750 grammes
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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 17:38
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Fribourg, la pittoresque cité sise au bord de la Sarine, et à la frontière alémano-burgonde, fut fondée en 1157 par Berthold IV, duc de Zahringen. Elle servait de bastion aux Zahringen contre la noblesse de la contrée. A l’extinction des Zahringen, en 1218, la ville passa à leurs parents, les Kybourg (Ulrich III). Avec les Kybourg la ville se trouvait dans la sphère d’influence de la Savoie. Plus tard, elle passa de nouveau de la domination des Kybourg-Habsbourg, qui ne pouvaient la protéger des attaques des Savoyards, sous celle de Rodolphe de Habsbourg et ses fils. Après avoir été tuteurs, ils l’achetèrent en 1277. Il en résulta de terribles combats avec Berne jusqu’en 1341, année où l’on se réconcilia. Dans la guerre de Sempach, Fribourg était encore aux côtés de l’Autriche. En 1403, elle conclut un traité de combourgeoisie avec Berne. Dès lors, l’influence de l’Autriche dans le pays fribourgeois baissa, parce que les intérêts de cette contrée et ceux de Berne se rencontraient. En 1474, l’Autriche renonça à Fribourg. Devant les menaces de Jacques de Romont, allié de Charles le Téméraire, Fribourg dut participer aux guerres de Bourgogne. En 1477, la duchesse de Savoie affranchit Fribourg, et l’immédiateté impériale sous toutes ses formes lui fut conférée. Le jour du « Convenant de Stans » (22 décembre 1481), Fribourg et Soleure furent reçus dans la Confédération. Mais comme les instructions de leurs magistrats n’étaient pas suffisantes, leur entrée devait être encore ratifiée par le Conseil. Fribourg n’eut pas la même égalité de droits que les huit anciens « Orte », mais elle avait une situation de beaucoup meilleure que celle de Zoug et de Glaris. Fribourg, Soleure et Schaffhouse ne reçurent l’égalité de droits qu’en 1502, à l’entrée de Bâle dans la confédération.
Soleure où saint Urs et saint Victor, les deux soldats romains de la légion thébainne, ont donné leur vie pour la foi, garda sa puissance d’attraction même pendant le temps des émigrations. A l’époque des Francs, s’élevait en ce lieu la collégiale des chanoines. Vers la fin du Ixe siècle elle passa à l’Empire allemand pour revenir plus tard au royaume de Bourgogne. En 1033, l’empereur Conrad II devint roi de Bourgogne et Soleure redevint ville impériale. Les Zaehringen l’administraient comme bien de la couronne. Après les Hohenstaufen, la ville, assez grande, dut veiller sur ses libertés. Pour comprendre l’histoire postérieure de Soleure et ses relations avec Berne, il est nécessaire de se souvenir de son alliance militaire avec cette ville, conclue en 1295. Dans la lutte pour la couronne entre Frédéric le Beau d’Autriche et Louis de Bavière, elle conclut avec Berne et les autres villes, un « traité de paix générale », dirigé contre la puissance conquérante de l’Autriche. En réponse, le duc Léopold Ier assiégea la ville en automne 1318. en 1344, Soleure en rivalité avec Berne, acquit l’avouerie sur la ville, mise en gage par l’Empereur, et commença à se créer un territoire propre, en rachetant des territoires mis en gage et en acceptant des « bourgeois forains ». Cependant Berne l’emporta. Ainsi, s’explique l’extension territoriale de Soleure vers le Jura. La ville se garda bien d’en arriver à une rupture avec Berne. C’est en vain qu’en 1382, le duc Léopold III essaya de dégager les territoires hypothéqués que Soleure possédait. Une surprise de la ville par les comtes de Kybourg échoua et se termina par la répartition des terres des Kybourg entre Soleure et Berne. Les deux villes se protégèrent contre les « Gugler » et sauvegardèrent le Mitteland que l’Autriche avait livré en proie à ces hordes. Soleure entra en relations pour la première fois avec l’ensemble de la Confédération en tant que co-signataire de la « lettre de Sempach ». A l’époque de l’ « ancienne guerre de Zurich », la ville de Soleure offrit sa médiation, mais ensuite elle se créa un territoire aux dépens de l’Autriche. Pendant les guerres de bourgogne, elle se tint toujours du côté de Berne et des Confédérés et combattit à Pontarlier, à Montbéliard, dans le canton de Vaud, à Grandson et à Morat. Après cela, la ville pouvait à bon droit frapper aux portes de la Confédération. Mais les « Orte » intérieurs, mécontents, refusèrent de la recevoir. Le « convenant de Stans » (1481) trouva une heureuse solution à la situation politique qui en résulta. La Confédération n’eut pas à se repentir d’avoir accepté Soleure car, en 1499 déjà, durant la guerre de Souabe, elle mérita par sa fidélité et son courage militaire, à Dornach et ailleurs, la confiance qu’on lui avait faite. La Confédération et les deux villes se promirent aide et assistance mutuelle contre tout ennemi. Pour la Confédération, l’engagement se limitait au territoire des villes, tandis que, pour les villes, il s’étendait à toute la Confédération. Les deux villes étaient aussi tenues de participer aux guerres offensives des Confédérés, mais ne devaient pas conclure de nouveaux traités sans le consentement de la majorité. Elles pouvaient accepter des bourgeois ; dans leurs guerres, elles étaient tenues, selon l’avis de la Confédération, de conclure la paix ou non. Pour les uns et les autres, les alliances antérieures l’emportaient sur celle-ci.
 
les Chartes fédérales de Schwyz

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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 16:35

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Parchemin de 14,5 X 23,5 cm, avec le sceau royal de 8 cm.
  
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Parce qu’il préférait gouverner de sa Sicile chérie, Frédéric II accordait des franchises, des libertés, aux peuples du nord des Alpes. Les Schwyzois surent en profiter, d’autant que la rivalité en la Maison des Habsbourg et celle des Hohenstaufen était déclarée.
 
