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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 16:01

Dans tout Etat moderne, l’enseignement et la formation sont appelés à jouer un rôle tout particulier. La fondation de la première école normale de Suisse, en Argovie, remonte à l’année 1822. Non seulement Augustin Keller, mais aussi Lisette Ruepp acquirent de grands mérites en matière d’enseignement. Lisette Ruepp, ancienne élève de Pestalozzi, créa en 1838 une école pour jeunes filles, destinée à former les institutrices.

Birr-Pestalozzi

Birr-Pestalozzi

Pas un mot sur Habsbourg ou Muri ou encore Rodolphe Ier

Les restes de château des Habsbourg.

Les restes de château des Habsbourg.

Le statut social des Habsbourg se modifia en 1273 lorsque le comte Rodolphe IV de Habsbourg, allié des bourgeois des villes de Strasbourg et de Zurich, accéda au trône impérial sous le nom de Rodolphe Ier. En effet, les princes-électeurs préférèrent, comme souvent, confier la couronne de l'empire à un seigneur qui ne leur semblait alors ni trop puissant, ni trop menaçant pour leurs propres intérêts. Et depuis lors, ils prirent de l’importance jusqu’au début du XXe siècle.

Le canton d’Argovie est-il complexé d’être un territoire de transit ou d’être vu comme un producteur industriel sans réel site culturel ? Alors que tout cela existe pourtant bien et qu’il faudrait un petit effort supplémentaire pour que cela se sache par le reste de la Suisse.

Ainsi finit une présentation du canton d’Argovie qui reste pourtant traversé par l’Histoire en maints endroits.

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 15:51
Rheinfelden avec brasserie

Rheinfelden avec brasserie

Grande halle de montage à Birr près de Brugg

Grande halle de montage à Birr près de Brugg

L’Argovie est aussi le canton des stations thermales, quatre d’entre elles étant d’importance nationale, à savoir :

Baden, dont la tradition remonte aux Aquae Helveticae romaines. Ce n’est pas seulement une ravissante petite ville avec une industrie très dynamique, mais également une ville d’eau réputée, dont les thermes ont 48°C.

L’eau contient 4,5 g/l de sels différents, ainsi que des gaz, de l’hydrogène sulfuré et de l’acide carbonique. C’est incontestablement l’eau de Suisse qui présente la plus grande teneur en minéraux.

Schinznach Bad, dans un cadre plus campagnard, présente des propriétés thermales similaires. Une source d’eau sulfureuse de 34°C – donc la plus forte d’Europe – jaillit tout près de l’Aare. Une clinique de rhumatologie moderne y a été ouverte en 1972.

Reinfelden, une station saline, est comparable à celle de Bex. Un nouveau centre de cures, doté d’un institut physico-balnéologique (aujourd’hui on parle plus souvent de thermalisme.), y a été construit et aménagé au cours des dernières années.

Toujours sur les bords du Rhin, à Zurzach, se trouve la quatrième station thermale. Zurzach, une ancienne ville de foires, est aussi un lieu de pèlerinage de Ste Verena. La source, ouverte en 1955, est un thermes de sulfate de sodium, dont l’eau quitte la terre à 40°C.

Les nuitées des quatre stations thermales se chiffrent en moyenne annuelle à 400 000.

Königsfelde, sermon tenu aux oiseaux par St. François, vitrail du 14e siècle

Königsfelde, sermon tenu aux oiseaux par St. François, vitrail du 14e siècle

Wettingen, Stalles, évangéliste saint Marc, 17e siècle

Wettingen, Stalles, évangéliste saint Marc, 17e siècle

Musée des beaux-arts Aarau, Arnold Böcklin, la muse d'Anacréon.

Musée des beaux-arts Aarau, Arnold Böcklin, la muse d'Anacréon.

Musée des beaux-arts Aarau, René Auberjonois, autoportait.

Musée des beaux-arts Aarau, René Auberjonois, autoportait.

