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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 16:49

 

 

Pour les besoins de sa politique extérieure, le roi de Prusse, Frédéric II, veut pouvoir compter sur des revenus fixes. Dans cette intention, il supprime la régie des impôts dans sa principauté de Neuchâtel et il la remplace par une ferme, en 1748. A l’occasion du renouvellement de cette ferme en 1767, le mécontentement des Neuchâtelois se fait de plus en plus vif. Le roi s’estime menacé dans son autorité et dans ses privilèges. Il se résout donc à porter ses griefs devant le gouvernement de Berne que les anciens actes de combourgeoisie désignent comme arbitre entre le prince de Neuchâtel et ses sujets.

 

L’assassinat de Gaudot le 25 avril 1768

 

Claude Gaudot (1713-1768), en sa qualité d’avocat général, soutient à Berne les intérêts du prince. La sentence rendue par Berne, le 23 janvier 1768, est défavorable à la ville de Neuchâtel où l’effervescence déjà vive atteint son comble lorsque Gaudot, nommé lieutenant-gouverneur, revient de Berne, le 24 avril.

 

   La lettre suivante, adressée à François de Marval (1692-1773) par sa sœur Françoise, est extraite d’une publication de L. Thorens intitulée Lettres sur l’affaire Gaudot et l’occupation de Neuchâtel par les troupes des cantons (avril – août 1768).

 

   Mon père finit lundi sa lettre, mon cher frère, en vous disant que l’on avait coupé les traits des chevaux qui devaient conduire M. Gaudot au Château pour le mettre en sûreté, car il ne devait point aller à Berne comme on le disait à la populace. Quand la livrée de la ville, que l’on avait mise près de sa maison pour contenir le peuple, et les deux sautiers de la seigneurie, qui devaient l’escorter à cheval, virent tout ce train et la voiture renversée et cassée, ils s’en allèrent en informer messieurs les quatre [ministraux], et le sautier Convert, qui était dans la maison avec lui et qui devait monter avec lui dans la voiture, montra une bravoure admirable : il se mit à la fenêtre au milieu d’une grêle de pierres qu’on ne cessait de jeter et harangua le peuple ; enfin on cessa pendant quelques moments mais, d’abord qu’il fut retiré, le tapage recommença avec plus de fureur. Enfin il sortit, on ne sait point si ce fut par l’ordre de M. Gaudot, pour aller au Château ou pour demander du secours, voyant qu’il ne pouvait plus rien. Ce fut alors que les horreurs commencèrent : on enfonça la porte de sa maison et on y entra quatre à quatre ; on jeta d’abord tous les meubles en bas jusqu’à ciels de lit et les châlits, enfin jusqu’à tapisseries. Il était caché dans armoire avec son neveu Favarger qui ne l’a pas voulu quitter jusqu’à ce quil a été mort ; ils avaient sept pistolets et une épée ; et, craignant qu’on ne vint le découvrir là, ils en sortirent et se retranchèrent de coin en coin dans sa maison ; pendant que l’un tirait, l’autre chargeait, et ils se défendirent comme des lions jusqu’à 9 heures trois quarts du soir, qu’il fut assassiné, étant assaillis par le nombre ; et alors son neveu le voyant mort se sauva ; jamais je n’ai estimé Favarger qu’à présent. J.-P. Droz a été tué d’un coup de balle à la gorge que M. Gaudot lui tira et plusieurs personnes blessées ; la pauvre Mme Gaudot est au plus mal, on la sauva par force ; elle demandait en grâce qu’on la fît mourir avant son mari ; enfin, si je pouvais écrire tout ce qui s’est passé, il y en aurait plus de 40 pages. Nos magistrats ont fait tout ce qu’ils ont pu pour le sauver, excepté de se mettre à genoux ; ils n’en pouvaient pas faire davantage ; ils ont prié et supplié les grenadiers de vouloir le garder ; jamais ils ne l’ont voulu, excepté à la dernière extrémité, encore Dieu sait comme ils l’ont fait ; ils ont exhorté le peuple ; tout a été inutile. Ils furent au Château quatre ou cinq fois pour dire à M. [Abraham-Louis] Michel qu’ils n’y pouvaient plus rien ; à la fin M. Michel dit : « Et bien Messieurs, combien êtes-vous ? Soixante-quatre ! Allons-y ! Je vais à votre tête. » Et, dans le même moment, on entra et l’on dit qu’il était tué ; alors il jeta sa perruque à terre, en disant : « Pauvre Neuchâtel ! Misérable Neuchâtel ! Tu es perdu ! » M. Derschau ne s’est point montré, crainte que l’on ne respectât pas sa personne ; enfin l’on écrit à Berne et Berne a écrit à la Cour ; on ne dit point les réponses de Berne qu’on dit fort irrité ; M. de Lentulus devait arriver dans trois jours ; mais à présent on ne sait pas ce qu’ils feront.

 

À suivre : le constat des blessures de Gaudot.

 

GTell, Documents d’Histoire Suisse 1649-1797

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 17:37

 

 

Les mesures d’hygiène publique sont du ressort des autorités civiles. En 1735 est créée une Commission establie pour la propreté de la ville de Lausanne. Malgré les ordonnances, la population vit de routine et se soucie si peu d’hygiène que le conseiller d’Apples fait part de ses observations au Conseil de Lausanne, le 20 novembre 1766. Il publie plus tard son exposé sous le titre Mémoire prophylactique sur les causes accidentelles de l’insalubrité de l’air de la ville de Lausanne, dans Acta Helvetica, Bâle, 1772. L’extrait suivant est tiré des pp. 3-5.

