résolutions du congrès de La Haye et du Conseil général :
Considérant que l'autonomie et l'indépendance des fédérations et sections ouvrières sont la première condition à l'émancipation des travailleurs ; que tout pouvoir législatif et réglementaire accordé aux Congrès serait une négation flagrante de cette autonomie et de cette liberté, le congrès dénie en principe le droit législatif à tous les congrès, mit généraux mit régionaux, ne leur reconnaissant d'autre mission que celle de mettre en présence les aspirations, besoins et idées du prolétariat des différentes localités ou pays, afin que leur harmonisation et leur unification s'y opèrent autant que possible.
Mais dans aucun cas la majorité d'un congrès quelconque ne pourra imposer ses résolutions à la minorité.
Considérant d'autre part que l'institution du Conseil général dans l'Internationale est, par sa nature même et fatalement, poussée à devenir une violation permanente de cette liberté qui doit être la base fondamentale de notre grande Association ; considérant que les actes du Conseil général de Londres qui vient d'être dissous, pendant. Ces trois dernières années, sont la preuve vivante du vice inhérent à cette institution ; que pour augmenter sa puissance d'abord très minime, il a eu recours aux intrigues, aux mensonges, aux calomnies les plus infâmes pour tenter de salir tous ceux qui ont osé le combattre ; que pour arriver à l'accomplissement final de ses vues, il a préparé de longue main le congrès de La Haye, dont la majorité, artificiellement organisée, n'a évidemment eu d'autre but que de faire triompher dans l'Internationale la domination d'un parti autoritaire, et que, pour atteindre ce but, elle n'a pas craint de fouler aux pieds toute décence et toute justice ; qu'un tel congrès ne peut pas être l'expression du prolétariat des pays qui s'y sont fait représenter : le congrès des délégués des fédérations espagnole, italienne, jurassienne, américaine et française, réuni à Saint-Imier, déclare repousser absolument toutes les résolutions du congrès de La Haye, et pour sauver et fortifier davantage l'unité de l'Internationale, les délégués ont jeté les bases d'un projet de pacte de solidarité entre ces fédérations.
 
Deuxième résolution
 
Pacte d'amitié, de solidarité et de défense mutuelle entre les fédérations libres :
" Considérant que la grande unité de l'Internationale est fondée non sur l'organisation artificielle, mais sur l'identité réelle des intérêts et des aspirations du prolétariat de tous les pays, les délégués réunis à ce congrès sont conclu, au nom de ces fédérations et section, et sauf leur acceptation et confirmation définitives, un pacte d'amitié, de solidarité et de défense mutuelle.
Ils proclament hautement que la conclusion de ce pacte a pour but principal le salut de cette grande unité de l'Internationale, que l'ambition du parti autoritaire a mis en danger.
 
Troisième résolution
 
Nature de l'action politique du prolétariat :
Considérant que vouloir imposer au prolétariat une ligne de conduite ou un programme politique uniforme, comme la voie unique qui puisse le conduire à son émancipation sociale, est une prétention aussi absurde que réactionnaire; que nul n'a le droit de priver les fédérations et sections autonomes du droit incontestable de déterminer elles-mêmes et suivre la ligne de conduite politique qu'elles croiront la meilleure, et que toute tentative semblable nous conduirait fatalement au plus révoltant dogmatisme ; que les aspirations du prolétariat ne peuvent avoir d'autre objet que l'établissement d'une organisation et d'une fédération économiques absolument libres, fondées sur le travail et l'égalité de tous et absolument indépendantes, de tout gouvernement politique, et que cette organisation et cette fédération ne peuvent être que le résultat de l'action spontanée du prolétariat lui-même, des corps de métier et des communes autonomes ;considérant que toute organisation de la domination au profit d'une classe et au détriment des masses, et que le prolétariat, s'il voulait s'emparer du pouvoir, deviendrait lui-même une classe dominante et exploiteuse : le congrès réuni à Saint-lmier déclare :
- 1) que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat ;
- 2) que toute organisation d'un pouvoir politique soi-disant provisoire et révolutionnaire pour amener cette destruction ne peut être qu'une tromperie de plus et serait aussi dangereuse pour le prolétariat que tous les gouvernements existant aujourd'hui ;
- 3) que, repoussant tout compromis pour arriver à l'accomplissement de la révolution sociale, les prolétaires de tous les pays doivent établir, en dehors de toute politique bourgeoise, la solidarité de l'action révolutionnaire.
 
