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Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.

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Le Conservateur Suisse


Que disait-on en 1815 sur le Pétrole ou Asphalte dans le canton de Vaud ?

 

Chacun sait en gros, qu’il existe une espèce de bitume appelé asphalte ou pétrole, et peut trouver les détails qui  y sont rélatifs dans les écrits de divers naturalistes… aussi je ne les copierai pas pour les reproduire ici ; je ne déciderai point quel nom convient le mieux à cette substance minérale ; je n’indiquerai point les procédés nécessaires à ses usages économiques : mais en adoptant la nomenclature de Bomare, je dirai qu’il y a de l’asphalte en trois endroits du canton de Vaud.

I.                     CHAVORNAY, District d’Orbe. A un quart de lieue du village de ce nom, près d’un moulin situé sur le Talent, se voit une colline composée de grès noirâtres, tendres sous terre, et qui se durcissent à l’air ; il en découle, sur-tout quand il fait chaud, une telle quantité d’asphalte, que la surface du ruisseau qui passe au pied en est couverte. Il en suinte aussi quelquefois des rochers situés plus bas, le long du bord de l’eau. Mais divers éboulemens ont ou obstrué ou recouvert la plupart des scissures par lesquelles il s’échappoit. Il paroît, par une brochure allemande sur l’asphalte du Val-de-Travers, que la mine de Chavornay étoit déjà connue l’an 1722, et qu’on mettoit en œuvre son produit, soit comme ciment impénétrable à l’eau, soit comme graisse pour les roues des chariots. Dès lors elle a été à diverses fois reprise, puis abandonnée ; mais on convient qu’elle pourroit être d’un rapport conséquent, entre les mains de gens instruits et en état de faire les fonds d’une exploitation régulière et suivie, soit par des galeries poussées au travers de la colline, soit par des puits creusés dans son intérieur. Le mastic fait avec l’asphalte de Chavornay, est de la plus grande tenacité, et forme entre les blocs qui en sont cimentés, un lien plus dur que la pierre.

II.                   ORBE. Sur les bords de la rivière de même nom, à 20 minutes de cette ville, on trouve dans un petit vallon nommé le Creux Genou, une seconde mine d’asphalte : elle fut découverte il y a environ 60 ans, et exploitée avec quelque succès par MM. Venel, qui pendant un certain temps en débitoient, soit en Suisse, soit au-dehors : à présent ce travail est abandonné, ou du moins fort négligé. Il y a une galerie commencée dans la colline ; mais on n’a pas encore déterminé la longueur et l’épaisseur du banc bitumineux, qu’on présume fort étendu, parce que jusqu’à présent ces travaux ont été faits au hasard, sans plan ni méthode.

III.                 VALLORBE, District d’Orbe. La troisième mine d’asphalte existe près de ce beau village, avantageusement connu par ses forges et ses ouvrages en fer. M. David Glardon, homme plein de talens et d’intelligence, la découvrit en 1787, sur la pente septentrionale de la Dent de Vaulion : mêlé avec un dixième de poix commune, il en fait un ciment d’une force prodigieuse, puisqu’avec un anneau de cet asphalte, du poids d’environ deux onces, on peut soulever jusqu’à trois quintaux. Il en a cimenté des digues de moulin ; il en fabrique des tuyaux de fontaine de toute forme et grandeur, dont la durée comme la solidité est incalculable, et qui ne communiquent à l’eau aucun goût désagréable ; il en retire par distillation une huile épaisse, brune, et qui peut être employée dans les arts : il vend son asphalte en mastic, à L. 20 le quintal, et en poudre à L. 11.

L’asphalte de Vallorbe est des trois celui qui ressemble le plus à l’asphalte de Couvet, dans le Val-de-Travers (Comté de Neuchâtel). Ce dernier fut découvert en 1721, et exploité sous la direction d’un minéralogiste nommé d’Eyrinis, grec de nation, homme aussi singulier que savant, dont on a plusieurs brochures sur le pétrole. Le sien jouit pendant une vingtaine d’années d’un débit assez étendu, tant en France qu’en Allemagne. On en fit venir à Paris par ordre de la cour, pour mastiquer le bassin du jardin royal : on s’en servit pour réparer les bassins de Versaille, les bains de Latone, et des bas reliefs brisés ou fendus : on en fit un Pisasphalte, dont on caréna deux vaisseaux qui partoient pour les mers de l’Inde ;  et il fut avéré à leur retour, qu’ils étoient moins dégradés et moins percés des vers, que les navires carénés à la manière ordinaire.

On doit ajouter que l’asphalte n’est point utilisé en médecine ; qu’on l’emploie en parfum dans les gouttes, rhumatismes, sciatiques, enflures oedemateuses aux jambes, etc. ; et que par la sueur abondante qu’il excite dans la partie affectée, plusieurs maladies ont été, si non guéris, du moins considérablement soulagés.

 

Si vous suivez l’actualité ou seulement votre journal télévisé en Suisse, vous savez donc que ces trois lieux redeviennent d’actualité puisque on parle de relancer les forages à la recherche de pétrole en Romandie.

GTell.

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