FRANCOIS ISAAC de RIVAZ 1752-1828
Il y a 200 ans un valaisan dépose le brevet d’un moteur à combustion interne et personne n’en parle en Valais aujourd’hui ! Ou si peu.
Il y a 200 ans donc, les Sédunois ébahis virent « un char à feu de 20 pieds de long, chargé de 1400 livres et de quelques curieux » qui évoluait sans chevaux, « sans secousses, sans mouvements brusques ». en 1807 l’inventeur obtint un brevet pour son moteur à explosion actionné par l’hydrogène. Manquant d’argent pour perfectionner sa machine, Isaac de Rivaz l’abandonna après un dernier parcours de Sion à Vevey. Ce n’est pas rien ! Sur les chemins de l’époque, on peut imaginer que la distance de Sion à Vevey devait dépasser 100 km.
Pourquoi si peu d’intérêt pour l’innovation à cette époque en Suisse ?

Isaac DE RIVAZ, ex major de l’armée de la République helvétique du Valais, prend un brevet « sur la manière d’utiliser la combustion des gaz inflammables pour mettre en mouvement diverses machines et remplacer la vapeur ».
De Rivaz commente ainsi sa découverte : « J’ai fait faire un cylindre de 6 pouces et demi de diamètre et d’un demi pied de longueur, en feuille de cuivre, bien alésé intérieurement. Dans ce cylindre pénètre exactement un piston, sous la forme d’un boulet, qui le rend étanche ».
Le principe du moteur de De Rivaz est extrêmement simple et l’analogie avec un boulet n’est pas fortuite car l’inventeur a conçu une sorte de canon vertical monté sur roues.
Le gaz admis dans le cylindre est enflammé et projette alors le piston vers le haut du cylindre. La tige du piston est reliée par une chaîne et un rochet aux roues, et, au moment de l’ouverture d’un clapet qui laisse échapper les gaz brûlés, le piston retombe par son poids et entraîne les roues.
Très curieusement, l’allumage est électrique et fonctionne au moyen d’une pile de Volta.
Il semble que de Rivaz construisit réellement un chariot assez grossier, selon les données de son brevet, et tenta de le faire fonctionner chez lui.
»La nécessité de remettre le chariot en position à la fin de chaque trajet me persuada de faire construire une pompe à incendie... ».
A signaler que cette « automobile » était non polluante puisqu’à hydrogène ! Remarquable non ?