Quatrième résolution
 
Organisation de la résistance du travail
- Statistiques : La liberté et le travail sont la base de la morale, de la force, de la vie et de la richesse de l'avenir. Mais le travail, s'il n'est pas librement organisé, devient oppressif et improductif pour le travailleur ; et c'est pour cela que l'organisation du travail est la condition indispensable de la véritable et complète émancipation de l'ouvrier.
Cependant, le travail ne peut s'exercer librement sans la possession des matières premières et de tout le capital social, et ne peut s'organiser si l'ouvrier, s'émancipant de la tyrannie politique et économique, ne conquiert le droit de se développer complètement dans toutes ses facultés.
Tout Etat, c'est-à-dire tout gouvernement et toute administration des masses populaires, de haut en bas, étant nécessairement fondé sur la bureaucratie, sur les armées, sur l'espionnage, sur le clergé, ne pourra jamais établir la société organisée sur le travail et sur la justice, puisque par la nature même de son organisme, il est poussé fatalement à opprimer celui-là et à nier celle-ci. Suivant nous, l'ouvrier ne pourra jamais s'émanciper de l'oppression séculaire, si à ce corps absorbant et démoralisateur, il ne substitue la libre fédération de tous les groupes producteurs fondés sur la solidarité et sur l'égalité.
En effet, en plusieurs endroits déjà on a tenté d'organiser le travail pour améliorer la condition du prolétariat, mais la moindre amélioration a bientôt été absorbée par la classe privilégiée qui tente continuellement sans frein et sans limite, d'exploiter la classe ouvrière. Cependant, l'avantage de cette organisation est tel que, même dans l'état actuel des choses, on ne saurait y renoncer.
Elle fait fraterniser toujours davantage le prolétariat dans la communauté des intérêts, elle l'exerce à la vie collective, elle le prépare pour la lutte suprême.
Bien plus, l'organisation libre et spontanée du travail étant celle qui doit se substituer à l'organisme privilégié et autoritaire de l'Etat politique, sera, une fois établie, la garantie permanente du maintien de l'organisme économique contre l'organisme politique.
Par conséquent, laissant à la pratique de la révolution sociale les détails de l'organisation positive, nous entendons organiser et solidariser la résistance sur une large échelle. La grève est pour nous un moyen précieux de lutte, mais nous ne nous faisons aucune illusion sur ses résultats économiques. Nous l'acceptons comme un produit de l'antagonisme entre le travail et le capital, ayant nécessairement pour conséquence de rendre les ouvriers de plus en plus conscients de l'abîme qui existe entre la bourgeoisie et le prolétariat, de fortifier l'organisation des travailleurs, et de préparer, par le fait des simples lunes économiques, le prolétariat à la grande lutte révolutionnaire et définitive qui, détruisant tout privilège et toute distinction de classe, donnera à l'ouvrier le droit de jouir du produit intégral de son travail, et par là les moyens de développer dans la collectivité toute sa force intellectuelle, matérielle et morale.
La Commission propose au congrès de nommer une commission qui devra présenter au prochain congrès un projet d'organisation universelle de la résistance, et des tableaux complets de la statistique du travail dans lequel cette lutte puisera de la lumière. Elle recommande l'organisation espagnole comme la meilleure jusqu'à ce jour.
GTell
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 19:37
L’asile des aveugles de Lausanne fut créé en 1843. Voici les personnes qui contribuèrent à sa création.
 
Frédéric Recordon, Elizabeth-Jane de Cerjat, William Haldimand, le premier Comité provisoire était composé des: pasteurs Espérandieu et Monneron et du docteur Recordon.
Le 10 juin 1843, le Grand Conseil, par un décret, accorde la reconnaissance de l’existence légale de l’Asile, ratifié par le Conseil d’Etat le 21 juillet suivant. Le Comité est constitué du baron Crud, président, le pasteur Espérandieu, secrétaire, et le pasteur Paul Monneron. W. Haldimand et le docteur Recordon membres consultants. Premier Directeur, Henri Hirzel.
Hirzel fit la connaissance d’Alexandre Vinet et de sa femme, qui le recommandèrent chaudement et le mirent en rapport avec W. Haldimand.
 
