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Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.

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Une impératrice et une reine

2007 fin août, on commémore les dix ans de la mort de Lady Di avec grand bruit. Une telle mort est toujours tragique, si bien que l’on peut facilement s’imaginer un tel battage et ferveur dans l’Europe entière pour les cas similaires ou encore plus cruel lorsque les personnes ainsi mortes sont connues et aimées de tous.
Plus particulièrement pour l’Autriche et la Belgique, qui virent l’assassinat d’une impératrice et la mort accidentel d'une reine. Les deux morts sont survenues en Suisse.
Le premier événement, le 10 septembre 1898 à Genève, l’assassinat de l’ImpératriceSissi.  Elle est assassinée à Genève, en sortant de l’hôtel Beau Rivage de Genève, par un anarchiste italien, Luigi Luccheni (26 ans) qui veut à tout prix tuer un prince européen. L'anarchiste se met alors en faction près de l'hôtel Beau-Rivage où l'impératrice est descendue. À 13h35, celle-ci sort au bras de sa dame de compagnie. Passant près du jeune homme, l'impératrice reçoit ce qu'elle croit être un coup de poing et trébuche. Le meurtrier, qui vient de la poignarder au moyen d'une lime (exposée à Vienne dans un musée dédié à l'impératrice), s'échappe mais est interpellé quelques mètres plus loin. L'impératrice tient quand même à prendre le bateau, ce qu'elle fait avec peine, perdant connaissance une fois à bord. En ouvrant son corsage, sa dame de compagnie observe un infime point rouge au dessus du sein gauche. Ramenée dans ses appartements, elle décède dans les bras de Fanny Mayer, l'épouse du propriétaire de l'hôtel.
Luigi Luccheni n'est pas allé bien loin. La police l'a arrêté, ou plutôt il s'est rendu, fièrement, disant, du moins c'est ce que l'on raconte, qu' " un anarchiste frappe une impératrice, pas une blanchisseuse ! "
Le 19 octobre 1910, mort de Luigi LUCCHENI (ou LUCHENI), (né le 22 avril 1873 à Paris).
Anarchiste, meurtrier de l'impératrice Elisabeth d'Autriche, (dite Sissi).
Abandonné dès sa naissance par une pauvre servante italienne, il se retrouve à l'hospice des Enfants Assistés, à Paris, avant d'être renvoyé en Italie, d'orphelinats en familles d'accueils. Plus tard, il effectue divers "petits boulots" avant de servir dans l'armée durant 3 ans 1/2. Mais se rendant bien compte que la société n'est pas faite pour les pauvres, il émigre en Suisse. C'est là qu'il y rencontrera les idées anarchistes.
Adepte de la propagande par le fait, il poignarde, le 10 septembre 1898, à l'aide d'une lime effilée, l'impératrice d'Autriche qui séjourne à Genève.
A son procès, le 12 novembre 1898, il se revendique anarchiste et dit avoir voulu tout d'abord tuer le duc d'Orléans, puis s'être décidé ensuite pour l'impératrice et frapper à travers elle "les persécuteurs des ouvriers". Condamné à la réclusion à perpétuité à l'âge de 25 ans, il mettra à profit la prison pour parfaire son éducation, puis se lancera ensuite dans la rédaction de ses mémoires. Lorsque celles-ci seront volées par des gardiens, Luigi se révoltera et subira des brimades, avant d'être retrouvé pendu dans sa cellule.
 
luccheni-l.jpgLuccheni Luigi140px-Elisabeth.jpg et Elisabeth d'Autriche dite Sissi












Le deuxième, moins connu est le décès accidentel de la reine Astrid de Suède, l’épouse du Roi Léopold III de Belgique.
 