Texte, traduction française :
Frédéric II, par la grâce de Dieu Empereur des Romains, Roi de Jérusalem et de Sicile, à tous les hommes de la vallée de Schwyz, à ses féaux grâce et tout bien. Ayant reçu de votre part des lettres et des messages, et agréant votre attachement et votre dévouement à notre personne, qu’ils nous ont fait connaître, nous voulons concourir favorablement et avec bienveillance à vos bonnes intentions, n’ayant pas pour peu recommandables votre dévouement et votre fidélité, d’autant plus que vous avez prouvé par des actions le zèle que vous avez toujours eu pour nous et pour l’Empire, en vous réfugiant sous nos ailes et sous celles de l’Empire, comme il convient de le faire en tant qu’hommes libres qui ne doivent hommage qu’à nous et à l’Empire. Puisque vous avez choisi de bonne et franche volonté notre domination et celle de l’Empire, nous accueillons votre fidélité à bras ouverts, et montrons à votre sincère affection la pureté de notre faveur et bienveillance, en vous prenant sous notre protection spéciale et celle de l’Empire, tant et si bien que jamais nous ne permettrons qu’on vous aliène ou vous sépare de notre domination et de celle de l’Empire ; vous donnant l’assurance sérénissime doit répandre sur ses sujets dévoués et fidèles. Jouissez de la prospérité en tout pourvu que vous nous restiez fidèles et ne nous refusiez pas vos services. Donné au siège de Faenza, l’an du Seigneur 1240, au mois de décembre.
 
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Frédéric II n’était pas comme on pourrait le penser un faible, qui face à une population d’une sombre vallée des Alpes, aurait accordé une lettre de franchise pour ne plus entendre parler d’eux. Non, notre Frédéric était un souverain éclairé et cultivé (il parlait 9 langues), il était si libéral qu’il préféra négocier avec les Maures plutôt que de faire un massacre lors de sa croisade. Il entretenait, dit-on un harem et s’habillait parfois à la mode orientale.
Lien pour en savoir plus sur le Grand et Bon Frédéric II
 
gtell

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 17:48

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Bon ! Vous souvenez-vous de ce bon vieux Grégoire X et ses aventures pour traverser les Alpes ?
Oui, certainement ! Je vous l’ai racontée cette histoire. C’était le 10 octobre dernier. Pour bien compléter le récit et démontrer l’importance du voyage qu’entreprit le Pape pour la consécration de la Cathédrale de Lausanne, qui était en fait secondaire, car l’important était pour lui de rencontrer l’Empereur Rodolphe.
Le pape et l’empereur vinrent donc à Lausanne. Pas seul comme il était de coutume, ils arrivèrent avec quelques accompagnants. Mais vu l’importance de la rencontre, le pape arriva le 6 octobre 1275, accompagné de sept cardinaux, deux de l’ordre des prêtres, cinq de l’ordre des diacres, qui, dans le procès-verbal de la consécration de Notre-Dame de Lausanne, sont nommés par les églises romaines dont ils étaient titulaires, Saint-Marc, Sainte-Praxède, Saint-Adrien, Saint-Eustache, Sainte-Marie in Cosmedin, Saint-Georges in Velabro, tout proche, Sainte-Marie in porticu. Le cardinal de Tarentaise, devenu évêque suburbicaire d’Ostie, n’assistait pas à la cérémonie de la consécration, mais fut présent aux cérémonies du lendemain 20 octobre.
Outre ces huit cardinaux, parmi lesquels deux futurs papes, de nombreux autres prélats s’étaient rendus à Lausanne : les évêques de Lyon, Milan, Ravenne, Embrun, Besançon (le métropolitain de Lausanne), les évêques de Liège, Paris, Constance, Bâle, Trente, Valence, Marseille, Genève, Sisteron et Verdun, sans parler de l’évêque de Lausanne, Guillaume de Champvent.
Rodolphe rejoignit le pape à Lausanne le 18 octobre. Il était accompagné de la reine et de ses enfants, des ducs de Bavière, de Lorraine, de Carinthie, d’autres encore dont l’identité nous échappe, du comte palatin du Rhin, du burgrave du Nuremberg, Frédéric de Hohenzollern, son ami personnel, qui lui avait apporté à Bâle la nouvelle de son élection, et de nombreux landgraves, comtes et barons.
 
Où logeaient tous ces prélats et seigneurs ? On peut penser qu’ils s’entassaient dans les deux couvents lausannois principaux, celui de Saint-François et celui de Saint-Dominique, à la Madeleine. Le pape et le roi Rodolphe étaient sans doute les hôtes de l’évêque, mais le château Saint-Maire n’existait pas encore.
 
On peut aussi penser que chaque « personnalité » avait à son service de un à cinq « valet, prêtre, serviteurs, dames de compagnies et autres », qui devaient eux aussi être logés et nourris. Lausanne était donc envahie ! Ça devait être aussi très coloré et animé comme étant un grand jour de fête, dommage qu’aucun dessin ou peinture n’aient été réalisé pour immortaliser l’événement. 
 
Au cours de la cérémonie qui eut lieu le 19 octobre 1275, le pape plaça de ses mains sous l’autel majeur de la Cathédrale, qu’il oignit et consacra lui-même, les reliques suivantes : un morceau de la croix du Seigneur, des cheveux de la Bienheureuse Vierge Marie, un fragment d’une côte de la bienheureuse Marie-Madeleine et d’une côte de saint Laurent ; des morceaux du Saint Sépulcre, du sépulcre de la Sainte Vierge, de la Crèche et du bois de la croix de Saint-André, et plusieurs autres reliques. (pfffff le nombres de « vraies » reliques qui a là !)
Le pape accorda à tous les pèlerins de Notre-Dame de Lausanne vraiment pénitents une indulgence d’une année et quarante jours, auxquels les archevêques et évêques présents ajoutèrent quarante jours.
Le lendemain 20 octobre 1275, en présence des prélats et seigneurs, Rodolphe jura en mains du pape de maintenir les possessions et droits de la Sainte Eglise romaine et de l’aider à récupérer ceux qu’elle avait perdus. La défense du royaume de Sicile est expressément mentionnée. Grégoire X voulait éviter que les prétentions des Hohenstaufen sur Naples et la Sicile soient reprisent par Rodolphe. Le nouveau roi était, en effet, le filleul de Frédéric II et avait été élevé à sa cour.
Le même jour, le pape et Rodolphe fixèrent au 2 février 1276 le couronnement de Rodolphe à Rome, comme empereur d’Occident.
 