Monsieur et très honoré frère,
 
J’apprends que vous prendrez part, et probablement dans fort peu de temps, à la nomination du directeur de l’institution pour les aveugles que nous devons aux efforts réunis de la charité et du zèle chrétien. Je ne connais qu’un seul des individus qui se présentent pour remplir cette place ; mais comme j’ai pour lui une estime toute particulière et que je le connais personnellement depuis assez longtemps, je me sens poussé à vous écrire quelques mots à son sujet, ne pouvant, à cause du mauvais état de ma santé, me présenter chez vous. M. Hirzel, du Canton de Zurich, que vous aurez déjà vu, est entré en relation avec moi dans des circonstances qui m’ont fait connaître son ardent amour pour la vérité, l’élévation de son âme et la bonté de son caractère. Seul et sans appui, ou plutôt en dépit des influences les plus contraires, il a cherché la vérité jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée, il a heurté jusqu’à ce qu’on lui ait ouvert, et s’il était, déjà avant sa conversion au christianisme, un jeune homme très recommandable par sa moralité, son application au travail, son zèle pour le bien, il est devenu bien plus intéressant depuis que l’Evangile a ouvert devant lui un nouvel horizon. Je puis dire que son influence a été salutaire à plusieurs personnes, et je me félicite en particulier des relations d’amitié qu’il a formées avec mon fils. Il s’est beaucoup demandé dans ces derniers temps s’il ne ferait pas des études pour devenir ministre ; mais des raisons qui font honneur à son jugement et à ses sentiments l’ont déterminé à ne point renoncer à la profession d’instituteur en vue de laquelle il étudie à Lausanne depuis plusieurs années, et qu’il a déjà exercée. Je crois qu’il aurait été un ministre peu ordinaire, je pense qu’il sera un excellent instituteur, par la solidité de ses connaissances, qui sont même assez étendues, la vivacité de son esprit, son éloquence naturelle, et son amour pour les enfants. La pensée de le voir à la tête d’une école d’aveugles ne peut que me sourire beaucoup, car je crois qu’il versera généreusement dans une œuvre de ce genre tous ses talents et toute son âme. J’espère bien, Monsieur et très honoré frère, avoir l’avantage de vous voir bientôt et de vous parler de lui plus en détail ; mais j’ai voulu en attendant vous dire d’une manière générale ce que je pense de lui. Plusieurs personnes à Lausanne connaissent M. Hirzel, et ont la même opinion que moi ; tous ceux qui l’ont connu se sont attachés à lui. Vous sentez bien que je ne réclame point pour lui la préférence sur ses concurrents, dont je ne connais aucun en aucune manière ; sans le mettre au-dessus ni au-dessous de tel autre, je prends seulement la liberté de vous parler de ce jeune homme, non dans son intérêt seulement, mais dans l’intérêt d’une œuvre pour laquelle tous ceux qui aiment le bien doivent faire des vœux.
Agréez, Monsieur et très honoré frère, avec l’hommage de mon respect, l’assurance de mon dévouement très affectueux.
Vinet.
Lausanne, 14 février 1843.
 
C’est de mon propre mouvement et à l’insu de M. Hirzel que j’ai l’honneur de vous écrire.
 
 
Dans les prémices de l’histoire de l’Asile des aveugles, il y eut Elizabeth Jeane de Cerjat qui eut l’idée et en suite William Haldimand qui avait les moyens et le praticien Dr. Frédéric Recordon.
 
Quelques noms liés à l’Asile des aveugles de Lausanne et qui ont contribués au rayonnement de celui-ci, qu’ils soient directeur, médecin chef ou professeur.
 
 
Théodore Secretan
Maurice Constançon
Marc Dufour
Edouard Subilia
Auguste Dufour
Jules Gonin
Othmar Dufour
Marc Amsler
 
 
Bienfaiteurs
Madame de Rumine
Monsieur Ruchonnet
Et bien d’autres… 
 
http://www.asile-aveugles.ch/site/site/page1.aspx?id=28
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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 19:32

Sion-01.jpgSion, d'après la topographie de Mérian 1642

horloge-1667-maitre-Spoeth-de-st-gall.jpgHorloge de l'Hôtel de Ville, vers 1667 par maître Spoeth, de St-Gall.

