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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 15:50

Poète, écrivain, professeur, premier recteur de l’Académie de Genève, le Réformateur Théodore de Bèze (1519 – 1605) est avec, puis après Jean Calvin, l’une des grandes figures du protestantisme de langue française.

Théodore de Bèze [1516 – 1605]

Apposée, à sa mort, sur les murs de Genève, cette affiche exprime les sentiments de foi et de déférence avec lesquels la nouvelle de son décès fut ressentie.

L’affiche donne à penser que le peuple à qui est destinée le texte, savait lire le latin couramment. En réalité, l’affiche est destinée aux anciens de l’Académie. Placardée sur les murs de Genève par ordre de Gaspard Laurent, Recteur de l’Université.

Voici la traduction :

« Telle est l’arrivée au port pour les navigateurs, telle l’entrée dans une autre vie pour ceux dont la mort est précieuse aux yeux du Seigneur. La journée d’hier a vu s’éteindre une grande lumière dans l’Église. Chargé d’années, noble et respectable, Théodore de Bèze vient de s’acquitter de cette vie éphémère et misérable pour entrer paisiblement dans celle où l’on trouve le repos et la félicité éternelle. Aujourd’hui auront lieu ses obsèques. C’est pourquoi, illustres et généreux seigneurs, comtes, barons, nobles et étudiants de toute condition appartenant à cette Académie, au nom des Pasteurs et Professeurs, nous vous convoquons pour l’heure de midi, afin de prendre part au convoi funèbre et de rendre l’honneur suprême dû à cet homme éminent, à cette mort sainte. Son corps a été semé corruptible : ainsi que celui de tous ceux qui meurent en Christ, il ressuscitera incorruptible. Car ni la mort, ni la vie, ne nous peuvent priver des bienfaits de cet amour que Dieu témoigne à ceux qui sont à lui en notre Seigneur Jésus-Christ lequel fait passer les siens de la mort à la vie. Le décès a eu lieu le 13e jour d’octobre 1605. »

Source du document, Des Siècles d’Histoires à Genève, de Georges DETERSANNES, Spicilège Extime.

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 15:54

En février 1526, entre Berne, Fribourg et Genève, une alliance (combourgeoisie) fut scellée. Les divergences religieuses provoquèrent, en 1534, une rupture de la part de Fribourg. En revanche, les liens avec l’autre allié persistèrent, d’autant plus que depuis 1536 Berne dominait les territoires avoisinant Genève.

Manifester l’amitié et la confiance que les combourgeois ont « les ungs avec les aultres » est le but de la rencontre annoncée. Elle eut lieu en 1538. Son enjeu consista en un tir à l’arquebuse, forme primitive du fusil. Le tir est demeuré un sport national suisse.

Genève annonce des réjouissances

La traduction ou l’interprétation du texte est laissé à chacun de vous. (Si l’un de vous traduit le texte en français moderne, je veux bien une copie.)

Juste une information utile à certain : « item, en début de phrase, signifie, de même, également.

Je sais que l’ancien français n’est pas facile à lire avec ses «f » qui sont des « s », des mots avec plus de lettres qu’aujourd’hui ou en moins et la graphie particulière de l’époque, compliquent la facilité de lecture. Courage !

Source du document, Des Siècles d’Histoires à Genève, de Georges DETERSANNES, Spicilège Extime.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 16:45

Le titre peut surprendre pour paraître ici, dans un blog consacré à la Suisse. En effet, la Confédération Helvétique n’a jamais été une principauté, un royaume ou duché, non rien de tout cela. Par contre, la Suisse a toujours été terre d’asile pour bien des gens de la noblesse européenne.

Bien que les Vaudois aillent connu Leurs Excellences de Bernes (L.L.E.E.), ce n’étaient pas des Nobles au sens entendu par exemple en France, il s’agissait seulement des membres du Conseil, certes grandes familles et grands bourgeois.

Certains Suisses portaient des titres de noblesses hérités par naissance ou accordé par un roi étranger pour « services rendu » ou autres raisons, n’ont jamais été une marque de supériorité quelconque, bien au contraire, puisque les Conseils des Cantons ont toujours gouverné et que ceux-ci étaient composés des « gens du peuple ».