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 16:01

L’industrie doit son essor mondial dans une très large mesure à l’exploitation de grandes quantités d’énergie. L’Argovie produisit en 1862 dans 761 entreprises artisanales 4518 CV, soit 3325 kW. Une grande partie de ces entreprises étaient des moulins aménagés le long de petits cours d’eau. Des filatures et des ateliers de tissage existaient déjà, mais ne fonctionnaient que s’ils étaient construits à proximité de l’eau. La transmission d’énergie sur des distances plus longues ne devint possible qu’à partir du moment où l’énergie put être convertie en électricité. La première usine fluviale de la « Elektrizitätsgesellschft Baden AG » fut mise en service sur la Limmat en 1892. Par la suite, la production énergétique augmenta rapidement en Argovie, pour atteindre en 1974 une capacité de rendement de l’ordre de 387 700 kW, soit 117 fois plus grande qu’en 1862.

Jura plissé dans la région du col de la Staffelegg

Jura plissé dans la région du col de la Staffelegg

Bateaux à voile sur le lac de Hallwil

Bateaux à voile sur le lac de Hallwil

Notre canton occupe la sixième place derrière cinq cantons de montagne. Les centrales électriques alpines sont des usines d’accumulation, sollicitées principalement pendant les périodes de pointe et en hiver, alors que les usines hydro-électriques au fil de l’eau, aménagées sur les cours d’eau argoviens sont en service permanent. Ensemble avec les deux usines nucléaires, elles fournissent la charge principale de la production énergétique. La production annuelle moyenne se monte à 7700 moi kWh. Elle est assurée par les six centrales rhénanes (participation suisse 50%, Albbruck-Dogern 20%), les six centrales construites sur l’Aare, les deux de la Reuss, les trois de la Lmmat et les deux centrales nucléaires Beznau I et II, ainsi que par l’usine thermique de Beznau, à disposition pendant les périodes de pointe. Cette puissance correspond à 20% de la production nationale suisse. La consommation d’énergie en Argovie étant de l’ordre de quelque 2400 moi kWh, deux tiers de la production peuvent être transmis ailleurs. Après la mise en service des deux centrales nucléaires de Leibstadt et de Kaiseraugst, la production énergétique augmentera de 13 000 moi kWh à environ 20 700 moi kWh. Dès lors, la part argovienne à la production suisse passera à quelque 40%, si dans d’autres cantons aucune nouvelle centrale ne devait être construite. [N’oubliez pas que ceci est l’état de la situation en 1976.]

Actuellement, la Suisse est reliée à l’Allemagne, à la France et à l’Italie par un réseau de haute tension dont la capacité est de l’ordre de 6,4 moi kW et 380 kV, voire 2,95 moi kW et 220 kV. L’axe Aare-Reuss-Tessin, avec la station de transformation et de commande de Laufenburg, place l’Argovie une fois encore à un des points d’intersection les plus importants de ce réseau international.

Usine électrique de Zufikon sur la Reuss, en service depuis 1976

Usine électrique de Zufikon sur la Reuss, en service depuis 1976

Centrale nucléaire et ancienne usine fluviale Beznau sur l'Aare

Centrale nucléaire et ancienne usine fluviale Beznau sur l'Aare

[Aujourd’hui, Beznau est la centrale nucléaire la plus vieille du monde. Quel que soit la centrale nucléaire suisse qui subirait ce qui est arrivé à Tchernobyl ou à Fukushima, on devrait évacuer la Suisse. Nos voisins accepteraient-ils cette invasion de réfugiés suisses ?]

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 15:33

Avec ses 1405 km2, l’Argovie est, parmi les cantons suisses, le dixième en ordre de grandeur et se situe entre Lucerne et Uri. L’Argovie partage une frontière commune de 70 km avec l’Allemagne, le long du Rhin, sans jamais, toutefois, le franchir. La frontière qui sépare l’Argovie de Bâle-campagne à l’ouest mesure 34 km, celle entre notre canton et celui de Soleure 43 km, Berne 4 km, Lucerne au sud 78 km, Zoug à l’est 13 km et Zurich 59 km. Berne et Uri sont les seuls cantons qui sont séparés de leurs voisins par un nombre plus grand de frontières. D’après le recensement de 1970, l’Argovie figure en quatrième place avec 433 284 habitants, entre le canton de Vaud avec 511 851 habitants et St-Gall. Quant à la densité par km2, l’Argovie se trouve au cinquième rang avec 309 habitants/km2, chiffre dépassant largement la moyenne suisse de 152 habitants/km2. Le canton, avec 159 habitants/km2 est en 14e place.

