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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 16:32

Le problème numéro un

C’est à l’époque le problème numéro un de la Suisse. Celui qui divise l’opinion, soulève les passions et crée une incontestable tension.

L’expansion économique des années cinquante et soixante avait conduit les entreprises à recourir de plus en plus aux travailleurs étrangers, venus pour la plupart des pays méditerranéens et plus particulièrement d’Italie. Leur présence contribue à la prospérité générale, mais, malgré cela, suscite des critiques et réactions xénophobes.

Si certains milieux syndicaux, politiques et humanitaires accusent le Conseil fédéral de mener une politique qui empêche l’intégration de ces travailleurs et favorise leur exploitation par quelques entreprises, il faut bien dire que la majorité de l’opinion lui reproche au contraire de faciliter leur arrivée. A la fin des années soixante, la xénophobie gagne du terrain. Le courrier des lecteurs des journaux de l’époque révèle la virulence de cette xénophobie et le malaise ressenti par une part importante de la population. Les « laissés pour compte » de la société de consommation font de l’étranger le bouc émissaire de leurs frustrations.

En 1965, le parti démocrate zurichois, un groupuscule d’extrême-droite, lançait une initiative fédérale réclamant une réduction de 10 % du nombre des immigrés. Elle sera retirée peu après sous la pression du Conseil fédéral qui prend un certain nombre de mesures pour freiner l’arrivée des étrangers.

James Schwarzenbach, un conservateur zurichois

Cela ne suffit pas pour calmer les xénophobes les plus extrémistes. Une deuxième initiative réclamant le départ de 400 000 étrangers est lancée en 1969 par l’Action nationale, un mouvement nationaliste animé par un conseiller national inconnu jusqu’alors : James Schwarzenbach. Ce conservateur zurichois aux apparences de petit-bourgeois discret va diviser la Suisse. Personnage original et indépendant, il dit tout haut, d’un ton apparemment mesuré, ce que pensent beaucoup de gens.

Son initiative est rejetée le 7 juin 1970. Mais de peu. La marge est étroite puisque 46 % des citoyens l’ont appuyée. Cela va contraindre les autorités fédérales à prendre de nouvelles mesures restrictives qui vont aboutir, progressivement, à une réduction du nombre des travailleurs étrangers, puis à une stabilisation de la population étrangère autour de 16 %. Ce qui n’empêchera pas le lancement d’autres initiatives xénophobes, contre « l’emprise étrangère et la surpopulation en Suisse ».

Pendant plusieurs années ce problème va dominer la vie politique helvétique. Il agit comme un révélateur. C’est le prétexte inconscient de bien des citoyens – surtout dans les milieux modestes – pour exprimer leurs frustrations devant l’évolution rapide de la société, ses changements de valeurs, sa mutation culturelle. Il révèle aussi le clivage de plus en plus profond existant entre la classe politique et une partie des électeurs.

[Voilà les préoccupations du peuple, la surpopulation étrangère en Suisse. En 1942 la barque est pleine selon von Steiger, puis entre 1968 à 1970 c’est donc James Schwarzenbach et en ce moment l’UDC zurichoise qui s’insurge contre l’étranger.]

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 17:07

Par Claude Torracinta [Lien Internet]

L’article est tiré de : « Chronique et Images, la Suisse en 1969-1970-1971 », collection dirigée par André Eiselé avec la collaboration de Claude Torracinta, Éditions Eiselé, 1989 2e édition.

21 juillet 1969. Deux hommes marchent sur la Lune en direct devant des centaines de millions de téléspectateurs et accomplissent ainsi une étape spectaculaire dans l’histoire de l’humanité.

Douze ans après le lancement du premier « Spoutnik » soviétique et huit ans après le premier vol dans l’espace de Youri Gagarine, les Etats-Unis remportent finalement cette course à l’espace qui faisait la Une des journaux depuis plusieurs années.