Alors, voici qu’un monument genevois, a été élevé pour une Altesse Royale et ceci à un endroit des plus beaux de la Rade. Le mausolée de Brunswick.

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Parce que le duc a choisi de se réfugier en Suisse et de finir sa vie à Genève.

Son Altesse Royale

Crédit photographique : Par Σπάρτακος — Travail personnel, CC BY-SA 3.0.

L’histoire du duc est des plus mouvementée et pour en soir plus sur le personnage, je vous laisse lire ce qu’en dit Wikipédia ici.

Le 28 août 1873, Genève affiche dans les rues de la ville, une proclamation invitant la population à des funérailles qui doit bien surprendre le quidam qui ne connaissait pas le duc de Brunswick.

L’affiche

L’affiche

Source du document, Des Siècles d’Histoires à Genève, de Georges DETERSANNES, Spicilège Extime.

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 15:03

RBI

RBI

Les luttes verbales ont commencées et c’est toujours particulier de voir des initiant un peu timides et ne voulant pas montrer une facette d’eux qui choquerait le public, être confronté à des personnalités, des ténors et grands orateurs et bien sûr opposants à l’idée révolutionnaire du moment, le RBI. A « Infrarouge » le débat me semblait faussé, déséquilibré.

D’ailleurs, l’émission « Infrarouge » n’a été que démolition et poudre aux yeux des « personnalités de la finance et des partis de droite » face à des initiants de gauches et verts, pratiquement inconnus du public.

Jamais les bonnes questions n’ont été posées, ni les arguments des initiant non bousculés le flot de paroles capitalistes.

Dommage, mais même en imaginant la loi acceptée et en place, que pouvons-nous faire avec 2'500 francs ? Une personne seule, dans une ville, mille francs passent pour se loger, presque autant pour la nourriture et le reste pour les assurances qui feront tout pour que cette personne donne son solde. Rien, plus rien en poche pour une sortie cinéma, pour un restaurant avec une amie et ne parlons pas d’envisager de posséder une auto.

Un couple sans enfants, deux fois 2'500 francs font bien 5'000 francs de revenus et même problème que pour le célibataire, les capitaux seront grignotés de la même façon, « puisque ils peuvent payer, prenons le maximum ! », diront les assureurs, le bailleur et tous ceux qui auront besoin de ponctionner le couple.

Ajoutons un enfant, celui-ci n’aura pas 2'500 francs, mais quelques centaines de francs s’ajouteront à la somme touchée des parents. Ce n’est pas encore déterminé. Peut-être auront-ils assez pour acheter une voiture et dans ces conditions, le budget sera toujours serré et limite.

Et n’oublions jamais, un revenu = impôts !

Les opposants, disent : « Mais comment financerez-vous le RBI ? ». C’est certain, les riches n’aiment pas qu’on leur prenne une fraction de leur fortune et quelle fraction, puisque l’on parle de 2‰ sur le montant total du trafic des paiements en Suisse. Et ce n’est pas vous et moi, qui sommes concerné par ces 2‰, non, ce sont les banques, les assurances, les cabinets d’affaires et autres grands industriels et multinationales qui sont concernés.

N’oublions pas que sans le peuple, les « grands riches » n’auraient pas tant d’argent.

Faites-vous une opinion en lisant l’interview d’Oswald Sigg, vice-chancelier de la Confédération et porte-parole du Conseil fédéral. (Un des initiant du RBI.)

Suivez le RBI

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Published by G.Tell - dans Politique
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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 15:45

Épilogue

« Au cours des siècles, bien des portraits de ces anciens Suisses ont été brossés.

Le Téméraire en fuite

Le Téméraire en fuite

« Ceux qui les ont tracés se sont inspirés de diverses manières, certains s’en sont servis pour fournir à leurs élèves des modèles auxquels rien ne manquait, d’autres y ont vu un objet d’extase plus ou moins bien proportionné. Nous n’avons pas pu suivre leurs traces. La réalité historique n’est pas compatible avec ces images légendaires où les guerriers ont un corps et une discipline de fer, résistant à tout, même aux bains prolongés dans les eaux du Rhin charriant des glaces.