Pareille densité n’est possible que si l’industrialisation et l’urbanisation poursuivent leur cours.

Etant donné que les statistiques fédérales n’enregistrent comme villes que les localités avec au moins 10 000 habitants, l’Argovie n’a que les quatre villes de Wettingen, Aarau, Baden et Wohlen.

[Dans l’ordre, population aujourd’hui : 20 265, 20 043, 18 523 et 14 200]

Les 13 petites villes moyenâgeuses, parmi lesquelles la bourgade de Zurzach, ne sont donc, en partie tout au moins, que des villes historiques.

Zurzach, Choeur gotique de la collégiale, en dessus du tombeau de la st. Verena, 13e siècle

Zurzach, Choeur gotique de la collégiale, en dessus du tombeau de la st. Verena, 13e siècle

Wettingen est la plus grande commune, avec 19 243 habitants (chiffres de 1975). Or, au 19e siècle, cette localité était encore un village de paysans et de vignerons. Par ordre de grandeur suivent Aarau avec 16 124 habitants, Baden avec 13 765 et Wohlen avec 11 837 habitants. Dans les agglomérations, il n’est presque plus possible de tirer une ligne de démarcation entre villes et villages. Baden-Wettingen, avec 66 900 habitants, est la plus grande de ces agglomérations, suivie d’Aarau avec 52 200 habitants. Toutes deux dépassent les dimensions d’une ville de taille moyenne sans être pour autant des grandes villes. Même si les agglomérations Aarau-Olten-Zofingen étaient réunies en une seule super agglomération « Arolfingen », cette ville des rêves, inventée par des urbanistes hardis, ne compterait que quelque 150 000 habitants et serait dépassée par Lucerne avec 69 879 habitants et son agglomération de 155 700 habitants. Une grande ville, telle que Lausanne avec ses 137 383 habitants et son agglomération de 226 700 habitants, fait même entièrement défaut en Argovie.

Muri, Grille du choeur baroque de l'église conventuelle, 17e siècle

Muri, Grille du choeur baroque de l'église conventuelle, 17e siècle

Cité de Rheinfelden

Cité de Rheinfelden

A l’exception de Kaiserstuhl, qui est restée une toute petite ville-musée moyenâgeuse avec 413 habitants, toutes les autres petites villes datant du Moyen Age ont gardé leur caractère de noyau autour duquel s’est implantée la banlieue, ce qui est une preuve de leur emplacement favorable du point de vue du trafic.

Zofingue, Hôtel de ville et fontaine Niklaus Thut

Zofingue, Hôtel de ville et fontaine Niklaus Thut

Les agglomérations qui se sont formées autour de Reinach-Menziken, de Wohlen et de Frick sont moins anciennes.

Toutes ces agglomérations se sont implantées dans des fonds de vallées, notamment de celles de la Limmat et de l’Aare où ne cesse de grandir, d’ailleurs, la ville ruban Zurich-Baden-Brugg-Aarau-Olten-Zofingen, ville ruban tant appréhendée.

Les hauts coteaux du Jura et du Plateau ne sont que faiblement peuplés, en partie à raison de seulement 100 ou même 50 habitants/km2. L’exode rural n’a pas encore cessé dans toutes les communes.

[Vient normalement à la suite de cette présentation, les trois secteurs économiques qui sont décrits en détail, le primaire, le secondaire et le tertiaire, cependant d’un intérêt mineur ici, vu la quantité de chiffres explicatifs. Par contre, il me parait important de parler du secteur électrique, que le canton d’Argovie n’a pas négligé, vu l’importance des cours d’eau d’importance qui traversent son territoire.]

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A suivre

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 16:57

L’Argovie se compose de quatre parties historiques :

1. L’Argovie bernoise, un pays sujet protestant, soumis à un régime principalement centraliste.

2. Le Freiamt catholique, région qui n’est plus identique aux « Freie Ämter », un bailliage commun des huit anciens cantons souverains où les baillis alternaient régulièrement.