Mais les hommes proposent et Dieu dispose.
 
Comme je vous l’ai dit dans le précédent article sur le grand pape Grégoire X, il meurt sur le chemin du retour en Italie.
Que Lausanne ait été à cette époque, un instant, le centre de la chrétienté laïque et ecclésiastique, valait d’être relevé.
 
Tiré de : La consécration de la Cathédrale de Lausanne le 19 octobre 1275 et l’unité de l’Europe chrétienne. Cahiers de la Renaissance vaudoise 87. Marcel Regamey
GTell

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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 21:26
Sur un site où la Fédération Suisse des Agences de Voyages expose son histoire, (50 ans, de 1928 à 1978) un chapitre parle des GI’s américains qui « découvrent » la Suisse. Le chapitre en question est reproduit ci-dessous. Mais ils oublient de dire que la Suisse fut sommée d’accueillir ces soldats américains. La Confédération pour avoir été trop intime avec les allemands pendant le conflit, a dû accepté cette présence de militaires armés et envahissants, tel qu’ils ont étés perçu par la population dans un premier temps. Par la suite, les bienfaits des dollars coulant à flot endormirent les esprits.   
 
 
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Les GI‘s américains découvrent Switzerland
Comme une communication de la Fédération suisse du tourisme, adressée en 1945 au Conseil fédéral, le précise, la deuxième guerre mondiale a coûté au seul secteur du tourisme suisse une perte de recettes de 1,35 milliards de francs. L‘Europe est en ruines, les voies de communication détruites, les édifices d‘art saccagés, les campagnes dévastées. Qui pourrait donc encore vouloir voyager dans ces conditions? Ce sont les Gl‘s. Et pour se rendre où? En Suisse en tout cas. La guerre terminée, les soldats américains viennent passer leurs congés dans notre pays, en uniforme, cheveux en brosse et chewing-gum en bouche. Pour leur permission d‘une semaine, ils peuvent choisir entre la Suisse, I‘Autriche et l’Italie. 50 pour cent des Gl‘s se prononcent pour la Suisse. Le cœur de l‘Europe, resté intact, revêt un tel attrait que l’armée recrute ses volontaires aux Etats-Unis en affichant : « Join the Army and see Switzerland! » Plus d‘un million de GI‘s visitent Switzerland en 1945 ; ils sont 750’000 l’année suivante et toujours encore 155’000 en 1947. Ils apportent cigarettes, super pourboires et un flot de dollars. Ils perçoivent au début 150 francs d‘argent de poche, 200 francs par la suite. (Citons à titre de comparaison que le salaire mensuel moyen d‘un employé suisse est à l’époque de 740 francs.) Quoi d‘étonnant à ce que les horlogers doublent leurs chiffres d‘affaires.
 il y a aussi des films d'actualités sur le sujet, mais je n'ai pas trouvé.
Gtell

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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 15:41
DOCUMENT : Extrait de la « Feuille officielle » du canton de Fribourg du 27 juillet 1848.
 
A Vendre :
 
L’Etat de Fribourg, par la réduction du nombre de ses districts, par la suppression immédiate de quelques couvents et par sa nouvelle organisation, qui le dispense de loger ses préfets, a une quantité considérable de châteaux, bâtiments divers, propriétés, domaines et vignes à vendre. Les châteaux, qui, pour la plupart, figurent dans l’histoire, pour avoir été la résidence des ducs et des comtes de Savoie, sont bâtis sur les points les plus culminants et les plus beaux sites de Gruyères, Bulle, Châtel-Saint-Denis, Rue, Romont, Corbières, Surpierre, Farvagny, Estavayer et Morat. Ces édifices, flanqués de tours, sont ornés de beaux jardins, vergers ; ils comprennent de vastes cours, remises, écuries, greniers à foin, fontaine ou puits, et offrent, en un mot, outre les points de vue les plus étendus et les plus variés, toutes les aisances désirables. Les autres bâtiments sont les monastères grandioses d’Hauterive, de la Part-Dieu ; les couvents des Augustins et des Ligoriens à Fribourg ; la belle maison de la Part-Dieu à Vevey ; la maison d’Hauterive, près l’hôtel des Merciers, à Fribourg ; l’ancienne résidence des préfets à Dompierre ; une grange avec verger audit lieu ; une tour du XIIIe siècle à Murist-La Molière ; un grenier au centre du village de Montagny, etc.…
Aux deux monastères, qui pourraient servir à un institut, école d’agriculture, fabrique, bains, etc., on ajouterait la quantité de terrain désirable, soit de une ou deux à quelques cents poses de terre contiguë.
Les amateurs de ces immeubles pourront adresser leurs offres et prendre connaissance des conditions de vente au bureau de la Direction des travaux publics, à Fribourg, ou chez les préfets et receveurs des arrondissements respectifs.
 
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le château de Morat
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Bulle
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Corbière
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Gruyère
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Romont
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Surpierre
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Rue
 

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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 15:48

Sous le prétexte que l'entrée de Fribourg dans l'alliance du Sonderbund avait été l'oeuvre des Jésuites, le gouvernement provisoire décida d'expulser ces religieux ainsi que tous leurs affiliés. Un délai de trois jours leur fut donné pour quitter le canton.
Ce décret atteignit non seulement les Jésuites du collège de Fribourg, mais encore ceux que le gouvernement appelait leurs affiliés: les Rédemptoristes, les Marianistes, les Frères de la doctrine chrétienne, les Soeurs de Saint-Vivent de Paul, qui avaient un couvent à Fribourg, et les Soeurs du Sacré-Coeur, fixées à Montet (Broye).
L'Etat s'empara des biens de tous ces couvents et en attribua les revenus à l'instruction publique.

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Fribourg 1847

 

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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 15:39

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Lettre manuscrite de, de Chateaubriand, Archives bourgeoisiales de Sion

Le citoyen Chateaubriand, chargé d’affaires
de la République française près la République du Valais.
 
