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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 16:39

En Allemagne 1925

Hitler est libéré le 25 février 1925. Il reconstitue le parti nazi grâce à la complicité des autorités bavaroises. Fondation des SS (Schutzstaffeln, détachement de protection).

1925

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25 octobre 1925,

Inaugurée sous le régime des pleins pouvoirs, la législation suisse en matière de droit des étrangers reçoit un fondement constitutionnel. La Confédération obtient la compétence pour légiférer en matière d’entrée, de sortie et de séjour des étrangers, c’est-à-dire en matière de police des étrangers. Les cantons conservent le pouvoir (administratif) de prendre les décisions.

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L’article 69ter de la Constitution statue en dernier ressort, en particulier dans les cas de refus d’asile.

1926

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10 juin 1926, conférence de Léon Daudet à Lausanne.

En Allemagne : 1926

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Congrès national-socialiste à Weimar. Deuxième tome de « Mein Kampf ».

11-12 juin 1926, polémique sur la démocratie dans la « Gazette de Lausanne ».

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Octobre 1926, dans le canton de Vaud, le groupe de Marcel Regamey prend le nom d’ « Ordre et Tradition ».

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Novembre 1926,

Vaud : parution du premier « Cahier d’Ordre et Tradition. Entretiens politiques, philosophiques et littéraires ». Ce cahier contient un texte de M. Regamey intitulé « L’ordre dans l’Etat ».

En Allemagne

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Octobre 1926, Hitler nomme Goebbels Gauleiter de Berlin.

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1928

Heinrich Himmler prend la direction des SS.

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Pour le moment, ces nominations ne sont pas « officielles », c’est-à-dire qu’elles sont réelles au sein du parti mais non dans la République de Weimar. Le parti nazi n’est pas encore au pouvoir.

1929

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Rothmund est nommé à la tête de la Division de police où il succède à Ernest Delaquis, il restera encore de très nombreuses années chef de la Police des étrangers, secondé par son adjoint Baechtold.

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« La réduction du nombre des étrangers entre 1920 et 1930 doit beaucoup à son efficacité. Dans cette mission de salut public, ainsi que la définit son collaborateur Ruth, Rothmund acquit une technique puissante et marqua ses collaborateurs d’une empreinte évidente. »

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Parution du projet gouvernemental de la Loi fédérale sur le séjour et l’établissement des étrangers (LFSEE).

1930

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Les Juifs constituaient 0,44% de la population suisse, soit 17'993 personnes, dont 9803 Suisses et 8170 étrangers (23% de la population étrangère) : tel était le nombre dans lequel les frontistes prétendaient déceler la menace d’un « enjuivement ».

En Allemagne, 1930

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Alfred Hungenberg, fondateur de la Ligue pangermaniste et ancien président de la société Krupp rassemble 500'000 militants dans la puissante formation paramilitaire du Casque d’acier.

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Septembre 1930, le Nazionalsozialistische deutsche Arbeiter Partei (NSDAP) avec plus de 18% des suffrages et 107 sièges aux élections devient la deuxième formation politique du Reich. Il compte 200'000 adhérents.

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En ayant presque réussi, les Nazis deviennent plus audacieux, plus visibles et plus cruels.

1931

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Le 26 mars 1931, la LFSEE est adoptée. Elle entrera en vigueur en 1934. Diverses catégories d’étrangers traitées, ne l’oublions pas, par le même service fédéral sur la base de la même loi qui régira leur séjour à tous dès 1931.

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1932

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De 24'208 en 1931, le nombre des chômeurs passe à 54'366 en 1932

En Allemagne

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1932

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26 janvier 1932, Hitler obtient le soutien d’un important nombre d’industriels à la suite de la rencontre de Düsseldorf organisée par le banquier von Schröder, mécène du NSDAP.

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Avril 1932, Hindenburg remporte les présidentielles avec 19 millions de voix, contre 13,4 millions à Hitler.

1933

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4 janvier 1933, Hitler et von Papen décident de former un gouvernement de coalition d’extrème droite.

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30 janvier 1933, Hitler devient chancelier du Reich à la demande de Hindenburg.

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1er février 1933, dissolution du Reichstag.

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4 février 1933, restriction de la liberté d’expression.

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27 février 1933, incendie du Reichstag.

L'incendie du Reichstag

L'incendie du Reichstag

28 février 1933,

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1. Promulgation du décret « pour la protection du peuple et de l’Etat ». Cette ordonnance présidentielle lève la garantie constitutionnelle des libertés fondamentales. Interdiction du parti communiste.

