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Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.

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Les Suisses après les guerres d’Italie 1518

Les Suisses après les guerres d’Italie 1518


Dans le Journal de Jean Barrillon secrétaire du chancelier Duprat, 1515-1521, publié par Pierre de Vaissière, Paris, 1897-1899, t. 2, pp. 5-74, se trouve transcrit le mémoire que le chancelier Duprat rédigea à l’intention du roi François Ier pour justifier la signature du concordat de Bologne. L’extrait suivant, tiré des pp. 29-30, analyse l’attitude de la Suisse à l’égard de la France à cette époque.

 

Touchant les Suisses, ce sont des ennemis réconciliés, qui ont été vaincus et défaits il n’y a pas longtemps par le roi. Leurs enfants, veuves, pères et mères, frères et sœurs en portent le témoignage et s’en querellent. Ce sont des gens de grosses vindication et de merveilleux courage, à la fois et à la confiance desquels il ne faut faire grand fondement. Et la cause qui les a fait demeurer cois jusqu’à présent, c’est qu’ils étaient encore étonné du bâton et aussi de quelques divisions qu’il y a eu entre eux et le grand argent qu’on leur a baillé. Mais il est à craindre qu’ils ne cherchent de volonté après qu’ils auront reçu l’argent que le roi leur a promis et qu’ils se seront un peu remis et qu’ils auront quelque port d’ailleurs. Et cela est également à craindre, attendu qu’ils n’ont pas voulu entrer en alliance avec ledit seigneur [= François Ier].

Et par ainsi, les choses susdites étant bien pesées et considérées, il est notoire à toutes gens de sens et entendement, attendu l’envie et le mauvais vouloir que les dessus dits pourraient avoir contre le roi et son royaume, que ledit seigneur n’a pas petite œuvre de les départir et de prendre avec eux amitié, alliance et confédération. Et il est bien nécessaire que ledit seigneur ait grand soin et cure de les entretenir en l’état où ils sont à présent et qu’il prenne garde à ce qu’ils ne se fourvoient de lui et ne se réunissent et ne reprennent le chemin que leur avait baillé le pape Jules, étant considéré particulièrement qu’il y a des souffleurs qui sont auprès d’eux, comme le cardinal de Sion [= Mathieu Schiner] et d’autres semblables, pour les convaincre de changer de chemin, où ils sont à présent et pour les réduire à la première voie.

 

Un écrit qui dépeint les suisses comme un danger potentiel si le roi ne prend pas garde. François Ier en tint compte et fit signer aux suisses la Paix Perpétuelle.

 

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