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Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.

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Que d'eaux...


Que disait-on en 1815 sur les Bains et eaux minérales en Suisse ?

 

*Avertissement. L’écrit est recopié dans le texte de l’époque avec son orthographe, les coquilles typographiques et la graphie de certains noms et mots tel qu’ils étaient connus et employés en 1815. Ces mots sont soulignés dans le texte ci-dessous.



 

La partie chymique et médicale des eaux minérales du Pays-de-Vaud, ayant été assez négligée jusqu’à présent, plusieurs même étant à peine connues des habitants du voisinage, il peut être avantageux d’en publier un catalogue, en invitant les gens de l’art d’en procurer des Analyses : dans cette liste alphabétique, nous indiquerons les ouvrages où l’on peut puiser des renseignemens sur quelques-unes de ces sources bienfaisantes : à l’égard de celles sur lesquelles il n’y a rien d’imprimé, nous nous bornerons à indiquer le genre et les propriétés qu’on leur assigne vulgairement, sans décider si c’est à tort ou avec raison.

 

I.                     AIGLE. Sources salées. Celle de Panex fut découverte en 1554 ; celle des fondemens, en 1591 : des particuliers les ont exploitées pour leur compte jusques à l’an 1683 ; à cette époque, la république de Berne les acheta pour la somme de L.103943. voyez Haller, description des Salines. – Wild, essai sur la montagne Salifère. – Struve, Théorie des sources salées, dans les mémoires de la société des Sciences Physiques de Lausanne, Tome II. – De Saussure, voyage dans les Alpes, Tome IV, chapitre L, édition 8°. – Durand, Statistique de la Suisse, Tome III, page 85 et s.

II.                   BEX. Source soufrée, martiale, légèrement imprégnée de sel de Glauber, découverte en 1768, qu’on dit efficace contre les obstructions et les vices d’un sang trop épais

III.                 BLONAI. (Paroisse de), district de Vevey, au lieu appelé l’Alliaz, à cinq quarts d’heure au-dessus du village de Tercier. Source soufrée et martiale, estimée dans les maladies cutanées ; (on y a construit des bains en 1812).

IV.                 CHATEAU-D’OEX. On trouve dans les Alpes de cette vaste Commune, plusieurs sources, soit martiales soit soufrées, dont on ne tire aucun parti.

V.                   CUARNI. Paroisse de Pomi, district d’Yverdon. Près de ce village, il y a des indices d’une eau très sulphureuse, dont on ne fait aucun usage.

VI.                 ETIVAZ. Commune de Château-d’Oex. Eaux soufrées, très purgatives et excellentes pour les maladies de peau, douleurs de rhumatisme, vieilles plaies, etc. Ces bains sont assez fréquentés, et le seroient davantage, si les bâtiments étoient plus commodes.

VII.               HENNIEZ ou EIGNI, paroisse de Granges, district de Moudon. Source soufrée, bains connus depuis 5 siècles, et fréquentés par les gens du pays, pour les gales, sciatiques, etc. On croit que, si leurs propriétés étoient déterminées par une bonne analyse, ils seroient plus estimés qu’ils ne le sont.

VIII.             LAUSANNE. Tout près de la ville, en sortant par le fauxbourg de la Barre, les eaux de la Poudrière. Il y a deux source distinctes, situées à peu de distance l’une de l’autre : on les a trouvées martiales, alcalines et gazeuses ; elles étoient autrefois fréquentées, employées en bains, et jouissoient de la réputation d’avoir opéré quelques cures heureuses. Le célèbre Tissot en faisoit cas ; et il a dit maintes fois, qu’on alloit souvent chercher fort loin dans l’étranger, des eaux minérales qui ne valoient pas celles de la Poudrière. Elles ont été analysées par MM. Struve père et fils. Voyez Histoire naturelle du Jorat, Tome II, page 19. – Durand, Statistique de la Suisse, Tome II, page 357. – Il y a de plus sur ces eaux une brochure publiée é Lausanne en 1720, intitulée description fidèle de la fontaine minérale de la Poudrière, etc.

IX.                LUCENS. District de Moudon. Source sulphureuse : de simples lotions de cette eau ont guéri des gales, des dartres, des playes invétérées ; les habitans du voisinage desrient dès long-temps d’être mieux instruits des propriétés et des usages de cette source assez abondante.

X.                  LUSSI. District de Morges. Près de ce village sort une source martiale, qui va se jeter dans le torrent du Blacon : on a quelques exemples de son utilité dans les dérangemens d’estomac.

XI.                MORGES. Près du ruisseau du même nom, à un quart de lieue de la ville, est une source martiale, sulphureuse et gazeuse, assez analogue aux eaux d’Amphion. Elle est bonne contre les obstructions, et seroit plus employée, si l’abord en étoit plus aisé : l’analyse faite par un chimiste étranger se trouve dans les manuscrits de la Société Economique de Berne. Voyez Bertrand, recueil de traités d’histoire naturelle, in-4°, page 471.

XII.              ORBE. Près de cette ville coule une source nitreuse et marneuse. Il ne paroit pas qu’on ait encore fait aucune observation sur sa nature et ses effets.

XIII.            ORMONT-DESSOUS.               DISTRICT D’Aigle. Cette commune renferme trois sources sulphureuses, précisément du même genre que celle de l’Etivaz. 1° A cinq minutes du logis de la Comballaz, sur le chemin du Sepey. 2° Sur le pâturage commun des Mosses. 3° Dans le bois de Matelon aux environs de la Comballaz. Il y en a, dit-on, quelques autres, sur lesquelles on n’a pas encore de renseignemens assez authentiques pour en faire mention.