3. Le comté de Baden, catholique, un bailliage commun. Après 1712, seulement Zurich, Berne et Glaris y déléguèrent leurs baillis. La foi protestante parvint à y gagner du terrain.

4. Le Fricktal, partie de l’Autriche occidentale, région catholique où Maria Thérésia et son fils Joseph réussirent à introduire leurs réformes.

Concevoir un canton aux fondements solides à partir de ces quatre régions si différentes l’une de l’autre du point de vue de l’histoire et des traditions, fut et reste la première tâche politique d’Argovie.

Le canton d’Argovie [6]

Un des devoirs fondamentaux fut d’instaurer la scolarité obligatoire. Stapfer avait reconnu les mérites de Pestalozzi et chercha à l’encourager. Pestalozzi enseignait au Neuhof, à Birr ; c’est ici qu’il rédigea son livre révolutionnaire, intitulé « Lienhard et Gertrud ». Il se fit un nom dans toute l’Europe par son activité à Yverdon, ville vaudoise, et retourna, tourmenté, au Neuhof. Il est enterré à Birr, dans le même cimetière où repose depuis 1961 un savant et admirateur japonais.

Birr-Pestalozzi

Birr-Pestalozzi

C’est là une preuve du renom mondial dont la personnalité de Pestalozzi jouit toujours.

[Remarque : Reconnu comme pédagogue révolutionnaire, certes, mais aussi par l’échec de ses entreprises, Institut d’Yverdon ou au Neuhof.]

Non seulement Augustin Keller, ressortissant radical du Freiamt, mais également Friedrich Frey-Herosé, d’Aarau, jouèrent tous deux un rôle important pendant le « Kulturkampf », au milieu du 19e siècle.

[Kulturkampf fut la lutte des forces protestantes, laïques et radicales contre le catholicisme politique et les couvents. (C’est un combat qui touchait surtout l’Allemagne et c’était dans l’air du temps et qui aboutira à la laïcité à la Française, introduite en 1905.)]

Friedrich Frey-Herosé fit, pour sa formation, un séjour de 18 mois à Lausanne, avant de vivre deux ans à Paris. Pendant la guerre du « Sonderbund », il fut nommé chef d’état-major, sous les ordres du général Henri Dufour, à qui il était lié d’amitié. Lors de la fondation de l’Etat fédératif, il fut élu premier conseiller fédéral argovien.

Ces mêmes rapports entre un général de Suisse romande et un chef d’état-major de Suisse allemande firent une deuxième fois leur preuve pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les Argoviens gardent un excellent souvenir du général vaudois, Henri Guisan, qui ne parlait pas seulement un allemand cultivé, mais aussi le suisse allemand, tinté d’un charmant accent romand. Son chef d’état-major, Jakob Huber, était Argovien de Jonen, au Freiamt. Les deux étaient d’origine paysanne.

Nous devons constater que le canton indépendant d’Argovie a subi des changements profonds au cours de ses 150 ans d’existence.

Au début, le canton était de caractère rural, n’offrant que de modeste possibilités de gain, vu l’insignifiance de l’industrie et le surpeuplement pour une économie principalement rurale. La pauvreté y dominait, notamment après le despotisme napoléonien. Mais même plus tard, la population souffrit à plusieurs reprises de famine, et les émigrations étaient fréquentes. Ce ne fut qu’au fur et à mesure que le canton subit un processus d’industrialisation. Surtout au cours du vingtième siècle, cette évolution a été très prononcée.

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:53

L’Argovie fut conquise par les Bernois en 1415. A cette même époque, les « Freie Ämter » (bailliages libres) et le comté de Baden passèrent en possession de la Confédération et furent gouvernés comme bailliages communs. Hormis au Fricktal, la domination des Habsbourg prit alors fin.

