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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 16:02

 

 

   Goethe très précis, note la constitution géologique du sol. Tout au long de son voyage, il s’intéressera aux problèmes géologiques et minéralogiques que posent nos montagnes. « Nous descendîmes par un très sauvage et très rude sentier, à travers une antique forêt de sapins, qui avait pris racine dans le plateau de gneiss. Renversées par le vent, les unes sur les autres, les souches pourrissaient sur place avec leurs racines, et les roches, rompues en même temps, gisaient pêle-mêle en blocs sauvages. Nous parvînmes enfin dans la vallée où le Trient s’élance d’un glacier ; nous laissâmes, tout près de nous, le petit village de Trient à notre droite (?) – il est à gauche -, et nous longeâmes la vallée par un chemin assez incommode : enfin, vers six heures, nous sommes arrivés dans la plaine du Valais, à Martigny, où nous voulons prendre du repos pour de nouvelles entreprises. »

 

À l’époque de ce voyage, et nous puisons ce détail dans de Saussure, une partie de la petite plaine du Trient venait d’être rendue à la culture. On y avait brûlé des boqueteaux et défriché le sol pour planter des avoines. Mais, par une négligence blâmable, on avait laissé subsister une bonne partie des troncs, lesquels, à demi brûlés, s’élevaient au-dessus des moissons, avec « un air de ruine et de désolation ». il est à croire que ces vestiges avaient disparu quand Goethe traversa la petite plaine, l’année suivante, il est vrai à une saison où les moissons étaient engrangées. En outre, la redoute du col de la Forclaz était encore munie d’une porte, assez vermoulue, et tout le système de défense, abandonné et sans garde, tombait littéralement en ruine.

 

   Le sentier, certes, n’était pas agréable, et des voyageurs du temps lui trouvent plutôt l’aspect d’une « ravine » que d’un sentier, à cause des galets qui le tapissaient. Cependant, John Moore, en 1774, nous assure que la descente de la Forclaz est un délassement, après les sentiers exécrables de Savoie. – Cette descente avait l’agrément de se faire à peu près toujours à l’ombre, aux sapins du voisinage du col succédant des hêtres, puis des poiriers de grande taille, des châtaigniers et des noyers magnifiques, vantés par des générations de touristes. Des jardins et de beaux vergers séparaient la Ville du Bourg.

 

   Le même soir, Goethe écrivait à Mme de Stein : « … Nous sommes arrivés de nuit dans un pays qui, depuis toujours, excite notre curiosité. Nous n’avons encore vu, à la lueur du crépuscule, que les sommets des montagnes qui ferment la vallée des deux côtés. Blottis dans notre auberge, nous regardons par la fenêtre passer des nuages… Parcourir le Valais nous offre une agréable perspective ; la question de savoir comment nous sortirons par le haut nous cause seule quelque souci. D’abord, il est résolu que nous irons demain, pour voir le Bas-Valais, jusqu’à Saint-Maurice par le pays de Vaud avec nos montures. Nous pensons être ici demain soir, et après-demain nous remonterons la vallée… »

 

   Goethe n’avait pas de plan de voyage bien arrêté. À Genève, H.-B. de Saussure lui avait conseillé de sortir par la Furka. Son idée était aussi d’aller à cheval à Brigue, puis de parcourir à pied la vallée de Conches jusqu’au glacier du Rhône, de revenir ensuite à Brigue et de remonter au Simplon pour gagner les îles Borromées, visiter le Tessin et traverser le Saint-Gothard. Ce détour, examiné à l’auberge de Martigny, reste à l’état de vague projet, et Goethe lui préfère la voie plus directe de la Furka, pour gagner la Suisse centrale. Mais que faire des chevaux ? La question le préoccupe, car il faudra, quoi qu’il en soit, les renvoyer dès Brigue. Et puis, le chemin de la Furka est peut-être déjà fermé aux piétons eux-mêmes, par suite de la neige ? Bref, pour la sortie du Valais, on prendra conseil des circonstances.

 

Pissevache.jpg

 

 

GTell, Chateaubriand et Goethe en Valais

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