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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 17:54

Cnossos, vous connaissez ?

Arthur Evans « l’archéologue » Anglais qui reconstitua le palais de Minos à Cnossos en Crète. Palais reconstitué par Evans et aujourd’hui contesté. Comme sont contestés certains travaux des Émile Gilliéron, le père et le fils, tous deux Suisse d’origine.

Nos deux Suisses ont travaillés pour Heinrich Schliemann et Arthur Evans, l’un et l’autre ne sont pas vraiment archéologues, juste des amateurs éclairés, et les Émile Gilliéron ont étés à leur service, dans leurs rêves et réalisations.

Tous les travaux de ces quatre hommes sont entachés de faux.

Je constitue actuellement un dossier sur le sujet, ça va prendre un peu de temps, et en attendant d’être au top et prêt à publier le dossier, il y aura ici, soit des petites infos de l’actualité ou autre sujet comme l’humour ou recette de cuisine.

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 19:09

À force d’entendre à chaque fois que l’on parle de la politique nationale, que l’UDC fait ceci, que l’UDC propose cela, que l’UDC s’oppose à, on finit par croire qu’il s’agit d’un parti comme les autres.

Comme ceux-ci, se divisent en deux UDC, le groupe UDC doit être expliqué à ceux qui pensent qu’il s’agit aujourd’hui du même parti qui fut créé en 1971. On dit souvent que l’UDC est un parti agrarien, en est-il vraiment un ? En 1917, quand le parti des paysans et bourgeois se créa, le but était de préserver un certain mode de vie en lien direct avec une réalité qu’ils vivaient. Il n’était peut-être pas imaginable qu’un citadin s’inscrive à ce parti, s’il était entièrement tourné dans ses activités vers le centre-ville ou la banlieue ouvrière. Les paysans avaient dans leur parti ainsi créé les outils pour parler et s’opposer aux forces des autres partis en Suisse. En 1937, quand le parti devint national, il y eut obligatoirement deux visons, deux comportements, deux pensées qui régnaient au sein du parti, comme nous savons qu’il existe des cantons ruraux et d’autres urbain et industrialisé. Ça ne s’est pas arrangé en 1971 quand le parti des paysans fusionna avec deux partis alémanique et devint ainsi l’UDC, c’est-à-dire Union démocratique du centre.

Vu de l’extérieur, le parti s’occupait normalement de son train de campagne, que la vache suisse soit bien dans le paysage et que toute l’économie du monde paysan soit des plus florissantes. Mais, paysans et gens des villes, pouvaient-ils se côtoyer avec des idées différentes ?

Jusqu’à l’arrivée d’un certain « tribun zurichois » dans les années 90, ils le pouvaient, avec parfois des frictions, mais jamais sans explosion ou implosion du parti. Cependant, c’est la branche la plus à droite, la plus citadine, la plus riche et la plus politisée que donnait de la voix et se faisait entendre le plus. La branche traditionnelle, dite conservatrice (paysanne) et celle dite souverainiste, dite aile Zurichoise.

Les souverainistes sont ceux qui plus à droite que la droite traditionnelle, font depuis bientôt 30 ans une politique d’extrémistes de droite, qui s’impose au reste du pays.

Les qualificatifs pour les nommés sont nombreux : droite dure, nationaliste, populiste et extrême droite et xénophobe. Plus on continuera à parler d’UDC, plus on minimise ce qu’est réellement le parti. Les médias devraient préciser que cette extrême droite est pareille à toutes celles que l’on montre du doigt à travers l’Europe et qui fait peur à beaucoup ; pourquoi ne fait-elle pas peur à la Suisse ?

Pensons-nous que notre système politique peut brider un tel parti, que l’on peut atténuer leurs idées et leur force ? Ne voit-on pas que lorsqu’ils n’aboutissent à rien dans le consensuel usage du dialogue avec les autres partis, ils s’efforcent vite de lancer une initiative ou référendum pour arriver à leur but. Ils auraient le pouvoir de décider seul, qu’ils useraient de décrets comme Napoléon le faisait.

Avec trente pour cent de représentation, l’UDC est une grande force qu’il faut craindre plus, que l’ignorer. Le consensus habituel et en usage depuis 1959, est malmené par l’UDC, qui conteste cet aspect de la répartition des forces au gouvernement.

Cette droite de la droite préconise moins d’État pour plus de liberté dans l’économie, elle s’oppose forcément à la gauche qui au contraire demande plus d’État, donc plus de social, et nous savons qu’un juste milieu est plus adéquate pour la bonne gouvernance du pays.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 16:53

À propos des articles sur la Fête des Vignerons, un lecteur a réagi. Les commentaires méritent d’être partagés à l’ensemble de mes visiteurs, car ceux-ci sont intelligents.

Il devient évident que cette fête dite des vignerons est entrée dans la démesure par les sommes investies. Comparons la fête de 1955 qui réalisa 27% de bénéfice avec celle de 1977 qui fit elle 24% et celle de 1999 qui réalisa un bénéfice de seulement 7.7%. Imaginons une situation météorologique défavorable pour la prochaine fête, 10 jours de pluie consécutive, au vu du dérèglement climatique déjà constaté ce scénario devient possible, et dans ce cas, la démesure devient une catastrophe sur le plan du risque financier. Pas de problème me direz-vous on déplace les dates de la manifestation... On réinvite la centaine de millier de visiteurs spectateurs et la logistique ainsi que tous les bénévoles.

L’inflation

L’inflation

La progression de l'investissement entre 1999 et 1977 a été de 261% (entre 1955 et 1977 elle était de 440%) dès lors imaginons celle de l'hypothétique "fête des vignerons" de 2025 avec la même tendance de démesure et d'inflation économique. Le budget serait de l'ordre de CHF 195 millions avec un bénéfice potentiel de 7.7% ou CHF 15 millions. Pas de problème me direz-vous, d'ici là, vu les vendanges de plus en plus maigre et le prix des bouteilles subissant l'inflation dû à la rareté, la bouteille de chasselas vaudois se vendra CHF 40. Faut bien vivre... et cette fête qu'on le veuille ou non restera une belle promotion économique de notre viticulture...

A bon entendeur, salut!

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 19:42
Le circonflexe

La polémique des premiers jours de février sur l’orthographe révisée revient à la Une.

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Pourquoi me direz-vous ? Et bien la réponse est expliquée ici.