 

   Au mépris des ordonnances, fort peu de personnes sont exactes à balayer devant chaque maison deux fois la semaine ; ou, si on le fait, c’est d’une manière si négligente qu’il reste toujours quelques petits tas d’ordures ou de cendres par les rues, que la première pluie ou le premier char répandent de côté et d’autre ; aux environs de la boucherie et dans la tuerie même, on voit pendant plusieurs semaines des grands tas d’excréments verts qui sont sortis des entrailles des bêtes à cornes et autres animaux qui passent par les mains des valets des bouchers, d’où il résulte une odeur et des exhalaisons putrides, surtout dans les chaleurs, qui infectent tout le voisinage ; dans les tours que j’ai faits dans les boucheries comme conseiller, j’ai tâché de remédier à cet inconvénient et de représenter aux bouchers leur obligation à cet égard, mais presque toujours inutilement.

   Un second abus non moins répréhensible, c’est encore qu’au mépris des ordonnances plusieurs personnes se permettent de laisser quelquefois pendant plusieurs mois dans les rues, et surtout dans les ruelles, des grands tas ou des petits tas de fumier qui exhalent à la longue, par la fermentation, des odeurs très malsaines. Mais, ce qui met le comble à la malpropreté la plus infecte, c’est qu’il s’est introduit parmi le peuple, depuis bien des années, une licence intolérable de déposer leurs ordures dans les rues, licence occasionnée peut-être parce qu’il n’y a pas dans chaque maison de gens de cet ordre des aisances privées. Ce qu’il y a de sûr, c’est que hommes, femmes et enfants, tous indistinctement, déposent leurs ordures et déchargent leur ventre dans les ruelles, dans les grands degrés, dans les places publiques, dessous la maison de ville, autour des églises et autres bâtiments. C’est principalement la nuit ou le grand matin que ces infamies se commettent, d’où il résulte des odeurs empoisonnées qui infectent toute la ville, et si même on nettoie quelquefois les ordures ainsi déposées, ce qui se fait mal et très rarement, on voit dès le lendemain ces endroits infectés des mêmes odeurs.

   Les moyens qu’on a employés jusqu’ici pour nettoyer les rues sont non seulement insuffisants, mais même onéreux au public ; on trouverait mieux son compte à se procurer un tombereau qui fermât bien, avec un bon cheval et un valet, armé de pioches et de balais, qui fût occupé à ramasser journellement et exactement tous les fumiers, balayures, cendres, ordures qui se trouveraient dans les rues, ruelles, carrefours, places publiques, autour des églises, dessous et derrière la maison de ville et dans les faubourgs, balayer deux fois la semaine les trois grands degrés et, pour que cette dépense ne fût pas absolument onéreuse à la bourse publique, au lieu de payer pour se débarrasser de toutes ces immondices, on ferait de bons tas de ces balayages hors de la ville et des faubourgs et, à la sortie de l’hiver, on les ferait voiturer par char dans les vignes du public et des pauvres ; cet engrais ainsi exposé à l’air pendant longtemps, s’il n’est pas aussi bon que le fumier, sera toujours d’un grand usage et on n’aura pas le déplaisir d’en voir laisser la moitié dans les rues, par la négligence de ceux qui sont chargés de cette commission.

 

Sans WC à la maison, sans l’existence du tout à l’égout, sans un ramassage officiel des ordures et des fumiers et des excréments, il était très pénible de flâner dans les rues de Lausanne, du moins à cette époque.


GTell, Documents d’Histoire Suisse 1649-1797.

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 15:49

 

Les protagonistes.

 

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      Hitler

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     Wilhelm Keitel, Commandant suprême des forces armées allemandes.

 

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Wilhelm Ritter von Leeb

Commandant du Groupe d'Armée C

 

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Wilhelm List

Commandant en chef de la 12e Armée

 

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Heinz Guderian

Général commandant le groupe blindé Guderian

 

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Franz Halder

Général, chef d'état-major armée de terre

 

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von Menges

Capitain Etat-Major, auteur du plan Tannenbaum (arbre de noël)

 

GTell Internet

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 16:45

 

 

On sait beaucoup et peu de choses sur les conditions de la neutralité de la Suisse pendant la Seconde guerre mondiale. Je relève à la lecture de faits disséminés dans mes livres et aussi vus dans des textes publiés sur Internet, que la Suisse en tant que neutre, devait la parité envers tous. Un achat aux Américains, impliquait un achat aux Allemands ou aux Italiens ou aux Japonais. Une vente, un commerce quelconque se devait d’être « équitable » envers chacun des belligérants.  Nous savons qu’il n’en a pas été ainsi pour bien des articles que pouvait acheter la Suisse ou des livraisons qu’elle octroyait aux Alliés ou aux membres de l’Axe. Ce déséquilibre était directement lié aux menaces de son voisin Allemand et bien sûr aux difficultés des suisses de commercer avec d’autres pays. Mais toutes les astuces pour aider les Alliés ont étés appliquées pour contourner le contrôle que pouvait faire les Allemands à la douane. La poste fut sollicitée pour l’envoie par lettres de milliers de pièces de précisions nécessaires aux bombes, du fait de la petitesse des pièces en question elles pouvaient être collées sur une feuille par milliers et bénéficier de passer les frontières comme lettre ordinaire. Les mouvements d’horlogerie de précision passaient dans la valise diplomatique. Bien que pour arriver à Londres, le « coli » passait par la France libre, l’Espagne, le Portugal et parfois par le Canada avant d’arriver à Londres. Ces exemples d’astuces pour contourner le blocus économique, montrent que l’industriel suisse était plutôt en faveur des Ailiers. Pour ne pas avoir sur le dos les Allemands, les suisses se devaient de les calmer en livrant plus aux membres de l’Axe, ceci avec protestations officiels du Gouvernement pour le déséquilibre évident que cela engendrait. C’est en partie ce que l’on reprocha à la Suisse à la fin des hostilités.

