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Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.

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« Quelques règles à observer quand on roule en automobile »

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Les lignes qui suivent sont empruntées au « Manuel de l’Automobile » de Walter Isendahl, publié à Berlin en 1908. Cet ouvrage, le premier de caractère didactique, historique, technique et pratique qui ait été publié en Allemagne, contient de précieux conseils à l’usage des chauffeurs et de leurs compagnons de voyage ; qu’on en juge par ces quelques extraits, dont certains au demeurant, bien qu’oubliés aujourd’hui, mériteraient d’être observés.
Bien que le manuel soit Allemand, il est applicable à chaque pays qui furent confrontés aux automobiles à la fin du 19e siècle et au début du 20e. Donc en Suisse aussi !
 
Il est naturellement interdit d’entamer une discussion avec le chauffeur d’une automobile ; de même, le conducteur, si on lui adresse la parole, doit se récuser, poliment mais fermement. Il est du reste recommandable de procéder comme suit : Au moment de monter en voiture, le chauffeur précisera qu’il doit concentrer toute son attention sur la route et sur la conduite, et qu’il ne souffre d’être dérangé en aucun cas.
Les chauffeurs expérimentés manoeuvrent de façon presque automatique, de sorte qu’il leur est possible, ici ou là, d’entendre quelques mots ou d’y répondre ; mais cela ne saurait être que l’exception et n’est pardonnable que sur la grande-route, loin de tout danger. Aux grandes vitesses ou dans l’intense trafic des villes, la chose n’est pas admissible ; elle est du reste impossible. Fort heureusement, car toute distraction pourrait avoir des conséquences catastrophiques.
Le point de vue des juristes, qui, autour du tapis vert, prétendent exiger que les occupants d’une voiture signalent au chauffeur la présence d’un danger, est absolument faux. Il est même comique qu’on puisse l’exiger et on y devine une totale ignorance des conditions dans lesquelles s’opère la conduite d’une automobile lancée à plus de trente kilomètres à l’heure. Avant de poser des conditions aux utilisateurs de véhicules sans chevaux, les législateurs devraient, sinon apprendre à les manipuler, tout au moins effectuer un voyage, si court soit-il, afin d’apprendre ce qui s’y passe.
Le plus dangereux pour un chauffeur, c’est précisément de se voir distraire au moment où il prend conscience d’un risque. Qu’on n’oublie pas qu’à la vitesse de 36 kilomètres à l’heure un véhicule couvre 10 mètres par seconde et que son pilote ne peut distinguer avec netteté la nature d’un obstacle à plus d’une trentaine de mètres de distance. Si bien qu’il ne dispose que d’une à deux secondes pour effectuer toutes les manœuvres dictées par les circonstances et ne saurait à ce moment voir son attention détournée par une parole quelconque : il y va de sa vie, de celle des voyageurs qui se sont confiés à lui, de celle des autres gens.
Il y a lieu du reste de signaler que ce mode de faire est également faux au point de vue juridique. Car, au moment où le passager décide d’indiquer au chauffeur qu’il a constaté l’apparition d’un risque, il se substitue en fait et en droit au dit chauffeur et encourt la totale responsabilité des gestes auxquels sa conduite donne lieu. On se demande au surplus comment les législateurs chargés de réglementer la circulation automobile se représentent l’échange d’avertissement, de remarques et de conseils dans un véhicule qui se déplace à toute vitesse.
 
Tout automobiliste a pu constater que 99% des attelages de campagne circulent du mauvais côté de la route et que s’ils en occupent par hasard le milieu, ils obliquent à gauche au lieu de serrer à droite à l’approche d’une automobile. Il s’agit en l’occurrence moins d’une attitude chicanière à l’égard des automobilistes que d’une négligence ou d’un défaut de compréhension. Il est fort difficile de faire admettre aux cochers et charretiers – qu’un usage exclusif de la route durant des siècles a pratiquement abrutis – que l’automobile a aussi des droits sur la route. Si l’on y ajoute la crainte, qui se manifeste par le fait qu’ils saisissent leur fouet à l’approche d’une automobile, on comprendra que les chevaux, affolés, perdent leur calme, ruent ou s’emballent.
Pour signaler à un cocher – si le hasard veut qu’il soit éveillé – qu’il doit se diriger vers la droite de la chaussée, on s’y dirigera soi-même de manière assez rapide et assez vive pour que la manœuvre lui apparaisse clairement. En voyant l’automobile s’écarter (sur sa gauche à lui !) il comprendra qu’il doit s’écarter sur sa droite. Mais on n’omettra pas de ralentir dans la mesure du possible afin de s’épargner les menaces et les injures dont ces gens sont encore coutumiers à l’endroit des automobilistes.
Une attitude calme, posée, correcte doit être observée par le chauffeur ; surtout s’il constate que les chevaux de trait ou de selle qu’il va croiser, témoignent de quelque impatience ; ralentissant jusqu’à l’extrême limite raisonnable, il peut les tranquilliser d’un mot au passage. On n’imagine pas l’influence calmante que peuvent avoir quelques paroles prononcées à l’oreille des bêtes – et des hommes parfois aussi !
 