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2. Ouverture du camp de concentration de Dachau.

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Ils sont au pouvoir, c’est le début…

1933

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Printemps 1933,

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Les Juifs suisses avaient donné l’assurance qu’ils financeraient eux-mêmes, sans recourir à l’aide de l’Etat, et avec l’aide des Juifs étrangers, notamment américains, l’œuvre de secours aux réfugiés. Ils réussirent à tenir parole pendant toute la période d’avant-guerre et même au-delà, durant trois ans, jusqu’au moment où se déclencha la grande poussée des réfugiés venant de l’Ouest. Dans son rapport, le professeur Ludwig précise en outre : « Il est certain que l’esprit de sacrifice des Juifs suisses a sauvé des milliers de ces réfugiés qui, sans cela, n’auraient guère pu trouver asile en Suisse. » Une partie de ce financement provint de l’American Joint Distribution Committee.

En 1939, les dépenses de l’Union suisse des comités d’assistance israélites se sont élevées à 3'688'185 francs suisses.

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L’Office central suisse d’aide aux réfugiés (créé le 17 juin 1936) alloua en automne 1938, lors d’une première collecte, quelque 240'000 francs suisses aux réfugiés juifs.

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Le « printemps des Fronts » commence, il durera jusqu’en 1936. Il comporte deux mouvements différents, à savoir :

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1. Ceux qui revendiquent des traditions nationalistes et qui s’apparentent au conservatisme radical, tels que la Ligue pour le peuple et la patrie (Bund für Volk und Heimat).

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2. Ceux qui sont proches des fascistes italiens ou allemands, tels que l’Union nationale de Genève et le National Front.

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Dans ce cadre, le 1er avril 1933, le Vaudois Alphonse Morel représente Ordre et Tradition à la séance constitutive du Front fédéral.

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 17:44

A propos du débat sur l’histoire.

Des faits. Des noms. Des dates

Par : Anne Weill, Karl Grünberg

Association romande contre le racisme (ACOR) Manifeste du 21 janvier 1997. 21 mars 1997

C’est dans cette publication que je vais puiser des textes qui seront des éclairages sur la profonde « nature » de la pensée de nos politiques à l’époque la plus trouble de l’histoire de notre pays, de 1917 à 1954.

Je ne vais pas prendre tout le texte, ça serait trop long et volumineux, mais quelques-uns pour que l’on comprenne bien d’où vient le ressenti d’aujourd’hui face aux étrangers.

Comme le texte de l’Association romande contre le racisme met en parallèle les textes de lois et de l’activité du Conseil fédéral face aux mêmes démarches Allemandes, aux mêmes moments, on a ainsi une vision globale d’une situation qui demande la réflexion : Est-ce que la Suisse réagit à ce que fait l’Allemagne ou anticipe-t-elle par peur aux devenir du pays, face au grand voisin ?

Commençons depuis le début.

Suisse, de 1917 à 1954

1917

21 novembre, ordonnance établie sous le régime des pleins pouvoirs au sujet de la police à la frontière et du contrôle des étrangers. Elle institue le visa obligatoire pour certaines catégories d’étrangers. Elle crée un Office central de police des étrangers et admet, en pratique, que le séjour durable et l’établissement étaient subordonnés à une approbation des autorités fédérales.

1919

17 novembre 1919,

Nouvelle ordonnance établie sous le régime des pleins pouvoirs. Elle remplace la précédente. Elle institue le veto fédéral et le contrôle sur les décisions prises par les cantons en matière de Police des étrangers. Le séjour durable et l'établissement sont clairement attribués aux autorités fédérales.

Un Office central de police des étrangers est créé par ordonnance auprès du Département fédéral de justice et police (DFJP), afin de :

- coordonner les pratiques cantonales ;

- réunir et exploiter les informations sur les étrangers suspects et indésirables.

- Berne ne limitait plus seulement ses compétences à la surveillance des frontières, ou à la délivrance des visas, dont l’Office avait obtenu la compétence en novembre 1918, mais intervenait dans les cantons eux-mêmes. Sa politique visait à lutter contre la « surpopulation étrangère », notion imprécise de la capacité d’accueil. Rothmund entre à la tête de l’Office central de la police des étrangers.

L’instrument de cette politique sera la Police des étrangers.