« Quand nous pensons à eux, nous voyons avant tout des hommes, dans toute leur simplicité et tels qu’ils se sont donnés eux-mêmes. Les ayant dépouillés des attributs légendaires et mythologiques dont on par volontiers les héros, nous les voyons apparaître plus vrais.

« Mais nous nous rendons compte aussi combien ces gens ont eu les coudées plus franches que nous : l’Etat, les lois jouaient dans leur vie un rôle beaucoup plus modeste que dans la nôtre, leur permettant – au sens littéral du terme – d’être de véritables « force de la nature ». Voilà ce qui explique pourquoi toutes les formes de la vie qui était la leur ont eu ce quelque chose de plus frais, de plus traditionnel en même temps, de plus marqué que celles de notre temps.

« Voilà ce qui explique aussi pourquoi ces gens pouvaient se permettre de faire la guerre en suivant avant tout leur naturel, et en se préoccupant fort peu des prescriptions officielles.

« Les anciens Suisses n’ont pas du tout « la pureté des héros », mais ce sont quand même des gens peu ordinaires, par leur incarnation de l’élémentaire, et par leur tenue au combat.

« Leur histoire nous enseigne que, malgré leurs défauts, ils ont pu achever une œuvre de taille. Ceci pourrait peut-être nous engager à chercher à faire de même.

FIN

Sources : Cahiers d’histoire et de prospective militaire / Documents pour servir à l’histoire de la pensée militaire Suisse / Château de Coppet – 1968

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Internet

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Le Livre des Armes, Dominique Venner, Edition Jacques Grancher, Pensée Moderne, Paris 1976

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 15:25

La désertion

« Parmi tous les éléments qui sont particuliers à l’ancienne « manière » suisse, le plus caractéristique, à notre sens, est cette espèce de désordre latent, cette part d’incontrôlable, et aussi d’indompté – par laquelle nos gens communiquaient, en quelques sorte, avec les forces obscures et irrationnelles de la guerre.

« Ceci se manifestait « en surface » par deux phénomènes bien marqués, la « feldsucht » et la « feldflucht » : l’attrait physique du combat et sa répulsion, si l’on peut dire. »

[Nous nous sommes suffisamment occupés de la « feldsucht » pour pouvoir nous pencher sur un aspect moins connu, et dont l’historiographie idéalisant(e) fait volontiers un tabou.]

« Par « feldflucht » nous n’entendons pas, à proprement parler, la désertion face à l’ennemi, lâcheté caractérisée dont nous ne connaissons que si peu d’exemples qu’il ne vaut pas la peine d’en parler. [Nous voulons parler de ceux qui – pour diverses raisons, familiales et autres – ne pouvaient prendre sur eux d’accompagner leurs camarades en campagne.]

« Nous savons que la désertion face à l’ennemi est punie des plus sévères sanctions, et qu’un homme a le droit de poignarder son voisin dès qu’il a exprimé son intention de prendre la fuite. Ce droit était pratiqué tout à fait sérieusement ; on sait que pendant la guerre de Souabe les gens de Lucerne et de Zoug, qui se portaient, en une marche forcée presque inhumaine, vers Dornach (où l’action s’était déjà engagée), tombèrent sur une bande de 200 Bernois qui préféraient les joies du pillage aux difficultés du champ de bataille. Bien qu’ils fussent fort pressés, les lucernois et zougois estimèrent indispensable de faire justice, et passèrent sur le champ les pillards par les armes.

« Cet exemple de fidélité aux lois a quelque chose d’antique ; il peut, certes, avoir représenté une exception, il n’en demeure pas moins vrai qu’une attitude équivoque en présence de l’ennemi menait à coup sûr en justice celui qui en était accusé.

« Si un Suisse avait le malheur de tomber vivant aux mains de l’ennemi en cours de bataille, il devait être en mesure de prouver – une fois libéré par la suite – que c’était après avoir été blessé qu’il avait été fait prisonnier. S’il ne pouvait pas fournir cette preuve, il risquait sa peau.

