Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.
A la suite de la dispute de Lausanne, le gouvernement de Berne ordonne, le 19 octobre, la cessation immédiate du culte catholique puis, le 24 décembre, il organise le culte protestant.
Prédicants. Premièrement, que nul ne se mêle d’annoncer la parole de Dieu en nos dits pays qui ne soit par nous à ce député ; toutefois, l’élection desdits ministres pourra se faire par les prédicants et ceux-ci nous seront présentés pour les confirmer.
2°. Que ces ministres annoncent purement la parole de Dieu et ne mettent en avant, par leur doctrine, ni enseignement autre chose sinon ce qu’ils peuvent approuver par la sainte Ecriture du vieux et nouveau Testament. Vous, nos dits sujets, hommes et femmes, nous vous admonestons d’ouïr la parole de Dieu si vous désirez éviter notre disgrâce.
Sacrements. Puisque, en la sainte Ecriture, ne se trouvent fondés et institués que deux sacrements, à savoir la sainte Cène de Notre Seigneur et le baptême, nous ordonnons que les autres cinq que l’on appelle sacrements soient émondés.
Baptême. Touchant le baptême, nous ordonnons que tous les jours on puisse baptiser les enfants ; toutefois, il nous semblerait convenable que, dans chaque paroisse, les enfants fussent baptisés le dimanche après le sermon.
Mariage des ecclésiastiques. Pour autant que le mariage des gens d’Eglise est défendu par tradition papale, il est raisonnable que celui-ci soit, à toutes personnes aptes et idoines à icelui, octroyé et permis pour éviter paillardise.
Fêtes. Touchant les fêtes, nous ordonnons et commandons que tous les dimanches doivent être observés, adjoints : le jour de la nativité de Notre Seigneur, la circoncision, l’annonciation de Notre Dame et l’ascension de Notre Seigneur, sur lesquels jours l’on doit se reposer et surtout ouïr la parole de Dieu.
Cérémonies papales. Nous avons aussi ordonné que vous vous absteniez d’allez à la messe et aux autres cérémonies papales, sous le ban : l’homme de dix florins et la femme de cinq.
Blasphèmes. Touchant les blasphèmes, nous ordonnons que tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, prenant en vain le nom de Dieu en la bouche, jurant par le corps, sang, plaies, chair, soient tenus de tomber à terre et de la baiser. Et que tous ceux qui ouïront de tels blasphèmes soient tenus de les admonester à cela faire. Et si tels blasphémateurs donnent parole injurieuse et ne veulent baiser la terre, ils doivent être mis en prison puis, après avoir baisé la terre, donner trente sols de ban ; ils pourraient aussi faire si grand blasphème que nous les châtierions plus rigoureusement.
Danses. Les danses sont scandaleuses. Pour cette cause, nous les défendons sous le ban de trois florins. Toutefois, nous octroyons trois honnêtes danses sur les jours de noces.
Guerre. Pareillement, que nul de vous ci-après aille en guerre étrangère sous peine : les capitaines, lieutenants, porteurs de bannières et autres officiers, de perdition de leur vie, et les simples compagnons, d’être mis en prison et de donner aussi dix florins et, avec cela, d’être mis au collier.
Commentaire. Si l’on a respecté l’ordonnance dans ses grandes lignes, je ne crois pas que sur le paragraphe de la « Guerre » il en a été de même. En effet, le service Etranger a été depuis 1518 La Paix de Fribourg, instauré et est devenu une source de revenus pour tous les cantons agressifs de Suisse et Berne n’était pas en reste. Et on ne s’en glorifierait pas aujourd’hui d’avoir un ou deux ancêtres célèbres d’avoir fait une guerre ici ou là à travers l’Europe.

collection Recueils de textes d'histoire Suisse. 1517-1648 par Michel Salamin