Puisque l’on s’est un peu enflammé, il y a eu beaucoup d’exemples de phrases écrites « classiquement » et d’autres avec la nouvelle orthographe, toujours avec l’humour que l’on connaît chez les Français.

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Voyez plutôt : C’est ici.

Cet article, parce que la Suisse est concernée.

On apprend encore ces jours-ci, que le Français sera en 2050 à égalité de locuteurs avec le mandarin. Ceci, grâce à la prolifique Afrique francophone. Comme il y a encore beaucoup de place en Afrique, au contraire de la Chine, fermée dans ses frontières, on peut extrapoler qu’en 2100, le Français sera la première langue parlé au monde !

Le circonflexe

À propos de langues parlée, saviez-vous qu’à un moment de son histoire, les Etats-Unis balançaient entre deux langues pour langue officiel du pays ? Le Français ou l’Anglais, telle était la question. Mais il s’agissait à un moment donné de leur histoire, quand la jeune République acheta la Louisiane. Regardez la carte ci-dessous. La Louisiane telle qu’elle était, telle qu’elle appartenait aux français et qui sur son territoire parlait le Français. A l’est de la Louisiane, on parlait Anglais, à l’ouest de la Louisiane on parlait principalement Espagnol et les divers langues Amérindiennes.

Le circonflexe

L’achat de la Louisiane ou la vente de celle-ci pas Napoléon qui avait besoin d’argent pour ses guerres, demanda cette réflexion, allait-on parler la langue de nos oppresseurs anglais ou parler la langue globalement parlé en Louisiane ?

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 16:55

Tel est la chronique de la Fête des Vignerons au moment où Emile Gétaz Abbé-président écrivait, c’était en 1969.

Pour conclure, les chiffres de la Fête en 1955 et des deux suivantes manifestations qui se déroulèrent en 1977 et 1999.

Le constat est le suivant, plus on avance, plus on augmente le nombre de figurants, de représentations, les coûts de la Fête et le bénéfice. La place du Marché est toujours la même en surface, alors, peut-on augmenter encore le nombre des artistes et figurants et des tableaux que l’on peut lier à la vigne et au travail des vignerons ?

La modernité des mœurs de la population, la technologie galopante, sont-elles encore compatible avec la tradition et le culte ainsi présenté lors de la Fête, qui prend racine très loin dans le temps ?

Fête des Vignerons [16 et fin]
LA FÊTE EN CHIFFRES [1955]

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3857 figurants
11 représentations
2 cortèges de 5,2 km, 1 cortège de 3,2 km

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Les places coûtent entre 10 et 70 francs
La Fête coûta 4 695 229 francs
Bénéfice: 1 204 927 francs

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Capital de garantie: 1 271 500 francs

Fête des Vignerons [16 et fin]
LA FÊTE EN CHIFFRES [1977]

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4250 figurants
14 représentations et 3 cortèges de 4,5 km

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Les places coûtent entre 30 et 160 francs
La Fête coûta 20 707 011 francs
Bénéfice: 5 071 423 francs

Fête des Vignerons [16 et fin]
LA FÊTE EN CHIFFRES [1999]

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5200 acteurs-figurants, dont 670 écuyers
1 cérémonie du couronnement, 7 matinées et 7 nocturnes, 3 cortèges
les places coûtent entre 65 et 260 francs

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Le budget se monta à 54 millions de francs et le bénéfice à 4’151’332..-

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Pour la première fois, une radio – Radio Arlevin –, donna des informations permanentes et permit au metteur en scène de toucher directement, et quotidiennement, les milliers d’acteurs-figurants.

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 17:42

Enfin, ce fut la Fête.

Les représentations, qui se déroulèrent au nombre de onze entre le 1er et le 14 août, furent précédées de diverses manifestations. Ainsi, le 24 juillet, la musique de la Garde Républicaine donna un concert « triomphal » dans l’enceinte même où allait se dérouler la Fête, sous la direction de son chef, François-Julien Brun. La première répétition, en costumes, se fit le mercredi après-midi, 28 juillet. Enfin, le samedi soir 30 juillet, une répétition générale, avec un prix des places modique, attira déjà une très grande foule de spectateurs.

Toutes les représentations prévues purent avoir lieu, soit cinq le matin, les 1er, 4, 6, 9 et 12 août et six le soir, les 2, 5, 7, 10, 13 et 14 août. Pour être précis, disons que la représentation du 7 août, qui débuta sous la pluie, fut reportée au 8 août, et celle du 12 août, à cause du mauvais temps également, fut reportée le même jour à 14 heures. Elle se déroula, comme les autres représentations diurnes, sous un gai soleil.

Le souvenir de la première représentation, qui eut lieu le lundi 1er août 1955 – même date et jour qu’en 1927 – ne s’effacera pas de sitôt de la mémoire de ceux qui l’ont vécue. Les tonnerres d’applaudissements qui s’élevèrent, par moments, firent craindre aux membres du comité des constructions que les estrades ne s’écroulent. Il n’en fut rien. Les assemblages tubulaires tinrent bon, comme ils résistèrent à la dernière représentation, le soir du 14 août, au poids des centaines de spectateurs occupant des places supplémentaires, car personne ne voulait manquer de voir ou de revoir la Fête.

Au banquet officiel du 1er août, l’enthousiasme débordant de tous fut absolument émouvant. A l’heure des discours, quelques solides figurants, d’un geste spontané, portèrent en triomphe, à travers la vaste tente-cantine, installée à la rue Louis-Meyer, le président de la Confrérie, M. Max Petitpierre, le général Guisan et M. Paul Chaudet, conseiller fédéral et membre d’honneur de la Confrérie.

L’ordonnance du spectacle fut impeccable. Contrairement à ce qui se passait aux autres Fêtes, les figurants, après avoir fait leur tour de danse et de chant quittaient l’arène pour assister à la représentation dans des niches pratiquées sous les estrades.

Les ensembles de la musique de la Garde Républicaine et du Grand Chœur donnèrent une ampleur particulière aux compositions de Carlo Hemmerling.

A chaque entrée des chars, abondamment fleuris, des déesses Palès et Cérès et celui, couvert de pampre, de Bacchus, des exclamations crépitaient. Palès, déesse du printemps, était Mlle Françoise Broillet, domiciliée à Corseaux, la blonde Cérès était Mlle Monique Muller, de Savigny, et Bacchus était représenté par le jeune Henri Payot, de Montreux. Le Bacchus d’hiver, Dionysos, était M. Henri Neyroud. Quant à Silène, juché sur son âne, il était représenté par M. Raymond Monnier, de La Tour-de-Peilz.

