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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 17:37

Il n’est pas besoin, en revanche, de rechercher laborieusement l’origine du chemin Eugène-Grasset, lié au souvenir d’un peintre et graveur coté jusqu’en France, du chemin Porchat (dont le parrain posthume fut l’auteur de « Qu’il vive ! », du chemin de Chantemerle ou de celui de Brillantcour  ou bien encore de la sente de Roseneck… lorsqu’il ne s’agit pas de la rampe du Calvaire, néfaste aux asthmatiques. La plupart de ces passages perpétuent la mémoire de propriétés noyées dans les arbres : en d’autres termes d’un idyllique Lausanne cruellement mutilé.

DE QUELQUES RUES ET PLACES

Dans ce champ étymologique très vaste, un choix méticuleux est indispensable, faute de quoi le mémorialiste imprudent serait rapidement submergé. Délaissons donc les avenues, rues ou places visiblement dédiées à la mémoire de célébrités locales ; ou des rares domaines encore présents. Place Saint-François, place Benjamin-Constant, avenue de Beaulieu, avenues de Beaumont, du Belvédère, des Bergières, de la Chablière, de Collonges, Dapples, Druey, de-La-Harpe, de l’Eglise-Anglaise, Aloys-Fauquez, escaliers des Petites et Grandes-Roches ; avenues encore : de la Gare, du Théâtre, d’Ouchy, du Grammont, du Grand-Chêne ; rues Haldimand, Mauborget, Juste-Olivier, Riant-Mont, Eugène-Rambert, Edouard-Rod, Victor-Ruffy ; avenues Tissot, Vinet, Voltaire, Villamont…

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On s’arrête, essoufflé, le soir tombant derrière la fenêtre. Et pourtant, ni vous qui me lisez ni moi ne sommes au bout de nos peines. Beaucoup d’obstacles linguistiques parsèment la route et de sournoises chausse-trapes s’ouvrent sous nos pas.

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À la Cité, déjà, au sud de la forêt de Sauvablin puis aux abords mêmes de cette futaie elle-même, les perplexités s’éveillent en l’esprit inquiet du chercheur. On prête à cette « motte » boisée acquise par la Ville en 1817 une origine païenne : forêt (silva) du dieu Belinus (ou Belin) révéré des Celtes. Le bois appartint plus tard au couvent des Cisterciennes de Bellevaux fondé au XIIIe siècle et supprimé, par Berne, en 1536.

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Situé entre le Bois-Mermet (« petit bois ») et la forêt proprement dite, ce monastère passait pour avoir abrité quelques nuits durant le fiévreux sommeil du « Téméraire » qui campa en ce clos, après sa défaite de Grandson. La rue des Oiseaux, tant et si bien bâtie que la gent ailée l’abandonne, relie la Pontaise (en 1510 : Pontosa ?) à des terrains suburbains de plus en plus populeux. L’une des voies régionales, qui se nommait Aloys Fauquez, dit « Mimi ». Un homme de poids dans toute l’acception du terme. Accordons une pensée au défunt – ou presque – chemin des Cascades-du-Flon ; la voie de Montmeillan, bien en péril aussi (elle tirerait son nom d’un castrum (château médiéval), déroule ses premiers lacets au voisinage de l’ancien « tirage », les fusils d’alors parvenant tout juste à percer les cibles fichées le long des falaises de La Sallaz.

Sur la crête du Signal, aujourd’hui privé de son funiculaire, une plate-forme où se distingue encore l’emplacement du « bûcher des alarmes ». En ce lieu, prête à bouter le feu, veillait une sentinelle municipale. Cette collinette aux mains de particuliers jusqu’en 1817, était en effet prêtée, par eux, à la Ville.

 

Sur l’éminence de la Cité, en véritables compagnies de perdreaux, les rébus se lèvent du pavé sous les pas des géographes et des toponymistes. Certes les origines de la rue de l’Académie, et celles de Cité-Devant et de Cité-Derrière ne recèlent pas de mystères. La rue Charles-Vuillermet rappelle l’œuvre amoureuse d’un imagier du Vieux-Lausanne. Celle qui est dédiée aux Curtat entretient le renom d’un groupe où figurent le doyen Curtat, disparu au cours du XXe siècle, homme de bonne compagnie, qui disait bien le vers et arborait les façons d’un mousquetaire courtois du passéisme. Si la rue Saint-Etienne commémore le souvenir de l’église-couvent chère à l’évêque Marius, quelles pierres d’achoppement sournoises et cachées en Couvaloup et rue de Menthon ! Là, révérence parler, les chats, fourrés ou non, se peignent. En « Menthon », se dressa un château fort tombé sous la pioche. Fondé par une famille française, il tint lieu de résidence aux sénéchaux. Sous la protection de ces murs, le « Téméraire » vint soigner (1476) une damnée grippe contractée au sortir du désastreux combat de Grandson, les reste de son armée se regroupant aux Plaines-du-Loup. Le spectre du duc ne parut pas intimider les chefs d’une école protestante temporairement installée là. Les démolisseurs ayant accompli leur office (XVIIe siècle), le problème de la porte de Couvaloup (ou Coualou) ne se trouve pas résolu pour autant. D’où peut bien être issu le nom de cet embranchement de la rue Saint-Martin, bruyante à souhait de nos jours, aboutissant place du Tunnel ?

La place de la Palud en 1877. Dessin original d’Auguste Piot.

La place de la Palud en 1877. Dessin original d’Auguste Piot.

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