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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 16:10

Quatrième leçon.

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Du Litre.

Définition.

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Le litre est l’unité des mesures pour les liquides, il a la capacité du décimètre cube.

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Multiples.

Les multiples du litre ont la même valeur que ceux du mètre et deviennent de 10 en 10 fois plus forts, soit :

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Le décalitre, qui vaut 10 litres.

L’hectolitre qui vaut 100 litres

Le kilolitre qui vaut 1000 litres

Le myrialitre qui vaut 10'000 litres.

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Ces deux dernières mesures sont peu usitées.

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Sous-multiples.

Les sous-multiples du litre ont aussi la même valeur que ceux du mètre et deviennent de 10 en 10 fois plus petits, soit :

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Le décilitre ou 10e partie du litre ;

Le centilitre ou 100e partie du litre ;

Le millilitre ou 1’000e partie du litre ;

Le dimillilitre ou 10’000e partie du litre.

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Ces deux derniers sous-multiples ne sont jamais usités.

Mesures en usage pour les liquides et les grains.

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Les mesures en usage dans le commerce et qui servent à un travail manuel, sont :

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Mesures plus grandes que le litre.

Le litre, unité ;

Le double litre ou 2 litres ;

Le demi-décalitre ou 5 litres ; le décalitre ou 10 litres ;

Le double décalitre ou 20 litres.

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Mesures plus petites que le litre :

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Le demi-litre ;

Le double décilitre ;

Le décilitre ;

Le demi-décilitre ;

Le double centilitre ;

Le centilitre.

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Ces mesures sont en zinc ou en étain, à l’exception du demi-décilitre, du décalitre et du double décalitre qui sont en cuivre pour les liquides et en bois pour les grains. Il n’y a pas de mesures en bois plus petites que le décilitre.

Mesures pour le grain

Mesures pour le grain

Mesures en étain

Mesures en étain

Observations.

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On construit aussi des mesures d’un demi-hectolitre et d’un hectolitre ; mais, comme elles ne sont pas commodes à manier, elles ne peuvent exister qu’à la condition d’être placées d’une manière fixe et sur pivots, de manière à être faciles à faire basculer. Elles sont en usage en France dans les octrois et sur les marchés publics.

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Dans les transactions commerciales, l’hectolitre sert d’unité de mesures ; ainsi, on dira par exemple : j’ai acheté 95 hectolitres de vin, et on ne dira guère : j’ai acheté 9500 litres de vin. On ne décomposera jamais ce nombre ainsi : 9 kilolitres 5 hectolitres, quoique cette énumération soit exacte.

Prochaine leçon : Du Gramme.

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 16:58

Troisième leçon.

 

Du mètre cube.

Définition.

 

Le mètre cube est l’unité des mesures pour les solides. Un bloc qui aurait un mètre de long et un mètre de large sur un mètre de haut, serait un mètre cube.

Multiples.

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Le mètre cube n’a pas de multiples qui soient usités.

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Sous-multiples.

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Les sous-multiples du mètre cube sont :

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Le décimètre cube,

Le centimètre cube,

Le millimètre cube.

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Ce dernier sous-multiple n’est guère employé.

Valeur des sous-multiples du mètre cube.

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Les sous-multiples du mètre cube deviennent de mille en mille fois plus petits.

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Il résulte de cette proposition que le décimètre cube est la millième partie de mètre cube, le centimètre cube la millième partie du décimètre cube, ou la millionième partie du mètre cube.

Nous allons démontrer comment le mètre cube contient 1000 décimètres cubes.

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Le mètre cube, avons-nous dit, est un solide qui a un mètre de long et un mètre de large, donc sa base représente exactement une surface de un mètre carré.

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Prenons donc ce mètre carré divisé en 100 décimètres carrés et tracé sur une surface plane, une table, par exemple ; représentons maintenant le décimètre cube par une boîte ayant un décimètre de long, un décimètre de large et un décimètre de haut, cette boîte sera bien un décimètre cube; or, sur la surface du mètre carré, nous pourrons d’abord en placer 100, en en mettant une sur chaque décimètre carré et cette couche de 100 boîtes nous donnera un solide ou bloc qui aura deux dimensions appartenant au mètre cube, soit un mètre de long et un mètre de large, et une autre dimension qui sera un décimètre de haut ; or pour arriver à avoir un mètre de haut, troisième dimension du mètre cube, il nous faudra neuf autres couches comme la première, ayant chacune un décimètre de haut. Nous arrivons donc à placer dix couches de 100 boîtes ; chaque boîte ayant un décimètre cube, il résulte de là que notre total de boîtes sera de 10 fois 100 ou 1000. Donc le mètre cube contient 1000 décimètres cubes.

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Nous démontrons de même que le décimètre cube contint 1000 centimètres cubes, si nous divisons le décimètre carré en 100 centimètres carrés, et si nous plaçons sur ses divisions des boîtes de un centimètre de long, un centimètre de large, un centimètre de haut ; nous en aurons aussi 10 couches de 100 ou 1000.

Cube

Cube

Observations.

 

Le mètre cube sert à mesurer les bois pour constructions, les déblais et remblais sur les routes, le creusage des fossés ou étangs, le gravier, le sable, la pierre pour constructions, le gaz, les murs, et en un mot, tous les solides qui doivent être construits ou déplacés.

Du Stère.

Lorsque le mètre cube doit être employé pour évaluer des bois de chauffage, il prend le nom de stère. Donc, un bloc de billes de hêtre coupées à un mètre de long et placées entre deux piquets distants de un mètre, formeront un solide de un stère (un mètre cube) quand la hauteur du bloc atteindra un mètre.

Le stère a pour multiple le décastère, qui vaut dix stères, et pour sous-multiple, le décistère, qui est la dixième partie du stère et le centistère qui en est la centième partie.

Stère

Stère

Observations.