Chaque saison avait ses ballets, ses chants et ses danses et l’on ne saurait dire lesquels eurent le plus de succès. A part les productions populaires et folklorique, comme le célèbre « Ranz des Vaches », la « Lauterbach », certains ballets, comme celui des fleurs avec la participation de 150 jeunes filles en primevères, violettes ou pâquerettes entourant la danseuse étoile Vyroubova, celui des archers du soleil, aux casques étincelants d’or, avec Michel Renault, la grande roue du pressoir dont les rayons étaient formés par 600 enfants en tenue d’automne, et surtout la bacchanale, suivie de la bouillonnante, trépidante et haute en couleurs farandole, resteront gravés longtemps dans les mémoires.

Que dire aussi des superbes Cent-Suisses sous le commandement du Conseiller aux Etats Frédéric Fauquex, de Riex, tandis que le groupe des cavaliers comptait, dans ses rangs, le Colonel Commandant de corps Robert Frick ?

Tout fut fait pour donner aux représentations un éclat spectaculaire encore jamais égalé.

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Comme à chaque Fête, il y eut des sorties de groupes, en costumes, à Morges, à Evian, à Rolle, en Gruyère, etc., qui portèrent hors des murs, et d’une façon vivante, l’exceptionnelle ampleur de la Fête des Vignerons.

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Il y eut trois cortèges, le 1er, 7 et 24 août.

Ils attirèrent une foule considérable dans les rues de Vevey et La Tour-de-Peilz, décorées avec faste selon les plans du comité de construction et décoration. L’effort de la population, dans ce domaine, fut remarquable. On évalua à près de 200 000 les spectateurs accourus pour voir le cortège du 14 août.

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La traditionnelle fête de nuit sur le lac eut lieu le samedi 6 août. Elle obtint un certain succès, malgré un lac légèrement maussade.

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Les animaux eurent une grande part dans cette Fête, puisqu’il y avait non seulement quelque soixante chevaux, des bœufs, un magnifique troupeau de vaches, mais aussi des moutons, un mulet, un âne, des chiens et des milliers de pigeons.

Enfin, une manifestation annexe ne concernant pas la Confrérie des Vignerons, mais certains de ses membres, la Foire aux Vins vaudois – qui avait été instituée à Vevey, il y a une trentaine d’années – eut lieu en 1955 aux même dates que la Fête et à proximité de l’emplacement de celle-ci.

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La Fête prit fin le soir du 14 août, ou plutôt au matin du 15, puisque la représentation du 14 fut suivie du traditionnel bal des figurants, en costumes, qui dansèrent sur l’emplacement même où ils avaient si bien tenu leur rôle au cours des onze représentations de la Fête.

De toutes parts, ce ne fut qu’un concert de louanges à l’adresse de la Fête. Des écrivains comme Emile Henriot, de l’Académie française, qui l’avait vue en 1905, ou comme Gérard Bauer, de l’Académie Goncort, ne cachèrent pas leur enthousiasme de revoir la Fête. Elogieux furent aussi Jacques Chenevières, écrivain à Genève, et tant d’autres, dont Emile Vuillermoz, célèbre critique musical à Paris. Ces échos et d’autres furent portés aux quatre coins du monde, par la presse, la radio, la télévision, et même le cinéma. En effet, un film en couleurs dit « officiel » fait la joie de quantités de spectateurs, à côté de nombreux films d’amateurs, fort bien exécutés.

A mentionner également, le plaisir que prit René Morax qui avait été l’auteur du livret de la Fête de 1905, soit cinquante ans auparavant.

Voici une opinion de Mme Béatrix Dussane, de la Comédie française, un nom qui fait autorité en matière de théâtre :

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Pendant toute la durée de ma carrière, j’ai entendu les spécialistes du théâtre citer la Fête des Vignerons de Vevey comme une manifestation unique, grande non seulement par le nombre des participants ou l’importance des moyens mis en œuvre, mais aussi par son caractère de célébration traditionnelle, où tous les citoyens d’un même terroir harmonisent leurs efforts, dans une même allégresse à la fois fière et fidèle.

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Je pense (et je ne suis pas seule de cet avis) que la Fête des Vignerons est le seul événement de cet ordre qui offre des ressemblances sociales avec les grandes solennités du théâtre antique. Elle peut aussi nous donner une idée de ce que furent nos grands « mystères » du Moyen Age, où toutes les activités d’une ville concouraient à la tâche collective, où il y avait place pour les chefs-d’œuvre de toutes les confréries et corporations.

Il nous souvient d’une réception organisée par l’Abbé-président et Mme Dénéréaz, où le grand acteur et cinéaste Charlie Chaplin déclara que son émotion avait été telle que des larmes roulaient sur ses joues pendant les phases les plus belles et les plus prenantes du spectacle.

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Serge Lifar, le célèbre danseur étoile et maître de ballets de l’Opéra de Paris, venu pour une représentation, resta à Vevey et en vit cinq. Enfin, des personnes de tous les milieux, grands de ce monde ou modestes citoyens, furent enthousiasmés par le « miracle » de Vevey.

L’ampleur du succès de la Fête, s’est traduit par des chiffres. Tout d’abord le capital de garantie constitué pour la Fête fut largement souscrit et, malgré des dépenses d’un montant d’environ 4 millions 700 mille francs, la Fête laissa un joli bénéfice, qui a permis aux Conseils de faire deux parts avec la fortune de la Confrérie, l’une servant à l’encouragement de la culture de la vigne soit par les visites des experts et la distribution de récompenses aux vignerons méritants, soit par la mise à disposition de l’Etat d’une vigne expérimentale. L’autre partie restant à disposition pour la garantie des Fêtes futures.

Et maintenant, la Confrérie, dont on peut admirer le musée et la salle des Conseils, au Château – qui fut la Belle Maison de Tavel au temps des ducs de Savoie, puis la résidence des baillis bernois – peut aller de l’avant vers la prochaine Fête en honorant sa belle devise « Ora et Labora » (prie et travaille).

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Lors de la Triennale du 24 avril 1961, il a été inauguré une pierre commémorative, placée au centre de la place du Marché. Il s’agit d’une pierre de pressoir offerte à la Confrérie par M. Paul Demierre, l’actuel président du rière-conseil, sur laquelle ont été gravées les dates des Fêtes célébrées sur la place, dès 1897, et la devise de la Confrérie.

