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Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.

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Les occasions perdues de la Suisse ou le regard « petit » sur elle-même.

En 1474 les Suisses ont en mains des traités reconnus par les grands seigneurs de l’Europe. Des villes alliées et des paix « perpétuelles » qui font que rien de grave ne peut leur arriver dans l’immédiat. Pourtant en 1475-76 une menace est bien présente par le plus puissant Duc d’Europe, Charles le Téméraire. Le Pays de Vaud est menacé et les villes de Mulhouse et Bâle. En janvier 1477, la plus improbable nouvelle parcours le monde, « Le Téméraire est mort ! »
Plus puissant que le roi de France, Charles possédait les Flandres et sa « Bourgogne » allait jusqu’à Nice. Le plus flamboyant seigneur de l’époque, le plus puissant, le plus beau dit-on, voilà battu par des montagnards, les rustres Bernois et leurs alliés.
C’est Clemenceau je crois, qui a dit : « La guerre est gagnée, il faut maintenant gagner la paix ! » C’est bien de cela qu’il s’agissait en 1477, lorsque les Confédéré se sont vu gérer une victoire pour laquelle ils n’étaient pas préparés. Ils préférèrent les butins et rançons, plutôt qu’un territoire, qu’ils jugèrent trop éloigné du leur ! 
Imaginons le rattachement de la Bourgogne de Charles le Téméraire à la Suisse de l’époque, avec une bonne administration du territoire et la richesse de ceux-ci, la « Suisse Nouvelle » aurait été un grand pays, équivalent à la France. La Savoie, dès lors ne représenterait plus une menace et deux options s’ouvraient aux Suisses, une alliance avec la Savoie ou l’annexion de celle-ci. Il aurait fallut pour cela une vision unique et non pas le regarde de chaque canton sur le problème d’expansion du territoire.
Ne dit-on pas que l’on ne peut réécrire l’Histoire ?
Première réel occasion d’un agrandissement du pays, sans que personne ne conteste le bien-fondé de la revendication qui aurait été celle des Bernois sur les territoires du duc guerrier. Parce que tel était la règle, l’agresseur qui perdait la bataille, perdait son bien.
513px-Charles-the-Bold-dsc01646.jpgCharles le Téméraire 180px-Blason-fr-Bourgogne-svg.png
 

















Savoie et Vorarlberg: deux occasions manquées?

La Savoie, entre Sardaigne et France
Les traités de 1815 avaient proclamé la neutralisation du nord de la Savoie, suivant une ligne s'étendant, en gros, du Mont-Blanc au lac du Bourget. La Suisse y avait un droit d'occupation en cas de conflit ; cette mesure avait été prise à la demande de la Sardaigne, qui se serait ainsi trouvée déchargée de la défense de la région. Lorsqu'après la campagne de 1859 et la cession de la Lombardie par l'Autriche, on commença à parler du passage des provinces francophones de Savoie et de Nice à l'Empire français, il se produisit dans le nord de la région, Chablais et surtout Faucigny, un mouvement pour une annexion à la Suisse.
Les milieux libéraux craignaient le « cléricalisme » du régime français ; ils auraient préféré rester sujets de Victor Emmanuel (Piémont et liberté plutôt que France et nationalité) ou voir leur province érigée en duché indépendant ; ces solutions se révélant impossibles, ils se tournent vers la Suisse. Surtout, l'économie de la Savoie du Nord la rattachait à Genève : « Si Genève est français, il faut être Français ; si Genève est suisse, il faut être Suisse ; si Genève est cosaque, il faut être Cosaque », s'était-on écrié. Une pétition recueillit 13'651 signatures.
Napoléon III
La Suisse intervint trop tôt et trop tard. Dès 1859, en raison du danger d'encerclement qu'elle voyait pour Genève, elle réclama le Chablais et le Faucigny. On envisageait de créer un nouveau canton, ou deux, ou de donner toute la Savoie du Nord à Genève, ou encore le Chablais à Vaud et le Faucigny à Genève.
En janvier 1860, l'empereur Napoléon III répondit au ministre de Suisse que la Savoie ne l'intéressait pas ; en février, qu'au cas où la France devrait prétendre à une meilleure frontière, l'Empire ne se refuserait pas à une cession des deux provinces à la Suisse. En mars, la protestation des Savoisiens du Sud contre un éventuel démembrement le fit changer d'avis ; il entendit dès lors annexer la Savoie tout entière et, comme il tenait au procédé du plébiscite, il répondit à la pétition par la promesse d'une grande zone franche englobant toute la Savoie du Nord ; lors du plébiscite du 23 avril, le oui l'emporta très largement, les bulletins portants oui et zone n'ayant pas été comptés à part. La Suisse essaya d'en appeler aux puissances ; seule l'Angleterre - qui ne l'avait pas soutenue tant qu'elle pouvait espérer que la Savoie ne deviendrait pas française - l'appuya. On a relevé que la diplomatie helvétique s'était trop appuyée sur les traités de 1815 et pas assez sur le vœu des populations. Surtout, l'opinion publique n'était pas unanime : seuls les Genevois et les conseillers fédéraux Stämpfli et Frey-Hérosé y tenaient ; les Vaudois, depuis le Premier Empire, avaient de la tendresse pour les Bonaparte et le reste du pays tenait à éviter les complications. La Suisse n'insista pas.
Savoie-Nord-01.jpg106px-Blason73.pngLa Savoie du Nord
napol--on-III.jpgNapoléon III 