XIV.            PAMPIGNI, District de Cossonay. Source martiale, dont on ne connoit que l’existence.

XV.              PRENGINS, District de Nyon. Deux sources martiales ; l’une dans un bassin muré et couvert, en-dessous du village ;  l’autre, plus chargée, près du hameau de Benez ; jadis employées par les habitans de Nyon : on en cite divers bons effets.

XVI.            PUIDOUX, Paroisse de Chexbres, district de la Vaux. Puits très soufré.

XVII.          PULLI, District de Lausanne. Deux sources thermales, l’une à l’entrée du village, l’autre tout près du pont de la Paudaise.

XVIII.        ROLLE. Deux sources martiales et gazeuses, qui pendant quelques années ont été fort à la mode, et pour l’emploi desquelles on a établi des bains. L’une avoit pris le beau nom de fontaine de Jouvence, et les femmes y couroient.

Pour réparer du temps l’irréparable outrage.

Voyez Saussure, voyage dans les Alpes, Tome I, page 352. Histoire naturelle du Jorat, Tome II, page 46 et suivantes.

SAINT-GEORGES, district d’Aubonne, près de la frontière de France. Au lieu dit la Bonne Fontaine, source et bains d’une eau soufrée, gypseuse et bitumineuse, jadis très usités, maintenant abandonnés. Nos anciens naturalistes en parlent avec les plus grands éloges, sous le nom de Fons à Sto Burgo. Voici ce que Gaspard Collin, célèbre médecin de Sion, en écrivoit au milieu du XVIe siècle. « Il est une eau très froide et très limpide, dans le pays de Berne, aux limites de la Bourgogne, à 500 pas de la droite du chemin qui mène à St. Claude par le Mont Jura. Elle est encore très fréquentée ; mais elle étoit bien plus en réputation il y a deux siècles, qu’on lui attribuoit des forces et des cures presque miraculeuses. Elle tient beaucoup du gyps ; ce dont on ne peut douter, si l’on goûte le sédiment blanchâtre et onctueux qu’elle dépose ; elle a guéri des paralysies, des engourdissemens, des rhumatismes et ulcères invétérés, des gales, des playes aux jambes, etc. On lave la partie affectée et on la frotte avec le sédiment onctueux de la source : on la dit bonne pour les maux d’yeux et d’oreilles, etc. » Voyez Simler, Vallesia, page 150, (édition de Zurich, 1574.) Cette source, à peine soupçonnée de nos jours, mériteroit d’être l’objet de nouvelles recherches, et justifieroit peut-être son ancienne réputation.

XIX.            SAINT LOUP, District de Cossonay, paroisse de la Sarraz, à dix minutes du village de Pompaples. Eau soufrée, qui sort du rocher sur lequel étoit, dans le sixième siècle, l’hermitage de St. Lupicin, vulgairement St. Loup. Il y a depuis très longtemps des bains fréquentés et estimés : ils doivent leur origine à un pélérinage établi autrefois dans ce lieu, et à la croyance que St. Lupicin avoit attaché une bénédiction particulière à la source minérale qui y coule. Il paroît par la légende de ce pieux solitaire, qu’il ne se bornoit pas à prêcher l’Evangile, mais qu’il pratiquoit aussi la médecine ; sans doute qu’ayant guéri quelques malades par l’usage des eaux situées près de son hermitage, le vulgaire chercha une cause surnaturelle à un effet naturel. Quoiqu’il en soit, les bains de St. Loup ont conservé quelque crédit parmi le peuple, et on ne peut leur contester d’avoir guéri ou soulagé plusieurs des malades qui en usent.

XX.              SAINT-PREX, District de Morges. Eaux martiales qui ont opéré quelques bons effets : il en existe, dit-on, une analyse par M. le docteur Pache, qui pourroit en apprendre davantage.

XXI.            SULLENS, District de Cossonay. Deux puits qui exhalent en certains tems une forte odeur de soufre.

XXII.          VALLORBE, District d’Orbe. Source sulphureuse, excessivement froide.

XXIII.        VILLENEUVE, District d’Aigle, au pied du mont Arvel. Il y a une source fortement soufrée dans le lieu dit la Barnia ; très anciennement il y avoit des bains en grande réputation, maintenant détruits. Barnia est une corruption manifeste du latin Balnea (des bains) ; et il est assez vraisemblable que les Romains, amateurs passionnés des eaux thermales, profitèrent de cette source pour établir des bains, qui ne pouvoient manquer d’être fréquentés, leur situation sur la route de Milan dans les Gaules et dans l’Allemagne, par le St. Bernard, et qui étoient fort à la portée des Légionnaires stationnés à Villeneuve (Pennilucus), ville alors bien plus considérable qu’elle ne l’est maintenant. Tout près de Villeneuve, au bord du lac, il y a des indices de deux sources, l’une martiale, l’autre soufrée.

XXIV.        YVERDON. Eaux tièdes, contenant du sel commun, du gaz hépatique et de l’alcali minéral : bains très fréquentés, sur-tout pour les maladies de la peau. A un quart de lieue de la ville, il y a encore une source d’eau acidule, jadis en grande estime, maintenant négligée, et que l’on confond mal à propos avec la première. Voyez dictionnaire de la Suisse, article Yverdon. Statistique de la Suisse. Tome II, page 352. Histoire naturelle du Jorat, Tome II, page 155 et suivantes, où l’on trouve l’analyse de ces eaux par M. le professeur Struve. Wagner, Historia naturalis Helvetiae, page 103. hydrographia Helvetica, pages 233 et 341.

 

gtell

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