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Emile Gétaz Abbé-président, 1969

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 18:03
Fête des Vignerons [14] [Photos]
Fête des Vignerons [14] [Photos]
C’est pour honorer ces quatre vignerons que la Fête existe.

C’est pour honorer ces quatre vignerons que la Fête existe.

Fête des Vignerons [14] [Photos]
Fête des Vignerons [14] [Photos]
Fête des Vignerons [14] [Photos]
Fête des Vignerons [14] [Photos]
Fête des Vignerons [14] [Photos]
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 17:44

La Fête de 1955

La Fête des Vignerons de 1927 avait soulevé un tel enthousiasme que tous ceux qui l’avaient vécu espéraient revoir une Fête dans un laps de temps relativement court, que l’on croyait pouvoir fixer à 15 ou 20 ans.

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Cet espoir fut réduit à néant par la malice des temps. Le mauvais génie qui pousse certains chefs de gouvernement à vouloir imposer leur esprit de domination au-delà des frontières de leurs Etats, pour faire, soi-disant, le bonheur des peuples, n’a abouti qu’à un nouveau conflit mondial. La guerre éclata en 1939 et ensanglanta le monde jusqu’en 1945, épargnant miraculeusement notre pays, une fois de plus.

Force fut d’attendre des années meilleures, c’est-à-dire une période de paix et de prospérité, pour songer à mettre sur pied une nouvelle Fête des Vignerons.

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Entre-temps, la Confrérie des Vignerons était demeurée fidèle à son but de soutenir la culture de la vigne en récompensant les vignerons méritants. D’autre part, d’importants changements étaient intervenus à la tête de la noble Confrérie.

M. Emile Gaudard, abbé-président, qui avait été le premier à présider à l’organisation de deux Fêtes, celles de 1905 et de 1927, décédait le 20 août 1941. Ce fut une grande perte pour la Confrérie des Vignerons, à laquelle M. Emile Gaudard avait su, par sa forte personnalité, donner un renom particulier dès sa nomination comme abbé-président en 1899.

M. Emile Gétaz, alors vice-président, lui succéda. Lorsque la paix fut revenue, le nouvel abbé-président s’attacha à faire certains préparatifs en vue d’une future Fête. C’est ainsi qu’une commission, désignée à cet effet, choisit, en 1947, deux enfants de Vevey, M. Carlo Hermmerling, musicien réputé et compositeur, et M. Géo H. Blanc, écrivain et poète, pour préparer une partition musicale et un livret.

Les remous de la guerre de 1939-1945 se prolongèrent et certains pays furent longs à panser leurs plaies. Enfin, en 1952, les Conseils décidèrent de fixer la date de la Fête pour l’été 1955, sous réserve de ratification par l’assemblée biennale de 1953. M. Emile Gétaz – qui avait alors 85 ans – ne pouvait assumer la tâche de présider à l’organisation d’une manifestation d’une telle envergure, pour raisons de santé et d’âge, demanda à être libéré de ses fonctions d’abbé-président. En lui octroyant le titre d’abbé-président d’honneur, le Conseil de la Confrérie désigna, pour lui succéder, M. David Dénéréaz, jusqu’alors vice-président ainsi que syndic de la ville de Vevey, personnalité fort connue sur le plan local et cantonal.

M. Alfred Loude, conseiller, président des Tribunaux de Vevey et Lavaux, fut appelé à la vice-présidence.

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M. Emile Gétaz décédait quelques mois plus tard, le 28 mars 1953, soit peu avant l’assemblée générale biennale du 23 mai 1953, où fut ratifiée, à l’unanimité et avec enthousiasme, la décision des Conseils d’organiser la Fête des Vignerons en août 1955.

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Dès lors, et comme par le passé, le miracle de la Fête s’accomplit. Ce miracle qui fait que tous les habitants de Vevey et des cités environnantes – quelles que soient leurs convictions politiques ou religieuses – s’unissent pour préparer avec ardeur la Fête à venir.

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Les Conseillers et Rière-Conseillers de la Confrérie, choisis comme présidents des divers comités, constituèrent la Commission centrale qui eut de nombreuses séances sous la haute et compétente présidence de M. l’abbé-président David Dénéréaz. Son fils, Me Philippe Dénéréaz, avocat, assumait les fonctions de secrétaire ad hoc de la Commission.

Malgré leur enthousiasme, les membres de la Commission centrale eurent quelque inquiétude lorsque fut établi le budget, qui prévoyait des dépenses pour 3 millions de francs environ.

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Avait-on vu trop grand ? Malgré un large dépassement de ce premier budget, l’avenir prouva, heureusement, le contraire.

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D’emblée les préparatifs de la Fête s’avérèrent importants. Les comités comptèrent environ 200 personnes de Vevey et d’autres localités du canton, qui œuvrèrent bénévolement pour la réussite de la Fête.

Pour la première fois, on institua des services permanents pour la propagande et l’information. Ceux-ci prirent une ampleur particulière, étant donné le développement de la presse, illustrée ou non, de la radio et du nouveau mode d’information que créait la télévision, alors à ses débuts dans notre pays. Pour la première fois aussi, on institua une commission juridique, réunissant des avocats de Vevey, sous la présidence du vice-abbé, M. Alfred Loude. A noter qu’une commission dite « des tempêtes » fut mise sur pied, pour décider du renvoi éventuel du spectacle après avoir pris contact avec les services météorologiques. Bien entendu, il fut décidé de prendre une assurance contre la pluie, sage mesure lorsqu’il s’agit de l’organisation de spectacles en plein air. Ce sont là de petits à-côtés des préparatifs de la Fête. Nous les donnons à titre anecdotique, comme nous signalons également que la Commission centrale s’est penchée sur le cas de savoir si une assurance contre les risques de guerre devait également être conclue. En effet, une certaine tension internationale aurait pu nuire à la venue d’étrangers à la Fête des Vignerons. La prime peu élevée demandée par la grande compagnie anglaise, à laquelle s’était adressé le comité des finances, fut jugée de bon augure par les membres de la Commission centrale qui renoncèrent à cette assurance.

Le nombre des figurants qui répondirent à l’appel des Conseils s’éleva à environ 4000, dont 900 enfants, soit le double environ de ceux qui participèrent à la Fête de 1927.