En 1528, les Bernois procèdent à la réformation, et provoquent le schisme sur ce qui est actuellement le territoire argovien. En 1536, ils font la conquête du pays de Vaud. Le pays de Vaud et l’Argovie sont désormais le grenier de Berne. Le pays de Vaud fournit en plus un vin de bonne qualité. Par conséquent, le vin léger et alors de mauvaise qualité, que produit l’Argovie, ne s’écoule plus que grâce à la protection de Berne. Même à la fin du 18e siècle, les représentants d’Aarau se voient refuser leur demande de pouvoir débiter les vins vaudois qui, bien entendu, étaient autorisé à Berne.

L’assujettissement dura jusqu’à la révolution française. L’Helvétique ne connut qu’un Etat unitaire, sans Argovie indépendante. Philipp Albert Stapfer, de Brugg, fut un des ministres décisifs de l’Helvétique. Sa mère, Sophie Louise Burnand, étant originaire de Moudon, il était à moitié vaudois et parfaitement bilingue.

L'Argovie et les quatre parties qui composent le canton

L'Argovie et les quatre parties qui composent le canton

Affaiblie par des querelles, l’Helvétique connut une fin peu glorieuse. Issue de l’Acte de médiation napoléonien, la nouvelle confédération d’Etats fut instaurée en 1803. En plus des 13 cantons souverains, elle comprit, à titre de membres à part égale, les nouveaux cantons de St-Gall, des Grisons, d’Argovie, de Thurgovie, du Tessin et de Vaud. C’est à Stapfer que l’Argovie doit dans une très large mesure ses dimensions actuelles. Parmi les six cantons issus de l’Acte de médiation, l’Argovie présentait incontestablement la structure étatique la plus compliquée.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 15:30

Période primitive du territoire argovien

Il va de soi qu’une région pareillement ouverte au trafic ait, très tôt déjà, été colonisée. Le Gothard n’obtint toutefois son importance qu’au treizième siècle. Mais le trafic le long des fleuves et sur les cours d’eau devait nécessairement mener à leur source, longtemps avant que n’existe l’Etat argovien. Déjà pendant le néolithique, un système de paysannerie prit son essor sur le Plateau. Ces premiers témoins de l’histoire furent suivis des Helvétiens celtiques qui peuplèrent tout le Plateau. Les relations entre le pays de Vaud et l’Argovie furent intensifiées à l’époque des Romains. La Colonia Julia Equestris (Nyon), Aventicum (Avanches), Vindonissa (Windisch) et Augusta Raurica (Augst) figurent parmi les plus importantes colonies romaines de Suisse.

[Remarque. Les Celtes avaient une unité par la langue, sur une unité de temps assez longue, plus de mille ans d’histoire commune. Nos nobles chefs Celtes écrasés en fin de compte par les Romains, communiquaient entre eux par des écrits en grecs. Preuve qu’ils étaient cultivés.]

L’invasion par les Alamans et la destruction de la culture romaine firent disparaître entièrement la langue romaine sur le territoire argovien. La frontière linguistique passa désormais entre l’Argovie et le pays de Vaud. Mais le double évêché Aventicum-Vindonissa exista encore jusqu’au milieu du sixième siècle. L’Argovie et le pays de Vaud connaissent tous deux leurs personnages féminins légendaires : en Argovie la sainte Verena romaine, du quatrième siècle, enterrée à Zurzach ; au pays de Vaud la reine Berthe de Bourgogne, enterrée à Payerne. Les deux sont entrées dans l’histoire comme bienfaitrices des pauvres.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 15:17
Action de la compagnie de chemin de fer (Anglo-Argovienne)

Action de la compagnie de chemin de fer (Anglo-Argovienne)