Sur la route de Kussnacht
C'est en Suisse, où réside le couple royal, que se déroule le drame



BRUXELLES
Depuis le 31 juillet 1935, la famille royale est en vacances dans les Dolomites, au lac de Garde puis non loin du lac des Quatre- Cantons. Là, elle séjourne à Haslihorn, une villa blanche sans prétention. Comme Léopold et Astrid ont le projet de finir leurs vacances en se livrant à de longues ascensions dans les montagnes, leurs enfants rentrent à Laeken avant eux.
Quelques jours plus tard, ils reçoivent une lettre de leur gouvernante qui annonce notamment que «le prince de Liège se porte fort bien et il vient de faire ses premiers pas dans le parc». La Reine répond à Joséphine-Charlotte: «Tu as bien de la chance de voir, avant moi, Albert tenir tout seul sur ses petites jambes. Embrasse-le très fort de ma part.» Elle adresse une autre lettre à la comtesse du Roy de Blicquy pour lui demander de bien vouloir offrir en son nom à Baudouin la bicyclette qu'il a demandée pour son anniversaire, le 7 septembre. Cette lettre, le roi Baudouin la conservera pieusement: elle était pour lui l'ultime témoignage de la tendresse de sa mère.
Le lendemain matin, 29 août, les Souverains quittent Haslihorn pour gagner la haute montagne. Leur voiture décapotable Packard 120 est conduite par le Roi tandis que le chauffeur a pris place dans le spider. Ils traversent Lucerne. La Reine s'intéresse à l'itinéraire et a déployé une carte routière sur les genoux. Le long de la route court un petit parapet qui épouse ses courbes.
Astrid demande un renseignement. Léopold se penche sur la carte. L'auto appuie soudain vers la droite. La pluie a rendu l'asphalte glissant. La roue avant racle le muret interrompu par une brèche. La voiture monte sur les pierres. Le Roi tente de redresser et s'arc-boute au volant mais l'auto a déjà franchi le parapet. Elle effectue plusieurs tonneaux et s'en va heurter de plein fouet un arbre contre lequel Astrid, éjectée de son siège, se fracasse le crâne. La voiture continue sur sa lancée et dévale la pente du verger qui s'étend entre la route et le lac. Elle percute un autre arbre et le Roi est projeté à son tour sur l'herbe. Impuissant dans le spider, le chauffeur voit l'auto piquer du nez vers le lac et s'y enliser dans les roseaux de la rive.
Le Roi se relève. Sa joue et sa main droite saignent. Il éprouve de vives douleurs à la poitrine: une côte cassée. La Reine est morte sur le coup.
Le lendemain, à huit heures cinquante du matin, le train qui ramène le corps de la Reine en Belgique arrive à la gare du Luxembourg. Tout de noir vêtu, le bras en écharpe et un pansement sur la joue, Léopold III rentre au palais tandis que le corps d'Astrid est déposé dans la salle du Penseur transformée en chapelle ardente. Elle repose entourée de dahlias et d'hortensias, vêtue d'une longue robe blanche de soie ornée de violettes de Parme. Elle tient dans ses mains gantées un chapelet. Son visage est serein.
Texte tiré de DH dernière heure
 
Un petit sanctuaire, celui élevé à la suite du tragique accident du 29 août 1935 dans le verger où fut précipitée la voiture de la Reine Astrid, Reine de Belgique. Face à l’Astridkapelle (Chapelle de la Reine Astrid), une simple croix marque l’endroit où fut retrouvée la Reine, après le choc fatal contre l’arbre dont il ne reste plus aujourd’hui qu’une partie du tronc.
 
200px-Queen-Astid-and-King-Leopold-III-of-Belgium.jpgLe couple royal, Astrid et Léopold III 
astrid1.jpgAstrid de Suède medium-dscn0200-2.jpgLa Chappel de la reine Astrid
 
Pour l’une, une lime fut l’arme du Destin, pour l’autre, un arbre isolé au bord d’une route.
Si Sissi ignorait les signaux de danger que lui fournissaient les services de police de l’empire, et cela depuis longtemps, elle se sentait en sécurité en Suisse. Mais comment pouvait-on être si certain que la Suisse était si sûre ? Ne savait-on pas que les anarchistes étaient fort bien représentés en Suisse et qu’il était plus facile qu’ailleurs de constater l’écart qui séparait un puissant prince d’un ouvrier du temps. Et ne pouvait-on ignorer les révolutions qui se préparaient et le monde moderne et « égalitaire » qu’allait être le XXe siècle.
Pour Astrid, hélas, c’est la conjonction de deux facteurs antagonistes qui est la cause du drame. Une grosse et puissante voiture et des petites routes sinueuses de notre pays. Leur voiture décapotable, une Packard 120 est conduite par le Roi. En une seconde d’inattention et une bordure chevauchée et voilà le drame. 

GTell
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