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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 18:13

Janvier 1817

Nous avons eu des inquiétudes pour l’accouchement de Mme Bertrand, mais heureusement, elle a eu un beau petit garçon qui sera un futur camarade pour Napoléone, la fillette de Mme de Montholon que l’Empereur affectionne… Il est vrai que celle-ci lui ressemble beaucoup !

Sainte-Hélène, mai 1817

 L’Empereur m’a demandé combien de temps il me fallait pour gagner Jamestown à cheval. Je lui ai répondu, environ une heure et demie, alors, il m’a montré un papier où il a crayonné un chemin en m’expliquant comment on pouvait gagner une demi-heure en grattant un peu le rocher et en corrigeant des contours. Il a ajouté : « J’aime à construire des routes, et sais-tu quelle est la plus belle route que j’ai construite ? » Et il m’a expliqué que c’était la Grande Corniche qu’il a fait construire entre 1805 et 1812 pour relier Nice à Monaco. Avant, il fallait des chaises à porteurs. Il avait déjà songé à cette route quand il était commandant de l’artillerie du département des Alpes Maritimes et qu’il montait jusqu’au monument d’Auguste à la Turbie.

Alors, j’ai vu le visage de l’Empereur s’éclairer en disant : « Ce n’est pas le triomphe de l’Empire romain que j’avais devant les yeux, mais le visage de ma petite amie niçoise. Elle s’appelait Emilie, elle avait quinze ans, et nous nous promenions la main dans la main sous les citronniers du Parc Laurenti. Sais-tu, Noverraz, que j’ai demandé la main d’Emilie à son père, Joseph Laurenti ? J’ai mis mon bel uniforme et je me suis rendu dans sa maison de la route de Villefranche.

Il a été bien poli, il m’a dit que j’avais sûrement un bel avenir, mais qu’il ne voulait pas que sa fille attende un militaire toujours en campagne et toujours en danger… Emilie pleura un peu, elle épousa un notaire alors qu’elle aurait pu devenir Impératrice. »

Sainte-Hélène, juin 1817

L’Empereur m’a demandé si j’aimais bien boire et si les vins vaudois me manquaient, parce que lui, il ne boit que du chambertin et il en est arrivé deux caisses par un navire de la Compagnie des Indes. L’Empereur m’a dit qu’il avait bu du vin d’Yvorne à Lausanne et du vin valaisan à Martigny et à Saint-Branchier, qu’il en avait bu aussi avec plaisir à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard et il a encore ri à un souvenir qu’il m’a raconté, disant que les Lausannois étaient des gens d’esprit, parce qu’en Floréal, du 12 au 16 mai, il avait logé dans la maison du citoyen Steiner à la descente d’Ouchy, et que, pendant son séjour, la Municipalité avait fait défense au cabaretier voisin de recevoir qui que ce soit dans son jardin pour que le Premier Consul ne soit pas troublé par le bruit des buveurs et des joueurs de quilles !

« Le 13, à Vevey, j’ai passé en revue la division Boudet, il y avait la 9ème, la 30ème et la 59ème de ligne, il y avait aussi la neuvième demi-brigade qui plus tard, a été magnifique à Marengo. Je me suis mêlé aux soldats, j’ai passé entre les lignes tandis que roulaient les tambours et sonnaient les clairons. Le temps était magnifique comme toujours depuis mon arrivée à Genève. »

Je me suis permis de dire à l’Empereur que je me souvenais très bien de tout cela, que mon père m’avait amené à la Place du Marché et que c’était un spectacle superbe pour le petit garçon que j’étais et que c’était depuis là que je rêvais d’entrer à son service.

A suivre

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