Le trafic venant de l’ouest, de Genève par Lausanne et Berne, ainsi que de Lausanne par Neuchâtel, est regroupé à Olten pour être acheminé par Aarau vers l’axe de la Reuss. Par analogie, le trafic venant du lac de Constance et de St-Gall, d’Autriche et des Grisons, est regroupé à Zurich et poursuit son chemin par la vallée de la Limmat en direction de l’axe de la Reuss. La grande gare de triage de la vallée de la Limmat, tout en se trouvant à proximité de Zurich, est aménagée sur territoire argovien. Partant de cette vallée, une ligne de chemin de fer à voie étroite franchit les collines en direction du Seetal. L’ancienne Nationalbahn de Baden à Lenzburg et Zofingen, et enfin la ligne rapide et la ligne de transit à destination de la Suisse romande traversent le tunnel du Heitersberg, rejoignent Lenzburg et Aarau pour aboutir à Olten. Les inters villes circulent sur cette ligne de Zurich à Berne, sans arrêt, sans même ralentir lorsqu’ils passent la gare d’Aarau. L’artère est-ouest, qui se situe à l’extrême nord du canton, longe le Rhin et relie Schaffhouse et Winterthour à Bâle. Etant donnée cette constellation du trafic, il va de soi que l’autoroute principale, la N1 de Genève à Lausanne, Berne, Zurich et St. Margrethen ait été aménagée de sorte à traverser le canton d’Argovie.

Laufenburg au bord du Rhin (Laufenbur am Rhein)

Laufenburg au bord du Rhin (Laufenbur am Rhein)

L’Argovie se trouve donc au milieu entre Zurich, Bâle, Lucerne et Berne ; par conséquent, le canton est au service du trafic de transit national et international, ce qui, en contrepartie, lui est d’ailleurs fort profitable.

La navigation fluviale, en plein essor jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle sur le Rhin, l’Aare, la Reuss et la Limmat, a été totalement évincé par les chemins de fer. Toujours est-il que le dernier embarcadère des chalands du Rhin, en amont de Bâle, se trouve à Augst, sur territoire argovien, et que des excursions en bateau sont organisées entre Bâle et Rheinfelden.

Aarburg avec forteresse et église

Aarburg avec forteresse et église

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 15:36

L’accès au Gothard par l’Argovie est unique en son genre. Peu après Lucerne, la Reuss rejoint une vallée en forme d’arc et conflue avec la petite Emme. C’est de cet arc, séparé seulement par un seuil, que partent cinq vallées à l’ouest de la Reuss. Elles sont, toutes cinq, orientées vers le Jura. Les chaînes de collines entre ces vallées peuvent être comparées aux doigts d’une main. Le glacier de la Reuss a aplani le seuil pendant les périodes glaciaires et a élargi les vallées. Trois lacs témoignent de cette activité. L’un des trois, celui de Hallwil, s’étend principalement sur territoire argovien. A cause de leurs moraines terminales et latérales, et de leurs blocs erratiques, les six vallées représentent un des paysages les plus impressionnants de Suisse qui aient été modelés par des glaciers. La région du glacier de la Reuss est encadrée, à l’ouest, par le Napf et les collines situées devant ce massif, à l’est par la crête de l’Albis.

Les cinq vallées orientées vers le Jura.

Les cinq vallées orientées vers le Jura.

Les six vallées qui partent du pied du Jura et qui sont orientées vers le sud, offrent un choix riche de liaisons vers le Gothard. L’énumération serait incomplète si l’on ne citait pas les communications transversales. C’est ainsi que la ligne de chemin de fer du Gothard passe d’abord par Olten et Zofingen, longe la vallée de la Wigger, traverse dans celle de la Suhr pour aboutir finalement à Lucerne. D’ailleurs, l’autoroute N2 Bâle-Lucerne-Chiasso suit le même itinéraire. Des lignes de chemin de fer locales conduisent d0Aarau dans les vallées de la Suhr et de la Wigger. Partant de Wildegg, la ligne des CFF du Seetal longe les routes, traverse les villages jusqu’à Lucerne. Construite par un groupe financier anglais, inaugurée en 1883, elle fut baptisée Lake Valley of Switzerland Railway Company. Un réseau de routes et de lignes de chemin de fer conduit d’Aarau et de Brougg à Lucerne et à Arth-Goldau, en traversant les vallées de la Bünz et de la Reuss.

L’importance de ces nombreuses dessertes en direction du Gothard est due à la facilité avec laquelle il est possible de franchir le Jura, dont l’altitude est faible et la topographie très structurée.