 

GTell

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 13:41

 

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Pourquoi Hitler n’a pas attaqué la Suisse ?

 

La Campagne de France amène les Allemands là où la Ligne de démarcation a été tracée au moment de la signature de l’Armistice. A ce moment précis la Suisse, de Genève à Saint-Gingolph, la frontière sud était ouverte sur la France de Vichy. Ce qui irritait Hitler, qui a tout fait pour que l’Armée viole la ligne de démarcation ou crée les conditions souhaitées, en destructions d’ouvrages ferroviaires, pour isoler la Suisse. Heureusement, l’Armée a ses règles et son honneur que le général Halder qui n’aimait pas Hitler, a fort heureusement respecté les accords de l’acte d’armistice. Donc le « Trou Suisse » n’a pas été fermé, du moins jusqu’à l’année 1942 à l’occasion de l’invasion par les Allemands de la Zone libre. En 40, les préoccupations d’Hitler qui préparait l’opération « Otarie », l’invasion de l’Angleterre, est confronté à plus sérieux adversaire, les Anglais. Pour Hitler il était impératif que la Suisse soit entièrement isolée pour faciliter la prise du pays qui dès les effets d’un blocus stricte aurait mis le pays à genou et les politiques auraient négociés la reddition de l’armée et permis les Allemands d’entrer et d'occuper la Suisse sans bataille. Ces conditions n’étant pas réalisées, il aurait du faire la guerre à la Suisse et comme on l’a vu, il fallait des moyens conséquents, qui heureusement pour nous, étaient requis sur la Manche.

 

P.S. N’oublions pas qu’Hitler était « La Direction politique », un « Guide » le « Führer », qui soumettait à la « Direction militaire », au « Chef des Armées » le Général Keitel qui était chargé de concrétiser les désirs du « Guide ». Hitler avait choisi Keitel pour pouvoir le manipuler plus facilement que d’autres généraux plus compétents, d’où des erreurs et maladresses tactiques sur le terrain et impossibilité pour Keitel de s’opposer à Hitler dans l’idée de l’invasion de la Russie.

 

GTell.

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 16:40

 

Commentaires

 

Tous les documents ne sont ici, trop, c’est trop de répétitions pour bien comprendre ce qui est dit. Nous voilà face à l’étude approfondie de l’attaque de la Suisse par des forces conséquentes et féroces pour ne pas répéter l’erreur de la Norvège. Sournoisement le loup approchera déguisé et frappera et finira en quelques jours (4-6 jours) pour en finir avec la Suisse.

Le décompte des forces en présences est fortement en faveur de l’Allemagne. La Suisse n’a pas de chars, la DCA est embryonnaire, l’aviation est fort peu moderne et pas bien grande, les fortifications trop visibles seront de bonnes cibles, les obstacles seront repoussés très facilement et l’armée n’est pas très nombreuse, les suisses de type français sont nuls, mais attention, le soldat suisse est bon tireur. Il faut vite encourager les suisses à expulser les prisonniers de guerres polonaises et françaises qui risquent de consolider l’armée suisse. L’armée allemande ne compte pas trop sur les Italiens pour les appuyer, ce serait plutôt le contraire.

Comment la Suisse pouvait bien voir l’armée Allemande et ses forces, et le général Guisan, savait il combien était proche la fin de son armée ?

Je reste dubitatif devant tant de précision pour l’invasion de la Suisse en force ou pacifiquement, cela reste une invasion. Véritable rouleau-compresseur qui aurait d’une bouchée avalé la Suisse.

 

GTell.

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 16:05

[4]

 

f) Réserves : nécessaires à l’arrière des troupes fournissant l’effort principal :

a) pour l’exploitation rapide des succès du XVe Corps probablement (pour cela SS « T » de la 2e Armée) dans le secteur au sud de Besançon,

b) pour venir à bout d’une résistance particulièrement forte en montagne à l’ouest de Bâle (à cet effet 23e div. de la 12e Armée). Elle doit demeurer mobile dans la région de Belfort avec le rég. de transp. camions qui, auparavant, a amené la Ire div. mont.

ces réserves dépendent du Commandement en chef de la 12e Armée.

 

12) Aviation

a) Missions de l’aviation d’attaque :

Destruction de l’aviation ennemie. La destruction des voies ferrées et des ponts n’est initialement pas autorisée !

b) Utilisation de chasseurs-bombardiers en collaboration avec l’armée : durant toute l’attaque du XVe Corps d’Armée et lors de la percée à travers lignes fortifiées du XVIIIe et XIIe Corps d’Armée.

c) Troupes aéroportées :

Intervention de parachutistes voir sous « 4e formation d’attaque. »

d) DCA importante sur les rares routes profondément encaissées. Répartition dans la mesure où la situation face à la côte anglaise le permet actuellement. A demander pour chaque C.A. une unité de DCA.

e) Appareils de reconnaissance :

Pour le Commandement en chef de l’Armée, les Corps d’Armée, les div. mot. et blindées chacun une escadrille de reconnaissance.

