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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 17:10

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(La première rue lausannoise à prendre le nom d’un étranger fut celle de l’auteur d’Oliver Twist.)
 
Un voyage en Italie (1844) devait lui faire connaître la beauté de nos vallées et de nos sommets qui firent la célébrité en ce siècle romantique par excellence, et, en passant dans la diligence qui gravit le col du Simplon, Charles Dickens pense au smog sur Londres et les souffrances des enfants d’usine. Il était sur le chemin du retour. Gondo l’a fortement impressionné, surtout la cataracte grondante de la Saltine et ses eaux écumantes.
Au sommet du col du Simplon il assiste au levé du soleil, il ne l’oubliera jamais ni les villages bien propres qu’il traversera jusqu’à Bâle.
A Fribourg il remarque la statue de Saint Pierre « portant la plus grosse clé du monde ».
A la différence de ses contemporains, Dickens n’était pas un romantique à la recherche du pittoresque, de la couleur locale. Non ! Pas après avoir décrit la sombre cité de Londres, les usines et les enfants ouvriers, plus esclaves au service de patrons industriels obscurs. Dickens est un « observateur ».
Non seulement lors de ses passages occasionnels en Suisse lui semble toujours être un beau moment, mais il établit aussi des contacts et relations pour plus tard.
Avant même son installation à Lausanne en 1846, il savait que ses enfants auraient de bons professeurs avec les quelques pasteurs anglais qui enseignaient à Lausanne.
La villa Rosemont sera son domaine de paix, là sous ses yeux le panorama du lac Léman et les montagnes de la Savoie.
Charles Dickens commence à Lausanne son nouveau roman Dombey et fils.
La liste de ses amis suisses est longue et plutôt de bonne société. Il y a bien sûr William Haldimand. Arrière-petit-fils d’un Gouverneur général du Canada d’origine vaudoise, William Haldimand, bourgeois d’Yverdon puis citoyen d’honneur de Lausanne s’était fixé à Ouchy après avoir été membre du Conseil de la Banque d’Angleterre et député d’Ipswich dans l’ancien siège du libéral anti-esclavagiste Wilberforce. Jouissant d’une fortune confortable mais pas illimitée, il aimait à encourage le bien partout où il le rencontrait et aidait les pauvres. Il avait donc de fortes raisons de s’entendre avec Dickens.
Haldimand invitait Dickens et sa femme dans sa maison d’Ouchy, Le Denantou.
Au dîner donné par Haldimand en l’honneur des Dickens, l’écrivain fit la connaissance des William de Cerjat et des Richard Watson du château de Rockingham qui tous devinrent des amis pour la vie.
William Cerjat, bourgeois de Moudon et de Lausanne, avait de très anciennes attaches avec l’Angleterre. Son arrière-grand-père avait épousé la fille d’un Ambassadeur de Grande-Bretagne auprès des Cantons suisses et son oncle recevait à Lausanne le duc de Gloucester, frère du Roi ; le duc de Sussex ; la duchesse de Devonshire. Gibbon, le célèbre historien anglais qui écrivit à Lausanne l’Histoire de la décadence de l’Empire romain était son ami intime.
Charles Dickens aimait aussi les gens simples qu’il croisait dans ses promenades dans la campagne lausannoise.
Le bon aloi d’une fête populaire au Signal, sur les pentes et au sommet d’une haute colline dominant Lausanne, a enchanté l’auteur venu des grandes villes. Il a circulé entre les tentes abritant des buvettes et s’est arrêté devant la piste en bois sur laquelle des gens simples dansaient la valse et la polka. Un carrousel est animé par des patrons brunis du soleil qui présentent aussi les tours d’un garçon bossu et d’un grand caniche savant. Une vingtaine de campagnards suisses allemands chantent des airs patriotiques et entrechoquent leurs verres rythmiquement. Des jeux de hasard et d’adresse sont installés sous un arbre. Des tireurs visent des cibles dressées au-delà d’un ravin.
Le soir, quand le soleil eut cessé ses déploiements de teintes rouges, or et vert brillant, les lumières allumées dans les tentes continuèrent à scintiller à travers les branches des sapins.
 
