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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 17:01

 

   Le 28 juin 1965, un habitant de Corcelles mettait au jour une des plus intéressantes trouvailles monétaires faite dans notre pays. Comme c’est souvent le cas, la découverte fut fortuite, et sans un heureux concours de circonstances le trésor aurait fort bien pu passer inaperçu, et dormir encore quelques siècles dans notre sol.

 

   M. André Coucet, électricien à Corcelles, entreprit de creuser une fouille pour des canalisations, au travers du jardin paternel. Le tracé initial fut modifié à la dernière minute : sans ce changement, la tranchée eût passé à côté du trésor. Détachant un gros caillou, à 70 centimètres de profondeur, M. Coucet vit couler sous ses yeux ébahis un flot de piécettes blanches. Comprenant qu’il s’agissait de monnaies anciennes, il les ramassa soigneusement et réussit à extraire le vase de terre cuite, sans trop l’abîmer. Ce trésor de 1118 pièces d’argent et d’un lingot de même métal présentant un intérêt scientifique considérable, fut revendiqué par l’Etat. Appliquant les règles des articles 723 et 724 du Code civil suisse, l’Etat versa au propriétaire du fonds et à l’inventeur les indemnités légales.

 

   L’examen des lieux permit d’établir que la cachette avait été creusée à l’intérieur d’un bâtiment disparu depuis lors. Il s’agit très certainement d’un enfouissement tranquillement préparé, donc exécuté par un habitant de l’immeuble. La valeur de ce magot était, à l’époque de son enfouissement, considérable : cela pose donc toute une série de questions. Comme le montre la petite carte ci-après, les pièces proviennent toutes des vallées du Rhin et de ses affluents. La « collection » de ce trésor s’est opérée entre Cologne et Strasbourg, en vue d’un transfert vers le sud.

 

   Qui a enterré ce trésor, et pourquoi ? Voilà des questions impossibles à résoudre, sinon par hypothèses. Quelque marchand, ou un trésorier de l’empereur, se rendant en Italie, surpris en route, interrompu dans son voyage. Peut-être aussi s’agit-il d’un patrimoine destiné à l’abbatiale de Payerne, alors en construction, et distante de 2 kilomètres seulement.

 

   Un autre aspect historique de cette découverte mérite notre attention : le village de Corcelles est signalé par des textes pour la première fois en 1148. Notre trésor, enfoui dans un immeuble serait l’indice de l’existence d’une petite agglomération rurale en 1034 déjà, donc un siècle plus tôt.

 

   Voici la répartition des pièces de la trouvaille ; cela nous donne l’image de la variété des pièces en circulation en Alsace, où le trésor semble avoir été constitué :

 

Alsace total des pièces 749

Strasbourg 181

Spire 122

Worms 365

Mayence 81

Haute-Lorraine total des pièces 118

Verdun 2

Toul 1

Marsal 1

Metz 114

Constance total des pièces 36

Constance 27

Zurich 3

Coire 6

Vallée du Rhin total des pièces 106

Andernach 6

Cologne 23

Duisbourg 1

Tiel 17

Deventer 11

Frise 14

Trèves 34

Allemagne, plus à l’est, total des pièces 69

Ulm 4

Esslingen 44

Wurzbourg 9

Fritzlar 1

Mersebourg 1

Soest 7

Hildesheim 1

Lunebourg 1

Hesse 1

Angleterre 1

Non identifiées 39

 

Carte-tresor.jpg

 

GTell, Colin Martin, Trésors et Trouvailles Monétaires

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 16:13

 

 

LE PENNY D’OR DE LUTRY

 

Vous aurez remarqué que l’illustration représentant le rare Penny d’or de Lutry est bien terne et en noir et blanc. La photo est celle qui illustre le texte dans le livre paru en 1973 et, bien sûr, aucune photo couleur de la pièce d’or sur Internet. Par contre, comme il est dit dans le texte de présentation de la trouvaille, en Angleterre, ils ont trouvé de rares pièces en argent frappées semble-t-il par le même coin et c’est ci-dessous la photographie d’un penny d’argent, du même roi, de la même époque qui est plus lisible que celle d’or.