 

13) Conduite tactique et composition :

Tenir compte des expériences de la Norvège : attribution de chars, pièces d’artillerie et de troupes mot. particulières aux éléments de pointe ; renforcement des groupes de marche par des comp. Mitr. (mot.) ; utilisation accrue de canons d’infanterie et de lance-mines ; constitution de puissants détachements avancés avec utilisation – ici peu nécessaire pour la lutte antichars – des véhicules des unités de chasseurs de chars.

 

14) Temps requis :

a) Pour le déploiement :

I) des unités mot. les plus éloignées de la zone de la 12e Armée : 2 jours,

II) des div. inf. : à pied : 2-3 jours, de la 260e div. jusqu’à 4 jours,

III) de la div. mont. : en camions et transports ferroviaires : 3 jours,

IV) pour la 262e par train : 3 jours.

Pour III et IV trois jours de préavis pour la préparation du matériel roulant : 3+3=6 jours. 7 jours avant l’attaque au moins un préavis doit être adressé aux chemins de fer.

 

b) Pour les opérations : la prise de Berne, Lucerne et Zurich doit être possible au plus tard dans le courant du 2e jour. L’atteinte de la ligne de démarcation dépend du succès des deux premiers jours et du résultat des combats autour du Saint-Gothard. En 3-4 jours la partie de la Suisse qui nous revient peut être occupée (avec tracé de la ligne séparant les sphères d’intérêt sur les Alpes bernoises et glaronnaises), sinon en 4-5 jours. Le temps requis par les Italiens dépend de la nature de leur engagement.

15) Saison

L’été est favorable. D’octobre à mars des chutes de neige en montagne gênent les déplacements et le brouillard empêche entre autres l’intervention de l’aviation. Le mois de septembre est particulièrement favorable pour l’aviation.

 

16) Exigences

a) Maintien du secret et leurre :

Bouclage discret et renforcé de la frontière suisse également dans le secteur frontalier italien et, si possible, français. Informations de presse idoines, faux messages radio et silence radio pour certains éléments.

 

b) Utilisation d’agents secrets pour la reconnaissance de certains détails des fortifications. Qu’existe-t-il dans les positions de l’arrière ? Des regroupements sont-ils en cours à la frontière française ?

 

c) Amélioration des cartes particulièrement mauvaises. Se procurer si possible des cartes dans le commerce en Suisse. Etablissement d’une courte description géo. Mil. Du pays.

 

d) Le chef du Service des transports doit donner son avis sur les voies de communication.

 

e) La Commission d’armistice a refusé un déplacement de la ligne de démarcation sur une ligne Champagnole-Saint-Claude-Collonges ouest-Martigny (localités comprises). Etant donné que les avantages d’une entreprise allemande et italienne à partir du sud du Léman sont grands, il convient d’exiger de la direction politique allemande qu’elle autorise le passage de troupes allemandes et italiennes à travers le territoire non-occupé et la zone des 50 km (sur la frontière italo-française) ou, respectivement, qu’elle crée les conditions nécessaires. Plus tôt le secteur frontalier franco-suisse Léman-point de jonction des 3 pays (au Grand Saint-Bernard) sera fermé, et mieux cela vaudra afin d’interrompre tout mouvement venant de France ou y allant.

 

f) Il faut accepter le plus rapidement possible la demande de la Suisse de pouvoir expulser de son territoire les Polonais et les spahis, afin de prévenir un éventuel renforcement de son armée.

 

17) Etant donné la situation politique actuelle en Suisse il est possible que l’occupation ait lieu de manière pacifique sur ultimatum, si bien qu’après une entrée en force, il faut rapidement passer à l’invasion pacifique.

von Menges

Capitaine à l’E.M.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 17:29

[3]

 

10) Utilisation et missions en particulier


a) Commandement de l’ensemble : Commandement en chef de la 12e Armée.

Mission du Commandement en chef de la 12e Armée : « Commandement en chef de la 12e Armée – pour les préparatifs subordonné au Groupe d’Armées C, dès le début de l’attaque directement subordonné à l’OKH – lance sur l’ordre de l’OKH le jour x, à l’heure y, une attaque concentrique contre la Suisse depuis l’ouest (effort principal), le nord et le nord-est afin d’occuper rapidement la Suisse au nord dans la sphère d’intérêt allemand. Elle percera les fortifications frontalières ennemies et s’emparera rapidement de la capitale et des régions industrielles autour de Berne et Zurich.

Il convient de battre rapidement et d’une manière décisive l’armée suisse, avant qu’elle parvienne à se retirer vers le sud, en haute montagne, en interrompant simultanément ses lignes de retraite depuis le sud-ouest et l’ouest et en faisant intervenir des parachutistes au nord des Alpes glaronnaises.

b) 1) Pour le cas où la ligne délimitant les sphères d’intérêt germano-italiennes s’étendrait au sud de la vallée du Rhône : (Ann. 4 : ligne b-b)

« 1re formation d’attaque »

Forces : 20e div. mot. Renforcée, 1 bat. Mitr. (de la 2e Armée). Placé directement sous les ordres Commandement en chef 12e Armée.