Friederich-Frey-Herose--281801-1873-29.jpgFriedrich Frey-Hérosé












L'affaire du Vorarlberg

Après l'écroulement de 1918, l'Autriche, réduite à un Etat nain, se trouvait dans une situation désespérée. Dans le Land du Vorarlberg, de culture alpine et bien éloigné de Vienne, un mouvement pour le rattachement à la Suisse se fit jour l'hiver suivant ; une pétition circula, qui conduisit à l'organisation d'un plébiscite : 47'208 voix se prononcèrent pour l'union avec la Suisse, 11'248 contre. Selon William Martin, l'opposition se recrutait presque exclusivement parmi les fonctionnaires autrichiens.

Le landammann, Ender, entra en relation avec la Suisse et avec les Alliés. Au Conseil fédéral, le Grison Calonder était le plus disposé à accéder au vœu des Vorarlbergeois. Il déclara aux Chambres fédérales que « si, pour une raison quelconque, le détachement du Vorarlberg entrait en question, le Conseil fédéral appuierait de toutes ses forces ses efforts pour réaliser son droit de libre disposition ». Mais il est loin d'être suivi par tous les Suisses.

Les Romands ne tiennent pas à accentuer la majorité alémanique ; protestants et socialistes craignent un renforcement de l'élément catholique, d'autant plus, fait-on remarquer, que les jésuites sont nombreux au Vorarlberg ; les milieux agricoles redoutent la concurrence d'une région dont les produits sont meilleur marché ; l'état-major de l'armée estime que l'agrandissement territorial affaiblirait la défense ; enfin le Conseil fédéral craint que les revendications irrédentistes de l'Italie sur le Tessin ne soient réactivées. Aussi le gouvernement déclara-t-il subordonner son autorisation à l'accord préalable de l'Autriche et de la Conférence de la Paix ; la première refusa bien évidemment ; à Saint-Germain, Clemenceau craignit d'affaiblir trop fortement l'Autriche, et d'encourager par là les partisans de l'annexion à l'Allemagne. Ender essaya encore de se faire entendre à Genève ; sa délégation ne fut même pas reçue ; les feux qui s'étaient allumés sur les montagnes du Vorarlberg les 1er août 1919, 1920 et 1921 finirent par s'éteindre.

Un devoir de neutralité
Dans les deux affaires avait prévalu le sentiment que l'extension territoriale de la Suisse était achevée et qu'un petit Etat neutre ne doit pas chercher à s'agrandir, surtout, dans le cas du Vorarlberg, en profitant du malheur des autres. On peut du reste se demander ce qui se serait passé en 1938 : le Reich n'aurait-il pas exigé le « retour » de la province ?

Il est intéressant de noter que le Vorarlberg est le seul état autrichien dont la langue appartient à la famille alémanique et non à l’austro bavarois comme le reste de l’Autriche.

300px-Austria-Bundesadler-svg.pngAutriche 90px-Vorarlberg-CoA-svg.pngVorarlberg
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