 

valdmo.jpg

 

Penny d'argent

 

 

 

 

GTell, Internet

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 16:54

 

 

LE PENNY D’OR DE LUTRY

 

En mars 1909 fut trouvé à Lutry, dans un jardin au nord de l’agglomération, entre les derniers bâtiments et la voie ferrée, une pièce d’or qui intrigua beaucoup les numismates. Il s’agissait d’une pièce en or frappée au nom d’Edouard l’Ancien, roi de Wessex, ayant régné de 900 à 925, portant les légendes suivantes EADVVEARD REX et DEORV VALDMO.  Les numismates anglais furent très sceptiques quant à l’authenticité de cette pièce, jusqu’alors absolument inconnue, malgré de très grandes trouvailles de pièces du Xe siècle. On trouva par exemple dans le Lancashire, en 1846, un trésor comportant des lingots d’argent, des bijoux et environ 7000 pièces de monnaie, le tout enfoui vers 936. Il y avait 147 monnaies continentales, allant de Louis le Débonnaire à Raoul, 919 pièces d’Alfred le Grand et 51 d’Edouard l’Ancien, 1815 de saint Edmond, roi d’Est-Anglie, 2534 de Canut, roi de Northumbrie. On avait là une image de la circulation monétaire en 936 ; chose notable, aucune monnaie d’or.

 

   On sait d’autre part que la collection royale de Stockholm comportait à l’époque (1909) 10'458 pièces anglaises de la période d’Edouard Ier à Harold III (1066). On évaluait à 22'000 les monnaies anglaises de cette époque trouvées en Scandinavie. Dans tout cela aucune monnaie d’or anglaise : on comprend les hésitations des historiens anglais. Par la suite, et par une chance insigne, un exemplaire en argent, frappé apparemment avec le même coin, fut découvert en Angleterre, au cours de fouilles archéologiques. Cette nouvelle trouvaille levait les soupçons, et dès lors, les musées anglais, les uns après les autres, ont tenté d’acquérir notre penny d’or. Le malheur veut que les règlements anglais soient rigides : aucune pièce cataloguée ne peut plus ressortir, même pour un échange permettant de ramener en Angleterre cette pièce unique. Un tel échange eût été heureux, il aurait permis à notre musée de rapatrier une dizaine de pièces extrêmement importantes et rares, les triens mérovingiens d’Avenches et de Lausanne, par exemple, et d’autres pièces de l’évêché de Lausanne, toutes pièces qui manquent dans notre collection.

 

   Comment expliquer la présence de cette pièce anglaise du Xe siècle sur notre territoire. On connait quelques rares pièces d’or de l’archevêque d’York Vigmund (831-854) et d’Aethelread, roi de Wessex (978-1016). Certains auteurs en font des « offerings pennies », destinés à l’Eglise ; l’un d’eux fut trouvé à Rome. Lutry est sur la route des pèlerins anglais se rendant par voie terrestre à Rome ; il y en eut de tous temps, malgré l’insécurité des routes. Depuis la fondation de l’Eglise d’Angleterre, en 601, les relations sont nombreuses et la plupart des pèlerins utilisaient la route du Grand-Saint-Bernard. Il y avait aussi des marchands ; d’aucuns cherchaient à se faire passer pour pèlerins afin d’éluder les droits de péage. En 796, Charlemagne en réfère à ce propos à Offa, roi de Mercie.

 

   Saint Mayeul, l’abbé de Cluny, avec qui Adélaïde, future impératrice et protectrice de Payerne, fut si amicalement liée, rentrant de Pavie où il avait réformé le couvent de l’église in Ciel d’Oro, en 972, fut saisi par les Sarrasins, entre Bourg-Saint-Pierre et Orsières, et retenu par eux en captivité dans les cavernes qui leur servaient de repaire. Ils exigèrent une énorme rançon en apprenant la qualité de leur otage. La rançon fut rapportée par quelques compagnons de saint Mayeul, dépêchés à Cluny, chargés de cette mission.

 

   Ces quelques exemples montrent que la présence à Lutry d’une pièce anglaise, perdue certainement au Xe siècle déjà, n’a rien d’insolite. Le miracle est qu’elle ait été retrouvée. Sa découverte a apporté à la numismatique anglaise un document d’une extrême rareté : ce penny d’or unique est un des nombreux attraits de notre collection vaudoise. Il y a sa place de gloire à côté du trésor de Vidy, et d’autres dont nous parlerons plus loin.