Voies d’approche : par Saint-Laurent, Saint-Claude, Gex.

Base de départ dans la zone autour de Ferney (au sud de Gex). La voie d’approche est située partiellement à l’ouest de la ligne de démarcation car la route Morez, direction Gex, est totalement utilisée par la division voisine de gauche (29e mot.) qui dans le secteur au nord-ouest de Gex se prépare à attaquer en direction de Nyon. La marche d’approche s’effectuera par le territoire non-occupé, à l’ouest de la ligne de démarcation, sans en informer préalablement les Français, dans la nuit précédant l’attaque jusque dans la région de Genève, de telle manière que la division n’atteindra la frontière suisse que peu avant l’attaque.

Mission : « La div. – directement subordonnée au Commandement en chef de la 12e Armée – s’emparera par surprise de Genève le jour x, heure y, afin d’entreprendre à partir de là une poussée avec deux groupes d’attaque avec effort principal par Martigny sur la vallée du Rhône direction Saint-Gothard pour ouvrir aux Italiens le col du Simplon depuis le nord et pour établir plus tard le contact direction Schwyz et Brienz avec les troupes attaquant depuis le nord. Le fort de Saint-Maurice doit être pris depuis le nord et le sud. »

 

2) Pour le cas où la ligne séparant les sphères d’intérêt germano-suisses serait fixée sur les Alpes bernoises et glaronnaises : (Ann. 4 ligne a-a)

Si cette ligne est établie sur les Alpes bernoises et glaronnaises, ce groupe d’attaque est supprimé. En échange des éléments de la division voisine, engagée seulement au nord du Léman (29e mot. – aile sud du 2e groupe d’attaque ; cf. en bas) se dirigent via Genève et Aigle, directement au sud du Léman, sur Thoune.

 

c) « 2e formation d’attaque » :

Forces : le XVe Corps d’Armée 5e div. (mot.) (de la 12e Armée), 29e div. mot. (de la 12e Armée), 4e div. blindée (de la 12e Armée), troupes de Corps : 1 groupe ob. Lourds.

Marche d’approche : 5e div. déjà sur place. Pas de difficultés pour div. mot. et blindées.

Mission : « Le XVe C.A. perce le jour x, heure y, les fortifications frontalières de l’ennemi situées entre Nyon et Vervières (localités comprises), s’empare rapidement de la capitale et coupe les voies de retraite de l’ennemi vers le sud dans le secteur du lac de Thoune.

Le C.A. se tient prêt à ouvrir éventuellement plus tard à son voisin de gauche l’accès à travers la chaîne du Jura depuis le sud en attaquant avec des éléments provenant du secteur de Berne, sur ordre du Commandement en chef de la 12e Armée. »

 

Conduite de l’attaque :

La 29e mot. attaque Nyon avec de puissants éléments depuis le secteur orient. et occ. de Gex car dans cette zone, avant la frontière, la crête montagneuse a déjà été franchie et apparemment l’ennemi n’a pas encore établi de fortifications. Utiliser ici une div. mot. afin de couper les voies de retraite dans le secteur de Thoune.

4e blindée comme groupe fournissant l’effort principal sur Berne. Intervention seulement après que des éléments de la 5e div. auront percé les fortifications frontalières. L’utilisation ultérieure de la 5e div. pour occuper Berne, la région industrielle environnante et le terrain conquis par le XVe Corps d’Armée apparaît nécessaire. L’intervention d’un petit groupe latéral via Neuchâtel sur Berne peut faciliter la percée de la div. voisine à travers la chaîne montagneuse près de la Chaux-de-Fonds. Il faut prévoir de la placer ultérieurement sous les ordres du XVIIIe Corps d’Armée.

 

d) « 3e formation d’attaque » :

Effectifs : XVIIIe Corps d’Armée (de la 12e Armée), Ire div. mont. (de la 16e Armée), 73e div. mont. (de la 12e Armée), R.I. « Gr. D. » (de la 12e Armée), SS « A.H. » (de la Ire Armée). Troupe de Corps : 1 groupe ob. Lourds, 1 groupe chasseurs chars, 4,7 cm (provenant des troupes d’Armée).

Marche d’approche : cdmt. Gén. XVIII et 73e div. sont déjà sur leurs positions.

Ire div. mont. arrive avec ses éléments de combat transportés par un rég. Transp. Camions (organisé par Qua.-Maît. Gén.) avec ses colonnes acheminées par train. Il faut camoufler la raison de ce transport. (Mission sur la ligne de démarcation.) Troupes de Corps : à pied.

R.I. « Grossdeutschland » et SS « A.H. » pas de difficultés. Ils doivent être amenés au dernier moment pour des raisons de dissimulation et en fonction de leur utilisation ultérieure.

 

Mission : « Le XVIIIe Corps d’Armée – après la percée à travers les fortifications frontière et le Jura dans le secteur Le Locle-Bâle (localités comprises) – s’empare de Lucerne en jetant en avant depuis le nord et l’ouest ses éléments rapides et empêche que l’ennemi se dérobe vers le sud au-delà d’une ligne Berne-Lucerne-Schwyz. »

Conduite de l’attaque : Bâle doit être tourné par l’ouest.

R.I. « Grossdeutschland » et SS « A.H. » doivent être poussés immédiatement en avant après la première percée. A envisager l’utilisation de parachutistes dans la région d’Olten pour ouvrir les débouchés alpestres vers le sud.