Trois courants animaient alors le législateur :

- les optimistes, qui proposaient les naturalisations facilitées ;

- les pessimistes, qui voulaient freiner l’immigration (inaltérabilité des caractères ethniques, un certain racisme, préserver les concitoyens de contacts pernicieux) ;

- un courant mineur, qui voulait la réduction de l’émigration des Suisses.

24 mars 1919, dans le canton de Vaud, Marcel Regamey, Richard Paquier et quatre de leurs camarades fondent l’Association monarchique internationale.

1920

Motta défend la thèse modérément optimiste.

29 novembre 1921,

La troisième ordonnance restitue certaines attributions aux cantons mais conserve la même réglementation que celle de 1919. Le veto fédéral continue de constituer l’élément primordial de toute la législation concernant la police des étrangers. « L’on cherchait en premier lieu par ce moyen à parer à un afflux excessif d’étrangers. »

Pendant ce temps, en Allemagne aucune loi n’est sortie de l’administration. La préoccupation de l’Allemagne est de terminer la guerre et de subir la défaite.

Si la Suisse édite des lois sur l’immigration des étrangers, nous devons nous souvenir que de nombreux étrangers voulaient se réfugier dans le pays pour diverses raisons. L’une d’elle, était, pour les déserteurs, fuir la guerre en cours, pour d’autres c’était planquer son argent et bénéficier de la sécurité, d’autres encore cherchait un refuge suite aux persécutions en tous genres qu’ils subissaient ailleurs. La Suisse accueillait volontiers ceux qui avaient de l’argent, ceux qui avaient un statut élevé à contrario de ceux qui étaient miséreux, loqueteux d’une religion douteuse et d’une ethnie indéfinie.

Avant l’introduction de la Police des étrangers, les cantons avaient déjà ce même comportement face à l’immigré, était-il riche et honorable ou pauvre et suspect. Il y avait donc une population qui faisait peur aux autorités et qu’il fallait réguler à défaut de les refouler.

Suivez les liens hypertextes pour en savoir plus sur ces hommes.

1921

Rothmund met son chef, Häberlin, en garde contre l’immigration des Ostjuden (Juifs orientaux) qui, plus que les autres Juifs, auraient incarné l’incapacité de s’assimiler.

1922

En juin 1922, une initiative populaire visant à rendre plus difficiles les naturalisations est refusée à une forte majorité.

1923

Dans le canton de Vaud ont lieu, au cours de l’été 1923, les premières réunions sérieuses de ce qui deviendra le mouvement « Ordre et Tradition ».

1924

Dans la perspective des « pessimistes », la révision constitutionnelle du droit à l’établissement est entreprise.

Les adversaires de l’immigration ont alors notamment précisé : « Jamais les immigrés : Juifs galiciens, Allemands, Italiens, Slaves ne vaudront pour nous les paysans tenaces, économes et laborieux que nous laissons partir sans faire aucun effort pour les retenir. »

Pendant ce temps en Allemagne, la jeune république de Weimar, fragile et tourmentée par les putschs à répétition, lutte pour se maintenir au plan économique et structurel pour redevenir une puissance politique. Agitation politique et crise monétaire vont être les préoccupations de la République pour un moment encore.

En Allemagne : 1923

8 novembre, échec du « putsch de la brasserie » à Munich. Dissolution du parti nazi.

1924

2 juin 1924, un Message du Conseil fédéral écarte la politique libérale pratiquée par les cantons avant-guerre. Il propose une politique ferme destinée à bloquer une fois pour toutes l’accroissement du nombre des étrangers. Dans cette optique, le Conseil fédéral dénonce les immigrés les plus inquiétants, regroupés parmi ceux qui demandaient le séjour en visant l’établissement. Habiles ensuite à se créer des liens dans le pays, ils gagnent vite des appuis et se révèlent inexpugnables. Pour empêcher la formation de telles attaches, une réaction rapide s’impose qui doit être animée d’une ténacité égale.

Remplaçons « immigrés » par « réfugiés » et se dessine l’un des fondements de la politique de l’asile.

En Allemagne : 1924

Hitler est en détention à la forteresse de Landsberg de novembre 1923 au 24 décembre 1924. Il y rédige le premier tome de « Mein Kampf ».

Il est difficile à la lecture seule des textes proposé par ACOR, de sentir la véritable ambiance générale qui régnait en Europe et spécialement sur l’Allemagne qui joue une grande influence sur notre pays.

