L’éclairage électrique
Inventé à la fin des années 1870 par Joseph Swan, en Angleterre, et par Thomas Edison, aux Etats-Unis.
Malgré les grands avantages qu’il présentait sur l’éclairage au gaz, l’éclairage électrique s’est répandu plus lentement qu’on aurait pu l’espérer. Il fallait en effet installer des fils électriques dans les maisons, et aussi construire des centrales électriques et des réseaux complexes de distribution.
En Angleterre, dès 1880, sir William Armstrong faisait installer l’électricité dans son manoir de Cragside. Quarante et un ans plus tard, en 1921, 12% seulement des maisons anglaises étaient éclairées à l’électricité.
En Suisse, l’avancée de l’éclairage électrique fut plus rapide que pour d’autre pays. L’énergie hydro-électrique ressource « presque » naturelle en Suisse.
Les forces motrices bernoises.
Lorsqu’une œuvre humaine est le fruit de la persévérance, de l’énergie, de l’esprit d’initiative et qu’en outre elle est d’utilité publique, qu’à ce titre elle rend service à une grande contrée, il vaut la peine de jeter un coup d’œil sur son développement et le rôle qu’elle est appelée à jouer.
Les Forces motrices bernoises n’existent que depuis un peu plus de 25 ans et offrent le spectacle d’un accroissement ininterrompu. Elles furent fondées à Bienne, avec le concours de quelques communes du Seeland, le 19 décembre 1898, sous le nom de Société anonyme de l’usine de Hagneck. En 1903 s’opéra la fusion avec l’usine de Spiez sous le nom de « Forces réunies de la Kander et de Hagneck ».
La demande d’énergie augmentant dans des proportions considérables et malgré plusieurs agrandissements des installations existantes, il fallut penser à trouver de nouvelles sources de courant. C’est alors que l’on songea à la construction d’autres usines et à l’extension du réseau sur la base des derniers perfectionnements techniques. Le capital nécessaire fut trouvé avec la collaboration de l’Etat et aujourd’hui ce dernier détient la grande majorité des actions. La société changea encore une fois son nom en celui qu’elle porte actuellement.
Aux usines de Hagneck et de Spiez vinrent s’ajouter successivement :
En 1911, Kandergrund, construite spécialement pour alimenter le chemin de fer du Loetschberg, première grande voie ferrée transalpine marchant à l’électricité.
En 1912, Bellefontaine, près de St-Ursanne, acquise des Forces motrices du Doubs.
En 1913, Kallnach, usine très moderne, utilisant par un tunnel de 2100 m. et un canal à ciel ouvert de 3 km la différence de niveau entre le confluent de la Sarine et la canal de Hagneck. Grâce au grand barrage de Niederried, elle dispose d’un bassin d’accumulation long de 4 km. et large de 100 à 400 m, avec un volume d’eau utilisable de 1 ½ million de mètres cubes.
En 1916, Wangen, dont le capital actions fut racheté d’une société allemande.
En 1918, les deux petites centrales de Dittingen et Zwingen, sur la Birse, près de Laufon, acquise également par voie de rachat.
En 1921, enfin, c’est la grande usine de Mühleberg, en aval de Berne, qui entre en service. Elle constitue un des plus beaux travaux du genre et témoigne éloquemment de l’esprit d’initiative hardie et de la largeur de vue de l’entreprise. Un mur de barrage de 245 m, haut de 35 m, retient les eaux de l’Aar, créant un lac charmant, aux rives poétique, à proximité de la capitale. Sa surface atteint presque 4 km2. La halle aux machines contient des génératrices capables de déployer une force de 48 600 HP*.
L’énergie produite est entièrement absorbée et, pour parer à une disette de courant prochaine, les Forces motrices bernoises viennent de commencer la réalisation d’un projet grandiose ; il s’agit de mettre en valeur le cours de l’Aar dans la vallée de l’Oberhasli. La chute utilisable, du Grimsel à Innertkirchen, est de 1210 m et doit être exploitée en trois paliers, sur une distance de 19 km environ. Tout en haut, un lac de 5 ½ km de longueur sera formé au moyen de deux barrages dont l’un n’aura pas moins de 100 m de hauteur. Ce lac transformera le paysage, mais heureusement sans le gâter, ce qui est assez rare quand l’homme se met à tourmenter la nature. Il adoucira les lignes d’un site un peu rude et ne recouvrira que des terrains arides, plains de galets et pâturages encombrés d’éboulis. Le lac engloutira, il est vrai, l’hospice du Grimsel et une partie de la route qui devront être reconstruits dans le voisinage.
