Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 16:10

En mars 1802, les Bourla-Papey se manifestent à Aigle ; ils brûlent toutes les archives sur la Place des Glariers. Les archives étaient contenues dans une grande armoire toujours visible au premier étage du château. Seul l’inventaire des archives échappa au foyer.

Qui étaient-ils donc ces Bourla-Papey ? Le dictionnaire historique de la Suisse nous dit :

« Les Bourla-Papey (du patois "brûle-papiers") sont les paysans vaudois qui cherchèrent à faire abolir les droits féodaux par la destruction physique des archives. De février à mai 1802, ils saisirent et détruisirent les titres féodaux de nombreux châteaux, surtout dans les régions de La Côte, du pied du Jura, du Gros-de-Vaud et du Nord vaudois. Ils défilèrent à Lausanne le 8 mai, mais se dispersèrent le 11 après que le commissaire Bernhard Friedrich Kuhn eut promis l'amnistie. Toutefois, nommé en juin 1802 par le gouvernement helvétique, un tribunal spécial condamna à mort par contumace les principaux chefs de l'insurrection (dite aussi guerre des Gamaches): Louis Reymond, Henri Marcel (1772-?), Henri Cart de Nyon, Henri Dautun (1772-1834) et Claude Mandrot (1756-1835). Henri Potterat, seul accusé présent au procès, fut condamné à six ans de réclusion. Sous l'influence d'Henri Monod, les autorités helvétiques prononcèrent une amnistie partielle (17 août) puis totale (15 octobre) des condamnés et décidèrent la liquidation des droits féodaux (29 septembre 1802). Les Bourla-Papey ont inspiré Ramuz (La guerre aux papiers, 1942). »

 

À la Révolution, on promit aux paysans qu’ils ne paieraient plus les redevances seigneuriales, autant du côté français que du côté vaudois le même discours qui ne pouvait qu’être bon. D’un trait de plume, plus de taxes, plus de dimes, rien, croyait-on. Il faut avoir en tête qu’avant la Révolution, il y avait peu d’impôts mais la dime et les taxes étaient une sorte de TVA. Le rêve pour bien des paysans, était de s’affranchir de ces taxes diverses et de pouvoir ainsi grossir leur bourses.

Vous pensez bien que les nantis, même en adhérant à la Révolution, n’allaient pas se laisser dépouiller de telles sources de revenus. La Révolution allait instaurer l’impôt. De plus les détenteurs des droits féodaux demandèrent des compensations pour la perte de ceux-ci. Même modeste, l’impôt exigé aux paysans n’allait pas plaire. Les redevances pour LL.EE., ne seraient plus versées, les droits fonciers des seigneuries allaient être redistribués aux travailleurs de ces terres, etc.

Alors en 1801, lorsque le gouvernement usa des anciens droits de LL.EE., pour exiger les redevances seigneuriales le mécontentement se changea en colère.

Ces intrigues étaient peu connues dans le public, celui des villes notamment, et le Nouvelliste Vaudois insérait dans son numéro du 5 février 1802, les lignes suivantes : « La Pays de Vaud jouit de la plus grande tranquillité ; il n’en est aucun qui ne sente manifestement qu’une insurrection quelconque ne profiterait qu’aux ennemis du nom Suisse, et que, pour être dupe, il faut ne pas voir au-delà de son nez ou de l’heure présente ; on peut même dire que jamais les partis n’ont été plus près de se rallier pour la cause commune que dans ce moment ».

Il semble sans doute résulter de la lecture de ces lignes la conviction que le rédacteur connaissait un peu les intentions des meneurs, mais son étonnement fut cependant assez grand sans doute lorsque, le 23 du même mois, il dut annoncer à ses lecteurs que dans la nuit du 19 au 20, le « ci-devant château de La Sarraz et la chambre forte renfermant les archives de la baronnie » avaient été forcés et les titres des droits féodaux enlevés et anéantis pour la plupart.

La machine Bourla-Papey était en route.

L’événement de La Sarraz faisait encore l’objet des conversations du public lorsque le Préfet national  Polier reçut du sous-préfet d’Aubonne l’avis suivant : « Le citoyen Necker (seigneur de Bière) me remet un verbal qui constate qu’on est entré dans la maison du citoyen Neker à Bière ; la chambre des archives où déposaient les grosses, plans et cottets, relatifs au territoire de Bière et Bérolles a été forcée et vidée de tous titres. Il y a eu effraction de la serrure ».

Une insurrection était prévue le 1er avril et des villages, de partout les paysans s’en allèrent sur Lausanne, armé et murmurant, ils avancèrent de nuit. Une partie des insurgés arrivèrent au lieu de rendez-vous, à Montétan où ils ne trouvèrent pas ceux qui devaient arriver de Morges et des autres villages de la Côte. Le malentendu, pour les uns le 1er il faut être au lieu de rendez-vous, pour les autres le 1er il faut se mettre en route ; le résultat, l’insurrection échouait.

L’autorité locale et central à Paris, réagirent comme toujours en utilisant les soldats et menaçant les campagnards ou récompensant les délateurs. Le silence régnant, n’était qu’incompréhension à Paris. Comment pouvaient-ils comprendre ; le paysan de tel village connaissait tel autre du village voisin et tous connaissaient les « étrangers » venus de France, soldats, policier et espions. Le Canton du Léman restait dans le trouble.

Trois « partis » dessinaient les tendances de cette époque ; le parti de paysans qui croyant aux promesses de la Révolution exigeait l’abolition des droits féodaux comme promis par les révolutionnaires, le parti du nouvel ordre républicain pour une Suisse nouvelle avec la République Helvétique, « Une est Indivisible », et les anciens seigneurs qui ne voulaient que rien ne change ou être indemnisé des pertes de leurs privilèges.

Les Bourla-Papey étaient prêt à demander le rattachement du Pays-de-Vaud à la France, ce qui faisait peur au reste de la Suisse et surtout à l’est du Pays-de-Vaud, du côté d’Aigle où l’influence des Bourla-Papey fut moindre.

La suite nous la connaissons ; la République Helvétique échoua, l’Acte de Médiation de Napoléon instaura l’ancien régime déguisé en démocratie, etc.

 

GTell, Internet, Aigle

Partager cet article

Repost 0

commentaires