A suivre

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 15:42

Une avancée technique

Vous roulez dans votre voiture, confortablement installée derrière le volant et vous profitez de la vitesse quand c’est possible.

Autrefois, juste une centaine d’années, la voiture poussive n’allait pas bien vite, limitée qu’elle était par la conception même du moteur. Pour aller très vite dans ces débuts, l’automobile devait avoir une cylindrée monstrueuse, envisageable seulement pour les voitures de courses. C’est en 1912 qu’une grande avancée technique et révolutionnaire imaginée par un Suisse, l’ingénieur Ernest Henry, qui travaillait pour Peugeot, dessine un moteur qui allait être LE MOTEUR qu’il fallait et qui est celui que vous avez, que vos voisins ont, que nous avons tous.

Photo Par Agence de presse Meurisse — Bibliothèque nationale de France, Domaine public.

Photo Par Agence de presse Meurisse — Bibliothèque nationale de France, Domaine public.

Une biographie sur Wikipédia vous en dit plus et suffisamment pour rendre honneur à notre personnage oublié, sans qui il aurait fallu plusieurs années encore pour qu’un autre arrive avec cette idée qui révolutionna l’industrie automobile dans le monde. Il est le premier à assembler 4 soupapes par cylindre avec le double arbre à cames en tête. Révolutionnaire !

Vous apprendrez aussi que Peugeot était pionnier et avant-gardiste et performant avec leurs voitures.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 15:46
Il y a 66 ans [11]
Château-d'Oex

Château-d'Oex

Il y a 66 ans [11]

Le Chalet Balthus à Rossinière, son histoire.

Les Mosses

Les Mosses

Les élèves apprenaient…

Un village des Alpes vaudoises

Chère marraine,

Depuis huit jours, je suis à Rougemont, chez mon oncle Paul. Mes parents m’y ont envoyée en convalescence, après ma rougeole de ce printemps ; ils espèrent que l’air de la montagne me rétablira tout à fait.

Rougemont est un beau village tout en bois. La plupart des maisons sont très vieilles ; elles ont deux ou trois cents ans. Leurs façades sont devenues avec le temps tellement brunes qu’à distance elles paraissent noires. Les toitures sont faites de milliers et de milliers de petites planches étroites et minces qu’on appelle des Tavillons ; pour mieux protéger les maisons de la pluie et de la neige, on met jusqu’à sept ou huit couches de ces planchettes l’une sur l’autre.

Le chalet de mon oncle a des paroles gravées sur la façade. Les voici :

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Par la Providence de Dieu, Joseph et Antoine Loup frères et Catherine leur sœur ont fait bâtir cette demeure passagère en attendant un éternel domicile au ciel. A Dieu soient rendues louanges et actions de grâces à jamais. Amen.

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C’est une belle inscription, n’est-ce pas ? Presque toutes les maisons de Rougemont en ont une de ce genre.

Ce qui m’a le plus surprise la première fois que je suis entrée chez mon oncle, c’est la faible hauteur des plafonds. Je peux les toucher de la main. Mon cousin Jacques les touches de la tête rien qu’en se haussant sur la pointe des pieds, et, quand il entre dans une chambre ou dans la cuisine, il doit courber la nuque pour ne pas se cogner au chambranle. Je crois que les gens d’autrefois étaient plus petits que ceux d’aujourd’hui, pour avoir fait des portes aussi basses. Des chambres peu élevées sont d’ailleurs plus faciles à chauffer, ce qui est bien agréable dans un pays où les hivers sont si longs.

Je joue souvent avec une petite fille qui habite dans le chalet voisin. Mais hier soir elle m’a dit :

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- Je ne pourrai bientôt plus m’amuser avec toi. La semaine prochaine, on remue.

.

Je l’ai regardée avec étonnement, et lui ai demandé :

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- Qu’est-ce que vous faites ?

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- On remue.

Puis elle m’a expliqué que son papa possède trois chalets : celui qui est à côté du nôtre, et deux autres dans la montagne. Toute la famille passe l’hiver au village ; elle élève quatre vaches et deux ou trois chèvres. Et puis, au mois de mai, elle « remue » ; c’est-à-dire que les parents, les enfants et le bétail vont s’installer dans un chalet de la montagne, où se trouve du foin de l’été précédent, qu’on n’a pas pu descendre à Rougemont, mais qu’il faut bien utiliser tout de même. Au mois de juillet ou d’août, ils déménageront encore une fois pour s’installer dans le troisième chalet. Ce doit être amusant, ces changements continuels !