« On cite l’exemple d’un homme qui marchait, lui aussi, vers Dornach, et qui reçut par accident en cours de route, une ruade de cheval. Blessé, ayant perdu connaissance, il ne participa pas à la bataille. En dépit des circonstances, la justice militaire fut saisie de son cas et il fut l’objet d’une enquête. »

De tous temps les déserteurs ont existés.

De tous temps les déserteurs ont existés.

[Tout ce qui précède a trait à la désertion. On voit qu’elle est considérée comme la plus grande infamie.]

« La « feldflucht » n’est pas identifiée à la désertion ; assez répandue, elle se manifeste par une sorte de mouvement de reflux, groupant tous ceux qui évacuent la zone des combats. Cette espèce de migration, qui a pris parfois des proportions considérables, s’est produite dans toutes les guerres de l’ancienne Suisse, elle partait des villes d’étape, des garnisons mêmes et des camps, et refluait vers l’intérieur du pays.

« Contre elle, les gouvernements ne purent pratiquement rien faire, bien qu’ils ne se fussent pas fait faute de prendre une série de mesures.

« Les règlements militaires en vigueur contiennent une série d’interdictions, destinées à empêcher les hommes d’armes de quitter la troupe avant la bataille. Mais on est étonné de constater l’indulgence et l’humanité des lois qui ont trait au retour illégal au foyer.

« Le contraste est frappant : alors que la désertion face à l’ennemi est punie au minimum de l’exil à vie et de la confiscation de tous les biens, … le retour au foyer de ceux qui ne font que quitter un camp ne fait l’objet, lui, que d’une amende salée, accompagnée d’un exil d’un an. »

« On voit même des gens qui sont accusés de ce délit, ne se voir l’objet que d’une simple privation de solde.

« Pour souligner combien cette pratique nous semble insolite, nous rappellerons que les lois militaires actuelles (1968), applicables en temps de service actif, qui sont en bien des points plus « humaines » que celles de l’ancien temps, prévoient, en ce qui touche à la désertion et l’absence du service sans autorisation, des peines allant jusqu’à dix ans de pénitencier.

« On ne peut s’empêcher de penser que les chefs militaires du Moyen Age, face à un fléau contre lequel la plus grande sévérité se révélait illusoire, n’ont fait en quelque sorte, bonne mine à mauvais jeu. »

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 15:37

Pourquoi les anciens Suisses ont-ils cherché à livrer très rapidement bataille après avoir mobilisé ?

« C’est un fait : on cherchait à livrer bataille sans tergiverser, on se hâtait même, dans la mesure où on pouvait le faire sans trop tenter le diable. Mais pourquoi ?

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[Pour comprendre la raison de cette attitude offensive, il faut se pencher attentivement sur les problèmes de soutien logistique.]

« C’est ainsi que l’on voit le Gouvernement bernois pousser à l’attaque des Bourguignons qui assiègent Morat, parce qu’ils ne sont plus en état de fournir bien longtemps le soutien dont la grande armée confédérée aura un urgent besoin. A cela se sont ajoutées d’autres considérations, d’ordre psychologique : des rumeurs commençaient à circuler à Berne, selon lesquelles « on faisait traîner les choses, parce que certains y trouvaient intérêt ». Pour y couper court, le meilleur moyen était de provoquer l’action d’éclat. C’est ainsi que le Conseil de guerre dut céder à des considérations d’ordre politique, et tomber à bras raccourcis sur des Bourguignons déjà fort affaiblis par la longue attente du camp de Lausanne, et que la faim, devant Morat, aurait certainement pu contraindre à la retraite. Mais enfin la situation des assiégés et les approvisionnements des Confédérés n’étaient guère en meilleur état, et, plutôt que de spéculer plus avant, on préféra en découdre.

« Les anciens Suisses savaient très bien d’ailleurs que rien n’est plus dissolvant qu’une période d’inaction qui s’éternise. C’est pourquoi leurs troupes prenaient rapidement l’offensive, sans attendre que l’ardeur de leurs hommes ne fît long feu.