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Pour soutenir chanteurs et danseurs, il fallait une musique d’harmonie, ensemble convenant mieux qu’un orchestre, par ailleurs difficile à recruter en plein été. C’est la musique de la Garde Républicaine, de Paris, dirigée par son chef, François-Julien Brun, qui fut choisie. Le Grand Chœur, composé de quelque 400 chanteurs et chanteuses de Vevey et de toute la région sous l’obédience de la Confrérie des Vignerons, fut constitué.

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Pour la direction artistique de la Fête, il fallait une personnalité du monde théâtral ayant l’habitude de créer de grands spectacles et de manier des foules d’acteurs. Le choix des Conseils se porta sur M. Maurice Lehmann, administrateur de la réunion des Théâtres lyriques nationaux de Paris. Au moment de sa désignation, M. Lehmann s’occupait plus spécialement de l’Opéra de Paris et avait donné une ampleur scénique très remarquée à certaines œuvres alors en vogue.

Le peintre, c’est-à-dire le décorateur et le créateur des costumes de la Fête fut désigné en la personne de M. Henri R. Fost, de Paris également, qui avait créé les costumes de nombreux opéras et opérettes à grand spectacle sur les scènes importantes de la capitale française et à Lausanne.

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M. Oscar Eberlé, un Zurichois, spécialiste très compétent de grandes fêtes folkloriques de notre pays, fut appelé comme metteur en scène.

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MM. Maurice Lehmann, Henri R. Fost, Oscar Eberlé furent dénommés, avec Carlo Hemmerling et Géo-H. Blanc, les « Cinq Grands » de la Fête de 1955.

Fête des Vignerons [14]

Ces « Cinq Grands » furent secondés pour la préparation du spectacle par de nombreux collaborateurs auxquels la presse d’alors rendit un hommage mérité. C’est ainsi que M. Robert Mermoud, professeur de musique à Montreux, était chef des chœurs. Il eut pour adjoints MM. A. Jomini, J. Burdet, H. Jacot, G. Reymond et C. Guignard. Ce furent des aides précieux à Carlo Hemmerling qui assumait la direction musicale pendant la direction de Nicolas Zwereff. Les ballets folkloriques avaient pour chef M. Charles Weber avec la collaboration de M. H. Esseiva, Mme G. Défago, M. R. Perrin, M. P. Tornier et Mme Jacqueline Farelli, cette dernière comme assistante de la mise en scène. M. Jean-Luc Balmer, qui était alors en stage au Théâtre de Soleure, fut un précieux trait d’union entre MM. Lehmann et Eberlé pour la mise en scène des groupes de figurants notamment, ainsi que des enfants.

Si la musique de la Garde Républicaine fonctionnait à titre d’ « orchestre », l’Harmonie municipale de Vevey, « La Lyre », était la musique d’honneur. Un groupe de Fifres et Tambours de Bâle figurait également à la Fête de 1955. Notons la participation de l’excellent « Ensemble romand de musique » de La Tour-de-Peilz, mentionnés également au « Livret officiel de la Fête » sans compter les nombreuses formations musicales de la région et au-delà qui participèrent aux cortèges.

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En 1955, il y eut non seulement des solistes du chant, mais également des solistes de la danse. Ces derniers furent choisis parmi les danseurs de l’Opéra de Paris. C’est ainsi que se produisirent, au cours de divers ballets, Nina Vyroubova, première danseuse étoile, Michel Renault, premier danseur étoile, et Max Bozzoni, premier danseur étoile.

Toutes les divinités représentées à la Fête eurent leur grand prêtre soliste. Les voici dans l’ordre des saisons : Paul Sandoz, baryton du Théâtre de Bâle, grand prêtre de Dionysos et vieux berger, Charles Jauquier, ténor, le Semeur, Ernest Botiaux, ténor du Théâtre de San Carlo de Naples, et Nata Tüscher, soprano des Théâtres de Bâle et Zurich, grande prêtresse de Cérès ; Roger Cochard, ténor gruyérien, l’armailli, et Ernest Blanc, baryton de l’Opéra de Paris, grand prêtre de Bacchus.

[Commentaires : La contribution de Paris saute aux yeux à la lecture des ensembles et artistes qui furent engagés pour cette Fête de 1955. À l’origine, seuls les habitants de Vevey faisaient la Fête, puis avec le temps on élargissait au canton, puis au pays et enfin plus loin, hors des frontières du pays. Est-ce une surenchère de vanité ou une nécessité afin d’assurer la pérennité de la Fête des Vignerons ?]

On a conservé pour le spectacle de 1955 le thème immuable du jeu des saisons, selon le plan établi pour les fêtes antérieures. C’est ainsi que précédées par la troupe d’honneur, les saisons ont fait leur entrée dans l’ordre suivant ; hiver, printemps, été et automne. Le spectacle se terminait selon une tradition remontant au XVIIIe siècle, par un « hymne » consacré aux « bienfaits du travail de la terre et aux félicités de la paix ». Quelques innovations furent apportées : ainsi pour la première fois apparut un dieu d’hiver ou « Bacchus » hivernal, appelé Dionysos, selon la tradition grecque. L’auteur et le compositeur firent également intervenir le gel et les ennemis de la vigne dans des scènes dansées et chantées.

La construction des estrades et la mise en scène subirent d’importants changements. Pour la première fois dans l’histoire des Fêtes des Vignerons, s’inspirant d’un croquis de M. Eberlé, le comité des constructions envisagea l’édification d’un immense amphithéâtre sur la place du Marché, avec un vaste escalier scénique, côté lac, plaçant ainsi les spectateurs en face de la grandiose toile de fond constituée par les Alpes de Savoie. Des tours furent construites au nord, à l’est et à l’ouest, et l’escalier scénique avait à son sommet trois portiques de taille pour abriter les divinités traditionnelles du printemps, Palès, de l’été, Cérès, et de l’automne, Bacchus.

Autre innovation importante : la technique de l’éclairage ayant fait des progrès depuis 1927, il était possible de donner des représentations le soir. Ceci permit à bon nombre de gens à qui leurs occupations ne permettaient pas d’assister à une représentation de jour, de venir admirer les Fêtes de Vevey. Toutefois, de l’avis des traditionalistes et de ceux qui cherchent la communion entre les acteurs et les spectateurs, les représentations de jour furent plus prenantes.