Je t’embrasse bien fort, ma chère marraine.

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Ta filleule Nelly.

Nous voilà à la fin d’une présentation du canton de Vaud, de façon scolaire. La géographie et le tissu économique expliqué très superficiellement pour que la compréhension des élèves colle aux propos que pouvaient avoir les adultes à cette époque qui expliqueraient le canton de Vaud.

Les images montrent à chaque fois ce qu’était la réalité du moment, sans nostalgie, simplement un instantané des années cinquante.

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 16:12
Il y a 66 ans [10]
Aigle

Aigle

Leysin

Leysin

Lac Retaud

Lac Retaud

Villars en hiver

Villars en hiver

Les élèves apprenaient…

La Plaine du Rhône

Le Léman était autrefois bien plus long qu’aujourd’hui ; il s’étendait jusqu’à Saint-Maurice. Les alluvions que charrie le Rhône l’ont comblé en partie. Ainsi s’est formée la plaine du Rhône.

Cette plaine fut longtemps marécageuse, car le fleuve débordait fréquemment et l’inondait. On ne pouvait ni l’habiter ni la cultiver. Mais au XIXe siècle de fortes digues furent construites pour empêcher le Rhône de sortir de son lit, et la plaine est devenue une région de riches cultures. Des rideaux de grands arbres y brisent la violence du vent.

Les vallées des Alpes

A l’est de la plaine du Rhône se dressent de hautes montagnes qui font partie des Alpes. Les Tours-d’Aï et de Mayen, le Pic-Chaussy, le Chamossaire, la Dent-de-Morcles, le Muveran, les Diablerets sont les sommets les plus élevés des Alpes vaudoises. Le massif des Diablerets porte des glaciers.

La fonte de ces glaciers alimente la Grande-Eau, qui coule dans la vallée des Ormonts. La Gryonne et l’Avançon arrosent des vallées plus petites.

Une ligne de chemin de fer monte d’Aigle dans la vallée des Ormonts, jusqu’au village des Diablerets ; de-là, le col du Pillon permet de passer dans l’Oberland bernois. Une autre voie ferrée relie Bex aux vallées de l’Avançon et de la Gryonne.

Les habitants de ces trois vallées vivent dans des villages de bois et dans de nombreux chalets disséminés sur le flanc des montagnes. Ils exploitent des forêts da sapins et de mélèzes et élèvent du bétail.

À suivre demain : Le Pays-d’Enhaut

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 17:03
Il y a 66 ans [9]
Il y a 66 ans [9]
Midi et demi à l’horloge

Midi et demi à l’horloge

Montreux à son aise

Montreux à son aise

Vigneron de Lavaux

Vigneron de Lavaux

Les élèves apprenaient…

Village paysan et village vigneron

Quel contraste entre un village du pied du Jura, du Gros de Vaud ou de la Broye et un village de Lavaux ! Le village paysan s’étale à son aise parmi la verdure. Ses vastes fermes sont entourés de jardins et de vergers ; ses rues sont spacieuses ; un préau s’étend devant l’école ; une place ou une terrasse ombragée environne l’église. Tout autre est le village vigneron. Ses maisons pressées, serrées, ont l’air de s’agripper les unes aux autres pour ne pas glisser d’un trait dans le lac, au bas de la pente. Ses rues sont étroites, avec des étranglements dangereux pour la circulation. Les places sont rares et exiguës… Voyez Rivaz, Saint-Saphorin, Riex, Epesses ou Grandvaux. Chacune de ces localités est trois ou quatre fois moins étendue qu’un village du Gros de Vaud de population équivalente.

D’où cela vient-il ? Il n’est pas difficile de le comprendre.

Le paysan doit loger un bétail varié et des récoltes encombrantes. Pour ses diverses cultures, il utilise une quantité d’outils et de machines, qu’il doit mettre à l’abri des intempéries. Sa ferme est donc un gros bâtiment. En outre il lui faut de la place autour de la maison pour les allées et venues des vaches entre l’étable et la fontaine, pour le stationnement de ses chars pendant les travaux.

Le vigneron, lui, n’a pas de bétail et ne connaît qu’une seule culture, qui exige tous ses soins. Une cave pour ses tonneaux, un pressoir où il peut remiser son fossoir, son « raclet », sa hotte et ses brantes, c’est tout ce qu’il lui faut.