Vite, vite !

Vite, vite !

« Les historiens, qui se sont penchés sur nos anciennes batailles, sont toujours étonnés de voir les hommes presser leurs chefs à donner l’assaut ; ce qui précède peut contribuer à en éclairer les motifs.

Mon commentaire : J’ajouterais qu’à l’époque, les armées pillaient et ravageaient les pays ainsi conquis et les hommes se payaient en plus de la solde, avec du butin monnayable. Et dans ce cas précis, ne pas oublier que Berne était influencé par Louis XI, qui finançait très largement et encourageait la guerre contre Le Téméraire qui devenait trop puissant. Les Suisses bien payés, débarrassait le seul danger du Roi de France, qui en profitait pour s’approprier l’Etat de Bourgogne qui allait des Flandres hollandaises à la Méditerranée, qui représenterait aujourd’hui la moitié de la France. Les Suisses, qui avaient normalement droit sur les terres conquises, pouvaient exiger les terres en questions et le roi Louis XI n’aurait rien eut à redire à cette pratique courante de l’époque. À la promesse d’un butin et de sommes grandioses, les Suisses se retirèrent et laissèrent le champ libre à Louis XI, qui connaissait bien la faiblesse des Suisses. [L’argent]

« Il y a certes, des exceptions à cette manière de faire, comme cette campagne, entreprise de leur propre chef par les Bâlois, où on les voit éviter la bataille rangée et préférer une tactique de petits coups de mains, de razzias – allant au maximum, jusqu’à la prise de quelque château – à la bataille rangée, décisive, suivie d’un traité de paix. Mais cette « exception » n’est qu’apparente, car il s’agissait, en l’occurrence, de petits détachements dont le soutien ne posait pas de problème au gouvernement.

« On connait aussi d’autres cas, où la bataille ne fut pas livrée, mais ce fut alors contre le désir des Confédérés, qui avaient affaire à un ennemi habile, pratiquant l’esquive, comme lors de la campagne du Sundgau ou du Hegau.

« Quoi qu’il en soit, on peut dire que les Confédérés ont toujours cherché la bataille, partout où ils l’ont pu. On peut dire aussi que les impératifs du soutien logistique n’ont pas été étrangers à cette manière de procéder. »

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 16:21

L’alarme

« En cas de menace d’invasion, ou d’agression déjà perpétrée, on mobilisait le « landsturm ». Ce terme technique désignait à l’époque aussi bien l’alarme elle-même que la troupe ainsi mise sur pied.

Commentaire : Landsturm, selon Internet, une création du XIXe siècle et Allemande, créée en Prusse le 21 avril 1813. Alors comment être certain de cette affirmation et les propos tenus dans le texte ci-dessus qui nous parle d’une époque qui recouvre le XIIIe au XVIe siècle ? Les guillemets signifient-ils qu’à défaut d’un autre mot, landsturm est plus ou moins approprié ? Si vous avez une réponse à mon interrogation, n’hésitez pas à commenter.

« Pour déclencher la mobilisation, on se servit de moyens divers ainsi qu’on va le voir.

« A l’époque de la Première Guerre de Zurich, Berne mit au point un système d’estafettes dont on se promettait beaucoup. Pour mobiliser rapidement les gens de l’Oberland, on ordonna à Thoune d’être en mesure de faire apporter dans l’heure qui suivait sa réception, l’ordre de mise sur pied destiné aux gens d’Interlaken, Unterseen et Unspunnen, d’une part, et à ceux du Simmental d’autre part. (Une estafette allait au Niedersimmental, une autre dans l’Obersimmental.) … Ce système ne semble pas avoir donné satisfaction, et c’est ainsi que l’on peut lire, datées de 1447, des propositions d’amélioration émanant des autorités de la ville de Thoune. Il y est suggéré d’employer des feux codés.

[Au cinéma ça marche toujours. Ici, le film, Le Seigneur des Anneaux.]