 

e) « 4e formation d’attaque » :

 

Effectifs : XIIe Corps d’Armée (de la Ire Armée), 260e div. (de la 12e Armée), 1 bat. Mitr. (mot.) (de la 2e Armée), 262e div. (de la Ire Armée). Troupes de Corps : 1 groupe ob. Lourds, bats. Du génie et unités de pontonniers, 1 groupe ob. Mortiers fumigènes, 1 groupe chass. Chars, 4,7 cm (provenant Groupe d’Armées).

Marche d’approche : cdmt. Gén. du XIIe Corps d’Armée : à pied, 260e div. : à pied sur 140 km de la région de Belfort à la région de Waldshut sur le Rhin. 262e div. : débarquement autour de Saarbruck. Transport train dans la région Constance et Friedrichshafen. Troupes de Corps : à pied.

 

Mission : « Le XIIe Corps d’Armée – intervenant le jour x, heure y – anéantit l’ennemi dans la région Zurich-Sargans-Bodan-Waldshut. A cette fin perce les fortifications frontière de l’ennemi et empêche, en collaboration avec les parachutistes intervenus sur le canal de la Linth, et près de Sargans, que l’ennemi ne se dérobe vers le sud par Schwyz-Sargans.

Entre Bâle et Constance (localités exclues), il convient de feindre une attaque de grande envergure sur le Rhin. »

Conduite de l’attaque : Une attaque via Rheineck (le chemin le plus court pour se porter sur le flanc ennemi) risque de ne pas être couronnée de succès en raison des puissantes fortifications ennemies. Pour la div. intervenant par Constance on envisage, pour percer les fortifications se trouvant sur ce point, l’utilisation du bac à voitures Friedrichshafen-Romanshorn pour le débarquement surprise d’éléments en utilisant également des canots d’assaut.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 17:10

 

[2]

5) Déploiement suisse et valeur combative


D’après les maigres informations dont nous disposons jusqu’à présent 5 divisions ½ ont été déployées face à la frontière germano-suisse au nord et seulement 2 divisions ½ à l’ouest. En comparaison avec le mois précédent, on ne discerne aucun renforcement sur la frontière occidentale mais les divisions sont plus éloignées de la frontière qu’auparavant. Le reste se trouve au sud et au sud-est.

Valeur combative : une armée rationnellement organisée, pouvant être rapidement utilisée. Le niveau d’instruction a dû augmenter en raison de la longue durée de la mobilisation. Chefs formés seulement théoriquement. Commandement méthodique. Lacunes dans l’armement (artillerie, chars et défense antichars, aviation, DCA). Individuellement, le soldat est un combattant tenace et bon tireur. Les troupes de montagne passent pour meilleures que leurs voisines du sud. La valeur combative des Suisses vivant à l’ouest (le type français) est médiocre alors que ceux vivant au sud de Constance (communistes) seront des adversaires acharnés. Conclusion : Armée seulement propre à la défensive, totalement inférieure à l’allemande.

 

6) Possibilités opérationnelles suisses


Il ne peut être question pour l’ennemi qui doit protéger une longue frontière d’agir offensivement. Il cherchera à défendre ses positions aménagées, proches de la frontière.

La faiblesse de son actuel dispositif apparaît à la frontière française. Un éventuel regroupement dans cette zone ne peut s’effectuer qu’au détriment de la couverture de la frontière allemande.

Après la perte de ses positions proches de la frontière, l’ennemi tentera de s’établir à nouveau sur la ligne lac Léman-lac de Neuchâtel-la de Bienne-Olten-Zurich-Sargans. De plus, la possibilité de se défendre en haute montagne subsiste.

 

7) Le pays voisin Liechtenstein


Le Liechtenstein est un pays indépendant, qui collabore politiquement et financièrement étroitement avec la Suisse (Union douanière). Le prince résiderait principalement à Vienne. Il n’existe pas d’armée.

Notre propre intervention :


8) Réflexions de principe à propos de l’utilisation des forces


a) il s’agit de

 

I) détruire le plus rapidement l’armée ennemie,

II) d’occuper rapidement et sans destructions la capitale et la région industrielle autour de Berne et Zurich,

III) De contrôler, sans destructions, les principales voies ferrées, tunnels et routes (voir également sous chiffre 1 a-c).

 

b) Déploiement en général :

Il doit s’effectuer aussi rapidement que possible afin que l’attaque surprenne effectivement la Suisse. Pour cette raison approche des unités motorisées en dernière minutes, les div. inf. ne se trouvant pas encore à la frontière, les div. prévues pour l’attaque au nord doivent être camouflées en div. effectuant une période d’instruction.

c) L’attaque principale doit être conduite depuis la France. C’est là que se trouvent les fortifications frontière les moins solides, faiblesse en cet endroit du dispositif ennemi, c’est par cette voie que les grandes villes les plus proches et les zones industrielles peuvent être atteintes, d’autant plus que les positions arrière des deux côtés du lac de Neuchâtel ne sont apparemment pas encore établies.

d) Des moyens réduits doivent être utilisés pour feindre un franchissement du Rhin. Il est difficile et exige de nombreuses unités de pontonniers. Un large front doit être constitué avec une div. pour tromper l’ennemi, des éléments de cette division doivent être déployés sur les points faibles ennemis près de Waldshut et Eglisau et vers Zurich.

e) Il faut renoncer à une attaque à partir de l’est en raison du terrain montagneux difficile, des puissantes fortifications ennemies et des conditions défavorables au déploiement.

f) Pour des raisons de terrain la pointe autour de Coire-Davos doit être laissée aux Italiens.

g) Possibilités d’attaque pour les Italiens voir sous feuille 4, partie II « L’attaque italienne ».