Et puis le terrain est rare et précieux dans le vignoble ; le vigneron veut en perdre le moins possible. Il construit sa maison tout en hauteur, entassant deux ou trois étages d’étroits logements sur sa cave et son pressoir. Il l’accote à celle du voisin. Il la pousse tout au bord de la chaussée.

Voilà pourquoi son village est si petit, comparé à celui du paysan.

À suivre, demain : La région d’Aigle

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 15:49
Lausanne et sa banlieue

Lausanne et sa banlieue

Image révolue

Image révolue

Entre deux bâtiments, l'extrémité du Grand-Pont avec au fond, la Tour Bel-Air

Entre deux bâtiments, l'extrémité du Grand-Pont avec au fond, la Tour Bel-Air

Vue traditionnelle

Vue traditionnelle

Au-delà de la fontaine, les arcdes de l'Hôtel de ville

Au-delà de la fontaine, les arcdes de l'Hôtel de ville

Il y a 66 ans [8]

À suivre, demain : La rive orientale du Léman

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 17:07
La Venoge

La Venoge

Au premier plan, les casernes et la place d'exercices de l'artillerie.

Au premier plan, les casernes et la place d'exercices de l'artillerie.

Il y a 66 ans [7]
Il y a 66 ans [7]

Les élèves apprenaient…

La pesée du lait

L’horloge de l’école vient de sonner six heures. Dans le soir tombant, Pierre Crausaz, le peseur, se dirige vers la laiterie. C’est un petit bâtiment sans apparence, au milieu du village.

Il pousse la porte, tourne le commutateur. Une impression de fraîcheur humide : des instruments d’un blanc d’argent baignent dans un bassin plein d’eau. Une demi-douzaine de boilles métalliques sont rangées contre le mur. La cuve à lait est suspendue sous le tamis de laiton, à côté de la balance automatique. Sur un petit pupitre, un registre est ouvert.

Bruit de socques au dehors. C’est Gottlieb, le domestique du syndic, qui arrive en fumant sa pipe, les bras croisés, courbé sous sa charge de lait tiède.

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- Salut.

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Gottlieb s’approche de la cuve, verse le lait sur le tamis. Un moucheron reste pris dans les mailles de laiton. L’aiguille de la balance se déplace avec régularité, puis s’immobilise.

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- Vingt-six trois, dit le peseur.

Il inscrit le chiffre dans le registre et dans un carnet que lui tend Gottlieb, puis il fait basculer la cuve au-dessus d’une boille qu’il vient d’avancer.

Les paysans arrivent l’un après l’autre, ou bien deux à la fois. Ils livrent leur lait, échangent quelques paroles ; le coulage est l’une des occasions que l’on a de se rencontrer, d’apprendre les dernières nouvelles du village.

Il vient aussi quelques acheteuses : l’épicière, la servante de la cure, la « dame » du régent ; et une vieille demoiselle que tout le monde appelle la tante Suzette, quoiqu’elle n’ait pas un seul neveu dans toute la commune.

Six heures et demie. Ce serait le moment de fermer la laiterie. Mais, comme d’habitude, il faut attendre le Toquet… Enfin, le voilà :

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- Tu ne pourrais pas être une fois à l’heure ?

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- Hm… il n’est pas tard. Le char du lait n’est pas encore là.

Le char du lait arrive, attelé d’un cheval bai. Un falot-tempête à verre jaune pend à côté du siège. Le charretier et le peseur empoignent les boilles pleines, les hissent sur le pont du véhicule, les assujettissent. Et fouette cocher ! Dans la nuit fraîche, au petit trot, mais avec un grand bruit de roues, de métal entrechoqué, de sabots ferrés, la voiture s’en va vers la gare prochaine.

Elle y trouve trois autres véhicules tous pareils, venus des villages voisins, et qui attendent la venue du train. Celui-ci arrive, s’arrête dans un grincement de tous ses essieux. Avec l’aide d’un employé, toutes les boilles sont enlevées des voitures et « envagonnées ». Bruit de ferraille, appels dans la nuit.

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- Prêt !

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Le train repart…

Ainsi, matin et soir, dans trois cents villages vaudois, dans cinquante gares, les mêmes scènes se répètent, afin que, chaque jour, les habitants des villes reçoivent leur ration de lait frais.

