Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.
Charles le Téméraire
Savoie et Vorarlberg: deux occasions manquées?

La Savoie du Nord
Napoléon III
Friedrich Frey-Hérosé
L'affaire du Vorarlberg
Après l'écroulement de 1918, l'Autriche, réduite à un Etat nain, se trouvait dans une situation désespérée. Dans le Land du Vorarlberg, de culture alpine et bien éloigné de Vienne, un mouvement pour le rattachement à la Suisse se fit jour l'hiver suivant ; une pétition circula, qui conduisit à l'organisation d'un plébiscite : 47'208 voix se prononcèrent pour l'union avec la Suisse, 11'248 contre. Selon William Martin, l'opposition se recrutait presque exclusivement parmi les fonctionnaires autrichiens.
Le landammann, Ender, entra en relation avec la Suisse et avec les Alliés. Au Conseil fédéral, le Grison Calonder était le plus disposé à accéder au vœu des Vorarlbergeois. Il déclara aux Chambres fédérales que « si, pour une raison quelconque, le détachement du Vorarlberg entrait en question, le Conseil fédéral appuierait de toutes ses forces ses efforts pour réaliser son droit de libre disposition ». Mais il est loin d'être suivi par tous les Suisses.
Les Romands ne tiennent pas à accentuer la majorité alémanique ; protestants et socialistes craignent un renforcement de l'élément catholique, d'autant plus, fait-on remarquer, que les jésuites sont nombreux au Vorarlberg ; les milieux agricoles redoutent la concurrence d'une région dont les produits sont meilleur marché ; l'état-major de l'armée estime que l'agrandissement territorial affaiblirait la défense ; enfin le Conseil fédéral craint que les revendications irrédentistes de l'Italie sur le Tessin ne soient réactivées. Aussi le gouvernement déclara-t-il subordonner son autorisation à l'accord préalable de l'Autriche et de la Conférence de la Paix ; la première refusa bien évidemment ; à Saint-Germain, Clemenceau craignit d'affaiblir trop fortement l'Autriche, et d'encourager par là les partisans de l'annexion à l'Allemagne. Ender essaya encore de se faire entendre à Genève ; sa délégation ne fut même pas reçue ; les feux qui s'étaient allumés sur les montagnes du Vorarlberg les 1er août 1919, 1920 et 1921 finirent par s'éteindre.
Un devoir de neutralité
Dans les deux affaires avait prévalu le sentiment que l'extension territoriale de la Suisse était achevée et qu'un petit Etat neutre ne doit pas chercher à s'agrandir, surtout, dans le cas du Vorarlberg, en profitant du malheur des autres. On peut du reste se demander ce qui se serait passé en 1938 : le Reich n'aurait-il pas exigé le « retour » de la province ?
Il est intéressant de noter que le Vorarlberg est le seul état autrichien dont la langue appartient à la famille alémanique et non à l’austro bavarois comme le reste de l’Autriche.
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Vorarlberg