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(Morcote, 7 octobre 1809 - 5 septembre 1883
L’architecte tessinois (Morcote) est un illustre architecte qui s’est fait connaitre à Istanbul, plus précisément pour ses travaux à la mosquée Sainte-Sophie. Aujourd’hui le célèbre monument est un musée, mais au moment où Gaspare Fossati est mandaté par Abdülmecid Ier (Abdul-Medjid), pour restaurer Sainte-Sophie avec l’aide de son frère, Giuseppe Fossati, c’est une mosquée.
Lors de cette restauration, sous les plâtres il y a les mosaïques Chrétiennes qu’il répertorie, qu’il signale et qui finissent par être recouvertes d’un nouveau glacis de plâtre. Un travail gigantesque à la mesure de l’édifice qui contribue à la notoriété de Gaspare Fossati qui les années précédentes était l’architecte officiel de la cour impériale de Saint-Pétersbourg. La Russie lui demanda de réaliser l’ambassade russe à Istanbul en 1837. Dix ans plus tard il est donc sur le chantier de restauration de Sainte-Sophie avec son frère où il a la confiance des grands et du Sultan.
[En 1852, Fossati publie à Londres cet ouvrage : http://theswedishparrot.com/sainte-sophie-de-constantinople-gaspare-fossati-londres-1852/ ]
Aujourd’hui Sainte-Sophie est encore en restauration et la communauté scientifique de toutes les disciplines s’interroge sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire sur les murs intérieurs de Saint-Sophie. En effet, doit-on enlever les couches de plâtre qui cachent les mosaïques, doit-on les laisser tel quel. La question a beaucoup d’importance dans le contexte politico-religieux d’aujourd’hui. Les plâtres sont musulmans avec les décors idoines, faut-il les détruire pour laisser les mosaïques apparaitre et revenir à l’origine des temps ? Qu’est-ce qui est le plus beau, l’art byzantin ou l’art musulman, la réponse bien sûr ne peut être aussi manichéenne. L’un et l’autre sont aussi beaux et chargé de symboles qui ne peuvent, l’un et l’autre être détruit ou modifié. Mille cinq cents ans d’histoire ne peuvent être modifiés sans atteinte à la réalité qui est et qui sera demain celle d’aujourd’hui, c’est-à-dire les plâtres musulmans par-ci et les mosaïques par-là, les uns chevauchant les autres qui nous laissent entrevoir le long passé du lieu.
Au cœur de la coupole, l’image du Christ est aujourd’hui sous l’inscription musulmane qui est décrite comme étant un chef-d’œuvre de l’art calligraphique. Faut-il partager l’espace et laisser voir deux moitiés des deux œuvres ? Impensable !