« Ces feux partiraient du Belpberg, seraient repris de poste en poste, parviendraient à « Schönegg ensit der Kander », atteindraient Aeschi – « tête de ligne » des hommes de la Maison-Dieu. Le signal d’Aeschi offrait en outre l’avantage de pouvoir être observé par les gens de Frutigen et par ceux du Simmental. …

« Selon toute apparence, le projet de Thoune reçut l’attention qu’il méritait. On sait qu’en avril 1448, dans le conflit qui opposa Berne à Fribourg – en ce qui touche l’alarme – les liaisons entre Laupen et Morat étaient organisées comme suit : Les feux de Morat seront préparés au lieu-dit « Gugernölli ». Ils seront allumés qu’en cas d’invasion sérieuse. (Des bandes de 30 à 50 hommes ne sont pas considérées comme « sérieuses ».)

Nos feux de premier août sont directement liés aux alarmes.

Nos feux de premier août sont directement liés aux alarmes.

« Quatre sentinelles sont préposées – jour et nuit – à la garde de l’installation. Elles en répondent sous peine de punition. Elles sont en outre responsables qu’aucun feu (qui pourrait être confondu avec le signal d’alarme) ne soit allumé à proximité de l’installation.

« Malgré ses apparences rigoureuses, le système en question n’était pas au point ; le commandant de Laupen ignorait notamment s’il fallait retransmettre les signaux de Morat dans tous les cas, ou seulement si Laupen était directement menacée. …

« En tout état de cause, le système des feux prit dès ce temps-là une extension toujours plus grande. Quand la menace bourguignonne se précisa, Berne ne se contenta pas de renforcer les murailles de Morat, elle fit simultanément des essais de transmission, pour ne pas être surpris au cas où la petite ville serait assiégée…

« Le 15 juin 1476, Berne fit savoir aux assiégés que la mise à feu de 5 ou 6 foyers qu’on allumerait à Anet et que l’on réunirait en un unique brasier annoncerait la concentration des troupes confédérées.

« La nuit précédant l’attaque générale visant à dégager la ville, les feux devaient rester séparés et être grossis chacun aux dimensions de gros brasiers.

« On ne faisait, somme toute, que répéter ce qui avait été pratiqué à Grandson, où l’on avait communiqué avec les défenseurs en allumant des feux au sommet du Jolimont. … Il ne s’agissait pas là d’un code passé à l’état de « doctrine », on l’avait improvisé en fonction des besoins du moment.

« Le système fut remis en activité à l’époque des guerres de Souabe, et l’on vit à ce moment-là refleurir les « Hochwachten » du Belpberg, de Burgistein, d’Aeschi, de Wimmis et de « Goldtzwyl ».

« A notre connaissance, il ne fut point créé d’autres « Hochwachten » au XVe siècle.

Ancien canon d'alarme

Ancien canon d'alarme

« Le principe du déclenchement de l’alarme par feux remonte certes à des temps très reculés, mais la Suisse du Moyen Age n’a pas disposé d’un système cohérent de « Hochwachten », qui ne se développa que plus tard. En réalité, un tel système ne correspondait guère aux mœurs militaires des anciens Suisses, parce qu’il aurait fallu l’entretenir, le soigner sans interruption en temps de paix pour qu’il fonctionne au moment voulu. Or, toutes les qualités requises, le soin, la patience, la mesure, n’étaient – il faut bien le dire – pas l’apanage de nos ancêtres, qui leur préféraient de loin la vigueur, la spontanéité, l’inspiration du moment et l’improvisation qui leur avaient si souvent donné la victoire. … »

[On essaya donc toute une série de systèmes, allant des coups de feu au tocsin, en passant par les coureurs, toujours indispensables quand les autres moyens ne fonctionnent pas.]