Cette conquête de la Lune donne le sentiment à l’homme des années septante que tout est désormais possible. Venant après des années d’expansion économique, elle paraît annoncer un nouvel âge d’or. Celui d’une société scientifique aux perspectives multiples et fascinantes. Celui aussi de la révolution informatique. Car, ne l’oublions pas, c’est l’ordinateur qui a permis la conquête de l’espace. Un ordinateur dont les millions de téléspectateurs de cette nuit historique du 21 juillet ignorent les immenses possibilités et ne savent pas qu’il va progressivement bouleverser leur vie quotidienne et transformer les moyens de penser et de communiquer.

A l’heure où l’homme s’apprête à basculer dans la décennie des années septante, la réalisation de ce vieux rêve fou qu’est la conquête de la Lune apparaît comme la promesse que le progrès est infini. Même si le petit écran rappelle chaque jour que le Vietnam, le Biafra, le Moyen-Orient, l’Amérique latine et tant d’autres régions demeurent des lieux de tragédies, d’humiliations et de misère, en cette nuit du 21 juillet 1969, nombreux sont ceux qui croient à l’avènement d’un nouveau monde.

Un monde en crise

Lorsqu’on relit la presse de cette époque, on est frappé par le nombre d’événements majeurs qui surviennent dans le monde. Il faudrait des pages et des pages pour les évoquer et les analyser. En Pologne, on manifeste. En Tchécoslovaquie, on « normalise ». En Union soviétique, on emprisonne. Les dissidents sont arrêtés alors que le Prix Nobel de littérature est attribué à Alexandre Soljenitsyne, l’auteur de L’Archipel du Goulag, un livre qui a bouleversé l’opinion occidentale.

Au Biafra la guerre civile est terminée. Elle a fait des centaines de milliers de victimes au terme de l’un des conflits les plus tragiques de l’histoire africaine. En Jordanie, les troupes du roi Hussein écrasent les militants palestiniens qui menaçaient le régime hachémite. En Amérique latine, l’heure est aux enlèvements, aux prises d’otages, aux assassinats et aux disparitions. La violence règne au Brésil, en Argentine, en Uruguay.

Une lueur d’espoir cependant pour les opprimés : l’élection de Salvador Allende à la présidence du Chili. Autre signe positif : l’attitude du chancelier ouest-allemand Willy Brandt qui pratique une politique d’ouverture vis-à-vis des pays de l’Est, la fameuse « Ostpolitik », et qui, en un geste symbolique de réconciliation, s’agenouille devant le mémorial d’Auschwitz. Au Portugal, aussi, on se met à espérer. La disparition de Salazar annonce la fin prochaine de la dictature. En revanche, la mort subite du colonel Nasser ouvre une période d’incertitude en Egypte. Ses funérailles sont l’occasion d’une immense manifestation à la mesure de la popularité dont jouissait le Raïs dans les milieux déshérités du pays.

La présence des étrangers divise les Suisses

Au Vietnam, le conflit s’éternise. Les Etats-Unis sont impuissants à l’emporter sur le terrain, alors que Richard Nixon amorce en 1970 un changement important dans la politique étrangère de la Maison Blanche en annonçant une prochaine reconnaissance de la Chine populaire toujours boycottée par la majorité des pays occidentaux… et par l’O.N.U.

On le voit, le monde bruisse de crises et de fureurs en cette fin des années soixante. Pourtant, c’est vers la Suisse qu’il faut se tourner. Même si les événements qui s’y déroulent ne sont pas comparables à ce qui se passe hors de ses frontières, ils n’en sont pas moins fort importants pour l’évolution de la société helvétique.

Là aussi, une date doit être retenue : le 7 juin 1970.

Ce jour-là, les Suisses votent. Les hommes seulement, puisque les femmes devront attendre encore quelques mois avant d’obtenir (enfin) le droit de vote fédéral. Les électeurs se prononcent sur une initiative de l’Action nationale personnifiée par un homme, James Schwarzenbach, dont le nom est sur toutes les lèvres. Une initiative qui réclame une réduction sensible du nombre des étrangers établis en Suisse. Une initiative qui pose brutalement le problème de la présence étrangère en Suisse et divise l’opinion helvétique en deux camps passionnés.