M. Emile Gétaz, dans ses conclusions sur les Fêtes des Vignerons, écrivait en 1940 les lignes suivantes :

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Il n’est pas inutile de noter ici que, plus l’éloignement entre les Fêtes est grand, plus la tâche du comité chargé de la propagande est ardue. Avec le nombre croissant de manifestations nouvelles venues, il faudra faire sonner la grosse cloche de la réclame pour rappeler et relever combien les mérites de notre Fête dépassent tous les autres. C’est pourquoi, entre temps, il ne faut rien négliger pour remémorer et faire revivre la Fête des Vignerons et son incomparable prestige.

Les comités de propagande et de la presse ne tardèrent pas à se rendre compte de la véracité de ces lignes et la Commission centrale se rallia à leur point de vue quand ils proposèrent certains moyens « hors cadre » pour frapper un grand coup et les quelques 160 000 à 170 000 spectateurs qu’il fallait pour remplir les estrades.

Il y eut, bien entendu, la cérémonie de la Proclamation, à laquelle on donna un éclat tout particulier. Elle se déroula à Vevey et à La Tour-de-Peilz le 27 mai 1955. On y vit pour la première fois, dans les rues de nos cités, plusieurs figurants portant les costumes de la Fête.

Mais il fallait davantage. Et, à part de nombreux articles dans les journaux, de reportages photographiques, cinématographiques, radiodiffusés ou télévisés, à part des prospectus en couleurs, des affiches et des vitrines de magasins, on décida d’organiser une « proclamation hors les murs ». C’est ainsi qu’un train spécial, avec des groupes costumés, partit un beau matin de juillet pour Berne, Zurich et Bâle, pour orienter nos confédérés sur l’importance de la Fête. Dans chaque ville de grandioses réceptions furent organisées. Ce fut un succès !

Un personnage légendaire, qui fait partie de la tradition veveysanne, le « Messager boiteux », joua un rôle important dans la propagande de la Fête. Celui qui l’incarna, M. Samuel Burnand, de La Tour-de-Peilz, troqua la prothèse qu’il portait, à la suite d’un accident, contre une jambe de bois. Ancien champion de marche, M. Burnand parcourut, dans son costume, des kilomètres, avec son « pilon », pour annoncer la Fête prochaine. Il fut reçu par le général Guisan, dans sa propriété de Pully et se rendit notamment à Bâle et en France : mais sa plus héroïque tournée fut celle qui le conduisit à Berne. Il porta au Président de la Confédération, alors M. Max Petitpierre, un message des Conseils de la Confrérie invitant le Conseil fédéral à la première représentation. Il parcourut ensuite triomphalement le trajet Berne-Vevey, par Fribourg, à pied, reçu partout avec enthousiasme.

Samuel Burnand

Samuel Burnand

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 16:37

Les comités se mirent à l’œuvre au printemps 1926 déjà. Ce n’est pas tôt si l’on tient compte de ce que l’organisation d’une telle manifestation exige de dévouement et de travail. La coordination de tant d’efforts, le persévérant labeur de tous peuvent seuls – on ne le répétera jamais assez – assurer la réussite d’une Fête d’aussi grande envergure.

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Heureuse innovation : un comité de dames fut constitué pour venir en aide entre autres au comité des costumes. A sa tête se trouvait Mme Gaudard qui, comme l’abbé, son époux, sut faire apprécier ses qualités d’organisatrice, qualités acquises en s’occupant activement d’œuvre de bienfaisance.

Aussitôt la partition et le livret ébauché, et dès que le dessinateur des costumes fut à l’œuvre, il fallut trouver les artistes collaborateurs aptes à ordonner, à diriger les 2200 figurants enrôlés dans les troupes de l’Hiver, du Printemps, de l’Eté et de l’Automne. Et, cette fois-ci, M. Doret désirait la formation d’un grand chœur mixte de 250 exécutants.

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Le Grand-Chœur s’est mis au travail à l’entrée de l’hiver 1926. C’est certainement lui qui a accompli la plus grande tâche, aussi convient-il de le féliciter rétrospectivement.

Le Grand-Choeur, dirigé par Gustave Doret

Le Grand-Choeur, dirigé par Gustave Doret

Pour la direction générale M. Gustave Doret avait, sous ses ordres, M. Georges Fouilloux.

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Le travail des choristes s’est exécuté sous la direction du chef des chœurs : M. Charles Mayor, ayant comme adjoint : MM. Alexis Porchet, Maurice Gaulaz et Charles Hemmerling.

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Un maître de ballets, M. Georges Mériadec, s’occupa, avec compétence et savoir-faire, de la partie chorégraphique ; la mise en scène fut confiée à M. Ed. Vierne avec M. Durec comme régisseur général… et quel génial régisseur !

Pour les grands rôles de solistes on fit appel à Mme. Berthe de Vigier (1890 - 1987) (grande-prêtresse de Cérès) de Soleurs, M. René Lapelletrie (grand-prêtre de Palès), et M. Hector Dufranne (grand-prêtre de Bacchus), ces deux derniers occupants des emplois en vue à l’Opéra-Comique de Paris. [Lapelletrie et Dufranne, deux amis de Doret, un enregistrement de Lapelletrie. Une bio de Dufranne]

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Un rôle nouveau fut ajouté, celui du « Paysan » où notre bon ténor suisse, M. Ernest Bauer, [Ténor] symbolisa le travailleur de la terre et chanta, entre autres jolis airs, Le blé qui lève avec le refrain rapidement devenu populaire : « Blé qui lève, blé qui mûrit, tu deviendras notre pain ». [Écoutez ici]

On sait qu’en 1889 et 1905 ce fut le notaire Currat, de Bulle, qui chanta le Ranz des Vaches. Cette fois-ci, c’est à Châtel-Saint-Denis que l’on trouva son successeur en la personne de M. Robert Colliard, aujourd’hui conseiller national (1951-1960), à la belle prestance et à la voix forte.

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A signaler encore deux rôles nouveaux : le vannier – M. Emile Dutour, sympathique ténor veveysan – et le chevrier, dont la chanson alpestre fut lancée, à tour de rôle, par deux petits Fribourgeois.

[Il y avait donc deux chevriers ! Pourquoi, alors en présenté toujours un seul dans les documents d’archives ?]

 Fête des Vignerons [13.2]

Au cortège on vit apparaître le « Messager boiteux », seul vénérable témoin – né en 1708 – du prodigieux développement pris par la « bravade » d’autrefois.

