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Après avoir traversé cette salle nous arrivons au corridor ouest, à droite de l’entrée et aux salles des commissions I, II et III, ainsi qu’aux bureaux de la presse, placés au milieu du corridor avec sortie directe sur les escaliers latéraux.
Dans le corridor placé derrière l’escalier principal et reliant les deux corridors latéraux se trouvent trois portes, celles des extrémités conduisent aux loges de la presse et celle du milieu aux places des sténographes dans la salle du Conseil national.
Au lieu de monter au premier étage par l’escalier à noyau, nous redescendrons au pied du grand escalier principal.
Ce dernier, large de six mètres, conduit d’abord à un grand palier au centre du hall de la coupole. A droite et à gauche des embranchements d’escalier de quatre mètres de largeur donnent accès au premier étage. Derrière ce palier, des marches cintrées redescendent au rez-de-chaussée pour établir la communication avec les salles des commissions, de travail, etc.
Les marches de tous les escaliers sont en granit, celles de l’escalier principal sont en granit de Wassen (Uri). Pour les piédestaux bruns noirs, à veines blanches, les limons, les dalles et les bancs de l’escalier principal, on a utilisé les socles de l’Hôpital de l’Isle, démoli lors de la construction du Pavillon Est du Palais fédéral, ainsi que ceux du Pénitencier et le grand bassin « entre les portes » démoli en 1899. Cette pierre provient d’une ancienne carrière près de Merlingen (lac de Thoune), aujourd’hui abandonnée. Les balustres noirs sont en marbre de St-Triphon.
Au fond du pilier, entre des reposoirs disposés en exèdres, s’élève le piédestal destiné à recevoir le groupe des trois hommes du Grütli, qui sera placé à la hauteur du premier étage et formera le centre de l’édifice, visible de tous les côtés.
Le socle du piédestal, formant banc, est en chable rouge ; le piédestal lui-même, en roche d’Arvel. Le riche dallage sur lequel repose ce piédestal est en Rouge jaspé, gris de Roche et en Carrare. (Les premiers de ces marbres proviennent des environs de Villeneuve, Vaud).
Avant de monter à l’étage principal, examinons de plus près l’architecture et la décoration de cet intérieur.
Le grand hall sous la coupole présente la forme d’une croix à branches courtes, mais larges, celle du sud n’étant visible qu’à la hauteur du deuxième étage. Les angles rentrants sont formés par les piliers de la coupole. Sur un soubassement décoré de forts bossages, en molasse bleue d’Ostermundingen, s’élèvent des piliers avec de grands pilastres d’ordre dorique supportant une corniche à triglyphes. Les piliers sont reliés à la hauteur de chaque étage par des arcs à cintre surbaissé. Toute cette architecture, y compris la corniche à triglyphes, est exécutée en molasse de St-Margrethen.
Ces arcs s’ouvrent de trois côtés sur les corridors latéraux et leur donnent de la lumière ; du côté nord, la paroi est fermée ; elle a reçu une décoration composée d’arcatures, de niches et d’un balcon sur lequel on accède par la salle du Conseil des Etats. Au-dessus, une grande frise sculptée.
Au-dessus de la corniche à triglyphes et sous les voûtes latérales de la croix s’ouvrent quatre grandes fenêtres cintrées qui éclairent le hall central ; ces fenêtres seront décorées de vitraux. Les voûtes à caissons supportent une calotte oblongue, à 22 fenêtres, également décorées de vitraux. Au centre de la calotte se trouve un tableau en mosaïque. La hauteur totale de ce local, du pied du grand escalier jusqu’au sommet de la calotte, est de 30 mètres, et jusqu’à la corniche 17,50 m. La longueur et la largeur, mesurées au deuxième étage, sont de 22,72 et 22,96 m. , le vide des arcs supportant la calotte mesure 14,70 et 12,80 m. , les axes de la coupole elliptique entre les arcs 16,10 et 14,20 m.
Passons maintenant à la décoration sculptée du vestibule d’entrée et du grand hall.
Devant les piliers du vestibule d’entrée se trouvent deux ours servant de tenants à l’écusson fédéral ; ils figurent la ville de Berne saluant les députés des cantons et les représentants du peuple. Ils ont été modelés par Eggenschwyler (Zurich) et fondus par Rüetschi (également à Zurich).
Sur les quatre piédestaux aux angles du grand palier se trouvent quatre lansquenets représentant à gauche un suisse allemand et un romanche ; un romand et un italien, à droite. Les statues ont été modelées par Vibert (Genève).
Au dessus des baies du rez-de-chaussée sont placées cinq têtes caractéristiques formant les consoles des balcons (Regazzoni, Fribourg).
Au-dessus de l’entrée du hall, dans la paroi nord, se trouvent deux niches contenant des figures, exécutées par Siegwart (Lucerne) ; l’une d’elle représente le guerrier et le dévouement, sous les traits de Winkelried, l’autre en la personne de Nicolas de Flue, l’homme de Dieu et l’esprit de conciliation. Au-dessus de ces niches s’étend une frise sculptée, exécutée par Meyer (Zurich). Cette frise représente la réception d’un peuple voyageur étranger par les autochtones, telle que Stauffacher la raconte dans la scène du Grütli ; elle symbolise, en quelque sorte, la réunion des diverses races, tout en faisant allusion au droit d’asile.
Au fond du grand palier, sur le piédestal déjà mentionné, se place le groupe du Grütli, dans ce palais qui peut être considéré comme l’ultime pensée et le but suprême des trois hommes du Grütli ; à la place d’honneur où il symbolisera l’union des hommes du peuple, la suprême loi de notre existence nationale.
La composition de ce groupe présente de grandes difficultés et les efforts des artistes sont demeurés jusqu’ici sans grand résultat. Dans les tympans de l’arcade qui encadre ce motif se voient deux génies de la paix (exécutés par Boesch, St-Gall) et dans le fronton, un aigle, symbole de la liberté, au milieu des sommets des Alpes (Laurenti, Berne).
Au-dessus des arcs formant l’entrée dans les corridors latéraux du premier étage, sont placés des écoinçons décoratifs exécutés par Vassalli, Lugano, représentant l’activité intellectuelle et l’activité pratique. Entre ces figures, deux inscriptions en lettres d’or sur marbre vert foncé :
A suivre...