A Monsieur le Président du Conseil
de la Ville de Sion.
 
Monsieur le Président,
 
J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur
de m’écrire au nom du Conseil de la Ville de Sion ;
je suis infiniment touché de la bienveillance que le
Conseil me témoigne. J’accepte avec reconnaissance
le logement provisoire qu’il a bien voulu me faire
préparer ; mais la magnanimité du Premier
Consul ne permettrait pas que le logement fût
aux frais d’un pays qui n’est pas riche que de ses
vertus ; et c’est, je crois, entrer dans les hauts
sentiments de son cœur que de vous dire,
que son envoyé désire être agréable et non
à charge à votre République.
 
Je vous prie, Monsieur le Président,
d’offrir ces sentiments au Conseil. J’espère
arriver à Sion vers le milieu du mois d’avril ; et
j’aurai un plaisir extrême à vous assurer
de vive voix de la haute considération avec
laquelle j’ai l’honneur d’être,
 
Monsieur le Président,
votre très humble
et très obéissant
serviteur.
 
de Chateaubriand.
 
Paris, 15 ventôse an XII.
(6 mars 1804)

Hélas pour le Valais, le grand écrivain n’arriva jamais à Sion.
Il avait été nommé au poste de Chargé d’Affaires de la République française au près de la République du Valais, par Talleyrand, ministre des Affaires Etrangères et confirmé par le Premier Consul Bonaparte.
Le 22 mars 1804, il démissionnait sans avoir été en poste.
La cause directe, ou le prétexte, en fut l’exécution du duc d’Enghien, le 21 mars 1804.
 
La lettre de démission de Chateaubriand, lettre prétexte.
Citoyen Ministre,
Les médecins viennent de me déclarer que Mme de Chateaubriand est dans un état de santé qui fait craindre pour sa vie. Ne pouvant absolument quitter ma femme dans une pareille circonstance, ni l’exposer aux dangers d’un voyage, je supplie votre Excellence de trouver bon que je lui remette les lettres de créance et les instructions qu’elle m’avait adressées pour le Valais. Je me fie encore à son extrême bienveillance pour faire agréer au Premier Consul « les motifs douloureux » qui m’empêchent de me charger aujourd’hui de la mission dont il a bien voulu m’honorer. Comme j’ignore si ma position exige quelque autre démarche, j’ose espérer de votre indulgence ordinaire, citoyen ministre, des ordres et des conseils ; je les recevrai avec la reconnaissance que je ne cesserai d’avoir pour vos bontés passées.
J’ai l’honneur de vous saluer respectueusement.
Chateaubriand.
Paris, rue de Beaune, Hôtel de France, 1er germinal an XII
 

220px-Execution-of-the-duke-d-Enghien.jpgL'exécution du duc d'Enghien
bonaparte.jpgBonaparte