La construction des estrades fut entreprise au début de mai. Disposée en fer à cheval, cette superbe arène pouvait contenir plus de 14000 personnes (le dernier jour il y en eut 16000). Elégante dans sa forme, répondant aux conditions exigées par le confort et l’acoustique, l’enceinte était fermée du côté nord par des remparts de ville ancienne, chemin de ronde et trois portes monumentales.

[La Photo du Grand-Choeur, ci-dessus, montre les remparts et portes monumentales.]

Il fut désigné, ensuite de concours, un photographe et un opérateur de cinéma officiels.

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Malheureusement, la technique n’étant pas encore très au point, une tentative de prise de films en couleurs échoua. Il fallut donc se contenter de contempler, sur l’écran, les scènes sans le chatoyant complément du coloris.

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[Ici, s’impose un commentaire. Les organisateurs ont donc été, déjà en 1889 en photographiant et en 1905 en filmant la Fête, dans la modernité, à la pointe du progrès ; pour 1927 en voulant filmer en couleur la Fête, le défi était un peu trop grand. Rappelons qu’en 1927 était l’année de sortie du premier film parlant : Le Chanteur de Jazz et que depuis quelques années déjà, des procédés de captages couleurs existaient un peu partout. Donc, on pouvait, lors de cette Fête des Vignerons, théoriquement, filmer et obtenir un long métrage qui aurait été une grandiose propagande pour Vevey. Mais, fallait-il encore avoir le matériel et les opérateurs de haut niveau pour une telle réalisation.]

M. henry Bordeaux, le grand écrivain et académicien français, écrivit dans L’Illustration ce qui suit :

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Je sors de l’amphithéâtre, grisé de soleil, de musique, de couleurs, avec l’enthousiasme que devaient éprouver les Grecs aux processions des Panathénées. Tout un peuple communiant dans un même sentiment d’amour, collaborant à la même œuvre d’art non point en se contraignant, mais tout simplement, parce qu’il est guidé vers sa poésie naturelle, c’est là une sensation si pleine et si heureuse qu’on regrette un peu de l’éprouver hors de chez soi.

Dans le décor romantique par où va paraître le cortège, le public est rassemblé sous le soleil qui est éblouissant et achève le décor de plein air sur les montagnes avoisinantes. Les portes s’ouvrent et ce sont les chars et les cortèges des saisons : la déesse Palès, blanc et or sur son char doré ; la déesse Cérès, toute rouge, avec les canéphores chargées de bluets et de coquelicots ; Bacchus couché sur un lit de vendange. Deux mille figurants aux costumes multicolores, vont se masser dans le fond et, tandis que défilera l’une des saisons, les autres ne cesseront pas de garnir ce fond de décor et, par les mouvements et les changements continuels des acteurs, lui communiqueront la diversité de la vie. Invocations, défilés, chants, danses, ballets, la Fête des Vignerons est un mélange de poésie, de musique et de couleur. Elle est l’hymne au travail et à la paix. Hymne au travail et à la paix à quoi l’on souhaiterait l’assistance de nos professeurs, de nos instituteurs, de notre jeunesse, parce qu’ils y apprendraient comment on aime son pays, sa gloire et sa liberté et comment les fêtes se marient heureusement à l’effort et à la peine. Il faut pour la réussite de tels vastes mouvements rythmés la collaboration d’un peuple tout pétri de traditions locales.

Le cortège des saisons commence par l’hiver. La nature ne s’endort plus. Les bûcherons abattent le bois, les forgerons préparent les outils, les laboureurs vont surveiller le blé qui lève sous la neige, les vanniers passent dans leur roulotte, et c’est un des plus charmants tableaux.

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A partir du printemps, l’effet ne cessera pas de grandir jusqu’à la bacchanale de l’automne.

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A la grandeur de ce spectacle, on détachera tel tableau plus achevé ou plus émouvant : la roulotte des vanniers avec l’éclat de ses châles bohémiens, l’offrande à Cérès avec le merveilleux et lent ballet des porteuses de bluets et de coquelicots, la bacchanale finale avec les faunes bondissants vêtus de peaux de panthères et les nymphes éperdues aux tuniques orange, soufre ou jaune paille. Moi, j’en admire surtout l’ensemble parce que j’y recueille l’attestation d’un cœur populaire battant à l’unisson.

Magnifique et lumineux spectacle, mais né tout simplement d’une petite manifestation locale : la récompense publique donnée en présence de tout le canton à de braves vignerons. Et l’on a maintenu la tradition. Avant les somptueux défilés, l’abbé-président de la vieille confrérie a fait l’appel des vignerons couronnés. Quand le premier lauréat a été appelé, tout vieux et tout courbé sous le poids des ans, du travail et de l’honneur, avant qu’il s’en allât sur l’estrade recevoir sa couronne de laurier comme un triomphateur, sa vieille femme, qui était parmi les figurants, l’a attrapé au passage et lui a donné l’accolade. Elle ne jouait pas de rôle et le geste n’était pas prévu. Il y a, dans la Fête des Vignerons, une partie qui n’est pas jouée et qui vient du cœur de tout un pays traditionnel. Ce baiser de vieille femme, c’était tout le rappel naturel du passé ! Il donne un sens humain à cette merveilleuse parade qui cesse d’être une parade parce qu’elle exprime réellement tout un peuple…

La jeune fille et la vache… la modernité est sur cette photographie, la jeune fille fait une photo et l’on voit sur son poignet une montre bracelet.

La jeune fille et la vache… la modernité est sur cette photographie, la jeune fille fait une photo et l’on voit sur son poignet une montre bracelet.

La Fête des Vignerons de 1927 s’est terminée en beauté, sans un seul accident ou incident de nature à la troubler. Toutes les représentations ont eu lieu par un temps agréable, et le soleil a bien voulu être presque constamment de la partie.

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Un seul cortège, celui du samedi 6 août, a dû être écourté à cause d’un orage qui éclata intempestivement alors que les troupes revenaient en ville après avoir traversé La Tour-de-Peilz. Il n’en est résulté aucun dommage appréciable et, lundi 8 août, les toilettes étaient aussi fraîches qu’avant.

D’unanimes et enthousiastes témoignages de satisfaction ont été publiés par la presse mondiale. Plusieurs personnalités diplomatiques, accréditées à Berne, assistaient à la représentation officielle du 1er Août. Elles ne tarissaient pas d’éloges sur l’organisation et la magnificence de la Fête veveysanne ; elles exprimaient aussi leur étonnement de ce que, dans un si petit pays, puisse surgir une manifestation aussi belle et aussi vaste.

