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Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.

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Le pont de la Chapelle

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Lucerne
 
Lucerne s’enorgueillit à juste titre de son pont couvert : n’est-il pas le monument le plus original de son architecture, l’attraction principale des touristes qui écoutent avec un respect émerveillé le bruit de leurs pas réveillé l’écho de six siècle d’existence ?
Cependant le pont n’a pas toujours été ce bijou d’un patrimoine artistique, ce vénérable objet d’admiration. Quand on l’édifia, Lucerne ne faisait partie de la Confédération que depuis quelques années. Elle s’en trouvait fort bien. Mais la solide amitié qui la liait à ses voisins n’avait pas fait disparaître comme par enchantement tous les sujets de disputes.
Les routes et les ponts notamment demeuraient une cause constante de litiges : le possesseur y installait un péage, les voyageurs refusaient de s’en acquitter… il n’en fallait pas plus.
Un beau jour donc, les bourgeois de Lucerne décidèrent de percevoir, aux deux extrémités du pont qu’ils envisageaient de construire, des droits destinés à couvrir les frais de construction qu’on prévoyait plutôt élevés. Tous les étrangers qui passeraient par là devraient verser leur obole.
Mais les paysans des petits cantons prirent fort mal cette mesure. Ils fréquentaient régulièrement le marché de Lucerne, leur seul débouché. Habitants d’une contrée ingrate, ils ne disposaient que de très peu d’argent. Ils n’allaient pas laisser sur ce maudit pont l’essentiel du produit de leur vente après s’être donné tant de mal pour transporter leurs marchandises à la ville ! Il fallait riposter : on délibéra longuement dans les assemblées. Enfin, les citoyens des trois cantons primitifs se mirent d’accord sur le texte suivant, qu’ils envoyèrent aux Lucernois :
« Chers et fidèles Confédérés ! Permettez-nous de vous faire savoir ce qui suit : Les Citoyens d’Uri, de Schwyz et d’Unterwald se déclarent prêts à vous livrer gratuitement tout le bois et les ardoises nécessaires à votre pont, que vous pourrez ainsi couvrir au lieu d’en faire une simple passerelle. Nous disons bien : gratuitement, à condition que de votre côté, chers Confédérés, vous renonciez, dès maintenant et pour toujours, à percevoir aucun droit sur les citoyens de Schwyz, d’Uri et d’Unterwald qui pourraient emprunter ce passage. »
Qui fut surpris, confus même ? Assurément, les Lucernois. Mais ils ne tardèrent pas à répondre : l’affaire était entendue, comme bien l’on pense ! Alors, les barques arrivèrent l’une après l’autre, chargées de planches, de poutres et d’ardoises. Mais sur le pont qu’avec ces matériaux on édifia, aucun confédéré, désormais, n’eut plus à payer le moindre droit de passage. 1333

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Des chemins d'autrefois aux routes d'aujourd'hui,1956, général motors suisse s.a. bienne
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