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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 17:31

Sur le champ de bataille, Noverraz a beaucoup servi et n’a pas témoigné du désastre qu’il a vu au côté de Napoléon !

18 juin 1815

De Waterloo à Paris, le spectacle était horrible. Jusqu’au bout, l’Empereur a cru la victoire possible, je suis resté à ses côtés et je puis en témoigner. Et puis, ce fut la déroute, partout, les nôtres fuyaient dans un affreux désordre. Debout au milieu du chemin, je tâchais de les arrêter, je leur criais « C’est lui, c’est l’Empereur », mais ils étaient comme frappés de terreur, ils couraient pêle-mêle. Je criais encore de se rallier autour de lui pour protéger sa retraite, mais ils n’écoutaient pas et fuyaient.

Une charge à Waterloo

Une charge à Waterloo

La Malmaison, 1815

L’Empereur ne pourra rester plus longtemps à Malmaison. Tout le monde le sait, chacun le sent. On prépare des dizaines de berlines, des malles et des bagages pour un long voyage. On me demande si je sais quelque chose, et je réponds que je ne sais rien. C’est la vérité. Certains parlent d’une île, peut-être Saint-Domingue qui a été l’île la plus française. Certains parlent de l’Amérique, de la Louisiane, d’autres de terres au Canada, mais nous ignorons notre destination. De toute façon ce sera un long voyage et qui commence à presser, parce qu’à Paris, les esprits s’échauffent. J’ai lu une proclamation du Conseil Municipal dénonçant l’Empereur :

« Chaque année, il décime nos familles par la conscription. Nos enfants ont été immolés, uniquement immolés à la démence de laisser après lui le souvenir du plus épouvantable oppresseur qui ait pesé sur l’espèce humaine… Notre jeunesse ne doit plus être moissonnée par les armes avant d’avoir la force fidèle de les porter ! »

A bord du Northumberland

A bord du Northumberland

À bord du « Northumberland », août 1815

J’ai enfin pu trouver un coin à bord pour écrire tranquillement. Ce n’est pas très commode, parce que nous avons eu du gros temps jusqu’à Madère, mais maintenant, nous sommes à l’ancre pour renouveler les provisions. Je vois monter à bord des fruits, des légumes, des volailles, quelqu’un de l’équipage m’a dit que notre prochaine escale sera les Canaries.

Je dois dire que l’embarquement et le départ de l’Empereur ont été plus émouvants que tristes : tout autour de notre navire, une foule d’embarcations venant du littoral anglais s’approchait pour voir ce fameux Napoléon, et on l’a même acclamé quand il montait sur le pont. Nous avons levé l’ancre le 9 août, et l’Empereur ne me parla presque pas, il ne quittait guère sa cabine qui mesurait 12 pieds sur 9 que pour un repas rapide, puis, il faisait une partie d’échecs avec le maréchal Bertrand ou le général Gourgaud.

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