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Ces louanges, ajoutées au succès de la Fête des Vignerons, sont la vraie, la seule récompense qu’en attendent la Confrérie des Vignerons, organisatrice, et les figurants.

La fête en chiffres

2000 figurants, 5 corps de musique, 1 orchestre de 150 exécutants
6 représentations

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Les places coûtent entre 5.50 et 82.50 francs

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La Fête coûta 1 202 497 francs
Bénéfice: 216 215 francs

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Capital de garantie: 388 500 francs souscrits par 725 souscripteurs et 75 000 francs par la Confrérie

Emile Gétaz

[Emile Gétaz, Abbé-président de la Confrérie des Vignerons de 1941 à 1952]

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 18:35

La Fête de 1927

[Commentaire : Déjà, avec les précédentes Fêtes, les livres de chants, autant ceux des écoles, que ceux des amateurs de chant, ont trouvés de très beaux chants qui enrichissaient la chanson populaire. La Fête de 1927, allait elle aussi, amener sa contribution dans ce domaine, très apprécié qu’est le chant.]

Depuis la Fête de 1905 il fallut attendre vingt-deux ans avant de voir le public accourir à Vevey pour assister à une nouvelle Fête des Vignerons. La Grande-Guerre bouleversa l’Europe de 1914 à 1918, et il en résulta des perturbations économiques dont les répercussions se firent sentir longtemps encore. Toutefois, dès 1924, une lueur d’espérance apparut à l’horizon.

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Dans la séance du Conseil de la Confrérie du 3 juillet 1924, M. l’abbé exposa que l’on se préoccupait, dans le public, de la célébration prochaine d’une Fête des Vignerons. Le Bureau fut chargé d’élaborer un avant-projet de programme d’étude. Le 7 novembre 1924, les Conseils examinèrent l’avant-projet et nommèrent huit commissions ayant pour but d’élaborer un budget général.

Le 9 avril 1925, le projet du budget fut soumis aux Conseils. Ceux-ci décidèrent de présenter la résolution suivante à l’assemblée générale fixée sur le 11 mai 1925 :

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L’assemblée générale de la Confrérie des Vignerons, désireuse de célébrer la Fête des Vignerons dès que les circonstances le permettront et dès qu’un capital de garantie suffisant sera assuré, étant entendu que cette solennité devra être digne de celles qui l’ont précédée, autorise les Conseils à faire composer dès maintenant la musique et les paroles, en lui accordant à cet effet les crédits nécessaires.

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L’assemblée du 11 mai 1925 adopta ladite résolution avec enthousiasme.

Le Ier juillet 1925, les Conseils désignent M. Gustave Doret pour la composition de la musique, et le Ier août M. Pierre Girard pour le texte du scénario.

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Un avant-projet du programme général fut présenté par MM. Doret et Girard, le 13 février 1926, et les Conseils décidèrent de proposer, à l’assemblée générale, la date de 1927 pour la célébration de la future Fête.

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La ratification de la date fut admise par l’assemblée générale du 27 mars 1926.

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C’est le 6 avril 1926 que les Conseils adoptèrent le règlement élaboré pour la Commission centrale, et désignèrent les membres des divers comités et les chefs de troupe.

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Le budget fut adopté dans la séance des Conseils du 19 mai 1926.

[Nous voyons ce professionnaliser l’organisation, avec un sérieux et une prudence toute de rigueur.]

La publication de la Fête de 1927 fut fixée sur le dimanche 29 mai, et cette traditionnelle cérémonie attira une foule considérable dans notre bonne ville.

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La même question se pose chaque fois que s’entreprend une Fête des Vignerons :

Trouverait-on facilement, ailleurs qu’à Vevey, une population de 18000 à 20000 habitants – y compris les obligeants collaborateurs de La Tour-de-Peilz et de toutes les communes environnantes – consentant à fournir un effort aussi considérable que celui qui est exigé pour apprendre les chants, les danses, etc., durant des mois ? Et n’oublions pas que tous les figurants ont fait cela bénévolement, de façon toute désintéressée.

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C’est méritoire, mais c’est aussi – répétons-le – ce qui différencie la Fête des Vignerons de toutes les autres fêtes.

Cette manifestation, créée pour glorifier le travail de la terre, s’est maintenue et se maintiendra en dépit de tout ce que le progrès apporte et transforme dans nos mœurs, nos coutumes et nos habitudes.

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M. Emile Gaudard est le premier abbé qui ait eu l’honneur de présider aux destinées de deux Fêtes. Il dirigea les opérations de celle de 1927 avec autant d’aisance qu’en 1905, et pourtant c’était à vingt-deux ans de distance…

Le compositeur, M. Gustave Doret – bourgeois de Vevey et membre d’honneur de la Confrérie – n’est un inconnu pour personne chez nous. En 1889, il fit partie du Comité d’organisation, et s’occupa déjà de la musique. On lui doit la partition de la Fête de 1905 et il eut le courage, l’audace pourrait-on dire, d’accepter la lourde tâche d’entreprendre une nouvelle partition. Cette tâche, il l’a remplie avec autant de talent que de conscience. L’œuvre nouvelle fait honneur à notre compositeur-compatriote ; la preuve qu’elle est plaisante, charpentée en main de maître, c’est que les 600 chanteurs et chanteuses ont, dès les premières répétitions, éprouvé un grand plaisir à l’apprendre et à la chanter. Une autre preuve, meilleure encore, c’est l’approbation enthousiaste du public aux représentations.

C’est le peintre Ernest Biéler qui a préparé les maquettes des costumes. Si l’on s’en tient toujours au style grec pour les accompagnants et les accompagnantes des déesses et de Bacchus, le peintre doit choisir une époque pour les costumes de ceux qui forment la grande troupe des figurants répartis dans les quatre saisons. Pour ceux-là, c’est au XVIIIe siècle que M. Biéler a demandé ses modèles, et il a bien fait car, en ce temps-là, les coiffes coquettes, les étoffes chatoyantes étaient de mode. Ses dessins servirent à confectionner deux séries de cartes postales, l’une de 24 sujets et l’autre de 25.

Le même artiste a peint les maquettes d’un album (dépliant), qui reproduisait les différents corps avec leur délicieux coloris.

M. Pierre Girard, un jeune auteur genevois dont on apprécie le talent, a été chargé de composer le poème. Il a su façonner son œuvre avec la simplicité qui convient tout en lui donnant une tournure nouvelle.

La suite demain.

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