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On voit ici que le stère et le mètre cube, qui sont cependant les mêmes, présentent une grande différence dans leurs subdivisions.

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Il ne faudra jamais confondre le décistère, par exemple, qui est le premier sous-multiple du stère, avec le décimètre cube, premier sous-multiple du mètre cube, le premier valant 100 fois le deuxième.

[Je vous ai mis des images d’illustrations, qui ne sont pas dans le livret.]

 

Demain, Quatrième leçon.

Du litre.

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 18:09

Deuxième leçon.

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Du mètre carré

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Définition.

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Le mètre carré est un carré qui a un mètre de côté, c’est l’unité des mesures de superficie ou autrement dit l’unité agraire.

Multiples.

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Le mètre carré a les mêmes multiples que le mètre, soit :

Le décamètre carré,

L’hectomètre carré,

Le kilomètre carré,

Le myriamètre carré.

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Sous-multiples.

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Les sous-multiples du mètre carré sont :

Le décimètre carré,

Le centimètre carré,

Le millimètre carré,

Le dimillimètre carré.

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Les deux derniers sous-multiples ne sont guère employés.

Valeur des multiples du mètre carré.

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Les multiples du mètre carré deviennent de cent en cent fois plus forts, soit : le décamètre carré vaut cent mètres carrés, l’hectomètre carré vaut cent décamètres carrés ou 100 X 100 = 10'000 mètres carrés, le kilomètre carré vaut cent hectomètres carrés, le myriamètre carré vaut cent kilomètres carrés.

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Pour démontrer cette importante proposition, il nous suffira de construire un carré A B C D, dont nous divisons le côté en dix parties égales.

Carré, A B C D

Carré, A B C D

Supposons que le carré ABCD a 10 mètres de côté, il sera, par conséquent, un décamètre carré et chacune de ses divisions un mètre, soit la ligne A B divisée en dix parties, il y aura un mètre entre E F ; faisant de même pour la ligne A C, il y aura aussi un mètre entre E G ; le petit carré E F G H sera par conséquent un mètre carré ; or, en prolongeant par des lignes les points de division de la ligne A B sur la ligne C D, nous divisons le carré en 10 parties égales qui ont 1 mètre de large et 10 mètres de long. Prolongeant ensuite les points de division de la ligne A C, sur la ligne B D, nous obtenons de petits carrés formés dans l’intérieur du grand, qui ont un mètre de côté et sont par conséquent des mètres carrés, or nous avons 10 ligne de 10 carrés chacune, ce qui nous donne 100, donc le décamètre carré égale 100 mètres carrés.

Supposons maintenant que le grand carré A B C D ait 100 mètres de côté, ce sera un hectomètre carré, et les petits carrés formés de la division du grand en 100 parties égales, comme nous l’avons fait pour le décamètre carré, seront des carrés ayant dix mètres de côté ou des décamètres carrés. Il en sera de même pour le kilomètre et le myriamètre carré, en supposant que le grand carré a un kilomètre ou un myriamètre de côté. Donc nous dirons que les multiples du mètre carré deviennent de 100 en 100 fois plus forts et que pour savoir, par exemple, combien il y a de décamètres carrés dans un kilomètre carré, il nous suffira de dire : le kilomètre carré vaut 100 hectomètres carrés et l’hectomètre carré valant 100 hectomètre carrés, nous aurons 100 X 100 = 10'000.

Valeur des sous-multiples du mètre carré.

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Les sous-multiples du mètre carré deviennent de 100 en 100 plus petits, soit : le décimètre carré est la centième partie du mètre carré ; le centimètre carré la centième partie du décimètre carré ou la dimillième partie du mètre carré. En effet, divisons le mètre carré comme nous avons divisé le décimètre carré, nous formerons dans l’intérieur du mètre carré 100 petits carrés ayant chacun un décimètre de côté, pour cela on n’a qu’à supposer que le carré A B C D a un mètre de côté et on y trouve toujours 100 petits carrés, qui ne sont autre que des décimètres carrés.

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Il en sera de même pour la division du décimètre carré, du centimètre carré, etc., en supposant, suivant le cas, que le grand carré ci-dessus a un décimètre ou un centimètre de côté.

Mesures agraires.

 

La mesure agraire proprement dite, c’est-à-dire qui sert à évaluer la superficie d’un bois, d’un champ, d’un pré, etc., qui a été prise pour unité, est l’are, qui n’est autre que le décamètre carré. L’are a un multiple seulement, qui est l’hectare et qui vaut cent ares ; il n’est par conséquent autre que l’hectomètre carré. L’are n’a aussi qu’un sous-multiple, qui est le centiare ou centième partie de l’are, qui n’est autre que le mètre carré. Pour l’évaluation du terrain, on se sert toujours de ces dénominations métriques, car on ne dira pas : un terrain a, par exemple, une superficie de 975,632 mètres carrés, mais on dira : ce terrain a 97 hectares, 56 ares 32 centiares. On ne décomposera jamais ce nombre ainsi : 97 hectomètres carrés, 56 décamètres carrés, 32 mètres carrés, quoique cependant ces mesures soient exactement les mêmes.

Observations.

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Dans l’usage journalier on ne se sert que de l’hectare, l’are et le centiare.

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Le kilomètre carré et le myriamètre carré ne s’emploient que pour les grandes superficies, ainsi, par exemple, on dira : l’Autriche a tant de kilomètres carrés de superficie et on dira : l’Afrique a tant de myriamètres carrés de superficie.

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 16:51

Il a fallu, en Suisse, attendre 1877, pour l’introduction du système métrique. C’est à la Révolution que la France passa au système métrique.

Système métrique

Système métrique

Mis à la portée de tout le monde

Par Cabandé

Édition populaire

Préface

Au moment où la loi fédérale du 5 Juillet 1875 prescrit l’usage du Système métrique à partir du 1er Janvier 1877, c’est-à-dire dans quelques mois, l’auteur de ce traité croit être agréable au public en lui offrant cet ouvrage essentiellement pratique, et dégagé de toute théorie inutile.