« Quoi qu’il en soit, on peut dire qu’en cas d’invasion, les cloches ont toujours été de la partie. … Et ce ne fut pas par hasard qu’en 1382, quand le comte de Neuchâtel, et celui de Kyburg, cherchèrent à surprendre Soleure, ils commencèrent par faire envelopper avec des draps les cloches de la ville. Seulement, les Soleurois ne dépendaient pas seulement du tocsin pour se faire alarmer…

« Résumons : Pris isolément, chacun des moyens auxquels on pouvait recourir pour donner l’alarme avait ses défauts. Les messagers n’allaient pas assez vite, les coups pouvaient prêter à confusion, le feu ne se voyait pas s’il faisait mauvais temps et les carillons s’estompent avec la distance. Mais si on emploie tous ces moyens ensemble, les avantages de l’un compensent les inconvénients de l’autre.

« Et quand on pense au tableau extraordinaire de l’ancienne alarme des Confédérés, à ce mélange de tambours, de trompettes, de feux, de coups d’arquebuse, de va-et-vient de courriers, ponctué par le tocsin, on comprend un peu ce qu’a pu être leur mise sur pied, et la violence de leur réaction militaire à l’égard des intrus. »

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 17:10

Les armes et la tournure d’esprit des guerriers du temps

« Si l’on veut comprendre à quels motifs réels nos anciens Suisses ont obéi en agissant de la sorte, il faut commencer par essayer de trouver entre l’arquebuse, la cuirasse, et la pique, une sorte de dénominateur commun.

« On distingue aisément : ces armes sont encombrantes et peuvent devenir, dans certaines phases du combat, une véritable gêne. Une gêne qui est d’autant plus irritante qu’elle risque de freiner, voire d’empêcher cette poursuite où se font les meilleures prises, les butins les plus fructueux, dont on sait combien ils intéressaient nos guerriers suisses !

« En plein combat, on ne contestait pas à la pique, employée habilement par des rangs qui savaient en user en un rythme judicieux, sa pleine utilité. Mais enfin, pour cela il fallait qu’elle fût employée par une troupe rangée, et dans la phase beaucoup plus dispersée d’une poursuite, un individu isolé, armé d’une pique, ne pouvait guère s’en servir. Il était comme une espèce de géant, que deux nains eussent aisément mis hors de combat. Revenant à l’idée du butin, on voit d’ailleurs immédiatement que moins il y aura de larrons, plus il sera intéressant. Ce besoin d’une arme individuelle nous conduit tout droit à la hallebarde, qui permet à un guerrier habile de fort bien se défendre seul.

« L’arquebuse de ce temps, lourde et peu maniable, était un véritable monstre. Celle de 1550 environ, ne tirait guère plus de 10 à 12 coups par bataille. Inutile de l’employer en cours de poursuite : le temps de la recharger aurait permis à l’adversaire le moins agile de prendre du champ, et aux propres compagnons de vous laisser pour compte, sans autre forme de procès.

« Tout ceci nous montre bien ce que ces combattants attendaient de leur équipement – ils étaient comme nous, sommes toute, qui portons peu volontiers un casque – ils se voulaient avant tout mobiles et souples. Ils voulaient avoir les coudées franches, parce que cela correspondait avec leur manière d’être et de vivre. Tout ce que nous avons vu tient en ces quelques mots. »

Jeux et concours – curieux rapports avec le culte des morts

jeux alpins traditionnels

jeux alpins traditionnels

« Le véritable centre de régénération de tout le système, grâce auquel les mœurs militaires et le métier lui-même pouvaient se retremper, était constitué par ces sociétés d’hommes (Männerbunde) où la jeunesse donnait le ton.

« Les autorités ne les encourageaient pas. Elles n’en avaient pas besoin, car ces sociétés avaient en elles la force de la nature, et, si l’on peut employer un terme moderne : l’auto-dynamisme. Le caractère officiel les eût tuées en leur enlevant leur spontanéité.

Comme autrefois, aujourd'hui encore...

Comme autrefois, aujourd'hui encore...

« Ces corporation de « garçons » ou de guerriers ne se bornaient pas à garder les traditions militaires, mais les faisaient vivre en développant chez leurs membres le besoin de se surpasser.

« Ces concours et jeux de combat semblent avoir été en rapport étroit avec un substrat de culte que l’on rendait aux morts. Il est frappant, en effet, de constater deux coïncidences marquées à cet égard : il est fréquent de voir ces jeux se dérouler en des lieux ou à des dates consacrées au culte rendu à des défunts.