Le plus favorable pour nous serait que les Italiens utilisent exclusivement leurs forces dans la vallée du Rhône, de telle manière qu’une frontière nette soit tracée entre la sphère d’influence allemande et italienne sur la crête des Alpes bernoises et glaronnaises. Il faut s’efforcer de parvenir à cette solution en espérant que les Italiens procéderont rapidement et énergiquement dans la vallée du Rhône.

(Le plus défavorable pour nous serait que l’aile occidentale des Italiens n’interviennent que jusqu’au col du Simplon. Il faudrait alors que des forces allemandes pénètrent dans la très importante vallée du Rhône. Les Italiens n’auraient pas de liaison transversale entre leurs groupes d’attaque à l’intérieur de la Suisse qui ne pourraient pas non plus produire tout leur effet. Cette solution n’est donc qu’un expédient.)

 

h) Menace aérienne :

Nous possédons une très forte supériorité aérienne si bien qu’en dépit de routes étroites et profondément encaissées, l’utilisation de div. mot. Et de div. blindées s’avère parfaitement possible, avec une dotation en DCA convenable.

 

9) Forces à disposition


En comptant avec l’utilisation de quelques div. mot., blindées et de mont. prévues pour « Otarie ».

a) Le commandement général est confié au Commandement en chef de la 12e Armée qui demeure pour les préparatifs subordonné au Groupe d’Armées C.

Avec le début de l’attaque, le Commandement en chef de la 12e Armée est placé sous le commandement direct de l’OKH, afin de raccourcir la voie hiérarchique.

b) Les divisions mot. Et blindées sont utilisées pour obtenir le contrôle rapide de Berne, Lucerne et Zurich et pour atteindre les voies de retraite ennemies vers le sud. Elles doivent être prises à la 2e Armée. Marche d’approche à vol d’oiseau de 200 à 350 km.

c) SS « A.H » (Division SS « Adolf Hitler ») et R.I. (Régiment d’infanterie) « Grossdeutschland“ peuvent être utilisés pour renforcer rapidement des div. inf.

d) Il manque des div. mont. (1re et 6e div. mont. se trouvent sur la Manche). Au moins une div. mont. est nécessaire pour le franchissement de la chaîne du Jura ainsi que pour d’éventuelles interventions ultérieures en Suisse centrale et méridionale. Un remplacement par une div. inf. avec équipement de montagne est impossible car « Otarie » requiert déjà complètement un tel équipement. Il faut par conséquent demander l’envoi de la 1re div. mont.

e) Les divisions d’infanterie doivent être utilisées pour la rupture de la ligne des fortifications et pour les objectifs proches. Nous disposons de :

pour l’attaque depuis l’ouest et le nord-ouest : 5e, 73e, et derrière, en réserve, 23e div. (provenant de la 12e Armée dans son actuelle zone de stationnement favorable à l’entreprise), pour l’attaque depuis le nord : la 260e div. (provenant de la 12e Armée près de Belfort, à pied), la 262e div. (provenant de la 1re Armée au sud-ouest de Saarbruck, transport par trains).

(Il faut privilégier leur utilisation par rapport aux div. en congé demandant 10 jours pour être rappelées et devant être à nouveau instruites – 88e dans la région de Rothenbourg, 95e dans celle de Francfort/M. – Il est également difficile de dissimuler leur rappel).

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 16:53

[1]

La troisième mouture de Menges est très complète et fouillée qui représente un grand nombre de pages, ce qui m’oblige à couper le document en plusieurs morceaux numérotés.  


Troisième version actualisée du projet d’attaque de la Section des opérations de l’Etat-Major de l’Armée :

OKH, sect. op., nouvelle version à la suite de nouvelles informations concernant la Suisse. 1re partie : L’attaque allemande contre la Suisse ; 2e partie : L’attaque italienne, 12.8.1940 signé v. Menges, Capitaine à l’E.M.

Sect. op

Commandement, secret. Seulement à l’échelon supérieur ! Par officier uniquement !

 

Partie I

Nouvelle version en raison de nouvelle informations sur la Suisse


L’ATTAQUE ALLEMANDE CONTRE LA SUISSE

 

Mandat assigné :


Il s’agit d’examiner la possibilité d’une occupation surprise de la Suisse par des troupes allemandes depuis la France et l’Allemagne en postulant que des troupes italiennes venant du sud attaquent la Suisse simultanément.

I)                    Exécution de la mission :

Grâce à une rapide attaque surprise à partir de plusieurs directions il s’agit d’obtenir :

a)      La destruction de l’armée ennemie pour empêcher l’unité du commandement, l’établissement de nouvelles lignes de résistance sur un front unique et une retraite en bon ordre dans les régions montagneuses impraticables (ce qui retarderait le succès militaire).

b)      Pour des raisons politiques et psychologiques l’occupation rapide, et sans destructions, de la capitale et de la région autour de Soleure et Zurich (Orlikon) avec son industrie d’armement.

c)       Le contrôle, en évitant les destructions, des plus importants nœuds ferroviaires et routiers ainsi que des nombreux ponts et tunnels pour utiliser le pays dans les plus brefs délais pour tous les transports vers le sud de la France.

