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*Avertissement. L’écrit est recopié dans le texte de l’époque avec son orthographe, les coquilles typographiques et la graphie de certains noms et mots tel qu’ils étaient connus et employés en 1815. ces mots sont soulignés dans le texte ci-dessous.
FRAGMENS
Statistiques sur le canton de Vaud. (Tirés d’un manuscrit plus étendu, rédigé en 1801).
I.
POPULATION.
Le nouveau canton du Léman renferme tout ce qui étoit précédemment connu sous le nom de Pays-de-Vaud, faisant partie de l’ancien canton de Berne ; plus les deux baillages communs de Grandson, d’Orbe et Echallens, et le district du Pays-d’Enhaut Romand, qui jusqu’à la révolution a fait partie de l’Oberland Bernois : il fut d’abord divisé en 17 districts, dont voici la population, d’après un recensement dressé en 1801.
DISTRICTS. AMES. CITOYENS ACTIFS.
Aigle. 11801 3315
Vevey 9829 2534
La Vaux 7734 2178
Lausanne 12629 2548
Morges 9045 2306
Aubonne 7059 1844
Rolle 4558 1087
Nyon 8719 2339
Yverdon 9769 2467
Grandson 9753 2316
Orbe 9756 2312
Echallens 7028 1932
Cossonay 7840 2256
Moudon 8866 2415
Oron 4438 1203
Vallée de Joux 4153 1095
Pays-d’Enhaut 4094 1105
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137,071 35,308
Nous ne portons en ligne de compte, ni le district de Payerne, qui renferme 4850 ames, ni celui d’Avenches, qui en a 6742 ; parce qu’à l’époque de ce travail, ces deux districts, démembrés du Pays-de-Vaud, étoient incorporés au canton de Fribourg.
Au premier janvier 1799, la population totale du Canton du Léman, d’après les tabelles exactes de chaque paroisse, montoit à 138,331 ames : ces paroisses sont au nombre de 133 de la communion réformée, & de 3 de la communion catholique ; ces dernières contiennent 1520 ames.
Dans le courant de l’année 1798, il est né 2259 garçons & 2219 filles, total 4478 naissances, parmi lesquelles 37 couches doubles, soit 74 jumeaux.
Il est mort 1434 personnes du sexe masculin, & 1426 du sexe féminin, en tout 2860, dont 9 nonagénaires ou au-delà : par conséquent les naissances ont surpassé les morts de 1618, c’est-à-dire d’un peu moins d’un tiers. – Les mariages ont été au nombre de 1377 ; ce qui revient (à une petite fraction près) à la proportion ordinaire d’un mariage sur 100 individus.
D’après un relevé fait sur 108 paroisses, il paroît que les mois dans lesquels il y a le plus de naissances au Pays-de-Vaud, sont Janvier, Février & Octobre ; & les mois où il y en a le moins sont Mai, Juin, Août. Sur 85 paroisses, on a trouvé que les mois où il y a le plus de morts sont Janvier, Avril, Décembre. Les mois où il y en a le moins sont Mai, Juillet, Novembre.
Dans le courant de 1798, il y a eu deux suicides, & 44 morts par accident.
Savoir :
Noyés 13
Brûlés 2
Péris dans les neiges 3
Ecrasés par des arbres 2
Ecrasé par un rocher 1
Tués par des armes à feu, sautées dans la main 4
Tués par des chûtes 9
Tués par des chûtes étant ivres 6
Tués involontairement par un autre 3
Assassiné par un homme ivre 1
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44
Il eût été certainement très intéressant pour l’arithmétique politique du Pays-de-Vaud, de consulter les anciens tableaux de sa population, dressés des époques antérieures. Mais n’ayant pu en avoir communication, je me borne à prendre pour point de comparaison le dernier recensement publié en 1766, par feu M. le doyen Muret, dans un excellent mémoire couronné par la société économique de Berne ; mémoire qui embrasse tout le Pays-de-Vaud, sauf les baillages communs de Grandson, d’Orbe et Echallens.
En 1765, 117 paroisses contenoient 106,157 ames. D’où il s’ensuit qu’en 33 ans, ou dans un tiers de siècle, la population a augmenté de 20220 individus, c’est-à-dire, d’environ un cinquième ; de manière que si cet accroissement continue, la population aura plus que doublé dans l’espace de 165 ans, à compter de 1765 à 1930.*
*pour information : la population du canton de Vaud en 1930 était de : 331'853 personnes, représentant 85'832 ménages, 3,9 pers. Par ménage. En 2000, la population était de : 612'626 pers.)
Cette augmentation d’un cinquième d’habitans dans un tiers de siècle, rappelle un passage remarquable de J. J. Rousseau (Contrat Social, Livre III. Chapitre 9. Des signes d’un bon gouvernement.) « Pour moi, dit-il, je m’étonne toujours qu’on méconnoisse un signe aussi simple, ou qu’on ait la mauvaise foi de n’en pas convenir… Quelle est la fin de l’association politique ? C’est la conservation et la prospérité de ses membres : et quel est le signe le plus sûr qu’ils se conservent et prospèrent ? C’est leur nombre et population. N’allez donc pas chercher ailleurs ce signe si disputé. Toutes choses d’ailleurs égales, le gouvernement sous lequel, sans moyens étrangers, sans naturalisation, sans colonie, les citoyens peuplent et multiplient davantage, est infailliblement le meilleur : celui sous lequel un peuple diminue et dépérit est le pire. Calculateurs, c’est maintenant votre affaire ; comptez, mesurez, comparez… »
Et comparant le recensement de 1765 à celui de 1798, on ne trouve que 9 paroisses dont la population ait diminué : en voici le tableau.
Paroisses. 1765 1798 perte.
Penthaz 223 216 7
Prengins 545 511 34
Ecublens 550 524 26
Pully 947 836 111
Palaisieux
Et
Maracon. 749 712 37
Rossinière 646 617 29
Grion 346 339 7
Gressier 853 807 46
St. Cierges 911 831 80
Toutes les autres paroisses ont accru leur population du plus au moins ; excepté la seule commune de Leysin, qui aux deux époques présente le même nombre d’habitans, 405.
GTell