On ne discutera pas avec un charretier s’il se prend à vous injurier. En revanche, on le signalera au poste de police le plus proche et l’on portera plainte contre les gens qui lancent des pierres ou d’autres objets. Cette attitude de certaines populations a déjà causé maints accidents graves et des ennuis détestables ; l’automobiliste ne manifestera dans semblables circonstances aucune pitié et n’hésitera pas à dénoncer à l’autorité tout fauteur de trouble, fût-il un enfant.
 
En voyage, on remarquera que la plupart des croisées de routes et de chemins sont munies d’un indicateur, lequel toutefois reste sans beaucoup d’utilité pour les automobilistes, parce qu’il ne signale habituellement que la localité la plus proche.
L’automobiliste devra donc se pourvoir de cartes ; les meilleures sont celles de l’état-major, au 100 000ème ou au 25 000ème. Mais ces dernières ne conviennent guère aux grands voyages, parce qu’elles nécessitent le transport d’un assortiment aussi lourd qu’encombrant.
Depuis quelque temps on trouve dans le commerce des cartes dites « pour l’auto », sur lesquelles ne figure que l’essentiel, c’est-à-dire les routes et les agglomérations. Ces cartes rendent de précieux services, surtout si elles portent les indications de pente, grâce auxquelles on saura d’avance où changer de vitesse.
 
Un excellent système de carte est constitué par un ruban d’une quinzaine de centimètres de largeur, sur lequel est dessiné le tracé de la route, qu’accompagnent les indications principales sur la région traversée, le kilométrage parcouru, les obstacles, les points de vue, les passages dangereux.
Il est facile d’adapter ces cartes à un enrouleur fonctionnant à la manière des taximètres, mais qui doit être pourvu d’un système de réglage à la main, parce que l’enroulement ne peut être exactement proportionnel au chemin parcouru.
Il est également possible d’adapter à l’enrouleur un système de contacts et de perforer la carte aux endroits qui signalent un danger particulier : cassis, passage à niveau, gué, virage en descente. Au moment où les lames du contact viennent à se toucher parce que la feuille de papier est interrompue, elles provoquent l’allumage d’une ampoule électrique ou la mise en branle d’une sonnerie qui rappellera à temps au chauffeur d’avoir à redoubler de vigilance.
 
On peut fort bien s’orienter sans boussole, à la condition de voir le soleil, lequel se lève à l’est et se couche à l’ouest, après avoir passé au sud à midi. En dirigeant la petite aiguille de la montre en direction du soleil, la bissectrice (la ligne qui coupe en deux) de l’angle qui sépare la petite aiguille du chiffre 12 indique le sud. Partant de là, on peut placer sa carte de manière convenable.
On dira peut-être que c’est plus simple de se diriger jusqu’au plus prochain village et de se renseigner là. Mais, certains automobilistes n’hésitent pas à se lancer à l’assaut des Alpes ou des régions fort peu peuplées, comme les Balkans, où, réellement, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.
Si l’on a la chance de posséder un compteur kilométrique sur sa voiture et si l’on a pris soin de noter l’indication qu’il donnait au moment du départ, il suffit de faire la soustraction pour obtenir le kilométrage parcouru dans la journée et retrouver sur la carte l’endroit où l’on est arrêté.
A la condition, toutefois, de savoir lire les cartes.
 
1956 GM S.A. Bienne

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P
Hier encore je disais a ma femme de ne rien me dire de ce qu’elle voyait (en matière de danger) car cela me perturbais et que je réagissais de façon inappropriés en croyant qu’il y avais autre choses…. Etonnant ! Non ? D’autre part, je m’aperçois que le GPS n’est pas une invention récente… Hum ! Merci pour ce retour à la source de l’apprentissage de la conduite automobile. Bonne continuation, JC. PS : les deux mille derniers kilomètres sont derrière moi. La remorque s’est très bien comportée.
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