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Il s’est efforcé, cependant, de le rendre complet et facile à apprendre, car il suffit de savoir lire pour apprendre en quelques jours tout ce qui a trait à cette série de nouvelles mesures.

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Dans le but d’être mieux compris et plus facilement appris, il n’a parlé d’aucune manière des anciennes mesures suisses, afin de ne pas embarrasser l’esprit de ses lecteurs par des comparaisons continuelles qui les auraient déroutés ; il s’est borné à donner, à la fin de ce traité, un tableau dans lequel les mesures métriques sont comparées aux mesures précédemment en usage ; par ce moyen, la personne qui connaîtra le système métrique pourra, en jetant un coup d’œil sur ce tableau, se faire une idée exacte du rapport qui existe entre l’ancien et le nouveau système.

Être bref et être clair, voilà son premier but.

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Être complet et accessible à toutes les intelligences et à toutes les bourses, voilà son deuxième but.

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Cet ouvrage et divisé en trois parties :

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La première comprend la théorie des différentes mesures métriques dans leur ordre naturel.

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La deuxième comprend la manière de les appliquer.

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La troisième comprend le rapport des mesures métriques avec les mesures suisses.

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Chaque partie est divisée en leçons, et on ne saurait trop recommander aux personnes qui étudieront, de ne passer à la leçon qui suit sans savoir parfaitement celle qui précède ; de cette manière d’agir dépend le succès rapide de leurs études.

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L’auteur :

CABANDÉ

PREMIÈRE PARTIE

Leçon préliminaire

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Quand le gouvernement français voulut doter son pays d’un système unique de poids et mesures, il fit mesurer en toises le méridien terrestre, qui est divisé en 360 degrés ; or, pour arriver à ce résultat, il chargea plusieurs savants de mesurer la ligne droite la plus étendue sur laquelle ils eussent le loisir d’opérer sans être inquiétés par l’étranger. Cette ligne droite eut pour extrémités Dunkerque en France et Barcelone en Espagne ; possesseurs de cette distance exacte, il était facile à ces savants de déterminer la circonférence de la terre, car connaissant exactement le nombre de degrés qui séparent ces deux villes, ils pouvaient savoir le nombre de toises contenu dans chaque degré et, partant, celui des 360 degrés de la circonférence terrestre.

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Une fois la mesure de cette circonférence obtenue, on la divisa en quarante millions de parties, et une de ces parties fut appelée le mètre. Dès que cette mesure fut construite, d’après les données des hommes chargés de la déterminer, elle fut soumise à une scrupuleuse vérification sur la ligne qui avait servi de base, et après l’avoir reconnue exacte, il fut convenu de l’adopter comme mesure de longueur et de faire dériver de là tout un système ou une collection de mesures destinées à remplacer les anciennes qui offraient des changements dans chaque localité ; après l’adoption de ce nouveau système, une loi promulgua qu’il serait seul employé dans tout le pays.

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Par sa simplicité et par sa régularité, ce système a été adopté par différents pays, et il a fait le tour du monde dans un espace de trois quarts de siècle.

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Comme le mètre est la mesure qui a servi de base on l’a nommé système métrique.

Nous savons déjà que l’on appelle multiple d’un nombre le produit de ce nombre par lui-même obtenu par la multiplication, et sous-multiple le quotient d’un nombre divisé par un autre. Donc, le multiple de l’unité est un nombre plus grand que l’unité et le sous-multiple un nombre plus petit que cette même unité. Par exemple : 6 est un multiple de 1 unité et 0,1 est un sous-multiple.

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Dans le système métrique il y a quatre multiples et quatre sous-multiples qui sont désignés par les mots techniques suivants

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Pour les multiples :

 

Déca qui signifie 10 fois plus grand que

Hecto qui signifie 100 fois plus grand que

Kilo qui signifie 1000 fois plus grand que

Myria* qui signifie 10'000 fois plus grand que

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[Myria a été remplacé, en 1935, par M, pour Méga.]

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Pour les sous-multiples :

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Déci qui signifie 10e partie de

Centi qui signifie 100e partie de

Milli qui signifie 1000e partie de

Dimilli qui signifie 10’000e partie de

Observations.

Il est indispensable que celui qui veut apprendre le système métrique sache très bien ce qui a été dit du multiple et du sous-multiple, et que les huit mots techniques soient tellement bien gravés dans sa mémoire avec leur signification, qu’il ne puisse jamais les confondre dans les leçons qui vont suivre.

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Première leçon.

Du mètre.

Définition.

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Le mètre est l’unité des mesures pour les longueurs. C’est la quarante millionième partie de la circonférence de la terre.

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Multiples.

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Les multiples du mètre sont :

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Le décamètre, qui vaut 10 mètres

L’hectomètre, qui vaut 100 mètres

Le kilomètre, qui vaut 1000 mètres

Le myriamètre*, qui vaut 10'000 mètres.

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[Aujourd’hui le myriamètre.]

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Observations.

On voit déjà que les mots techniques, dont il est question à la leçon préliminaire, sont employés ici et que l’on n’a fait qu’y ajouter le mot mètre. Il en est de même des sous-multiples.

Sous-multiples.

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Le décimètre qui est la 10e partie du mètre

Le centimètre qui est la 100e partie du mètre

Le millimètre qui est la 1000e partie du mètre

Le dimillimètre qui est la 10’000e partie du mètre.

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[Les nouvelles mesures du système métrique.]

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Observations.

