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Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.

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Jean-Abraham Noverraz nous dit dans son journal…

Paris 1811

Constant a été bon pour moi, m’inculquant de bonnes manières, corrigeant mes fautes, souriant avec indulgence de certaines de mes expressions et de mon accent. Le plus difficile a été de distinguer les Messeigneurs des Altesses et, la première fois que j’ai pu assister au « Lever », j’ai cru que je n’y arriverais jamais : à neuf heures précises, l’Ordre était présent : le Grand Maréchal, le Grand Chambellan, le Grand Ecuyer, le Grand Maître des Cérémonies, le Grand Aumônier, le Grand Veneur, le Trésorier de la Couronne et le Colonel Général de service. Ensuite seulement, venaient les Grandes Entrées : les princes de la famille impériale, les cardinaux.

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Ceux qui m’impressionnaient le plus étaient les Grands Officiers de l’Empire, en superbes uniformes, avec l’épée au flanc. C’est là que pour la première fois, j’ai dû demeurer quelques instants seul avec l’Empereur. (Constant m’avait dit de surveiller la cheminée et d’y jeter au fur et à mesure des bûches). Il me faisait peur : il parlait d’un ton bref, gardait les yeux fixés sur les solliciteurs, envoyant de temps à autre des coups de talon dans les bûches ; il congédiait même les gens les plus importants d’un simple signe de tête, ne serrait jamais une main.

CAMBACÈRÈS 1804

CAMBACÈRÈS 1804

LEBRUN 1804

LEBRUN 1804

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BERTHIER 1808

BERTHIER 1808

MURAT 1808

MURAT 1808

TALLEYRAND 1808

TALLEYRAND 1808

C’est quand Constant a eu l’influenza que j’ai eu l’honneur de réveiller l’Empereur. C’était à six heures et demie tapantes, et l’Empereur m’a dit : « Ah, c’est toi que j’ai amatiné ! Dépêche-toi d’ouvrir la fenêtre, j’ai peur que Constant soit contagieux. »

Il a passé une robe de chambre rouge, et pendant que Meneval le secrétaire du Portefeuille, lui tendait des lettres, je lui ai présenté une tasse de fleur d’oranger. L’Empereur jetait la plupart des lettres sur le tapis. J’ai voulu les ramasser, mais Meneval m’a fait non de la main.

  • Rappellemoi ton nom.
  • Jean-Abram Noverraz, Sire…
  • Ah ! Oui, le grand garçon Vaudois ! Un beau pays au bord du lac où j’ai attendu débarquer, sur les quais de Vevey, les munitions pour la campagne d’Italie. Tu n’es pas le seul Veveysan qui m’ait rendu service ! Es-tu monté au Grand-Saint-Bernard ? J’ai répondu « non Majesté », et il m’a dit qu’on pourra monter plus facilement au Simplon et au Grand-Saint-Bernard parce qu’il avait fait construire des routes et des ponts…
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Messeigneurs ou Altesses ? Toute cette parade quotidienne était réglée par Napoléon lui-même : plus de 800 articles pour régler avec minutie, protocole et étiquette et on peut comprendre l’affolement du jeune Vaudois soumis aux humeurs de l’Empereur ! (H.M. de Stadelhofen)

 

À suivre

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