« On voit aussi parfois les tireurs choisir les anniversaires des batailles pour y faire leurs concours. Dans certaines régions des Alpes, certains pentathlons se déroulent de même lors d’anniversaires où l’on commémore la mémoire de quelque grand disparu.

« Ce qui précède doit être mis en rapport avec la pratique courante chez les anciens Grecs, de ne pas dissocier le pentathlon du culte des morts. En ce qui concerne l’ancienne Suisse, nous ne le savons pas encore clairement, mais l’hypothèse doit en être faite. »

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 18:19

On bataille sur les champs de conflits qui ne sont pas les nôtres et nous nous faisons une réputation auprès des rois, on titille toujours l’Empereur d’Allemagne et chez nous, comment cela se préparait-il ou comment s’instaurait la défense du pays ?

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Le système suisse, s’il existait, exigeait des préparatifs et une organisation que l’on va regarder d’un peu plus près, en puisant dans des archives.

Pourquoi cette prédilection, portée à certaines armes ?

« On lit dans une mise sur pied émanant des autorités bernoises, qu’il faut pourvoir les gens de piques et d’armes à feu en suffisance, et ne pas prendre des hallebardes en surnombre…

« On sait, d’autre part, que l’armée qui fit la campagne de Novare avait beaucoup trop de hallebardiers, et pas assez de piques. On fut obligé de demander au duc de Milan une attribution particulière de ces dernières, parce qu’on en manquait…

« La longue pique n’était en effet guère populaire. Les armes à feu et les arbalètes ne l’étaient pas davantage. Aussi n’y a-t-il rien d’étonnant à voir leurs porteurs recevoir une solde supérieure à celle des hallebardiers.

« Au cours de la guerre de Souabe, on voit Berne exprimer son mécontentement en constatant que bon nombre d’arbalétriers et d’arquebusiers sont partis en campagne avec des hallebardes et des piques, au lieu de prendre des armes qui eussent permis d’engager le combat à distance. On voit de même Zurich ordonner à tous ceux qui sont en mesure de le faire, de servir comme arquebusiers au combat.

« Tout ceci montre bien que l’arbalète et l’arquebuse ne jouissaient pas d’une faveur bien grande.

« Les deux armes de prédilection étaient l’épée légère (Kreuzdegen) et une sorte de pique courte (Schäfflin). La première était plus légère que la grande épée, et la seconde plaisait pour sa maniabilité, que la longue pique n’avait évidemment pas. Les autorités militaires ne partageaient pas l’espèce d’engouement dont ces armes étaient l’objet. Des mesures furent prises pour en proscrire l’usage, et pour remettre à la mode les armes qui avaient fait leurs preuves, soit – bien entendu – la hallebarde et la pique, mais aussi les anciennes épées à une et à deux mains, et les haches de guerre…

« Le chapitre des cuirasses est tout à fait particulier : il n’y a pas de campagne, pas de garnison, où l’on ne se plaigne pas d’en manquer. A l’époque de la guerre de Zurich, le capitaine de Bremgarten adresse à Berne demande sur demande pour en obtenir. Pendant l’affaire de Fribourg, on apprend que parmi les 25 hommes qui tiennent le poste de Laupen aucun n’a de cuirasse. En 1476 c’est encore pire, parmi les 6000 Suisses qui se portent vers Nancy il n’y a pas un seul homme de troupe qui en soit équipé ; la Diète l’apprend et en conçoit les plus vives alarmes… Les autorités ont beau prodiguer leurs recommandations les plus vives, il semble que les hommes n’en tiennent guère compte.

« Dans une circulaire datée de 1529, le Conseil de Lucerne constate avec amertume que les hommes ont désormais pris l’habitude de ne plus ramener leurs cuirasses et leurs armes en rentrant au pays, ce qui témoigne de leur part, d’un « beau laisser-aller ». Autrefois, selon la circulaire, une chose pareille aurait été inconcevable, et l’on voyait des gens qui étaient partis sans cuirasse à la guerre, en revenir en en étant pourvus. »

A suivre…

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