 

clochetonHotelDeVille.jpgClocheton de l'Hôtel de Ville

georges-supersaxo.jpgGeorges Supersaxo 1450-1529, Salle de la Bourgeoisie.

supersaxo.jpgRosace du plafond de la Salle Supersaxo. Nativité, par Jacobino de Malacridis XVIe siècle. Deux plafonds signés du Maître italien connu au monde, dont celui-ci à Sion.

 

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 16:25

Deux mots d'histoire

Il est donc avéré qu'après la campagne de Jules César les Sédunes et les Romains occupaient le pied des collines de Vallère et de Tourbillon, où Sedunum formait administrativement une civitas, puis devint municipe, pour rétrograder au rang de vicus sous l'empereur Dioclétien, mais sans que sa prospérité en souffrît. la fameuse inscription de l'hôtel de ville, datée de 377, première inscription chrétienne de Suisse, prouve le contraire, puisqu'elle loue le magistrat Asclépodote d'avoir remplacé quelque édifice impérial par une construction plus somptueuse. Placé sur la route d'Italie, Sion ne cesse de recueillir un fort mouvement de marchands et de militaires.

Avec les invasions barbares, l'état social se modifie. La vassalité puis la féodalité entrent dans les moeurs. L'évêque du Valais, abandonnant son siège d'Octodure par crainte des barbares et des inondations de la Dranse, se fixe à Sion en l'an 580, et construit sur le roc l'église qui devait devenir la collégiale de Valère. Nanti dès 999 d'une donation régulière de l'empereur Rodolphe III de Bourgogne, qui le rend maître du Comté du Valais, de la Furka à Martigny, et fait de Sion une ville impériale, l'évêque pourvoit à sa sécurité et à son embellissement, en élevant l'enceinte fortifiée et la cathédrale. L'enchevêtrement de ses territoires avec ceux des comtes de Savoie, maîtres du Bas-Valais, entretenait toutefois un perpétuel état de querelle, qui plus d'une fois se solda par la guerre.

Sur la ville divisée alors en quatre quartier: La Citta, Malacort, Pratifori et Claviney, l'évêque assisté d'un major, d'un vidame, d'un sautier et d'un métral résidant à la Majorie, exerçait de son palais un pouvoir d'abord discrétionnaire sur une population trop profondément divisée en nobles, vilains et serfs pour faire oeuvre de politique commune.

Mais avec le temps, l'évêque fut contraint par les besoins de guerre à céder mainte prérogative à ses Sédunois, notamment le droit de marché, dont ils firent grand profit. En 1269 déjà, douze citoyens étaient nommés pour administrer la "communitas". La commune de Sion était née.

Pillé et saccagé à mainte reprise, assiégé enfin par les Savoyards, en 1475, Sion se vit délivré par les troupes confédérées après un farouche combat à la Planta. Le Bas-Valais forma le prix de la victoire, et par ainsi le Valais retrouva son unité politique et géographique et Sion sa place de chef-lieu.

De 1475 à la Révolution de 1789, Sion ne cesse de voir les prérogatives de son évêque grignotées par l'intrigue et des entreprises malheureuses au profit des Dizains. Il connaît une heure de gloire le jour où son évêque Mathieu Schiner (1516 à 1522) coiffe le chapeau de cardinal et conduit ses vaillants Valaisans au secours du Pape. Après la Révolution enfin, Bonaparte se rend maître du Valais qu'il constitue en Département du Simplon afin de tenir la fameuse route d'Italie sous son contrôle direct. La maison de son ambassadeur Châteaubriand, le bel hôtel de la rue de Lausanne, attend néanmoins toujours son hôte.

L'histoire de Sion, brièvement dessinée ici, a laissé partout dans la cité des traces visibles de ses vicissitudes, elle demeure à fleur du sol, où le voyageur curieux n'a point de peine à la retrouver.

 

http://www.siontourism.ch/index.cfm?Page=Buildpage&mainmenuid=123&sousmenuid=0&soussousmenuid=0&locationid=73

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sion
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