 

Penny d'or

 

 

GTell, Colin Martin

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 16:11

 

Enfant nous allions jouer à la plage de Vidy, nager, bronzer. Plus grand nous draguions les filles dorées en suçant une glace. Toujours à proximité du Parc Bourget sans savoir que l’ensemble, plage et douche, pelouse et lieux pour grillades, tous faisant partie du Parc Bourget que nous limitions dans notre ignorance au seul petit étang qu’à plusieurs reprises on visita avec notre classe d’école.

 

C’est très tardivement que j’en apprenais beaucoup plus sur le Parc Louis Bourget et que je vais vous faire connaître ou redécouvrir avec le site officiel de la ville de Lausanne.

 

Suivez : http://www.lausanne.ch/thematiques/nature-et-domaines/espaces-verts/parcs-et-promenades/les-parcs-de-detente/parc-louis-bourget.html

 

 

sable fin et fonds peu profonds

 

bourget

 

L’eau peu profonde jusqu’à 50 mètres au moins, plage de sable gris et fin qui côtoie les pelouses et se termine sous l’ombre des grands arbres. L’ensemble est verdoyant et malheureusement parfois jonché de détritus produits par l’assemblée de quelques malotrus.

 

ECLAIRAGE-TETE-2106.jpg

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 15:50

 

Après avoir demandé sur un site québécois s’ils avaient un nom spécifique pour désigner un navigateur sur un lac, voici la réponse.

 

« Salut Christian !

Bonne question, et s'il y a bien un endroit où on pourrait s'attendre à ce qu'un terme ait été inventé pour ça, c'est bien au Québec (avec ses quelques 500 000 lacs).

Mais malheureusement, après une recherche dans la base de données de Wikébec : rien du tout.
Ceci dit, c'est une base de données des termes utilisés encore aujourd'hui... peut-être dans le vieux français ? ou le vieux québécois ?

On dirait bien une lacune de la langue, dans tous les cas.

 

Salutations d'un québécois en France ! »

 

GTell

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 16:06

 

Voici une réponse sans vraiment donner le nom du « marin » qui s’active sur un lac. Le contributeur Wikitionnaire n’a rien trouvé, comme moi, dans les dicos Internet.

 

Marin

Un marin est celui qui navigue sur la MER, un batelier, sur cours d'eau, mais comment nommer celui qui navigue sur un lac?

Je ne suis pas sûr qu'un tel terme existe (du moins je ne le trouve pas). Cependant on peut qualifier l'individu en fonction de l'embarcation : un canoteur pour une embarcation légère (à moteur ou non) pourrait fonctionner. Dans un registre un peu vieilli vous avez également nautonier ou nocher. Enfin le terme marinier fonctionne également pour les lacs mais n'est pas spécifique. — SimonGlz (discussion) 11 octobre 2014 à 17:21 (UTC)
Celui qui navigue sur un cours d’eau ou un lac n’est-il pas un « marin d’eau douce » ? Alphabeta (discussion) 11 octobre 2014 à 17:39 (UTC)
Pour les lacs, le Grand Lac Salé (cf. w:fr:Grand Lac Salé) constitue une exception. Alphabeta (discussion) 11 octobre 2014 à 17:43 (UTC)
Au passage : « marin d’eau douce » faisant partie des invectives proférées par le capitaine Haddock, j’ai rajouté dans l’entrée fr:marin d’eau douce un lien vers w:fr:Vocabulaire du capitaine Haddock#M... Alphabeta (discussion) 11 octobre 2014 à 18:21 (UTC)

 

 

Possible que la langue française ait oublié de nommer les « lacustres », je vais encore chercher du côté des canadiens qui ont toujours un mot à eux pour les mots anglais, pourquoi pas un mot pour l’homme qui navigue sur leurs lacs ?

 

 

GTell et http://fr.wiktionary.org/wiki/Wiktionnaire:Questions_sur_les_mots/octobre_2014#Marin

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 17:43

 

On me propose comme synonyme de marin : « navigateur ».

 

C’est un possible nom pour un marin, mais pas seulement, le navigateur peut être aviateur, plaisancier ou autre.

 

Un marin, nom donné à celui qui navigue sur la MER, mot qui nous vient du latin Mare.


Si l’on dit un automobiliste, c’est celui qui navigue en ville en AUTOmobile.

