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Sainte-Hélène, novembre 1816
Ce soir, on a servi à la table de l’Empereur, une gougère. Marchand, le Maître d’hôtel, avait réussi à trouver à Jamestown du beurre frais, de la farine et des œufs, mais Pierron qui était bourguignon, se faisait du souci : il aurait fallu du gruyère ou du Comté râpé, tandis que nous n’avions que du cheddar…
Le dîner fut très réussi, et l’Empereur s’exclama : « Quand j’étais lieutenant d’artillerie à Auxone (Auxonne), Mme Noizot réussissait de merveilleuses gougères, mais moi, je n’avais d’yeux que pour sa fille Catiche, mon premier amour. Je ne vous raconterai pas mon premier rendez-vous, ni nos promenades. Heureusement, le papa de Catiche, M. Noizot, sortait souvent pour ses affaires, et nous échangeâmes nos premiers baisers sur les marches de l’escalier. »
Quant à Catiche, elle faisait semblant de dormir, mais en montant dans ma chambrette, je grattais discrètement à sa porte, ce qui voulait dire « je t’aime », ou je glissais une feuille de papier avec un message enflammé.
Un soir, Mme Noizot saisit un de ces messages et, très grave, elle me dit :
A Mme Noizot, je déclarai que Catiche serait mon grand et unique amour et que mon plus cher désir serait de l’épouser. Elle m’encouragea à en parler à son mari.
A suivre