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Site consacré à l'histoire de la Suisse. Curiosités suisses.

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Guillaume Tell, Schiller et Rossini

Au XIIIe siècle un mythe est né dans nos montagnes, plus précisément dans nos trois cantons primitifs d’Uri, Schwyz et Unterwald. Le héros, le père protégeant sa famille, femme et fils, résistant à la tyrannie et donnant l’exemple à suivre.
Au cours du temps, au travers des difficultés que traversa la Suisse, le mythique personnage était présent dans les mémoires et souvent appelé à la rescousse ou du moins servant à donner la légitimité des actes politiques.
Au début du XIXe siècle, Schiller s’empare du personnage pour écrire un roman « romantique », Wilhelm Tell, en 1804. L’époque romantique qui avait déjà deux décennies au moins, était propice à un tel récit avec un personnage si pittoresque dans ses forêts, ses montagnes abruptes et ses torrents tumultueux où il y avait matière pour Schiller à dépeindre un décore grandiose pour un héros géant.
Un peu plus tard, Rossini créa son dernier Opéra (1829) en quatre actes, Guillaume Tell qui devait devenir célèbre ou du moins un passage de l’œuvre qui fut très souvent repris au cinéma et pour les dessins animés. Avec la cavalcade « rossinienne » qui devait illustrer les chevauchées folles d’Hollywood.
 
 
 
 
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Le Chemin Creux
 
Un ruisseau, tari depuis longtemps, a creusé cette tranchée ombrageuse, resserrée entre deux hautes rangées d’arbres et bordées de taillis où les bruits se font mystérieux, où le voyageur, saisi d’un vague malaise se prend irrésistiblement à redouter une embuscade. C’est un chemin creux comme on en trouve un peu partout. Mais en est-il un de plus célèbre que celui qui va de Küssnacht à Immensee, celui où Guillaume Tell attendit le bailli du duc d’Autriche pour lui décocher un de ses traits infaillibles ?
On s’est demandé pourquoi le meurtre eut lieu précisément à cet endroit-là, si loin d’Uri. C’est que les érudits d’autrefois croyaient que le bailli, qu’ils appelaient Gessler, habitait le château fort dominant Küssnacht et qu’il se rendait chez lui lorsque la flèche de Tell l’arrêta net. Aujourd’hui, nous avons une vue un peu différente des choses. Tout d’abord, nous savons que le bailli en fonction pendant les dernières années du règne de Rodolphe de Habsbourg s’appelait Conrad de Tillendorf et qu’il résidait, non point à Küssnacht, mais dans la forteresse de Kibourg que le bailli faisait route. Et comme, à cause de la tempête, son bateau n’aurait jamais pu aborder à Brunnen, il avait décidé de débarque à Küssnacht, dont la baie est mieux abritée des vents. De là, une courte chevauchée par le raccourci du chemin creux l’amènerait à Immensee où il comptait prendre un bateau en direction de Zoug. En sorte que le brave Tell, qui venait de réussir son périlleux débarquement à la barbe du bailli et de ses sbires entre Brunnen et Flüelen, n’avait pas le choix des lieux. Seul en face de cet homme protégé par une escorte, il lui fallait le joindre avant qu’il ne s’avance en terrain découvert et le chemin creux était le seul endroit favorable entre Küssnacht, Seewen et Arth, tandis que le bailli continuait son chemin par la voie du lac. En effet, si Tillendorf avait abordé à Brunnen, Tell aurait bien trouvé une occasion de l’occire en quelque endroit propice et discret, sans avoir à courir si loin. Et l’on se demande ce qu’il faut le plus admirer chez notre Uranais, de sa connaissance précise de la topographie d’un pays relativement éloigné du sien, ou de la souplesse de ses jarrets qui lui permirent, en l’absence de tout chemin praticable sur ce versant oriental du Righi, d’arriver quand même le premier au rendez-vous. 

Gtell
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