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On voit, par le tableau ci-dessus, que les multiples du mètre deviennent de dix en dix fois plus forts et les sous-multiples de dix en dix fois plus petits, et il est, par exemple, facile de savoir combien il y aura de centimètres dans un décamètre, car on n’a qu’à se dire : Un mètre vaut 100 centimètres, un décamètre, qui vaut 10 mètres, vaudra, par conséquent, 10 fois 100 centimètres ou 1000. Combien de millimètres dans un décimètre ? Nous dirons : un décimètre est le dixième du mètre et vaudra par conséquent 10 fois moins de millimètres, soit 1000, divisé par 10, ce qui se fait en supprimant un zéro à la droite du nombre, soit 100. Le mètre pourra donc se diviser comme suit, et on pourra dire : Le mètre se divise en dix décimètres, le décimètre en dix centimètres, le centimètre en dix millimètres, le millimètre en dix dimillimètres. Nous pourrons dire aussi : Le décamètre vaut dix mètres, l’hectomètre vaut dix décamètres, le kilomètre vaut dix hectomètres, et le myriamètre vaut dix kilomètres. Il est utile que celui qui étudie le système métrique s’exerce beaucoup à des problèmes comme ceux-ci : Combien de décimètres dans un kilomètre ? Combien de décamètres dans un myriamètre ?

Mesures en usage.

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Les mesures métriques maniables sont : le mètre*, qui sert à mesurer les petites longueurs, comme celles d’une table, d’une chambre, et qui est employé par les charpentiers, menuisiers, etc., dans leur travail journalier. Il est divisé en dix parties qui se plient les unes contre les autres, ce qui permet de le porter continuellement dans sa poche ; ces dix parties sont égales et sont, par conséquent, des décimètres, divisés eux-mêmes en dix autres parties, qui sont des centimètres, et ainsi de suite.

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Il y a encore le décamètre ou chaine d’arpenteur, qui sert à mesurer les distances qui prendraient beaucoup trop de temps à mesurer avec le mètre. On se sert aussi du double décamètre pour le même usage.

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L’hectomètre est une mesure qui sert, avec le kilomètre, à apprécier les grandes distances ; ainsi on dira par exemple, de telle ville à telle autre, il y a une distance de 10 kilomètres 7 hectomètres.

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Le kilomètre sert à compter la distance d’une ville à une autre, la longueur d’une route ou d’un chemin de fer ; il a été substitué à la lieue ; au lieu de dire, par exemple : de Genève à Paris il y a tant de lieues, on dit il y a tant de kilomètres.

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Le myriamètre sert comme le kilomètre à apprécier les grandes distances ; mais il n’est guère employé que quand il s’agit de la distance à parcourir d’une partie du monde à l’autre. Ainsi on dira fort peu : cette rivière a un parcours de 40 myriamètres, on dira : Elle a un parcours de 400 kilomètres.

*On dira aujourd’hui, le double-mètre.

 

Fin de la première leçon, demain la deuxième.

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 17:22

Souvent je vous ai dit que la Suisse moderne avait commencée en 1848 et c’est ce que dit aussi tout le monde politique et historien du pays. C’est une vérité que je ne conteste pas. Notre démocratie aujourd’hui cité en exemple, fait que nous nous convainquons de cette réalité et nous votons régulièrement en croyant faire acte démocratique et civique. Ça n’a pas toujours été le cas et quand la Suisse s’est affranchie des liens difficiles qu’elle entretenait avec ses voisins, ça n’a pas toujours été très démocratique et pas toujours pour le bénéfice du peuple, mais bien pour les privilégiés, ceux de l’ancien régime.

 

Le grand homme qu’était Alexis Tocqueville, grand observateur des démocraties, qu’elle soit grande comme les Etats-Unis ou petite comme la Suisse, il avait une opinion qui faisait foi.

Alexis Tocqueville

Alexis Tocqueville

Tocqueville place le mouvement démocratique suisse dans le cadre de l’évolution générale. « Si le théâtre est petit, le spectacle a donc de la grandeur ; il a son originalité par la multiplicité des races, des langues, des circonstances religieuses, des deux classes de société ».

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La Révolution n’a pas laissé de profondes traces en Suisse ; l’effet produit par la Restauration y est d’autant plus grand. L’antagonisme entre les mœurs politiques de l’ancien régime et les tendances modernes amène des mouvements révolutionnaires plus violents que dans d’autres Etats. Depuis 1830, nombre de cantons ont évolué dans le sens démocratique, tandis que la Confédération en est restée à l’état de 1815. Or, les démocraties représentatives remplaceront les démocraties pures (Landsgemeinde).

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« C’est le pouvoir judiciaire qui est principalement destiné, dans les démocraties, à être à la fois la barrière et la sauvegarde du peuple ». « La justice est une puissance de tradition et d’opinion qui a besoin de s’appuyer sur des idées et des mœurs judiciaires ». Or, celles-ci n’ont pas encore acquis, dans le peuple suisse, la place qui leur revient ; la justice n’y est pas encore assez indépendante.

Certes, la justice n’avait pas encore son indépendance, comme le peuple d’ailleurs. C’est une classe élevée, instruite et de privilégiés qui détenaient le pouvoir. C’est ces hommes qui firent la Suisse pour leur usage en premier lieu et par la suite le peuple fut gentiment intéressé.

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Tocqueville est un bon observateur des mœurs politiques, mais était-il aussi bon observateur des mœurs du peuple ?

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Il n’est pas dit qu’il voyagea dans nos vallées et nos cols, qu’il alla à la rencontre des gens, bergers et vachers de nos alpages, qu’il visita les villages les plus miséreux que pouvait donner à voir la Suisse d’alors.

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Le peuple n’ayant pas droit à la parole et surtout pas les femmes (c’est en 1971 que celles-ci ont obtenu le droit de vote.), les droits fondamentaux et démocratiques sont-ils bien les mêmes, entre ceux de 1848 et ceux d’aujourd’hui ?

