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Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.

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Projet pour une République fédérative des soviets en Suisse. [1918]

   Rédigé une quinzaine de jours avant la déclaration de la grève générale en Suisse, le document suivant, daté de fin octobre, aurait été adressé aux représentants de Lénine à Berne et à Berlin. Mais le Comité de grève d’Olten semble l’ignorer absolument. Tel est l’avis de Serge Persky, antibolcheviste avoué, qui publie ce projet sous le titre Le plan de terrorisme en Suisse, dans la Gazette de Lausanne, du mercredi 23 avril 1919. Il est exemplaire de la volonté d’entretenir l’animosité d’une large fraction de l’opinion publique contre le parti socialiste et les organisations syndicales.

 

Projet d’instructions générales après la révolution en Suisse. 

 

   La direction générale reposera en mains du Comité central, formé des chefs nationaux, auxquels se joindra le camarade Radek, qui se rendra à Berne, aussitôt la révolution déclarée.

1.       La Suisse sera proclamée République Fédérative des soviets.

2.       Deux soviets principaux – chacun de 300 hommes, celui des soldats et celui des ouvriers, se formeront immédiatement à Berne et à Zurich. En outre, des soviets locaux seront formés dans tout le pays.

3.       On occupera les frontières, les chemins de fer, partout où cela pourra se faire, les arsenaux, les usines militaires et autres, les postes, le télégraphe, le téléphone, les banques, les rédactions de journaux bourgeois.

4.       On surveillera étroitement les ambassades, les consulats des pays de l’Entente. Défense absolue à qui que ce soit d’y chercher refuge. On évitera cependant toute violence à l’égard des représentants et fonctionnaires des dites ambassades.

5.       Berne, Zurich et toutes les villes occupées par nos forces seront déclarées en état de siège. Des cours martiales y siégeront.

6.       Seront arrêtés et gardés comme otages : le Conseil fédéral in corpore, les présidents et vice-présidents du Conseil national, du Conseil des Etats, des cours de justice à Berne, Zurich et partout où faire se pourra; de  même les fonctionnaires les plus en vue de chacune de ces institutions, leurs femmes et leurs enfants dès l’âge de 16 ans ; le général commandant l’armée, son chef d’état-major, de même les commandants de corps d’armée, de division, de brigade, de régiments, de bataillon. (Ceux d’entre ces derniers qui se déclareraient nos partisans seraient relâchés et remis à leur poste mais leurs familles gardées comme otages.) de même encore, les directeurs et principaux rédacteurs des journaux bourgeois, enfin d’autres représentants de la bourgeoisie. Le nombre des personnes arrêtées ne sera pas inférieur à deux mille. A toute velléité de résistance ou de traîtrise, les otages seront immédiatement exécutés en place publique.

7.       Les personnes connues comme ennemis irréductibles de la révolution et dont la liste suit seront fusillées le jour même de la proclamation de la République fédérative suisse des soviets.

8.       Ces actes de terreur accomplis, on ne recourra au régime de la terreur que si les événements le nécessitaient.

9.       De nombreux agitateurs seront envoyés dans les campagnes ; ils auront à assurer aux paysans l’intégrité de tous leurs droits. On formera des soviets dans chaque village.

10.   Une perquisition générale aura lieu dans tous les milieux bourgeois suisses ; armes, argent (au-dessus de 1000 fr.), objets de valeur seront confisqués et versé à la caisse du Comité central. Toute personne ayant caché des armes sera immédiatement exécutée.

11.   Une armée composée d’ouvriers-soldats sera recrutée. Les ouvriers des usines fermées toucheront un triple salaire en s’engageant dans l’armée nouvelle.

12.   Des offices du ravitaillement fonctionneront dans les grands centres, à l’exemple des offices de Russie.

13.   Sauf le camarade Radek, qui avec les nationaux… formera le Comité central, les délégués de la République russe des soviets s’abstiendront de prendre une part immédiate aux événements, à moins d’une invitation formelle dudit Comité.

14.   La légation des soviets russes à Berne donnera tout son appui, moral et matériel au Comité central et disposera à cet effet des fonds N.N. 7 et 3b.

15.   Ces instructions ne sont qu’un projet qui variera selon les circonstances. Les meneurs nationaux en modifieront les détails d’entente avec le camarade Radek.

 

Heureusement pour la Suisse, le camarade Radek devait être très occupé avec la révolution Allemande qui était bien plus réelle et bien plus importante pour lui et pour ses chefs.

Mais quand même, des bons suisses, démocratiques et austères, comment ont-ils pu imaginer un tel programme ?


 Radek : http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Radek


GTell, Documents d’Histoire Suisse par Michel Salamin dans la collection recueils de textes d’histoire Suisse.

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