 

2) La Suisse en tant que pays


La Suisse est une région très montagneuse. La Suisse centrale et méridionale est une zone de haute montagne avec des glaciers dans les Alpes valaisannes, bernoises et glaronnaises. Les vallées du Rhône et du Rhin sont étroites et encaissées et peuvent, par conséquent, être facilement obstruées par la destruction à l’explosif de rochers.

La partie septentrionale de la Suisse est plus plate. Elle est limitée par le Bodan, le Rhin (dans le secteur Bâle-Bodan large de 100 à 200 m) et la chaîne du Jura, difficile à franchir depuis le nord. L’industrie du pays se trouve au nord-ouest de Zurich ainsi que dans la région de Fribourg-Berne-Soleure.

 

3) L’armée suisse


a) Les effectifs totaux de l’armée suisse se montent à 220 000 hommes, selon la statistique de début août 1940. Il existe actuellement : 6 divisions d’infanterie, trois divisions de montagne, 3 brigades de montagne, 1 brigade frontière et des bataillons frontières. Il n’existe pas de troupe blindée. L’aviation est faible et seulement pour une petite partie moderne, la DCA est en voie d’organisation.

b) Ont été démobilisés : les trois brigades légères (troupes rattachées au Corps d’Armée) et les unités de cyclistes, l’ensemble des troupes territoriales, les brigades frontières à l’exception d’une seule sur la frontière méridionale et tous les services de l’arrière. Pour des raisons de politique interne et à cause de la question du chômage, il est difficile de poursuivre la démobilisation.

c) La mobilisation peut être précédée de mesures préventives (Utilisation des troupes frontière). La mobilisation elle-même n’exige que peu de temps.

Troupes prêtes à faire mouvement : parties de la couverture frontière en 5 heures, Etats-Majors de Corps, troupes de corps et divisions le 2e jour de mobilisation. Etats-Majors d’Armée, brigades légères et brigades frontières le 1er jour de la mob.

Force totale de l’armée mobilisée 278 000 hommes avec 6 divisions d’infanterie, 3 divisions de montagne et 9 brigades frontières (env. 100 bataillons frontière) et comme troupes de Corps d’Armée 3 brigades légères ainsi que 75 bataillons de « troupes territoriales » (Sorte de défense locale).

d) Actuellement se trouvent dans les camps d’internement suisses (gardés par la 3e et des unités de la 7e division) les éléments suivants réfugiés durant la campagne à l’Ouest avec un effectif total de 5 000 hommes :

- la 67e div. française, 3e levée, esprit combatif peu élevé

- la 2e div. polonaise (12 000 homes)                                                      peu souffert, bonnes troupes

- éléments des brigades de fortifications                                            peu souffert, bonnes troupes

   D’Altkirch et Montbéliard

-1 brigade de spahis, 900 hommes                                                         peu souffert, bonnes troupes

- réserves d’Armée, art., et chars.                                                          peu souffert, bonnes troupes

 

La Suisse aimerait expulser rapidement les Polonais et les spahis pour pouvoir – sans tenir compte d’autres raisons – disposer à nouveau de 1 division ½ de surveillance. En cas de guerre on doit compter avec le ralliement aux Suisses des Polonais, des spahis et, peut-être, d’une part moindre des Français. Effectif global d’environ une division. Les Suisses apprécient l’armement et les chars saisis des troupes internées.

Si les éléments internés ne combattent pas et se trouverons encore dans le pays, leur surveillance implique un affaiblissement de la troupe combattante suisse.

 

4) Fortifications de la Suisse


a) Frontière avec l’Allemagne :

Effort principal de l’aménagement dans le secteur Bâle-Constance-Rheineck-Sargans. Ouvrages légers, seulement sur quelques points ouvrages moyens. Aménagement solide des piliers d’angle Rheineck et Sargans, entre eux pentes montagneuses escarpées. Rive méridionale du Bodan faiblement protégée.

13 ponts sur le Rhin dans le secteur Constance-Bâle.

Points plus faibles au sud-ouest de Bâle, à l’est de Waldshut et d’Eglisau.

Positions dans le secteur arrière : pour le moment apparemment seulement des barrages dans le resserrement de la vallée. Aménagement prévu sur la ligne Olten-Aarau-Zurich-Sargans.

b) Frontière avec la France : Aménagement seulement à partir du début de 1940, d’abord barrages sur quelques points et bunkers de campagne avec embrasure de tir.

Faiblesses de la position : autour et à l’ouest de Nyon, à l’est de Pontarlier, au nord de La Chaux-de-Fonds ; routes de cols au nord et au sud de Saint-Maurice non fortifiées, mais dans un terrain difficile.

c) Etat de l’aménagement : depuis juillet les travaux aux fortifications ont été arrêtés à l’exception de celles dépassant déjà le niveau du sol. Les travaux aux fortifications et barrages sur la frontière du nord-ouest sont poursuivis sans limitation.

d) Précisions : les bunkers 6-8 m au-dessus du sol constituent une bonne cible ; pas d’informations en ce qui concerne les barrages antichars. Il faut compter partout avec des barrages sur les routes (blocs en béton préparés, peuvent être détruits à l’explosif ou franchis à l’aide de passerelles préparées à l’avance). Postes de douane dépourvus de valeur défensive.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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