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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 17:30
Le domaine temporel de l’évêque de Bâle, groupé autour de la donation de l’abbaye de Moutier-Grandval, au lieu d’être confiné, comme celui des évêques de Lausanne, de Sion et de Genève, dans les limites du comté, soit du diocèse, s’étendit très tôt dans les diocèse de Lausanne (vallon de St-Imier et La Neuveville) et dans celui de Besançon (l’Ajoie). En dehors du diocèse de Bâle, l’évêque n’était que prince, mais comme prince, il pouvait avoir, après la Réforme, la collation des pasteurs. A la fin de l’ancien régime, en 1779, une rectification des frontières ecclésiastiques rétablit la concordance entre la principauté et le diocèse. « En janvier 1782, le curé de Porrentruy chante, pour la première fois, la messe « à la bâloise ».
La principauté épiscopale de Bâle avait un caractère essentiellement patrimonial. Elle n’avait ni unité géographique, ni, après la Réforme, unité religieuse. Les liens de combourgeoisie de plusieurs communes du sud avec Berne (Bienne, 1352 ; La Neuveville, 1388 ; la Prévôté de Moutier-Grandval, 1486) avaient placé cette région sous le protectorat de LL.EE., surtout après l’introduction de la Réforme, car les paroisses réformées du Jura dépendaient étroitement de l’Eglise bernoise. L’évêque partageait avec Berne la souveraineté de la Montagne de Diesse. La maire, rendant la justice, portait un manteau rouge et noir, à l’extérieur, couleurs de Berne, et rouge et blanc, à l’intérieur, couleurs du prince-évêque. Selon qu’il jugeait au nom de son Altesse ou de LL.EE., il tournait son manteau de manière à arborer les bonnes couleurs !
Alors que la Confédération des XIII cantons, qui s’était déjà dégagée de tout lien de juridiction avec l’Empire, avait fait reconnaître sa pleine souveraineté à la paix de Westphalie, en 1648, (de même que le prince de Neuchâtel), l’évêque de Bâle demeura prince du Saint-Empire romain de nation germanique pour les territoires du Nord du Jura et Moutier. Cette allégeance se marquait par l’investiture lors de son entrée en charge, avec le paiement d’un émolument fort coquet à la chancellerie impériale de Wetzlar, « tombeau des procès ». Lors des troubles de 1726 à 1740, l’évêque demanda l’arbitrage de l’Empereur, d’ailleurs sans succès.
Le sud de la principauté échappait à l’Empire germanique. Il était censé faire partie de la Suisse. Il refusait de payer l’impôt du Turc prélevé dans tout l’empire pour soutenir la résistance de l’Autriche. Moutier, d’allégeance impériale, était cependant couvert par la neutralité helvétique.
La complexité juridique du régime applicable aux diverses parties de la principauté épiscopale était extrême.
Et cependant les princes-évêques réussirent à maintenir leur autorité dans le Sud comme dans le Nord jusqu’à la Révolution. On constate même un affermissement du pouvoir du prince-évêque sous les derniers règnes, après les troubles qui agitèrent d’abord l’Erguel* puis l’Ajoie pendant une quinzaine d’années de 1726 à 1740 (31 octobre 1740, exécution de Pierre Péquignat).
La principauté épiscopale de Bâle – Porrentruy fut, elle aussi, un Ständestaat. Institués assez tard, au XVe siècle, les Etats du pays comprenaient vingt-cinq députés, un député de la noblesse, huit des abbayes et chapitres et seize pour les villes et communautés. La réforme porta un premier coup à l’institution car les villes et communautés réformées cessèrent d’y paraître, sauf, rarement, la Prévôté et l’Erguel.
Contrairement aux Etats généraux en France, aux Audiences générales à Neuchâtel et aux Etats de Vaud, qui cessèrent d’être convoqués dès la première partie du XVIIe siècle, les Etats de la principauté subsistèrent encore au XVIIIe siècle. On les voit convoqués à Porrentruy en 1730 et en 1739, au cours des troubles de l’Ajoie. Mais l’esprit de la libre conversation entre le Prince et les Etats, caractéristique du Ständestaat, avait disparu. L’évêque convoquait les Etats pour leur faire connaître sa volonté.
Le Jura épiscopal connut, seul en Suisse, l’évolution de la monarchie féodale à la monarchie de droit divin et au despotisme éclairé, à l’instar de la Prusse, de l’Autriche et de l’Espagne. Ce sont précisément des réformes instituées d’autorité par le prince Jean-Conrad de Reinach en 1726, - création d’une chambre des comptes, d’une cour des fiefs, d’une commission des eaux et forêts, d’une chambre des notaires, des commissions pour l’entretien des pauvres, des veuves et des orphelins, l’industrie du fer, les forges, le sel, le commerce des grains – qui suscitèrent la révoltes d’un peuple conservateur de ses usages. Ni la tentative d’arbitrage de la Cour de Vienne, ni l’intervention auprès des cantons n’apaisèrent les troubles, qui furent finalement réprimés à l’aide de troupes françaises.
L’autoritarisme maladroit des deux Reinach ne doit pas faire oublier des règnes bienfaisants avant et après les troubles : celui du grand Christophe Blarer de Wartensee (1575-1608), qui liquida le contentieux avec la Ville de Bâle par le traité de Baden, le 11 avril 1585, après avoir obtenu l’alliance des cantons catholiques en 1580. L’indemnité qu’il reçut, en contrepartie de l’abandon de ses droits sur la ville rhénane, lui permit de rétablir les finances de la principauté et de fonder le collège Saint-Charles (Borromée) à Porrentruy. Le chapitre, en revanche, refusa la transaction pour ce qui le concernait.
Il est digne de remarque que le problème que posait la présence de la ville de Bienne dans la principauté épiscopale est apparu au prince-évêque Blarer de Wartensee comme il devait se poser trois siècle et demi plus tard aux pères du canton du Jura : l’évêque, convaincu que les franchises de la ville, en partie usurpées au cours des siècles, en étaient au point que son autorité y était illusoire, conçut le projet de la céder à la ville de Berne pour obtenir en contrepartie le rétablissement de l’autorité princière sur l’Erguel, que Bienne s’était attribuée au point de vue judiciaire et militaire. Le traité fut conclu en 1599 sans la participation des Biennois. Quand ceux-ci apprirent les tractations, ils craignirent que leur combourgeoisie avec Berne ne se transformât en sujétion et se mirent à apprécier l’autorité discrète et limitée de l’évêque. Des difficultés soulevées maladroitement par Berne dans l’exécution du traité engagèrent Blarer de Wartensee à y renoncer. Bienne resta dans la principauté et fit sa paix avec l’évêque en 1606 : les droits qu’elle prétendait exercer dans l’Erguel en matière judiciaire furent recouvrés par l’évêque, Bienne conservant cependant dans cette région le droit de bannière. Berne renonça, difficilement, à son acquisition en 1607.
Jean-François de Schönau (1651-1656) réussit à se faire recevoir dans le Défensional** des cantons protestants. Mais il risqua du même coup de perdre l’alliance des sept cantons catholiques. En 1691, l’évêque JeanConrad de Roggenbach (1656-1693) « le bon prince », fut sur le point de faire entrer sa principauté dans la Confédération mais les cantons catholiques s’y opposèrent parce que la contrepartie était l’admission de Genève. Les cantons catholiques reconnaissaient déjà, cette année-là, l’incorporation du Pays de Vaud à la neutralité helvétique. C’était suffisant ! Il est curieux de rapporter ce marché manqué de la suggestion genevoise au Congrès de Vienne d’échanger avec la France le Jura épiscopal contre le pays de Gex. L’évêché de Bâle demeura lié seulement aux sept cantons catholiques.
Après les troubles sous les règnes des deux Reinach, le trône épiscopal fut encore occupé par des hommes de valeur, dont le plus remarquable, Guillaume Rinck de Baldenstein (1744-1762), natif du pays, se distingua comme bâtisseur de routes, restaurateur des forêts, créateur du cadastre.
Le prince-évêque était élu par les chanoines du chapitre de Bâle, installé depuis la Réforme à Fribourg en Brisgau, puis à Arlesheim, et composé en majeure partie de cadets de familles nobles d’Allemagne ou d’Alsace. Si l’élection tardait, le pape pouvait se substituer au chapitre.
Pour un homme du XXe siècle, le régime du Jura épiscopal paraît bien étrange. Ce régime n’en a pas moins formé un pays voisins, sauf Neuchâtel. L’accueil, tacite, par l’évêque des anabaptistes fugitifs des terres bernoises est assez exceptionnel.
Le fait d’avoir dépendu durant huit siècles du même prince n’a pas manqué de marquer la population du Jura, malgré sa diversité ; sans le prince, l’unité du pays n’aurait pas résisté aux forces centrifuges. Le canton de Berne, depuis 1815, n’a pas su reprendre le rôle fédérateur de l’évêque. Mais il n’a pas non plus fédéré contre lui tous les Jurassiens. Le désir de retour à l’unité, général dans le Nord, et l’opposition à ce même Nord, dominante dans le Sud, s’expliquent par l’histoire. Même Moutier conserve la position ambiguë qu’il avait dans la principauté, mi-germanique, mi-helvétique. Cependant c’est dans la partie anciennement « germanique » du pays que l’affirmation de la francophonie s’est développée le plus, au point d’y devenir le motif principal de l’autonomie.
 