Le roman le plus « suisse » de Charles Dickens : L’Abîme
 
 
Charles Dickens avait dix enfants, son aîné, Charley, apprit le français à Lausanne et fut récompensé de son bon apprentissage de cette langue par une « montre de Genève ». C’est donc quelques mois après les troubles qui secouèrent la cité de Calvin en octobre 1846 que Dickens et son fils Charley cherchèrent une montre. Comme à son habitude, Dickens observe et décrit ce qu’il voit. Il dira combien les démocrates genevois se sont bien comportés vis-à-vis de ceux qui s’opposèrent à cette révolution.  « Ne soyez pas sévère pour les Suisses. Ils sont une épine dans le flanc des despotes de l’Europe. Je serai toujours prêt à soulever mon chapeau et à jeter mon gant pour la Suisse. » « Je pense qu’il n’existe aucun pays au monde où, comme en Suisse, un changement violent peut s’effectuer avec l’esprit Chrétien qu’il a revêtu dans cette place, ni dans le même style fier, indépendant, chevaleresque. Pas un acte de méchanceté n’a subsisté après la fumée du dernier coup de fusil. »
Dans sa propriété de Gad’s Hill, au fond du jardin il y avait un chalet suisse, cadeau de Charles-Albert Fechter, célèbre acteur qui jouait aussi bien en France qu’en Angleterre. Le chalet arriva de Paris, démonté en 94 morceaux. Tout de suite l’écrivain apprécia cette habitation en miniature qui devint sont bureau de travail.
Il y a tant à dire sur l’amour porté à la Suisse, aux Suisses que cela remplirait de multiples pages. Il ne faut pas oublier aussi sont soutien inconditionnel à Henri Dunant et à son projet de la Croix-Rouge. Après l’éloge du livre d’Henri Dunant, Souvenir de Solferino qui bouleversa Dickens. Il devint le porte-parole en anglais de l’œuvre de Dunant. « M. Dunant pense apparemment qu’il n’a accompli ni n’accomplit rien d’extraordinaire. Il n’y a pas une particule d’ostentation dans son livre. Son style est simple, touchant et cordial. »
À 58 ans, les jours de Dickens, toujours plus surmené, étaient comptés. Lors d’une promenade, il tomba frappé d’une première attaque, à trois lieues de toute habitation. Sa fidèle chienne du Grand-Saint-Bernard Linda, que l’écrivain a décrite terrorisée en voyant son maître à terre, ne le quitta pas pendant qu’il se traînait vers des secours.
Le 8 juin 1870, après avoir travaillé toute la journée dans son chalet suisse, Charles Dickens s’affaissa. Il s’éteignit le lendemain, laissant à tous une œuvre bienfaisante immortelle.
 
Sources : Internet et Charles Dickens ses séjours en Suisse, par Paul-Émile Schazmann, édité par l’Office National Suisse du Tourisme, 1972

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commentaires

Ebenezer Scrooge 24/09/2018 11:15

Avant de raconter n'importe quoi, renseignez-vous : Dickens est mort à 58 ans (et non pas à 71) et non pas d'une chute de cheval...

GTell 24/09/2018 19:14

L’Erreur est humaine…
Pour répondre au correspondant qui a laissé un commentaire, signalant deux erreurs sur les circonstances de la mort de Charles Dickens, je suis obligé d’effectivement reconnaitre ces erreurs impardonnables.
Je ne sais d’où vient cette confusion de date et de situation : peut-être est-ce du fait que les circonstances de la mort de Dickens restent obscures encore aujourd’hui ?
Une chose est certaine, Charles Dickens est bien mort à l’âge de 58 ans, le 8 juin 1870. Corrections sera faites dans mon texte. Mais j’aimerai bien savoir où est-il dit qu’il chutât de cheval ?