Trois électeurs sur quatre se rendent dans les bureaux de vote en ce week-end de juin. Un chiffre rarement atteint dans une Suisse que ronge depuis plusieurs années le phénomène de l’abstentionnisme. Un chiffre révélateur de la passion soulevée par cette initiative xénophobe, qui obtient l’appui de 46 % des citoyens. Un résultat qui va contraindre les autorités fédérales à prendre des mesures de plus en plus rigoureuses pour limiter la venue de nouveaux travailleurs étrangers, en dépit des besoins des entreprises.

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 15:47
Vue du cloître avec, à gauche, le nouveau Musée lapidaire.

Vue du cloître avec, à gauche, le nouveau Musée lapidaire.

Le portail nord de la collégiale, dont le tympan remonte au XIe siècle.

Le portail nord de la collégiale, dont le tympan remonte au XIe siècle.

Vue plongeante sur quelques sarcophages abrités dans le Musée lapidaire.

Vue plongeante sur quelques sarcophages abrités dans le Musée lapidaire.

Le buste-reliquaire de saint Ursanne de 1519.

Le buste-reliquaire de saint Ursanne de 1519.

L’ermite médiéval au visage émacié, purifié par l’ascétisme, pauvrement vêtu, devient par la grâce de la Renaissance ce jouvenceau bouclé, aux lèvres sensuelles, couvert d’une chape richement brodée. À noter la fenestrella contenant le crâne, de style gothique flamboyant.

Un joyau de la collégiale : la crypte.

Un joyau de la collégiale : la crypte.

L’Annonciation : une fresque gothique sur le mur extérieur nord de la collégiale.

L’Annonciation : une fresque gothique sur le mur extérieur nord de la collégiale.

Trésor de la collégiale : crucifix ciselé du XIVe siècle.

Trésor de la collégiale : crucifix ciselé du XIVe siècle.

Chapiteau roman dans le bas-côté gauche.

Chapiteau roman dans le bas-côté gauche.

FIN

Nous voilà à la fin de cette visite de la Collégiale de Saint-Ursanne en photos. Mais rien, aucune photo, ne donnera l’atmosphère générale des lieux lors d’une visite sur place, tant la bourgade et la Collégiale méritent votre curiosité.

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 16:31
La grande clé de voûte de la nef, datée de 1301.

La grande clé de voûte de la nef, datée de 1301.

Deux peintures du début du XVe siècle, sur les piliers de la nef.

Deux peintures du début du XVe siècle, sur les piliers de la nef.

L’autel de la chapelle Sainte-Anne.

L’autel de la chapelle Sainte-Anne.

Deux détails des peintures figuratives gothiques décorant les murs du bas-côté nord.

Deux détails des peintures figuratives gothiques décorant les murs du bas-côté nord.

La chapelle Saint-Jean-Baptiste.

La chapelle Saint-Jean-Baptiste.

Dédié à saint Henri et à saint Fiacre, ce retable est l’un des seuls éléments de style Renaissance dans la collégiale.

Dédié à saint Henri et à saint Fiacre, ce retable est l’un des seuls éléments de style Renaissance dans la collégiale.

Statue de la Vierge à l’Enfant, dans l’angle supérieur gauche du portail méridional.

Statue de la Vierge à l’Enfant, dans l’angle supérieur gauche du portail méridional.

Le loup allant à l’école : détail d’un chapiteau du portail sud.

Le loup allant à l’école : détail d’un chapiteau du portail sud.

[Un loup allant à l’école… quelle est la signification d’un tel fait ? Dommage que cela ne soit expliqué.]

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 16:20

La collégiale de Saint-Ursanne en photos.

Le tympan du portail sud

Le tympan du portail sud

La collégiale, vue de l’extérieur.

La collégiale, vue de l’extérieur.

Vue aérienne.

Vue aérienne.

Différentes étapes de construction à travers les siècles.

Différentes étapes de construction à travers les siècles.

Le chœur, d’architecture romane, contient un riche mobilier du XVIIIe siècle.

Le chœur, d’architecture romane, contient un riche mobilier du XVIIIe siècle.

La croix pattée, sur le linteau du Musée lapidaire, est un antique témoin de la chrétienté en terre jurassienne.