*L’Erguël, terre du prince-évêque de Bâle
Du Moyen Age à 1797, l’Erguël fut une seigneurie, ou bailliage, de la principauté épiscopale de Bâle. Les sires d’Arguel, ou d’Erguël, de Franche-Comté, en détinrent l’avouerie (charge détenue par un laïc, consistant à défendre les intérêts temporels d’une institution religieuse). Ils occupaient le château, aujourd’hui en ruine, au sud-est de Sonvilier.
 
**Lorsque des troupes étrangères protestantes pénètrent sur le territoire suisse et violent sa neutralité en 1633 puis en 1638, la Diète réagit en créant un « Conseil de guerre » composé d’officiers catholiques et protestants capable de réunir 36 000 hommes en armes pour défendre les frontières de la Confédération. L’acte fondateur de cette institution est le « Défensional de Wil » signé en 1647.
 
La formation de l’Etat dans les six cantons romands. Cahiers de la Renaissance vaudoise 1982
 
blarer.jpgJacques-Christophe Blarer de Wartensee
Prince-évêque de Bâle 1575-1608

saint-germain302.jpgCrosse de Saint Germain

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 15:02
Il sera souvent question, dans le texte ci-dessous, du Plaid général, qui est l’assemblée judiciaire d’origine carolingienne.
 