Ce lundi, premier jour de l’entre-deux tours des élections présidentielles française, on constate que le bipartisme traditionnel n’est plus là. Ce n’est plus la Gauche contre la Droite, c’est le Centre contre l’extrême-droite. En Suisse, le même scénario n’est pas possible, puisqu’il n’est question que de compromis chez nous. Le compromis qui fait notre force et qui est détesté ailleurs. La paix du travail (1937) étant le plus important, semble-t-il chez nous, qu’il a fallu toujours discuter ensemble, autour de la table, le haut et le bas, le patronat et les ouvriers, la gauche et la droite, et ainsi sortir un compromis utile à tous. La question est : « le compromis politique et social est-il le meilleur système ? ».

G.Tell, Libre opinions

Extraits de La France et la Suisse de 1848 à 1852, par H. Bessler 1930

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 16:40

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Un cas particulier.

Les ruines les plus étonnantes, au dire des archéologues, sont celles d’une immense maison, un véritable palais aux sols recouverts de mosaïques, chauffé à l’air chaud, avec piscine et tout le confort et le luxe dont jouissaient les Romains à l’apogée de l’Empire.

 

L’histoire traditionnelle enseigne qu’Augusta Raurica fut complètement détruite par les Alamans en 259-260 apr. J.-C. et que la ville fut ensuite abandonnée des siècles. Or, ce qu’il y a d’étonnant, c’est que ce palais fut construit un siècle après la destruction d’Augusta Raurica, sur les ruines de l’ancienne cité. Ce qui signifie qu’il existait un homme assez riche – et assez convaincu que les Germains installés de l’autre côté du Rhin n’attaqueraient pas une nouvelle fois – pour construire cette villa luxueuse. Les fouilles de la villa se poursuivent et promettent pour les années à venir toute une série de découvertes surprenantes.

L’amphithéâtre d’Augusta Raurica se distingue des autres amphithéâtres romains par le fait qu’il a été creusé dans le sol au lieu d’être construit en hauteur. Le terrain présentait probablement à cet endroit une dépression naturelle qui fut élargie, vers 150 apr. J.-C., lorsque les combats furent exclus du théâtre reconstruit et désormais réservé aux seules représentations scéniques. Du cœur de l’arène, on n’entend que le vent dans les arbres et on ne voit plus de vieux murs effrités. Ce lieu évoque avec réalisme la désolation d’un empire déchu.

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La forteresse de Kaiseraugst

Puisque Kaiseraugst est juste à côté d’Augst, il est bien pensable qu’à l’époque romaine, comme aujourd’hui, d’une cité romaine fortifiée à une autre cité, peu de distance entre-elles, existait déjà.

 

En arrivant dans la ville, en face de l’école se dressent les murs imposants de la citadelle romaine de Kaiseraugst.

Plan de la forteresse

Plan de la forteresse

Il est vraisemblable qu’il y eut une petite agglomération à Kaiseraugst dès les premiers temps de la Gaule romaine, du fait que la grande artère romaine sud-nord rejoignait le Rhin à cet endroit. Au fil des siècles, les Romains construisirent deux ponts sur le Rhin à Kaiseraugst. Le plus ancien des deux passait à la limite ouest du village actuel. C’est aujourd’hui la partie la plus large du fleuve, alors qu’à l’époque romaine et avant que ne fût construit le barrage d’Augst-Wyhlen, une île émergeait près de la rive nord ; le pont y prenait appui et rejoignait la rive. La seule trace encore visible de ce pont est une profonde entaille dans la terre du rivage allemand, à l’endroit où la route romaine remontait au niveau de la côte. On s’accorde à penser que ce pont était en bois et qu’il fut sans doute la proie des flemmes lors des premières invasions alémanes, en 259-260 apr. J.-C.

Commentaire.

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[Un fleuve, longtemps frontière pour les Romains, une voie romaine axe nord-sud et un axe est-ouest, un ou deux ponts à Kaiseraugst, on peut imaginer les renforts romains, passant par-là, pour rejoindre la grande armée de Marc Aurèle le Bon, à Vindobona, là où il devait mourir (Vienne Autriche). Si vous avez vu le film « Gladitor » qui montre les combats qu’il entreprenait à proximité de Vindobona. Les légions romaines devaient probablement venir, autant du nord que du sud.]

En 294 apr. J.-C., les Romains construisirent un nouveau pont, en pierre cette fois et à quelques centaines de mètres en amont de l’ancien. De solides piles en maçonnerie furent ancrées sur le fond rocheux du fleuve ; leur hauteur avait été calculée en prévision des plus grandes crues que les Romains pouvaient imaginer. Sur cette maçonnerie furent posées des poutres de bois, elles-mêmes supportant les madriers de la chaussée. Ainsi, cette construction en bois pouvait être facilement détruite en cas d’attaque de l’ennemi et remplacée par la suite avec un minimum de frais et d’efforts. Il y a quelques siècles, on pouvait encore voir, par basses eaux, les piles de maçonnerie.

Plan général

Plan général

Pour défendre ce pont, une place forte fut construite sur la rive par la Legio prima Martia, laquelle on donna le nom de Castrum Rauracense. L’extrémité sud du pont donnait accès à la citadelle par une porte, puis la route traversait la forteresse pour ressortir de l’autre côté par un portail et pénétrer dans les terres. Cette citadelle mesurait environ 280 x 170 m et fermait un quadrilatère irrégulier. Les murs, construits avec des pierres récupérées à Augusta Raurica, avaient entre 3 et 4 m d’épaisseur, et 8 m de hauteur. Tous les 30 m, une tour carrée s’élevait au-dessus du mur. Une fois achevée, la citadelle pouvait abriter toute une légion de 6000 hommes ; la population civile quant à elle s’établit en dehors de l’enceinte, à l’ouest. Des pans de mur sont encore visibles dans le vieux quartier de Kaiseraugst, ainsi que les vestiges des thermes de la légion et d’une église chrétienne primitive datant de la même époque.

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Ainsi prend fin la présentation des vestiges romains d’Augst et de Kaiseraugst.