Commentaire :

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[Les derniers mots du texte ne sont vraiment plus d’actualité. Plus jamais un citadin ne reçoit un lait de l’écurie à sa table. Aujourd’hui le lait passe à l’usine où est retiré la crème, il est pasteurisé, thermisé, et des tas d’étapes mystérieuses avant de finir dans du cartons plastifié et sur nos tables.]

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 16:43
Il y a 66 ans [6]
Morges sans autoroute

Morges sans autoroute

Ce château diffère beaucoup par son aspect des autres châteaux vaudois

Ce château diffère beaucoup par son aspect des autres châteaux vaudois

Certaines pièces sont encore soufflées à la bouche. Mais la plupart sont soufflées maintenant à la machine.

Certaines pièces sont encore soufflées à la bouche. Mais la plupart sont soufflées maintenant à la machine.

Saint-Cergue

Saint-Cergue

Nyon

Nyon

Le château de Vufflens est une propriété privée et ne peut donc être visité. Cependant on connait son histoire qui peut être lue sur Internet. Voici la version de Wikipédia.

A suivre demain: La Région de la Venoge.

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 15:40
Il y a 66 ans [5]
Sans voitures...

Sans voitures...

La vallée de la Broye mériterait le nom de la vallée des capitales historiques. A l'époque romaine, Avanches était la capitale de l'Helvétie. Payerne fut la résidence de la reine Berthe, souveraine du royaume de Bourgogne. Enfin, sous les comtes de Savoie, Moudon fut le chef-lieu du Pays de Vaud.

L'abbatiale de Payerne

L'abbatiale de Payerne

Les élèves apprenaient…

Payerne

Je suis une petite ville sur la lisière de la plaine, au bord d’une rivière. Mes maisons abritent six mille personnes ; mais qui dira combien de dizaines de milliers dorment entre les murs étroits du cimetière, au penchant de la colline ? Ils sont mes enfants, eux aussi, et ils portent les mêmes noms que les vivants ; ce sont des Perrin, des Bossy, des Doudin, des Rapin, des Jomini…

Suis-je vieille ou jeune ? L’un et l’autre, sans doute ; car j’ai déjà une longue histoire, mais aussi toute l’activité et la gaîté de la jeunesse. Je possède un très ancien couvent ; mais les religieux, depuis longtemps, l’ont déserté, et les ébats des écoliers ont remplacé les méditations des moines. J’ai une église vieille de mille ans, dont le clocher élégant et la flèche aiguë me signalent loin à la ronde. Je fus la capitale d’un royaume, la résidence d’une douce reine qui aimait à filer en compagnie de ses servantes. Aujourd’hui, chef-lieu d’un district, j’ai un préfet qui ceint dans les grandes occasions une belle écharpe verte et blanche. Des murs crénelés et des tours me protégeaient autrefois contre les entreprises des méchants ; mais, en grandissant, j’ai fait éclater ma ceinture de pierre, et il n’en reste plus que des lambeaux…

Je ne vis pas isolée. Je suis au milieu d’une famille de villages, avec lesquels j’entretiens commerce d’amitié et d’échanges. Ils me nourrissent. Deux fois par semaine, ils m’apportent leurs fruits, leurs œufs, leurs légumes ; ils apportent leur blé à mes moulins, leurs porcs à mes charcutiers, leur lait à mes laiteries, leurs feuilles de tabac à mes fabriques de cigares. Et moi, que fais-je pour eux ? Des quantités de choses. Je les habille, je les chausse et je les coiffe ; je forge leurs outils, je répare leurs machines, je construis leurs maisons ; je juge leurs procès, je prends soin de leurs économies, je photographie leurs noces et leurs fêtes… je leur rends mille services petits et grands.

Mais le travail ne m’occupe pas uniquement. Je sais aussi rire, chanter et danser. Je ris, je chante et je danse aux Brandons, dans la fraîcheur de février, lorsque les flocons de neige tourbillonnent dans la lumière des lanternes multicolores. Je ris, je chante et je danse à la fête de tir, quand le soleil de juillet joue parmi les guirlandes et les sapins fleuris, les bannières et les oriflammes. Mais je suis sérieuse lorsqu’il le faut ; je sais aussi prier, et chaque dimanche la voix de mes cloches amène les fidèles par centaines dans mes quatre églises.

Active et paisible, avenante et heureuse de vivre, très vieille et sans cesse rajeunie, je suis l’une des trente bourgades du pays vaudois.

Demain, La région de la Côte

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