La large percée de l’Aare, formée par le confluent avec la Reuss et la Limmat, donne sur le Rhin, au pied sud du flanc escarpé de la Forêt-Noire. Elle est desservie par une seule ligne de chemin de fer locale qui relie Turgi, Koblenz (du latin confluens) et Waldshut, petite ville allemande. Bâle est la principale destination au pied nord du Jura. Même les Romains empruntaient déjà entre Vindonissa et Kaiseraugst une route qui franchissait les 570 m d’altitude du Bözberg. (Un petit tronçon de cette route, taillée dans le rocher, est conservé et mérite d’être vu.)

C’est par cette route que les Romains pouvaient atteindre le Fricktal et le Rhin. La route actuelle, la ligne du chemin de fer – par le tunnel du Bözberg – et l’autoroute N3 Coire-Zurich-Bâle suivent ce même itinéraire.

A l’ouest du Bözberg, quelques petits cols franchissent le Jura. Mention soit faite de la Staffelegg, qui part d’Aarau. Le début de sa construction remonte à l’année 1804 – les travaux ayant été engagés par le canton fraîchement constitué. La route devait garantir une bonne liaison avec le Fricktal, en parallèle de la route de la Salhöchi. D’ailleurs, la route et le tunnel du Hauenstein ainsi que le tunnel de la N2 à travers le Bechen sont des axes rattachés à certaines vallées d’Argovie qui conduisent vers le Gothard.

Le trafic de transit de Bâle au Gothard évite le détour par Lucerne. Le tracé mène par le Hauenstein et Aarau d’une part, le Bözberg et Brugg d’autre part, traverse le Freiamt et aboutit directement à Arth-Goldau.

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 16:52

C’est par un peu de provocation que je commence un article sur l’Argovie, si méconnue et pourtant si présente.

L’Argovie est l’hôte du Comptoir Suisse-Lausanne du 11 au 26 septembre 1976 et se présente aux Lausannois.

Confluent de l'Aare et de la Limmat, vers Turgi

Confluent de l'Aare et de la Limmat, vers Turgi

Ici, où le Jura forme de doux coteaux, où il atteint encore à peine une altitude de 900 m et ne dépasse guère plus les collines du Plateau, où les plissements pénètrent dans le Jura tabulaire, dont les couches s’élèvent en direction de la Forêt-Noire, où le Jura tabulaire est séparé de la Forêt-Noire par le Rhin majestueux et ses vastes champs pierreux, ici, où les dernières chaînes du Jura pénètrent dans le Plateau, où l’Aare, après avoir accueilli les cours d’eau venus de la Suisse romande, perce le Jura dans une vallée large sur laquelle s’ouvrent au sud la vallée de la Reuss et à l’est celle de la Limmat, c’est ici que se situe l’Argovie.

Vue aérienne de la vallée de Frick dans le canton d'Argovie. Image: Patrik Walde.

Vue aérienne de la vallée de Frick dans le canton d'Argovie. Image: Patrik Walde.

Canton du milieu et nœud de trafic

Semblable à un axe, une suite de vallées se succède du nord au sud à travers la Suisse. Au pied de la Forêt-Noire, dans la vallée du Rhin, elle commence par l’Aare, suivie de la Reuss qui pénètre dans le cœur des Alpes suisses ; cette enfilade de vallées s’élève vers le Gothard, le franchit, redescend le Tessin pour aboutir à Milan.

Bien que cet axe hautement important pour la Suisse ne forme pas le milieu du pays, il revêt les caractéristiques d’un axe de symétrie : partant du Gothard, le Rhône s’écoule vers l’ouest, le Rhin vers l’est. Les deux s’écartent du Gothard et pénètrent par la suite dans des vallées transversales. Tant le Rhône que la Reuss et le Rhin percent les Alpes en direction nord. Seuls ces trois cours d’eau sont à l’origine de cols qui conduisent en ligne directe vers le sud. Cette même symétrie d’axe se retrouve aussi du côté sud, où la Valteline à l’est et la vallée d’Aoste à l’ouest forment à leur tour un genou par rapport à l’axe et s’éloignent vers le sud.

C’est avant tout sur le Plateau que la ligne Aare-Reuss forme un axe de symétrie important. La région

traversée par les principales artères se trouve sur territoire argovien.

traversée par les principales artères se trouve sur territoire argovien.

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