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 16:16

Le chemin mène à l’autre extrémité du forum, où se trouvait la basilique, qui servait de tribunal et de bourse de commerce. Le terrain primitif descendait de l’emplacement du théâtre à celui de la basilique ; pour niveler la surface du forum, on érigea un haut mur de brique et de pierre, qui servit d’assise à la partie arrière de la basilique. Ce qui reste du mur atteint une hauteur de 10 m. Du côté extérieur de ce mur, une tour ronde renfermait le trésor de la cité à l’étage inférieur et, au-dessus, la salle du sénat municipal, ou curie. Quelques restes calcinés de la basilique ont été récemment dégagés de la salle du trésor, tandis qu’une partie de la curie a été reconstituée pour mettre en évidence les sièges semi-circulaires des décurions, ou conseillers municipaux, qui se réunissaient là pour administrer la colonie. A l’angle nord du mur de la basilique, on distingue encore une gouttière en pierre destinée au drainage des eaux de pluie de la grande place, ainsi que les fondations de l’escalier de la basilique. Un passage sous cet escalier mène aux caves de cet édifice ; il est fermé par un portail moderne en fer.

Le site archéologique d’Augusta Raurica [2]

A quelques mètres au nord de la basilique, une pièce d’habitation romaine a été partiellement excavée et restaurée afin de montrer le fonctionnement du chauffage central. Le sol reposait sur des pilotis de tuiles d’environ un mètre de hauteur et l’air chaud provenant d’un fourneau à bois circulait sous le sol de pierre et dans les tubulures établies à l’intérieur des murs. Un tel système de chauffage central représentait le minimum de confort pour les Romains installés au nord des Alpes, mal habitués par le climat méditerranéen à supporter le froid de nos régions.

 

Repasser maintenant par le théâtre et gravir l’escalier qui lui fait face ; sur le terre-plein, on remarque un bloc de maçonnerie carré : c’est la base d’un temple de conception classique, avec une colonnade sur la façade antérieure, une pièce unique pour la statue du dieu et un toit à fronton. Sa construction remonte à l’an 150 apr. J.-C. environ, c’est-à-dire à l’époque où le théâtre fut reconstruit ; ce temple prit la place d’un sanctuaire datant des débuts de la colonie. Il était entouré d’une enceinte sacrée à laquelle était adossé un portique à colonnade. Du podium, la vue s’étend sur le théâtre d’un côté et sur la vallée de l’autre.

Statuette de la déesse Victoire

Statuette de la déesse Victoire

Cette magnifique statuette de bronze provient d’une maison privée de la colonie d’Augusta Raurica. La déesse de la Victoire trône sur une sphère symbolisant la Terre – Lune et étoiles sont en incrustations d’argent – et soulève au-dessus de sa tête un disque orné de la tête de Jupiter. L’ensemble est une glorification de la victoire de la puissance romaine sur l’univers, victoire favorisée par le dieu des dieux.

A l’angle du petit terre-plein sur lequel s’élevait le temple, on voit que ce terre-plein a été agrandi par la construction d’un haut mur de soutènement en pierre et en brique ; contre ce mur s’adossaient les entrepôts municipaux. Ce mur a été dégagé sur toute la hauteur, et l’on peut examiner les consoles de grès qui soutenaient les piliers des entrepôts en bois.

Au pied de ce mur, on peut également admirer une section d’aqueduc, découverte dans la région de Liestal. On se représente généralement les aqueducs comme des conduites portées par des arches et s’étirant à travers le paysage. En fait, les Romains préféraient poser des canalisations souterraines, à l’abri de l’homme et des intempéries. L’aqueduc souterrain exposé ici est assez grand pour qu’un homme puisse passer et faire les réparations nécessaires. Le solide travail de maçonnerie témoigne de l’excellente qualité de la main-d’œuvre et du génie civil romains. L’aqueduc qui amenait l’eau potable dans les maisons et les bâtiments publics d’Augusta Raurica s’allongeait sous terre sur une longueur de 9 km, des sources du bas du Jura jusqu’au sud de la cité. A cet endroit, un aqueduc aérien, aujourd’hui disparu, prenait le relais. L’eau qui arrivait à la cité était alors filtrée dans de grands bassins et passait ensuite dans les tuyaux de plomb qui alimentaient chaque maison de la cité, ainsi que les fontaines publiques et les thermes. Il existait également un système complet d’évacuation des eaux usées, qui se déversaient dans le Rhin.

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[Regardez que les Romains, n’ont pas tiré l’eau du Rhin, juste à côté de la cité, pour l’alimentation quotidienne et pour les bains, mais bien une eau de source prise très loin.]

Stèle mortuaire en grès rouge

Stèle mortuaire en grès rouge

Noter le souci de réalisme dans les traits des visages et le drapé des vêtements – robe longue pour la femme, tunique courte et manteau agrafé sur l’épaule par une fibule pour l’homme.

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 17:23

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La description que je vais vous donner est tiré d’un guide touristique : « Guide Romain de la Suisse », publié par Payot Lausanne, 1975

Augusta Rauricorum, ou Augusta Raurica, doit son nom à une petite tribu celtique, les Rauraques, qui étaient installés dans cette région avant l’arrivée des Romains. Ils furent défaits par les légions de César, en même temps que les Helvètes, à la bataille de Bibracte, en 58 av. J.-C., et furent alors renvoyés sur leur territoire. Mais peu après, une troupe armée de Rauraques rejoignait les rangs de Vercingétorix, qui, en 52 av. J.-C., appelait les tribus gauloises à la révolte contre les légions de César. Pour prévenir toute sédition de la part des Rauraques, le général romain Lucius Munatius Plancus établit au milieu de leur territoire une colonie de légionnaires vétérans, vers 44 av. J.-C.