A la donation de 896, par Rodolphe Ier, à l’évêque de Lausanne, de tous les droits fiscaux et judiciaires du comte sur le marché de la place du Crêt sous la Cité de Lausanne, se joint une clause plus générale : « que le pasteur de cette cité ait la toute-puissance, sans partage avec nul autre, sur la cité et au-dehors ». L’évêque était donc seigneur immuniste de Lausanne, tant de la Cité que du Bourg, lorsque, le 25 août 1011, Rodolphe III lui fit donation de l’ensemble des droits du comte de Vaud.
Ces droits ne représentaient pas une puissance territoriale mais un ensemble de revenus fiscaux liés à des droits de justice. L’énumération en est donnée cent cinquante ans plus tard, en 1157, dans les franchises de saint Amédée : l’évêque déclare tenir du roi les « régales », savoir les routes et péages, les taxes sur les ventes dans les marchés, les « Joux noires », le droit de battre monnaie, la police des marchés, les poids et mesures, les criminels manifestes, les bans anciens et les nouveaux institués d’un commun accord (avec les clercs, nobles et bourgeois), les cours d’eau, les voleurs et les ravisseurs. Cette énumération est typique du Moyen Age : on mélange les choses et les personnes mais le lecteur de l’époque comprend qu’il s’agit chaque fois de droits de juridiction comportant des revenus. Les bans, par exemple, sont les amendes prononcées pour des infractions qui n’appellent pas des peines afflictives : mort ou mutilation. L’évêque percevait l’amende dans les cas prévus par la coutume et dans ceux qui pouvaient être institués avec l’accord de son peuple.
Le seul droit régalien de l’évêque dont l’étendue équivalait à celle de l’ancien comté de Vaud était celui de battre monnaie, qui s’étendait au diocèse entier. L’évêque obtint sans peine l’intervention de l’empereur contre le baron de Vaud, qui avait installé un atelier de monnayage à Nyon.
Le droit de créer une nouvelle émission de monnaie était subordonné à l’accord des trois ordres des sujets épiscopaux des Lausannois.
D’une part donc, l’évêque était seigneur territorial de la Ville de Lausanne, Cité et Ville inférieure, ainsi que divers lieux : Lavaux dès 1079, Avenches, Lucens – Curtilles, Villarzel – L’Evêque, Bulle (qu’il avait érigé en bourg fortifié), La Roche-en-Ogoz (dont le château fut acquis de Jean et Nicole de Blonay en 1353).
D’autre part, il était titulaire de droits régaliens épars dans le comté de Vaud. Avec le temps, ces droits épars passèrent sous la puissance de seigneurs laïques et de la Maison de Savoie, l’évêque n’en conservant que la suzeraineté.
La donation du comitatus valdensis représentait si peu un pouvoir territorial que l’évêque n’en prit pas le titre et que la notion même du comté de Vaud disparut pour être remplacée par celle de Patria vuaudi, patrie de Vaud, se rapportant principalement au Pays de Vaud reconstitué par Pierre de Savoie, au milieu du XIIIe siècle.
Ce n’est qu’après 1356 que l’évêque de Lausanne se para du titre de comte de Vaud pour opposer au vicariat accordé par l’empereur au Comte Vert, révoqué puis renouvelé à ses successeurs, sur les évêchés de Lausanne, Genève et Sion, un titre plus ancien. Mais les évêques comtes de Vaud n’exercèrent pas davantage un pouvoir territorial sur le comté, qui avait, en réalité, disparu dès avant 1011.
Les deux derniers évêques qui régnèrent à Lausanne, Aymon et Sébastien de Montfalcon, ajoutèrent encore au titre de comte celui de prince du Saint Empire (ce titre de prince apparaît déjà, occasionnellement, en 1285, dans une sentence de Rodolphe de Habsbourg). Ces titres pompeux furent conservés par les évêques en exil puis par les évêques de Lausanne résidant à Fribourg, jusqu’à Mgr Marius Besson inclusivement. (1876-1945)
Au XIe siècle, les évêques de Lausanne furent, en majorité, des seigneurs guerriers qui avaient lié leur sort aux rois de Germanie dans la querelle des investitures. Notamment, Burcard d’Oltingen fut le fidèle compagnon d’Henri IV et l’accompagna à Canossa (1077). Il eut sa récompense deux ans plus tard par la donation du château royal de Lutry et de la Vaux de Lutry, Villette, St-Saphorin et Corsier, domaine épiscopal jusqu’en 1536.
Le chapitre des chanoines de la Cathédrale constituait lui-même une seigneurie collective, propriétaire et seigneur de plusieurs bourgs et villages : Crans, Dommartin, Vuarrens, Essertines, Saint-Prex, Tolochenaz, Belmont-sur-Lausanne, Epalinges et Albeuve.
Il possédait l’immunité par rapport à la juridiction de l’évêque excepté les crimes manifestes et ceux punissables de mort ou de mutilation.
Les seigneurs ecclésiastiques devaient être assisté, pour l’exercice de la justice temporelle et les actions militaires, par un avoué. Ce fut le comte de Genève qui exerça cette fonction dans la principauté épiscopale de Lausanne en dehors des murs de la Cité. Selon les tendances de l’époque, l’office devint héréditaire et le comte de Genève fut accusé de multiples exactions au détriment des droits de l’évêque sous le règne de l’évêque Gérard de Faucigny (1107-1129)
Le comte de Genève avait détruit le château épiscopal de Lucens et construit une fortification menaçante au-dessus de Lausanne. En 1131, il fut défait par le duc Conrad de Zaehringen.
En 1152, le mariage de Frédéric Barberousse avec la comtesse palatine de Bourgogne, Béatrice, amena l’empereur à prendre en mains les affaires de Bourgogne tant transjurane que cisjurane. A cet effet, il supprima le rectorat de Bourgogne attribué à Rodolphe de Rheinfelden et transmis aux Zaehringen. En compensation, il accorda à ces derniers l’avouerie impériale sur les trois évêchés de Genève, de Lausanne et de Sion. Il semble que le duc de Zaehringen ait abandonné au comte de Genève l’avouerie sur cet évêché, ce qui provoqua une vive réaction de l’évêque de cette ville, tandis que l’évêque de Lausanne prit appui sur le duc Berthpld IV pour éliminer définitivement son avoué épiscopal, qui venait d’exciter une sédition populaire contre lui en 1156-1157. Le duc confia l’avouerie à un de ses chevaliers, Emmo de Garenstein.
Toutefois l’avouerie impériale des Zaehringen n’était pas non plus sans danger pour l’évêque, d’où la précaution qu’il prit de faire reconnaître ses droits, à la même époque, par les trois ordres de l’évêché. Cette reconnaissance visait d’abord le duc de Zaehringen mais, en définissant ses droits, l’évêque les limitait, d’où le nom de Franchises de saint Amédée donné par la suite à cette reconnaissance des droits de l’évêque.
La prévision de l’évêque était d’autant mieux fondée que, dans la succession d’Emmo de Garenstein, Berthold IV racheta l’avouerie épiscopale et la conserva pour lui-même, réunissant sur la même tête les deux avoueries épiscopale et impériale (1175-1179).
De ce fait, les ducs Berthold IV et Berthold V furent les adversaires de l’évêque, qui, au décès de Berthold V, en 1218, réunit définitivement l’avouerie épiscopale à l’autel de la Vierge Marie, s’interdisant désormais de l’aliéner. L’évêque dut encore indemniser en 122 Aymon de Faucigny, à qui l’avouerie avait été cédée. Dès lors, l’avoué ne fut plus qu’un fonctionnaire aux ordres de l’évêque, dont la fonction essentielle était de présider le plaid général, dont nous parlerons plus loin. L’évêque s’efforça en outre de racheter tous les offices inférieurs érigés en fiefs héréditaires. Seul le sénéchal fit exception.
Le décès de Berthold V, en 1218, est suivi du traité de Burier en 1219, conclu par l’évêque de Lausanne avec le comte Thomas de Savoie. Ce prince est mis en possession, à Moudon, de tous les droits que le comte de Genève tenait de l’évêque à Moudon. L’évêque ratifiait la donation de Philippe de Souabe en 1207.
C’était l’installation de la Maison de Savoie au Pays de Vaud, qui ne tardera pas à devenir dangereuse pour l’évêque un peu plus tard d’un siècle plus tard par la concession du vicariat impérial sur les trois évêchés romands. L’évêque ne put empêcher l’installation à Lausanne d’un juge impérial, qui, du nom de la maison qu’il occupait, fut appelé le juge de Billens. C’était à ce juge qu’étaient déférées les affaires pouvant être portées devant l’empereur. Ce poste, à la nomination du comte puis duc de Savoie, fut rempli par des personnages importants, par exemple un comte de Gruyère et plusieurs baillis de Vaud.
Pour décourager ses justiciables de recourir jusqu’au juge impérial de Billens, l’évêque institua un degré de plus de juridiction, le commissaire épiscopal, auquel on pouvait porter en recours les sentences de la cour séculière présidée par le bailli de l’évêque, lui-même juge des autorités inférieures, mayor, mestral, sénéchal et sautier.
Mais le juge de Billens acceptait parfois de juger des affaires dont les plaideurs avaient sauté un degré de juridiction, ce qui déterminait des conflits permettant à des puissances étrangères d’intervenir, comme elles intervenaient dans les nombreuses révoltes des Lausannois contre leur évêque. Les dates de 1224, 1282-1284, 1296, 1313, 1465, 1480, 1482 mqrquent les conflits, parfois violents, qui opposèrent l’évêque à ses sujets, le chapitre prenant parti tantôt pour l’un, tantôt pour les autres. Seul, ou à peu près, le règne du grand évêque Aymon de Montfalcon (1491-1517) demeura sans troubles. Ces difficultés recommencèrent sous son neveu et successeur, Sébastien de Montfalcon, qui, surpris par l’agression bernoise, alors qu’il séjournait dans son château de Glérolles, prit la fuite par le lac.
Cette situation conflictuelle des lausannois avec leur prince-évêque contraste avec la bonne entente des villes et seigneurs du Pays de Vaud avec leurs princes de la Maison de Savoie.
Et pourtant, les Lausannois n’étaient pas les sujets d’un monarque absolu. C’était inconcevable au Moyen Age. De fait, dès 1144 ou 1157, avec la reconnaissance des droits de l’évêque (franchises de Saint-Amédée), les Lausannois possédèrent des garanties quant à leur liberté personnelle et la sûreté de leurs biens. Les franchises étaient lues chaque année au Plaid général, qui réunissait l’ensemble des bourgeois de la ville et de son ressort avec les clercs et les nobles. Durant la session du Plaid général, toutes les autres autorités judiciaires étaient suspendues. Après la liquidation des litiges, des points de coutumes pouvaient être précisés ou modifiés. La session se terminait par la visite des chemins et des pâquis. C’est l’occasion de préciser que les Râpes d’Orient appartenaient en commun à l’évêque, aux citoyens (bourgeois de la Cité) et aux bourgeois de la ville inférieure tandis que les Râpes d’Occident n’appartenaient qu’à la Ville inférieure.
Les franchises de saint Amédée furent renouvelées et étendues par le Plaid général de 1368, dont M. Jean-Pierre Baud a étudié le texte. C’est à lui que nous empruntons les quelques renseignements qui permettent de comprendre la formation de l’Etat lausannois au Moyen Age. Le Plaid de 1368 comme la reconnaissance des droits de l’évêque (1144-1157) n’a rien de systématique. Des dispositions de police sanitaire, de police des marchés et des établissements publics voisinent avec des dispositions que nous appellerions constitutionnelles. Nous ne résistons pas au plaisir de mentionner l’obligation du cabaretier qui laisse un buveur s’enivrer de lui faire crédit et de l’accompagner au domicile avec une bougie allumée !
Le bourgeois de Lausanne doit le service militaire au seigneur-évêque, mais pour un jour et une nuit seulement. Il doit de plus ferrer les chevaux de l’évêque et des nobles. L’équipement est aux frais du bourgeois. En revanche, s’il tombe aux mains de l’ennemi, l’évêque doit payer sa rançon comme il doit indemniser les nobles et bourgeois servant à cheval pour la perte de leur cheval. Les Lausannois servent répartis en cinq bannières : la Cité, le Bourg, lePont, St-Laurent et la Palud. Les hommes des villages suburbains sont rattachés à l’une ou l’autre des bannières.
 