La croix pattée, sur le linteau du Musée lapidaire, est un antique témoin de la chrétienté en terre jurassienne.

La chaire, œuvre somptueuse d’Hugues-Jean Monnot (1707)

La chaire, œuvre somptueuse d’Hugues-Jean Monnot (1707)

Un détail du couronnement des stalles du chœur.

Un détail du couronnement des stalles du chœur.

L’intérieur de la nef, aux lignes sobres et harmonieuses.

L’intérieur de la nef, aux lignes sobres et harmonieuses.

Demain encore des photos.

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 16:02

Treize siècles d’histoire

Saint-Ursanne se présente au visiteur, riche d’expression chrétienne. Outre la prestigieuse collégiale, la cité abrite aussi l’ancienne église paroissiale dédiée à saint Pierre. Bien que plus modeste, elle nous offre le monument le plus ancien du christianisme en pays jurassien : la croix pattée, ancienne dalle de sépulture de l’époque carolingienne devenue tympan de l’actuelle porte d’entrée du musée lapidaire.

Au tournant du VIIe siècle, de nombreux moines d’Irlande établis à Luxeuil viennent annoncer l’Evangile sous la conduite de saint Colomban. [Colomban est le saint patron des motards.] En conflit avec le pouvoir, les moines passent chez les Alamans et rayonnent en diverses régions du pays : saint Gall dans les environs de Constance, saint Sigisbert à Disentis, saint Ursanne au bord du lac de Bienne avant de se rendre dans le Clos du Doubs pour y chercher dans la méditation la force de l’évangélisation. Avec saint Germain et saint Randoald, avec encore saint Imier, saint Ursanne sera un des « saints du Jura ». Il aura fallu sa renommée de sainteté pour décider le noble Wandrille à établir, sur son tombeau, un monastère, gardien des restes vénérés de saint Ursanne.

Ainsi, petit à petit naîtra le bourg monastique, en contrebas du château, limité par la rivière et par les remparts de la ville.

Des fouilles archéologiques ont permis de découvrir un ensemble de sarcophages monolithiques du VIIe au XIe siècle, tous orientés vers le soleil levant en signe de foi en la Résurrection du Christ.

A la période monastique succède, dès le XIIe siècle, un chapitre de chanoines. Les raisons pour lesquelles le monastère est devenu chapitre sont obscures et les documents sont muets. Il nous reste que des constatations générales pour essayer de comprendre. La chronique de Gaspard Merklin, selon laquelle les moines auraient été chassés, semble ne reposer sur aucun document historique. On sait, en revanche, que le pape Grégoire VII, par sa réforme dite « grégorienne », fit adopter, dans la seconde moitié du XIe siècle, la Règle commune des chanoines à toute communauté qui ne suivait pas la stricte observance de pauvreté et de vie commune, comme le demande saint Benoît. [Et surtout combattre le Simonie et le Nicolaïsme.]

On sait aussi qu’au moment où la Règle bénédictine cédait le pas à celle des chanoines, elle reprenait selon l’observance cistercienne, en 1124, à Lucelle.

Quoi qu’il en soit, la Révolution française mit fin tant aux prévôtés qu’aux abbayes. Une chose reste assurée : le Jura doit beaucoup à ses moines et à ses chanoines. Ceux de Saint-Ursanne nous laissent le plus vieux document conservé dans le fonds ancien de la Bibliothèque cantonale jurasienne, l’Evangéliaire de Saint-Ursanne. La Collégiale construite à la fin du XIIe siècle, l’ancien archidiaconé (actuellement la Maison des Œuvres), l’ancienne résidence (Fondation Béchaux), la maison du prévôt de Hallwil (l’actuelle cure) sont des témoins heureusement restaurés.

L’histoire de Saint-Ursanne est présente, riche de 13 siècles de chrétienté et de civilisation. Au cœur des hommes d’aujourd’hui, venus admirer, on pense à Jésus parlant de ses disciples : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront ! ». Ici, c’est dans le silence qu’on reçoit le message. Le visiteur saura respecter la maison de Dieu, en ayant une pensée de reconnaissance pour les bâtisseurs et les restaurateurs et une prière à Celui qui est présent au milieu de son peuple.