Au moment de son apogée, Augusta Raurica comptait 20 000 habitants ; c’était une vraie cité romaine : elle possédait un théâtre, un amphithéâtre, sept temples, deux thermes publics, une basilique, deux forums, un aqueduc, et ses rues d’habitation s’ordonnaient selon un quadrillage régulier. Dans tout l’Empire, la ville était renommée pour ses jambons fumés, son lard et ses saucisses. En 259-260 apr. J.-C., les Alamans brûlèrent la cité, qui ne fut plus jamais reconstruite. Une partie des anciens habitants – un ou deux mille – bâtirent non loin de là une petite ville, sur les lieux de Kaiseraugst, lorsque les légions romaines réoccupèrent la frontière du Rhin. Une bonne partie d’Augusta Raurica a échappé au pillage du Bas-Empire et du moyen âge, offrant ainsi au visiteur une image suggestive de ce qu’elle avait été aux belles heures de l’Empire.

Il est recommandé de commencer la visite par le musée, à gauche en arrivant on y expose les découvertes des fouilles entreprises dans la cité, ainsi que le grand trésor d’argenterie de Kaiseraugst ; ce trésor, découvert dans l’ancienne citadelle romaine au bord du fleuve, comprend des pièces de monnaie, des médailles et un service de table en argent – grands plats, coupes et cuillères. Un Romain fortuné a dû enfouir ces richesses vers 360 apr. J.-C., au début de l’une des campagnes de l’empereur Julien contre les Alamans. Des maquettes de différents quartiers de la cité sont également exposées dans ce musée, ainsi que de nombreux objets abandonnés lors de l’incendie de 259-260 apr. J.-C. Juxtaposée au musée, une villa provinciale romaine a été reconstruite et meublée en tenant compte des découvertes faites dans d’autres villas du même type sur le Plateau suisse. [La visite virtuelle de la villa est à découvrir sur le site Web, ici.]

De l’autre côté de la route se trouve le théâtre ; c’est le plus important vestige romain d’Augusta Raurica et probablement même de toute la Suisse. Ce théâtre, en demi-cercle, fut reconstruit dans son dernier état vers 150 apr. J.-C. Il pouvait contenir environ 8000 spectateurs, et des troupes itinérantes d’acteurs y jouaient des pièces grecques et romaines. Autrefois l’édifice, recouvert de stuc blanc, étincelait au soleil ; aujourd’hui, seul apparaît encore le mur dénudé, mais l’effet de cette masse grise n’en est pas moins impressionnant. Depuis les années trente, un travail considérable a été entrepris pour la restauration et la conservation du théâtre.

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[J’ouvre ici une parenthèse, sur le pourquoi tant de travaux de sauvegarde des vestiges archéologiques, partout dans le monde, sont entrepris aux alentours de 1930. Le 4 novembre 1922, Howard Carter, découvre le tombeau de Toutankhamon et c’est l’explosion des merveilles qui envahissent les journaux du monde entier. Depuis ce moment, on fouille partout et on restaure les ruines, ce que feront nos savants archéologues suisse. Il fallait faire briller le passé et trouver des possibles trésors encore caché. Tel a été le cas à Avanches, en avril 1939, avec la découverte du buste de Marc-Aurèle. Surtout, que l’enseignement qu’a montré H. Carter, lors de ses fouilles, la rigueur et l’aspect primordial de conservation du site, incitèrent les archéologues du monde à mieux faire leurs travaux de fouilles.]  

Cependant, on a laissé pousser librement les arbres sur les gradins supérieurs, conservant aux ruines une apparente pérennité. Certains mois d’été, le visiteur peut assister à un spectacle classique monté sur la scène romaine. Ainsi encadré de verdure et de murs effrités, le spectacle prend des dimensions nouvelles, sans comparaison avec le cadre d’un théâtre moderne.

 

Si l’on se trouve sur les gradins, on remarque une ouverture dans le mur de l’arrière-scène ; derrière cette ouverture, qui faisait partie de la scène primitive, un large escalier gravit un terre-plein sur lequel s’élevait autrefois un temple entouré d’un portique à colonnade corinthienne. L’idée géniale d’utiliser un temple comme fond de scène d’un théâtre classique se retrouve au forum d’Aventicum (Avenches) et à Ostie, en Italie.

Vue aérienne du théâtre d’Augst

Vue aérienne du théâtre d’Augst

La photo ci-dessus met en évidence les éléments faisant partie du théâtre proprement dit. Cependant, à la place des gradins inférieurs et de l’orchestra semi-circulaire du théâtre s’étendent les reste des gradins de l’arène ovale d’un amphithéâtre.

 

Cela s’explique par le fait que, pendant une certaine période, le théâtre d’Augst servit aussi bien aux représentations théâtrales qu’aux combats.

Le temple d’Augst

Le temple d’Augst

Ce temple, dit temple de Schönbühl, a été construit dans le même axe que le théâtre ; on y accédait par un large escalier.

Théâtre et temple, à Ostie

Théâtre et temple, à Ostie

Par Livioandronico 2013 — Travail personnel.

Quitter le théâtre par l’un des couloirs souterrains, comme l’aurait fait un Romain il y a 1800 ans ; prendre, derrière le théâtre, un chemin partant de l’autre côté de la route. A droite de ce chemin se trouve une maison jaune ; des fouilles ont révélé qu’elle a été construite sur les vestiges du temple de Jupiter qui s’élevait sur le forum principal d’Augusta Raurica. Ce temple, actuellement recouvert, se trouvait à l’une des extrémités de cette grande place rectangulaire pavée de grès rouge.

A suivre...

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 18:12

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César faisant du tourisme en Gaule, taquine les autochtones et bâtit çà et là des villes, parfois ce sont ses lieutenants qui remplacent Jules, trop occupé semble-t-il, à écrire quelques récits de son parcourt. Jouer ainsi sur des terres occupées par tant de « barbares » selon les termes employés par les grecs, il pouvait faire comme bon lui semble. Jules, ne faisant pas trop attention, justement, à ce qu’il faisait, il se trouva d’autres romains qui ne voyaient pas d’un bon œil ces promenades.