 

Le batelier est celui qui navigue sur des cours d’eau. (Rivière, fleuves, canaux.)

 

À défaut de trouver la réponse sur Internet, j’ai déposé sur Pourquoi.com la question. On verra bien si la question intrigue et si une réponse sera postée.

 

J’ai aussi laissé la question sur Wikitionnaire : Questions sur les mots/octobre 2014

 

On va attendre les réponses et je vous les communiquerais dès que celles-ci arriveront.

 

GTell

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:11

 

 

Un marin est un navigateur sur la mer, il peut être pêcheur, solitaire, militaire ou plaisancier, mais sur un lac… comment appelle-t-on celui qui navigue ainsi ?

 

question

 

Personne n’a répondu à la question qui semble vous rebuter, dois-je trouver un lacustre pour lui demander ?

 

 

GTell

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 16:49

 

 

gaston-courrier.gif

 

Aujourd'hui rien, de même demain.

 

 

GTell

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 17:52

changeur.jpg

 

L’abaque ou table de compte

 

Le texte ci-dessous est tiré de Trésors et Trouvailles monétaires, racontent l’histoire du Pays de Vaud, par Colin Martin Docteur ès lettres honoris causa. Paru à la Bibliothèque Historique Vaudoise, collection dirigée par l’auteur. Lausanne, 1973

 

Page 165

   Les musées aussi recèlent des trésors cachés, des objets dont l’usage et la connaissance se sont perdus. C’est ainsi que, visitant le remarquable Musée du Vieux Pays-d’Enhaut, à Château-d’Oex, notre attention a été attirée par une table sur le plateau de laquelle des lettres étaient marquetées. Un rapide examen nous fit découvrir qu’il s’agissait d’une table de compte.

   Dans la Rome antique, on utilisait déjà l’abacus pour les quatre opérations de l’arithmétique : on y plaçait de petits cailloux – calculi – et de là vient l’expression de « calculer ». Au Moyen Age, on remplaça les cailloux par des jetons, expression rappelant l’action de jeter sur la table, qui reçut, dès lors, la dénomination de « table de jet ».

   Ce n’est qu’avec l’invention et la vulgarisation de l’usage du papier que l’on commença à faire les calculs par écrit. Il avait fallu préalablement aussi remplacer les chiffres romains par ceux des Arabes. On distingua dès lors deux méthodes arithmétiques : calculer se faisait sur l’abaque – chiffrer par écrit.

   Les tables de compte étaient utilisées dans tous les pays ; l’expression anglaise de « chancelier de l’échiquier » n’est autre que « chancelier de l’abacus. Chose curieuse, aucune table de compte n’a subsisté en Angleterre ; elles sont rarissimes. Nous en avons repéré une à Copenhague, une à Strasbourg, deux seulement en Allemagne, aucune en Italie. En Suisse par contre, une vingtaine de ces précieux et intéressants ancêtres de nos machines à calculer ont subsisté. Bâle en conserve trois exemplaires, Thoune autant, Genève, Sembrancher, Bremgarten et Zurich un exemplaire. Quant au canton de Vaud, il a le privilège d’en détenir trois au Musée de Château-d’Oex, une au Château de Chillon et une demi-douzaine chez des particuliers, toutes provenant du Pays-d’Enhaut.

   Nous avons montré par ailleurs que les bouliers ne sont qu’une mécanisation de l’abaque ; aussi que la machine à calculer créée par Pascal, au milieu du XVIe siècle était dérivé directement de l’abaque qu’il avait eu l’occasion d’utiliser au service de son père, intendant de la Généralité de Rouen.

   Ces tables sont une étape importante dans l’histoire des instruments de calcul. Longue étape qui s’étend de l’Antiquité au XVIIe. La machine à additionner de Pascal, qui lui succéda, ne fut remplacée et perfectionnée qu’au XXe siècle par les machines utilisant les circuits électroniques. Parallèlement aux moyens mécaniques, les mathématiciens inventèrent les logarithmes, puis les règles logarithmiques qui n’en sont que la mécanisation. Et voilà brièvement exposé ce que la découverte d’une table de compte dans un de nos musées nous évoque de l’histoire non seulement de notre pays, mais de celle de la civilisation.

 

GTell, Colin Martin, Internet

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