A 5 km environ se trouvera un nouveau bassin d’accumulation, le lac de Gelmer, à 1852 m d’altitude. Les deux lacs seront réunis par un tunnel. L’on ne verra d’ailleurs aucun canal à ciel ouvert. Le transport de l’eau d’une usine à l’autre se fera par des galeries situées à 100 m au moins dans l’intérieur de la montagne.
La centrale de la Handeck, d’une puissance de 100 000 HP, sera construite en premier lieu. Du château d’eau taillé en plein granit jusqu’aux machines, la différence de niveau sera de 545 m. L’on se représente la pression considérable exercée sur les parois des conduites !
Puis viendront successivement les centrales de Boden (88 000 HP, 417 m de chute) et d’Innertkirchen (56 000 HP, 248 m de chute). On prévoit que les trois usines réunies pourront produire annuellement 540 millions de kWh d’énergie constante. Les travaux dureront 7 à 8 années.
Ces quelques indications très sommaires montrent toute l’envergure du projet dont la réalisation vient de commencer.
Comme une immense toile d’araignée, le réseau des Forces motrices bernoises s’étend sur le canton de Berne tout entier, une partie des cantons de Neuchâtel et de Soleure, envoie de l’énergie jusqu’à Bâle-Campagne et en Alsace, apportant dans les hameaux les plus reculés la lumière, la force motrice et la chaleur. Merveilleux instrument de confort, le courant électrique se trouve presque partout. Dans la famille, il sert à l’éclairage, à la cuisson es aliments, au chauffage ; à la fabrique, à l’atelier du simple artisan, à la ferme, là où il faut faire marcher une machine, le moteur électrique, commode et docile, apporte une aide précieuse au travailleur.
A la fin de 1923, le réseau alimentait 601 033 lampes à incandescence, 11 113 moteurs permanents et de fabrique, 2153 moteurs de jour, 33 758 fers à repasser, 17 039 appareils de chauffage et de cuisine et 2924 appareils divers. Le réseau de distribution primaire dont la longueur atteint 1 920 km dessert 660 localités. Des lignes à haute tension de 45 000 et 80 000 volts permettent le transport de l’énergie sans que la perte soit trop élevée. Les usines de l’Oberhasli disposeront d’une ligne de 150 000 volts.
Le développement si réjouissant des Forces motrices bernoises au cours de ce quart de siècle montre les progrès réalisés dans l’utilisation des forces naturelles et de l’électrification du pays. La « houille blanche », en nous permettant de nous passer de plus en plus de l’aide étrangère, est devenue un facteur d’indépendance très précieux. Toujours davantage l’intelligence humaine domine la matière et en tire des services plus grands. Puisse le progrès moral marcher de pair avec le progrès technique, pur qu’unis, ils ne servent qu’à des œuvres de paix et de fraternité.
Jeune Citoyen, Lausanne - 1925
*Il y a deux unités différentes dans l’utilisation du horse power (HP). La première unité (HP = 745,7 watt) utilisée au USA/UK est basée sur l’énergie équivalente pour soulever un poids de 550 livres (pound) au travers 1 pied (foot) en une seconde.
La seconde unité (HP = 736 watt) utilisée en Europe continentale est basée sur l’énergie équivalente en énergie à soulever un poids de 75 kilogrammes sur 1 mètre en une seconde.
1 cv, HP = 735,499 W – cheval-vapeur (horse-power)
1 HP = 746 W – horse-power (électrique)
1 HP = 735, 499 W – horse-power (metric)
1 HP = 746,043 W – horse-power (eau)
http://www.bkw-fmb.ch/fr/unternehmen/unternehmen/facts_figures/Geschichte.html