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Sa vision de grandeur n’était pas celles des autres. Ces autres, tuèrent donc César.

Le vide laissé permit à d’autres romains de laisser leur nom dans les écrits, comme grands soldats ou grands bâtisseurs. Un des lieutenants de Jules, Lucius Munatius Plancus, fonda une colonie au pieds d’une belle colline, lugdunum (Lyon), bien loin des zones qui demandaient toutes son attention, c’est-à-dire là où les Germains chicanaient les Romains. Il en avait l’habitude, déjà avec Jules il fortifia quelques coins le long du Rhin et faisait la guerre aux terribles barbares germains.

Il trouva un petit herbage le long du Rhin où il déposa ses affaires après avoir bataillé contre les Rauraques et ainsi marquer de sa présence, l’autorité de Rome, dans la fondation d’Augusta Raurica (Augst). Par la suite il s’en retourna là où était le vrai pouvoir, c’est-à-dire à Rome. Lucius est mort en 15 après Jésus à Gaète en Italie. Si vos promenades passent par Gaète, passez admirer son tombeau, relevé au fil du temps. On peut y lire :

« Lucius Munatius, fils de Lucius, petit-fils de Lucius, arrière-petit-fils de Lucius, Plancus,
consul, censeur, imperator pour la deuxième fois,
septemvir du collège des Épulons, ayant obtenu le triomphe sur les Rhètes,
réalisa le temple de Saturne à partir des prises de guerre,
répartit des terres en Italie à Beneventum, fonda en Gaule les colonies de Lugudunum et Raurica ».

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Ceci est la traduction en français du texte latin.

Augusta Raurica était très importante pour les Romains et très convoitée des Germains. Alors dans un premier temps, il fallait que la colonie devint cité, de passer d’une construction en bois, devenir une cité de pierre. Et quand l’on passe du bois à la pierre, on bâti différemment, avec plus de grandeur et avec toutes les représentations du pouvoir romain, comme c’était le cas à Rome. Théâtre, forum, thermes, temple et villas de luxe. Un port a été nécessaire, ce qui développa une « ville basse », qui réunissait les artisans et pêcheurs. Fort et tours de guet, murailles de protection, toujours sur le modèle du camp militaire, très carré, les rues se coupant à angle droit.

Une petite Rome au bord de l’eau. Mais elle était juste là, de l’autre côté du fleuve, c’est-à-dire pas loin des guerriers germains, qui pour un moment étaient calmé, mais qui préparaient dans leur esprit la revanche. Pendant ce temps les Helvètes, à moitié romain depuis un moment, vaquaient à leurs occupations tranquilles.

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À suivre, le site archéologique.

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 15:57

Il y eut le Lausanne de la diplomatie. Conférence gréco-turque qui conduisit à Lausanne Ismet Pacha (aujourd’hui Inonu), M. Venizélos, le visage pensif dans sa barbe, Mussolini, encore maigre et sanglé dans sa jaquette, Poincaré, la parole sèche et précise, lord Curzon, teint couperosé, fort galant homme au demeurant, le ministre des affaires étrangères soviétiques Tchitcherine, dont le collaborateur Vorowsky fut abattu à coups de revolver, par le Suisse Conradi, en pleine salle à manger d’un hôtel lausannois. [Hôtel Cécile] C’est au Palais Rumine que fut parafé le traité en présence de M. Camille Barrère, ambassadeur de France à Rome (juillet 1923). Quelques années plus tard, Conférence des réparations, au cours de laquelle le Premier britannique, le madré travailliste Ramsay MacDonald, tenta de « mettre dans sa poche » Edouard Herriot, président du Conseil français. Le renard londonien en fut pour ses frais, au moins partiels. L’air d’un lion roux très civilisé, Ignace Paderewski laissait paraître une surprise amusée lorsqu’il lui advenait de se risquer sur la place. On se montrait, plus tard, avec un affectueux respect, la fine stature du général Guisan regagnant démocratiquement, à bord d’un trolleybus, sa maison de « Grande-Rive ».

Délégation turque

Délégation turque

Lord Curzon à Ouchy, remarquez la belle auto.

Lord Curzon à Ouchy, remarquez la belle auto.

Poincaré, Mussolini et bien d’autres.

Poincaré, Mussolini et bien d’autres.

Mustafa İsmet İnönü

Mustafa İsmet İnönü

[Après cette longue liste d’hommes… on peut se demander où sont les femmes. Moins visibles, plus discrètes ou ignorées, l’auteur n’en parle pas beaucoup. Pourtant, à son époque une grande dame, était établie, depuis longtemps, à Lausanne. Je vous parle de Coco Chanel. « Collaboratrice » pendant la guerre, par amour semble-t-il, elle s’exila à Lausanne. Sa tombe, dessinée par elle-même, au cimetière du Bois-de-Vaux, est toujours fleurie. Et d’autres personnalités se sont elles aussi arrêtées définitivement à Lausanne. Pierre de Coubertin, Violet le Duc, pour ne citer que ces deux-là.

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Il y eut aussi des « vedettes », la plus célèbre étant David Bowie, qui s’établit à Lausanne et qui s’y maria le 24 avril 1992 à l’Hôtel de ville de Lausanne.

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Jean Nicollier, l’ auteur de les lignes ci-dessus, a répertorié toutes les personnalités ayant passés, ou ayant fait le choix de s’ établirent à Lausanne, je ne vous ai présenté qu’une partie de ces hommes et femmes. Les personnalités contemporaines de l’auteur, du moins celles qui à ses yeux avaient de l’importance, écrivains, auteurs de théâtre et les littéraires, sont un peu oubliés ou pas assez connus pour être ici.

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Ainsi je finis cette fresque de Lausanne, petite ville, autrefois campagnarde, aujourd’hui agglomération bruissant de vies anonymes.]

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« Quand Lausanne nous est conté…, par Jean Nicollier, éditions ESL, 1964 »

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