Abbé Pierre Salvadé curé du Clos du Doubs.

Saint-Ursanne

Saint-Ursanne

[La cité moyenâgeuse est encore bien circonscrite avec ses vieux bâtiments qu’aucune construction moderne à l’intérieur de la cité ne vient polluer ces lieux. Oui c’est vrai, toutes les maisons ne sont pas du moyen-âge, mais même un bâtiment du XIXe siècle ou du début du XXe, ont étés construit, semble-t-il, en harmonie avec les plus anciens.]

À suivre les photos

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 16:29

Contribution bâloise à l’État Fédératif Suisse

Arrivée du premier train à la gare d’Alsace-Lorraine, 1844

Arrivée du premier train à la gare d’Alsace-Lorraine, 1844

La transformation de l’ancienne confédération d’États suisses en un État fédératif, réalisée avec la collaboration efficace d’un nombre de Bâlois, non seulement mit un terme aux différends de caractère religieux ou de partis en Suisse, mais fut aussi pour Bâle le point de départ d’un brillant essor économique. L’avènement de la machine à vapeur et l’apparition des chemins de fer – qui trouvèrent à Bâle des promoteurs énergiques – donnèrent à la ville en peu de temps un visage tout nouveau. Ses vieux murs tombèrent peu après l’arrivée sur territoire suisse du premier train de la ligne française Strasbourg-Bâle, en 1844. Dans les champs, aux portes de la ville, des fabriques et des habitations surgirent. Peu à peu, le travail à domicile fut transféré dans des établissements, ce qui stimula grandement la production et améliora les revenus et le niveau de vie des ouvriers et des employés. Cette évolution fut accompagnée d’une législation libérale dans le domaine fiscal et social qui servit de modèle pour le reste de la Suisse.

Bâle au vingtième siècle

Barfüsserplatz vers 1910

Barfüsserplatz vers 1910

[Regardez l’ouvrier dans le cercle, en bas à gauche, il est visiblement en position relaxe, peut-être en conversation avec l’homme au chapeau sur sa gauche, alors qu’il vient de réceptionner la lampe de l’éclairage public, afin d’entretien.]

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[La flèche montre une colonne d’affichage, connue sous le nom de « colonne Morris » à Paris et sous le nom de « Litfaßsäule » dans le monde germanique. (Invention de Ernst Amandus Theodor Litfaß)]

Les progrès remarquables réalisé depuis la moitié du XIXe siècle dans le domaine de la technique et des sciences ont accru considérablement le nombre des industries bâloises. La principale d’entre elles est aujourd’hui l’industrie chimique, née dans les anciennes teintureries. L’augmentation de la production et le développement des moyens de transport entraînèrent une forte progression du volume et de la valeur des échanges de marchandises. Ceux-ci offrirent un domaine d’activité féconde aux maisons d’expédition, aux assurances et aux banques et atteignirent leur point culminant par le rétablissement du trafic fluvial sur le Rhin, la création de la Foire Suisse d’Échantillons et l’installation d’un aéroport international aux portes de Bâle. Les années de guerre ou de crise ont, il est vrai, freiné l’évolution pour un temps ; mais elle reprit de plus belle entre les deux guerres mondiales et surtout après la seconde. C’est ainsi que Bâle, ville aux traditions d’art, de culture et de science, est devenue également un des centres modernes du commerce, de l’industrie et d’expositions entretenant des relations étroites avec le monde entier.