Les cas dans lesquels l’évêque peut demander l’aide financière des bourgeois sont définis. Le tarif des taxes et amendes ne peut être modifié sans l’accord des trois ordres.
Vers la fin du XIVe siècle, le Plaid général disparut. C’était une institution lourde et onéreuse. Il fut remplacé par la cour séculière, se tenant dans l’antichambre de l’évêque et présidée par lui, puis par le bailli, fonctionnaire nommé et révoqué par l’évêque et qui avait juridiction sur toutes les terres de la principauté épiscopale.
La cour séculière était composée de représentants des trois ordres, quatre à cinq membres du chapitre, autant d’autres clercs, divers seigneurs de la Cité et des environs, bourgeois des diverses bannières. Ceux du Bourg étaient les juges des constatations ; ils devaient se rendre sur-le-champ au lieu du fait. En contrepartie, ils étaient dispensés des lods (droits de mutation) et du droit à l’étalage.
En ce qui concerne l’organisation de la commune bourgeoise comme telle, elle fut double jusqu’en 1481, la Cité d’une part, la Ville inférieure d’autre part. en 1432, on trouve installé pour la Ville inférieure un Conseil de ville composé pour quatre personnes par bannière. Ces seize personnages élisent deux prieurs. En 1469, ce sont six personnes par bannière, qui élisent quatre bannerets. Par un système qui trouve encore sa place dans la constitution vaudoise de 1814, les bourgeois d’une bannière élisent les représentants d’une autre ; ceux du Pont élisent les députés du Bourg et réciproquement, tandis que ceux de St-Laurent élisent ceux de la Palud et réciproquement.
En 1481, les deux villes fusionnèrent contre la volonté de l’évêque. Elles créèrent un conseil unique et un bourgmestre.
L’influence de Berne, Fribourg et Soleure depuis les guerres de Bourgogne ne cessait de grandir. Souvent ces villes étaient choisies comme arbitres dans les conflits des bourgeois avec l’évêque ou avec la Savoie.
Cette influence fut consacrée par le traité de combourgeoisie de 1525.
« Les habitants de Lausanne crurent alors assurer leur indépendance et leur grandeur en jouant la carte de Berne et Fribourg contre leur seigneur, l’évêque, et contre la Maison de Savoie. La conquête du Pays de Vaud mit un terme brutal à ces illusions et sanctionna durement l’absence de clairvoyance politique des habitants de Lausanne ».
Bien que la domination bernoise ait placé Lausanne au rang de sujette comme les villes dites ducales, la ville et les localités qui avaient dépendu de l’évêque ou du chapitre continuèrent, jusqu’en 1798, à être régies par le Plaid général et non par le coutumier du Pays de Vaud.
Après la libération, Lausanne ne joua un rôle politique prédominant que durant le régime libéral, de 1831 à 1845, et pratiqua fréquemment une politique opposée à celle du gouvernement vaudois, notamment dans la construction des lignes de chemin de fer.
 
La formation de l’Etat dans les six cantons romands – Cahiers de la Renaissance vaudoise - 1982

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 15:25
La zone de turbulence qui préoccupe actuellement l’ONU (septembre octobre 2007), c’est la Turquie et sa frontière avec l’Iraq, où sont donc concerné ces deux peuple et aussi les Kurdes à cheval sur ces deux Etats.
Les Arméniens de Turquie on en parle plus, du moins pas comme on le devrait. Il y a un pays qui se nomme l’Arménie, avec pour capitale Erevan. Mais là, il est question des Arméniens de Turquie comme l’on parle des Kurdes, un peuple sans reconnaissance.
Les Arméniens persécutés depuis très longtemps, ont été très souvent soutenus par les communautés internationales du monde. La Suisse, du moins sa population a participé à des actions de soutien et de collecte de fonds et cela depuis les débuts des massacres, persécutions et déplacement de la population arménienne.
Le document présenté ci-dessous est l’un de ces cahiers illustrés appuyant un texte qui dénonce les violences et souffrances du peuple arménien par les Turcs. 
Publié à la fin du XIXe siècle en Suisse romande, sous les auspices de l’Union chrétienne de jeune gens de Lausanne. Pourtant quand on parle du génocide arménien, on fait toujours référence à la période de 1915-1917 et jamais, ou si peu que cela avait commencé bien avant. Comme le mot « génocide » n’était pas encore inventé, on parle de persécution.
Donc après les massacres de 1895, l’émotion touche la jeunesse chrétienne de Lausanne et l’on pouvait dès lors donner son obole pour venir en aide aux martyres. 
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