Bâle par SBS [8]

Crosse de Bâle caricaturée par Hieronymus Hess (1799-1850)

FIN

Texte et maquette : J.G. Huber

Société de Banque Suisse, Bâle

Bâle par SBS [8]
Bâle par SBS [8]

Partie du plan de la ville de Bâle de 1615, dessiné par M. Merian

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 15:11

Bâle sous le régime de l’absolutisme

L’ « Ernauerhof », reconstruit vers 1780 au St-Alban-Graben.  (Aquarelle)

L’ « Ernauerhof », reconstruit vers 1780 au St-Alban-Graben. (Aquarelle)

[L’«Ernauerhof» reçut son dernier visage vers 1780. Un bâtiment plus ancien avait été, au XVIIe siècle, propriété d’un M. von Ernau, dont le nom fut reporté sur le nouvel immeuble. Ce dernier eut une histoire mouvementée et servit maintes fois de quartier, selon les aléas des guerres, à des troupes étrangères: il abrita notamment des officiers français en 1799, des officiers autrichiens — avec leurs serviteurs et leurs chevaux — en 1814, et des Russes. L’«Ernauerhof» fut acquis en 1820 par Christophe Merian-Hoffmann, le «riche Merian», dont le fils Christophe Merian-Burckhardt devait devenir le plus grand bienfaiteur de Bâle. La veuve de ce dernier y mourut en 1886, chargée d’ans et sans laisser d’héritiers. En 1924, la maison fut vendue par ses nouveaux propriétaires à la Société de Banque Suisse, qui remplaça le vieil édifice baroque par un grand bâtiment. (Démoli en 1950)]

Malgré sa prospérité, la ville ne connut pas à cette époque l’essor qui aurait correspondu à ses possibilités, car le régime patriarcal de « leurs Seigneuries » entravait son développement. Pourtant, c’est à Bâle, ou plutôt à la compétence et à l’habileté de son bourgmestre, Jean Rodolphe Wettstein, que revient le mérite d’avoir obtenu, dans le traité de Westphalie de 1648, la reconnaissance juridique de l’indépendance de la Confédération suisse envers l’Empire allemand, indépendance qui existait d’ailleurs déjà de fait depuis 150 ans, c’est-à-dire depuis la guerre de Souabe. Sur le plan politique, Bâle fut secouée à deux reprises : en 1653, par un soulèvement des paysans de Bâle-Campagne, et en 1691 surtout, par une conjuration qui chercha à empêcher qu’un régime oligarchique ne se substituât à celui des corporations.

Bien que Bâle fût la ville la plus grande de l’ancienne Confédération, elle ne s’agrandit plus guère pendant tout le XVIIIe siècle, en raison de l’étroitesse des conditions d’admission de nouveaux citoyens. En revanche, l’aspect de la ville s’enrichit de nombreuses constructions nouvelles effectuées par des particuliers. En outre, la ville fut le berceau d’hommes remarquables, comme les mathématiciens Bernoulli et le génial Euler, ainsi que le grand philanthrope Isaac Iselin

Bâle pendant la Révolution

L’arbre de la liberté sur la place de la Cathédrale, 1798 (Gravure coloriée de F. Kaiser).

L’arbre de la liberté sur la place de la Cathédrale, 1798 (Gravure coloriée de F. Kaiser).

Sous la pression française et à l’instigation de l’ambitieux grand-maître des corporations Pierre Ochs, Bâle se vit contrainte, en 1798, d’introduire également les réformes imposées par la révolution et de se soumettre par la suite aux injonctions de Napoléon, comme du reste aussi les autres membres de la Confédération. Pendant la durée de la République helvétique, de la Médiation et de la Restauration, la ville eut à faire face à de graves problèmes d’ordre politique et économique. Bien que l’assujettissement de la campagne bâloise à la ville eût été aboli, les dissensions n’en continuèrent pas moins. Arrivées par des maladresses, des malentendus et aussi des malveillances, ces disputes finirent par dégénérer en un conflit armé qui aboutit, en 1833, à une division du canton de Bâle en deux demi-cantons, Bâle-Ville et Bâle-Campagne. Ce fut un dur revers ; mais il marqua le début d’un renouvellement spirituel et culturel qui se traduisit par la régénération de l’Université et la fondation d’institutions sociales ou pieuses, précédées déjà, en 1815, par la constitution de la Mission de Bâle

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 17:38

Bâle dans l’alliance des Confédérés

Depuis le début du quinzième siècle, la ville de Bâle s’était rendue indépendante de l’empereur, de l’Empire et de l’évêque. Elle resta neutre pendant la guerre de Souabe (1499). Cette attitude lui valut l’animosité et les persécutions du parti de l’Empire dans sa cité et des villes autrichiennes avoisinantes. En raison de sa situation limitrophe très exposée, elle décida d'entrer dans l’alliance des Confédérés, non sans hésitations de part et d’autre, d’ailleurs. Le pacte fut scellé solennellement le 13 juillet 1501 sur la Place du Marché. La ville consolida par la suite ses anciennes et multiples relations avec les membres de la Confédération ; elle dut à la neutralité observée par les Suisses depuis la bataille de Marignan en 1515 de progresser pacifiquement pendant des siècles.

Prestation de serment lors de l'entrée de Bâle dans la Confédération, le 13 juillet 1501

Prestation de serment lors de l'entrée de Bâle dans la Confédération, le 13 juillet 1501

Bâle et les réfugiés

Le progrès des études classiques avait préparé le terrain à la Réformation qui fut introduite à Bâle en 1529 par Jean Oecolampade et qui, en achevant de destituer l’évêque de ses droits, établit définitivement la souveraineté des corporations. Ville réformée, Bâle s’employa dès le début à atténuer les antagonismes entre les confessions au sein de la Confédération et devint un lieu de refuge pour les émigrants de France, de Hollande et d’Italie persécutés pour leur croyance. Ces étrangers apportèrent, avec leurs mœurs plus fines, leurs initiatives et leurs talents, un esprit nouveau dans la vie intellectuelle et économique de la ville à un moment – c’est-à-dire vers la fin du XVIe siècle et durant tout le XVIIe siècle – où elle était menacée d’engourdissement. C’est à ces réfugiés que Bâle fut redevable de nombreuses entreprises dans le domaine commercial et industriel, telles que la passementerie, le tissage du velours et de la soie, la filature, la teinturerie et le commerce de la soie, qui contribuèrent beaucoup à accroître la prospérité et la richesse de la ville. Le degré de développement de son commerce et de son industrie lui valurent d’être le premier centre financier du Haut-Rhin jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Rubans de soie de Bâle du XVIIIe siècle

Rubans de soie de Bâle du XVIIIe siècle

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 16:01

L’âge d’or de Bâle

Frontispice de la première bible de Luther imprimée à Bâle ; bordure de Hans Holbein le Jeune

Frontispice de la première bible de Luther imprimée à Bâle ; bordure de Hans Holbein le Jeune

Première bible de Luther imprimée à Bâle

Durant la période qui suivit la victoire des Confédérés suisses sur les Armagnacs, à St-Jacques-sur-la-Birse (1444), et sur Charles le Téméraire (1477), la vie intellectuelle à Bâle, grandement stimulée par le concile, atteignit son plein épanouissement, L’université et la perfection atteinte par Jean Amerbach et Jean Froben dans l’art de l’imprimerie préparèrent le terrain pour l’éclosion de la culture classique. Quelques-uns des plus grands esprits de l’époque, comme Sébastien Brant, Erasme de Rotterdam et Thomas Platter. Des peintres et des dessinateurs, comme Urs Graf et Hans Holbein le Jeune, précédés de quelques dizaines d’années par Conrad Witz, se fixèrent quelque temps à Bâle et firent de la ville, dont la renommée s’étendait dans toute l’Europe, un centre d’art, d’érudition et de science. S’affranchissant de plus en plus de la tutelle de l’église, les études s’orientèrent dorénavant vers la connaissance de l’homme et de la nature, la culture générale de l’esprit et de la personnalité. Bâle devint la citadelle de cette noble conception dont le développement demeure aujourd’hui encore une des préoccupations principales de ses citoyens.

Le marché aux grains avec l’Hôtel de Ville (d’après une gravure de Jacob Meyer, 1651)

Le marché aux grains avec l’Hôtel de Ville (d’après une gravure de Jacob Meyer, 1651)

Le vieux Bâle. Vu du Petit-Bâle (d’après un dessin d’E. Büchel, 1761)

Le vieux Bâle. Vu du Petit-Bâle (d’après un dessin d’E. Büchel, 1761)

Remarquez le pont, moitié en pierre et moitié en bois.

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